EXCROISSANCES GALLIQUES
{tuberculeuses. 1. D'Alep.
non tuberculeuses. 2. Lisse.
[ d'une ( "' "' [ "- , ^ ,
\ seule pièce, ^ sphenques 3 Couronnée.
Galles J \ irrépulières, i '^'*^*^ "^^""^ t' Gomicn/^e.
\ ' l sans cornes 5. Hongroise.
j de plusieurs
\ pièces C. Squameuse.
Les noix de galle sont composées de tannin, d*acides gallique, ellagique, lutéo-gallique ; de chlorophylle, d'huile volatile, de matière extractive, de ligneux, de gomme, d'amidon, de sucre liquide, d'albumine, de sels divers; entre autres, de gallates de potasse et de chaux. Berzelius y admet en outre un peu d'acide pectique combiné avec le tannin.
M. Pelouze a étudié avec beaucoup de soin le tannin des galles. Cette substance est solide, incolore, inodore, non cristallisable ; eUe a une saveur astringente et non amèrc ; elle rougit le tournesol ; Teau la dissout en très grande quantité ; elle est à peine soluble dans l'éther ; elle précipite en noir ou en vert les sels de peroxyde de fer. C'est un des plus puissants astringents que l'on connaisse.
On compose avec les noix de galle ou avec le tannin, des pilules, une pommade, un électuaire, plusieurs potions et plusieurs gargarîsmes; on en prépare encore la pommade antihémorrhoïdale de Cullen et une poudre pour les embaumements.
2" Bédégars{\). — On désigne sous ce nom des espèces de galles ou fausses galles chevelues, c'est-à-dire couvertes de poils nombreux, serrés et plus ou moins feutrés.
Les bédégars les plus connus sont ceux des rosiers ; ils sont produits par le Cynips rosn? Linn. (2), petit hyménoptère d'un noir luisant, avec les pattes et l'abdomen, sauf l'extrcmité, d'un brun ferrugineux et les ailes diaphanes, légèrement enfumées (3). MM. Brandi et Uatzebourg en ont donné une bonne description.
Les bédégars sont des excroissances arrondies ou ovoïdes, plus ou moins irrégulières, ressemblant quelquefois à des nèfles (Blanchard), rt'vêtues de prolongements piliformcs ou squamiformes, souvent ramifiés, plus ou moins verts, rougcâtres ou violacés. Dans l'intérieur se trouvent un certain nombre de larves, vivant dans des cellules particulières à parois épaisses et dures. Elles y passent l'hiver à l'état de nymphes.
(1) Vulgrairemenl pommes mousseuses^ éponges végétales. «
(2) Dlpiolepis rosœ Oliv.
(3) Dans ces excroissances, on trouve souvent le Diplolepis bedegaris Oliv., petit insecte d'un vert doré éclatant, parasite du premier.
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On employait autrcîfois les bédégars en médecine, à cause de leur astringence prononcée.
§ n. — Des coques.
Les coqms ou vésicules {folliculi, Linn.) diffèrent des galles, nonseulement par leur forme moins arrondie, par leur défaut d'épaisseur et par le genre d'animaux qui les produisent, mais encore par leur cavité toujours plus grande et pouvant loger un assez grand nombre, une colonie entière d'individus.
4° Pucerons. — Les Pucercms {Aphis) logés dans les coques sont de petits Hémiptères de la section des Homoptères et de la famille des Hyménélytres.
Ils ont un corps mou et ovoïde; une tête petite, avec des antennes plus longues que le corps ; un corselet à second segment grand et él(3vé; des élytres et des ailes membraneuses. Ils offrent à l'extrémité de l'abdomen deux cornes creuses, par où s'échappent de petites gouttes d'une liqueur sucrée assez abondante.
Ces insectes se nourrissent de la sève des végétaux. Ils vivent en troupes nombreuses. Chaque société offre, au printemps et en été, des demi-nymphes aptères, mais qui seront plus tard ailées, et des individus toujours sans ailes. Tous ces individus sont des femelles ovovivipares, sans accouplement préalable. (Les petits sortent à reculons du ventre de leur mère.) Les mâles ne paraissent qu'à la fm de la belle saison ; ils sont également ailés ou aptères ; ils fécondent la dernière génération produite par les individus précédents, et ces femelles fécondées sont ovipares. L'influence d'un accouplement s'étend sur plusieurs générations successives, sur huit ou neuf (Bonnet, Duvau)!
Les Pucerons multiplient beaucoup. Réaumur a calculé que cinq générations provenant d'une seule mère pourraient donner, si elles ne rencontraient aucun obstacle, le nombre effrayant de
5 904 900 000 individus.
Bec. — Cet organe, presque perpendiculaire, prend naissance à la partie la plus inférieure de la tête, entre les pattes antérieures; il est composé de trois articles.
Les Pucerons s'en servent pour piquer les feuilles et les jeunes tiges des végétaux {\).
