GÉLATINE
commun (1). Ce mammifère présente, en été, un pelage d'un fauve brun, avec une ligne noire sur l'épaule, et une rangée de petites maculations d'un fauve pâle de chaque côté. En hiver, il est d'un gris brun uniforme. Le derrière de la croupe, les fesses et la queue paraissent en tout temps d'une teinte roussâtre pâle. Le Cerf porte sur la tète un bois ramiûé, très usité anciennement pour les gelées animales médicamenteuses et pour les boissons adoucissantes. Ce bois tombe, chaque année, au printemps, et repousse pendant l'été. Ces espèces de cornes sont d'abord presque simples et 4)ortent le pom de dagties. Elles donnent, avec l'âge, à leur face interne, des branches qui s'appellent andouillers. La tige principale est dite perche ou merrain. Les extrémités des andouillers ont reçu en pharmacie le nom de cornichons. Dans la quatrième année , les bois se couronnent d'une empaumure un peu élargie , divisée en plusieurs pointes. La meule est une partie saillante^ rugueuse, cannelée, qui existe à la base du bois. La femelle du Cerf, ou Biche, ne porte pas de bois.
On réduit les cornichons en parcelles plus ou moins ténues, à Taide d*un couteau ou d'une râpe {rdpure de corne de Cerf); on plonge ces parcelles quelque temps dans Teau bouillante. Par Tefifet de Tébullition, la râpure cède à Teau son principe gélatineux. Le bois de Cerf est assez généralement remplacé par richthyocoUe.
Outre la gélatine, le bois de Cerf fournissait encore plusieurs préparations qui ne sont plus que d'un usage assez rare. C'étaient : i**Vesprit volatil de corne de Cerf, qui n'est autre chose qu'un sons-carbonate d'ammoniaque huileux ; 3i° Vhuile volatile de corne de Cerf, très analogue à l'huile animale de Dippel, sous-carbonate, d'ammoniaque concret.
On calcinait aussi les andouillers (cornu ustum), on les porphyrisait et l'on en formait des trochisques.
On attribuait anciennement aux bois de VÉlan (2), du Daim (3) et du Benne (4), les mêmes propriétés qu'au bois du Cerf.
ICHTHYÔGOLLE. — Vtchthyocolle, ou colle de Poisson, n'est autre chose que la vessie natatoire préparée d'un Esturgeon» Les Esturgeons (Acipenser) appartiennent à la grande division des Poissons chondroptérygiens ou cartilagineux et à la tribu des Sturioniens.
Ces animaux présentent une chair assez bonne et assez estimée. I^eur fécondité est très remarquable. On a compté dans une femelle
H ) Cervu» Elaphiu Linn.
(S) C. Alcet Linn.
(3) C, Dama Linn.
(4) C, Tarandiu Linn,
MOQ.-TAND. 9.
454 ANIMAUX d'un emploi ACCESSOIRE EN MÉDECINE.
4 467 836 œufs. Ces œufs sont la base d'un meti eonnu tout le nom de caviar.
L'espèce qui fournit principalement Vichthyocolle est le grand Esturgeon ou Hamen, On en retire aussi de V étoile ^ du Strélet et de V esturgeon commun. Voici les caractères abrégés de ces quatre espèces :
l^ffVfM
f aoaèrM. (ptmH • • i. Milurgiim Utwêêii,
Museau J aiion^i i *^** ^* «ubulé j. Esturgeon étoile,
\ ***"•• j courbe et gpalhulé ... 3. Esturgeon Strélet.
fendaef 4. Esturgê&n commtint
VEêturgeon Hausen (4 ) se rencontre dans les versants de la mer Caspienne et de la mer Noire. On en pêche quelquefois dans le Pd.
Il a le dos d'un bleu presque noir et le ventre d'un jaune clair. Son corps paraît assez allongé, sa tête grosse et son museau très obtus. Sa taille est de 3 à 5 mètres ; son poids, de 400 kilogrammes. On en a vu atteindre jusqu'à 9 mètres, et dépasser 4000 kilogrammes.
Vétoilé (2) hgbite les fleuves qui se jettent dan? la mer Noire et dans ia mer Caspienne, surtout le Volga et le Danube.
Son dos est brunâtra et son ventre Blanc. Sa taille dépasse rarement l"',^». •
Le Strélet (3) se trouve dans la mer Caspienne, dans le Volga et dans rOural.
Il se fait distinguer par son dos noirfttre, à boucliers jaunes et par son ventre blanp tacheté de rose. Ses nageoires supérieure et caudale sont grises, et les inférieures rouges. Les plaques de son corps paraissent sur trois rangs.
Il a la taille de Tespèce précédente. Les individus de 3"*, 50 sont extrêmement rares. Son poids atteint de 4 4 à 4 6 kilogrammes.
V Esturgeon comrnun (4) (11g. 48). Cette espèce se trouve dans l'Océan, la Méditerranée, la mer Rouge, le Pont-Ëuxin et la mer Caspienne. Au printemps, elle remonte les grands fleuves, particulièrement le Volga, le Tanaïs, le Danube, le PO, la Garonne, la Loire, le Rhin... (Lacépède),
Les plaques de son corps forment cinq rangées. Les individus de 4 & 5 mètres sont assez communs. Celui qu'on prit dans la Loire et
(i) Àcipenser Huso Linn.
