‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 65 sur 144 · ANIMAUX URTICANTS · texte numérisé non relu

ANIMAUX URTICANTS

démangeaison se faitsentû*; on se gratte, on s'écorclie, et Tinllamniation devient pour ainsi dire interminable.

Dans les bois humides de Tîle de France et de Madagascar, il existe un insecte qui semble peu éloigné des Cousins, dont la piqûre produit aussi une douleur insupportable. On le nomme Bigaye ou Bizigaye.

Je rappellerai, en terminant, que parmi les Diptères se trouvent d'autres animaux moins communs et moins connus que les Cousins, qui n'épargnent pas l'homme quand ils en rencontrent l'occasion . Telle est la Mouche d'automne, ou Stomoxe mutin (1), qui pique fortement les jambes, surtout aux approches de la pluie. Tel est encore le Taon proprement dit (2)...

§ VIII. — Des anlmaui nrtlcanu.

Les Chenilles de plusieurs Bombyces ou Papillons de nuit, appelées Processionnaires (3), qui vivent en société sur les chênes et les pins, protégées par une toile soyeuse (4), sont couvertes de poils très Ons qui se mêlent k la tenture de leur nid et au tissu de leurs cocons. Ces petits poils pénètrent dans notre peau et déterminent des démangeaisons assez vives, Inême des ampoules : on dirait une urticaire (5). On cite encore, comme produisant des accidents analogues : la Bombyce du chêne (6) ; une Uparis (7), dont la chenille vit dans les bois, et une Lithosie (8), dont la larve habite sur les murs.

Les anciens connaissaient les Chenilles urticantes: Dioscoride les désigne sous le nom à'Eutoma; les Romains les appelaient Erucœ,

Lorsque Réaumur étudiait les mœurs des Processionnaires, il ressentit aux mains, entre les doigts et sur la figure, notamment aux narines et autour des yeux, des démangeaisons cuisantes. Il éternuait beaucoup et n« pouvait plus ouvrir les paupières qu'à moitié. Sa peau s'enflamma comme dans une fluxion ; elle se couvrit de taches rouges et de pustules. Cet état dura quatre ou cinq jours.

(4) Conops calcitrans Lian.

(2) Tabanus bovinua Linn. ' - ■ ' • •■• »' •

(3) Les principales sont la Proceisionnaire proprement dite {Phalœnff procèstionea tinn.), et le Pityocampe {Bombyx Pityocampa GorK).

(4) Il y en a jusqu'à 600, 700 et même 800 dans le môme nid (Morren).

(5) Exuviis tactu inflammatùmem excUantibus{Cfnw\in).

(6) J*halœna quercut Lion.

(7) Uparit auriflua Ochsen .

(8) Lithosia caniola Fabr.

Quand les poils dont il s'agit sont enfoncés dans la peau, dit Réaumur, ce sont autant de petites épines qu'il est difficile d'en tirer.

Une fois, ce célèbre naturaliste occasionna innoceminent un exanthème autour du cou et aux épaules de quatre dames qui avaient voulu assister à ses expériences. Cependant ces dames n'avaient touché ni les Chenilles ni les nids.

Charles Bonnet avoue ne s'être pas asseï méfié des poils de plusieurs Chenillet du pin, en voulant les retirer de l'eau oit elles s'étaient noyées. Il sentit, au bout de quelque temps, une sorte d'engourdissement dans les doigts, puis des démangeaisons el des cuissons très fortes qui furent suivies d'enflure.

Charles HorreD a fait des expériences décisives sur l'action k distance de ces poils. Comme Réaumur, il a vu sortir des vases où se trouvaient les Chenilles, des flocons volatils extrêmement l^ers, composés de poils ténus et de quelques écailles ; ces flocons se répandent dans l'air et deviennent la cause de la singulière affection dont il s'agit. Ce ne sont pas les poils ordinaires, les grands poils de la Chenille qui voltigent ainsi et donnent naissance au mal, mais des poils beaucoup plus petits, presque invisibles à l'ceil nu, qui se détachent lors de la transformation de l'animal en chrysalide (Réaumur, Morren). Ces poils (lig. 71) sont plus ou moins longs et plus ou moins pointus ; souvent brisés et alors comme tronqués. Les uns parabsent transparents, les attires un peu mats, striés loDgitudinalement ou finement ponctués. Il y en ■ qui semblent creux, divisés eu compartiments par des cloisons transversales et remplis d'une, matière par ticulière.

Réaumur affirme avoir vu un poil au centre de chaque phlyclène.

Ces poils agissent-ils sim- Fig. Il . — Poil» nrilcaiiu. plemenl d'une manière mé-

canique? I^ matière qui rcmpUi quelquefois leur intérieur est-elle pour quelque chose dans le phénomène de l'urtication, ainsi que Charles Horren le suppose? F,st-il vrai qu'on ait reconnu dans plusieurs la présence de l'acide

Page 1