2^* Coques. — Une des plus curieuses, c'est celle qui a été désignée sous le nomide galle de Chine (2) {ûg, 43).
(1) La maladie de certains arbres, appelée mieliatt elt produite par dM PueUrOMt
(2) Vulgairement, en Chine, Yen-fim-t9Ȏ.
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Cett« coque croit sur les feuilles du Di»iyfi«m racemosum Ziicc. (1), grand arbre du Japon, delà famille des hainaméi idées (Dpcaisne) (2). D'après M. âuibourt, il se développe aussi sur ses bourgeons.
L'insecte producteur de ces coques appartient au genre Puceron ou à quelque genre voisin (Doubleday) ; il a été désigné sous le nom de Puceron ehinoit (3).
C'est un insecte tris petit, ovoïde, tronqué postérieurement, à antennes médiocres, composées de cinq articles inégaux.
Les galles de Chine sont grandes ; il y en a de la grosseur d'une chSlaigne et d'autres de celle du poing (Duhalde). Leur forme est oblongue, irrégulière, avec des protubérances anguleuses plus ou moins pointues, quelquefois en forme de cornes; certaines sont entières et d'autres bîturquées; il y en a de divisées en trois ou plusieurs lobes. La couleur de ces coques parait d'abord d'un vert obscur, qui jaunit ensuite, et devient d'un gris plus ou moins roussâtre. Leur surface est douce au toucher, comme veloutée; quand on l'examine à la îoupe, on la voit couverte d'un duvet très court et très serré. La cavité de cette excroissance est très grande, ce qui résulte de la minceur de ses parois (( à 2 millimètres). Le tissu qui la constitue est ferme, dur et cassant. Ij>rsqu'on brise une galle de Chine , on trouve sa substance blanchStre, translucide et d'apparence résineuse. Son goût est astrin- Fig. 43. — Caifc je cMik. gent, sans aucime odeur ni saveur rési--
neuses (Guibourt). Sa surface interne est ordinairement revêtue d'une matière d'aspect crétacé (Pcreira). A l'intérieur on observe les débris d'un grand nombre de Pucerom.
On récolte les galles de Chine avant les premières gelées ; on fait mourir les insectes qu'elles renferment eu les exposant quoique temps à la vapeur de l'eau bouillante.
Les coiju^s dont il s'agit sont très utiles; elles jouissent d'une
(I) Vnl^iKnienl. >u Japon, Oa-pty-M, Ov-pei-M, Woo-pei-Uaé. (SJ Suivant H. Sclienk, ta gernil une tér«l)inth)c^, le Hhiu timieUita Hiur. w. P (Meltii ne.
|3) Apm ChiatniU BeU.
granilc côl^brilc en Chinp, comme puissanl aslnngcnl, non-seuleineiit dans la Ihérapcotiquc, mais encore dans la teinture.
On doit rap|)i-ocher des galtfs (te Chine certaines excroissances qui se trouvent en Orient et aussi dans le midi de la France, qui sont produites par un autre Puceron : ce sont les vésiciikt ou galles îles pfsfocliiera. Ces fausses galles se rencontrent sur le pistachier commun(i), le térébinOie (3) (lig. 4i) et le lentitque (3).
L'insecte qui leur donne naissance est le Pucei-on du jà$taehicr{i), petit animal noir, li corselet verruqueux, il jambes très longues et ii ailes blanches (S).
LesrogtiesdMpisloehier* sont d'abord vertes et puis rouges, mamelonnées, légères, d'une saveur lérébintbacée et très astringentes.
On les a distinguées, d'après tafurme, en trois sortes : celles en silique, qui croissent à l'exlrécnité des rameaux ; les globuleuses, qui naissent sur les pédoncules, et celles en Imurrelet, qui viennent sur les feuilles. Les premières présen- 'tent jusqu'à 8 centimètres de longueur et ressemblent quelquefois au fruit du caroubier. Elles sont connues dans la Judée sous le nom de carou6. Les secondes et les troisièmes rappellent sou- FiE.u.- G(tiu âv liribMki. -^««1 le fruit du térébinthe. Cellesn:! sont connues sous le nom de baiionges (6).
Les hommes et les femmes, en Orient, mâchent ces excroissances. On les a souvent employées comme succédanées des galles ordinaires. On s'en sert aussi pour la teinture roiige.
Il croit' encore sur le pistachier <me autre fausse galle qui est cormie et noire.
(i) P«/acia wj-a Pair.
(3| P. TereblBthvt Linn.
(3) P. Ltntiicnt Linn.
((} Afhii PiilocûE Linn,
(5) Il e$t probable qiut Llnod a compris plusieurs oapècos !ou( la méois noin al qua colle-ti esl parliculiora au leulimue.
10) [lans II Levint, Ibs Arabes les «ppcllant egi, «ngi ou btttengl, tl les Turcs baitenge.
TRÉHALÀ. ^37