(2) A. stellatus Pall.
(3) A. Ruthenv>s Linn.
(4) A. Sturio Linn. — Stor ou Store des habitants du Nor4| fiiurigflt 4^8 Mî#ns, •t Créac vi^rs l'embouchure de la Garonne
GBLÀTINE. 4 56
qui fut présenté à François I^^' en offrait près de 6. On dit qu'on en a vu de 8 mètres.
Pour obtenir Vichthyocolie, on nettoie la vessie natatoire des Esturgeons; on la sépare de sa membrane extérieure, qui est brune,
Fig. 48, — Esturgeon commun.
et de tout le sang qu'elle peut contenir. On la fend longitudinalcment, on la coupe par morceaux, on la lave, on la ramollit dans les mains, on la façonne et on la fait sécher graduellement à l'ombre.
Dans le commerce, on trouve quatre sortes principales A'khthijocolle hruie : \°Vichthyocolle en lyre^ qui est en petits cylindres roulés sur eux-mêmes et courbés en dehors, de manière à imiter grossièrement une lyre antique ; 2° Vichthyocolle en cœur, qui diffère très peu de celle en lyre ; les extrémités des cylindres sont enroulées en dedans; 3' Vichthyocolle en livre, qui est en lames plus ou moins minces, non roulées, pliées en carré comme une serviette, et fixées à l'aide d'un bâton qui les traverse ; 4** Vichthyocolle en feuilles, qui ne diffère de cette dernière qu'en ce que les lames sont séparées. La première est la plus pure et la plus estimée.
On vend aussi une ichthyôcolle dite en tablettes, qui passe pour la moins bonne ; celle-ci est préparée avec les nageoires, la tête et les autres parties des Esturgeons, qu'on fait bouillir, que l'on rapproche et que l'on étend ensuite sur des planches.
On blanchit Vichthyocolle avec l'acide sulfureux. On la coupe en lanières filiformes et l'on prépare la colle de poisson dite anglaise, qui est fort belle.
On purifle encore Vichthyocolle ]^our en former la colle de poisson vitreuse, qui est la plus resplendissante^ pour employer un terme d'épicier.
On a calculé que 4 000 grands Esturgeons donnaient environ 4 20 kilogrammes (Vichthyocolle, c'est-à-dire h peu près 4 20 grammes par individu. 4 000 Strélets n'en produisent que 40 kilogrammes, c'est-à-dire le tiers, et par conséquent 40 grammes par individu.
Vichthyocolle nous est fournie principalement par les Russes, qui la reçoivent dos bords de la mer Caspienne. Autrefois les Hollandais
s'occupaient de ce genre d'industrie, mais leurs produits étaient d'une qualité inférieure.
Vichthyocolle est formée presque entièrement par une matière animale qui se transforme en gélatine avec facilité.
Vichthyocolle est légère, coriace, blanchâtre, demi4ransparente, semblable à du parchemin, insipide, inodore, insoluble dans l'eau froide ; elle se dissout dans l'eau bouillante et forme par le refroidissement une gelée transparente.
Quand on veut s'en servir, on la coupe par petits morceaux avec des ciseaux. On jette ces morceaux dans Teau, qu'on fait bouillir très peu de temps. Pour donner à 30 grammes d'eau une bonne consistance, il sufiit d'un gramme à'ichthyocolle.
On pourrait retirer Vichthyocolle, non-seulement de toutes les espèces à' Esturgeons , mais encore des vessies natatoires des autres poissons, puisque cette vessie est toujours composée en très grande partie de gélatine. Mais cette ichthyocolle serait moins bonne que celle des Esturgeons. Ainsi, on en prépare avec certaines espèces de Silures, particulièrement- avec les Machoirans. On fait à Lyon, avec les écailles de la Carpe, une ichthyocolle fort transparente, semblable à du verre.
On a répandu dans le commerce une mauvaise ichthyocolle, faite avec des vessies natatoires de Morue, et de Vichthyocolle falsiûée, préparée avec des estomacs de veau. Pereira décrit, sous le nom à' ichthyocolle du Para, une fausse ichthyocolle qui paraît tirée des ovaires d'un Vastrès.
Vichthyocolle sert à clarifier une foule de liquides. C'est avec cette substance qu'on prépare le taffetas gommé. On a essayé aussi d'en composer une tisane adoucissante. On en fabriqjue des gelées dont on peut varier à l'infini la saveur, des sirops et des blanc-manger (Soubeiran).
Dans les arts, on l'emploie pour donner de l'apprêt et du corps à certaines étoffes légères.
Vhippocolle, ou colle de peau d'Ane (4), qui nous arrive de Tlndc et de la Chine, est retirée des cartilages de VAne ou du Zèbre ; elle sert aux mêmes usages. Elle passait pour un astringent doux.
Peau. — La peau de certains mammifères est employée à divers usages.
Celle du Chamois (2), recherchée dans l'industrie pour sa grande
(1) On la connaît aussi sous le nom de hœMak ou hckiak. Les Chinois l'appellent ngO'Mao ou Mki'hao'. C'est une gélatine fortement aromatisée. (3) XnlUopé rujncapra Pall.