‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 68 sur 144 · INSECTES INTRODUITS ACCIDENT. DANS LES CAVITES NATURELLES · texte numérisé non relu

INSECTES INTRODUITS ACCIDENT. DANS LES CAVITES NATURELLES

ce que Plutarque nous apprend relativement aux grands criminels que les rois de Perse condamnaient à être dévorés tout vifs par des larves de Diptères. On faisait placer le coupable entre deux bateaux d'égale longueur, renversés Tun sur Tautre, la tête, les mains et les pieds restant dehors. Sa face était exposée au soleil, enduite de miel. Les larves qui naissaient, entraient dans lés chairs du malheureux... Mithridate, exposé par Artaxerce Longue-main à cet horrible supplice, vécut soixante et dix jours dans la plus cruelle agonie. Quand on enleva le bateau supérieur, on vit sa chair et ses entrailles entièrement rongées par des myriades de vers.

 Texception des Œstres, dont je parlerai dans un autre chapitre, on ne peut pas regarder les Mouches ou leurs larves comme des insectes parasites. On n'observe ces animaux, dans notre corps, que d'une manière accidentelle. Je n'en excepte même pas la Mouche hominivore. La plupart du temps, ces larves ont été introduites dansnos cavités ou nos tissus, pour ainsi dire malgré elles. D'ailleurs, ce qui constitue le vrai parasitisme, c'est ce fait remarquable, que l'individu vivant aux dépens d'un autre individu ne fait pas périr ce dernier, à moins de circonstances tout à fait particulières. S'il en avait été autrement, l'espèce du parasite ou celle de l'animal qui le nourrit devrait nécessairement disparaître, fait contraire aux lois générales de la nature. Kunzmann remarque, avec raison, que les piqûres produites par les insecteis, dans la vue de s'alimenter à nos dépens, n'ont jamais des suites aussi graves que celles qu'ils pratiquent pour se défendre contre nous.

§ X« — Des antres Insectes Introdnlts aecldenieliement dans

les cavités naturelles.

Tout ce qui a été dit, dans le chapitre précédent, relativement aux larves de Mouches introduites dans les cavités naturelles du corps humain peut s'appliquer à divers insectes des autres ordres. Seulement, quant à ces derniers, ce sont tantôt les larves, tantôt les animaux parfaits. Je ferai remarquer^ de plus, que ces faux parasites n'étant pas toujours carnassiers, ils ne peuvent pas se nourrir, dans tous les cas, aux dépens de nos tissus; aussi ne tardent-ils pas à péHr pat* défaut d'alimentation. Leur séjour dans un milieu qui leur est défavorable les tue aussi, le plus souvent.

Beaucoup d'auteurs ont observé Ces accidents. Fabrice de Hilden^ Tulpius, Lister, Paykull, Rosen, Thompson, Bateman, Lemaout..., en ont signalé des exemples. Les Ephémérides des cuHeux dr Ui

nature en ont recueilli un certain nombre. M. Hope a réuni tous les faits de ce genre qui lui ont paru authentiques.

Les cavités de l'organisme envahies, sont d'abord les voies digestives, viennent ensuite les narines, le conduit auditif et les voies lacrymales.

Ces insectes sont surtout des Cioléoptères, parmi lesquels on a indiqué principalement le Sphodre leucopkthalme {\ ), le Dytique bordé (2), ÏOxypore souterrain (3), le Fédère allongé (4), les Staphylins poli (5), pointillé (6) et à pieds bruns (7), le Dermeste du lard (8), le Géotrupe printanier (9), \eBlaps portê-malheur (4 0), le Ténébrion de la farine {\ 4 ), les Perce-oreilles grand et petit ( • 2) . . .

Parmi les Myriapodes ou Mille-pieds, on a cité surtout la Scolo^ pendre électrique {\ 3).

Parmi les Lépidoptères ou Papillons, on a indiqué les Aglosses de la graisse et de la farine (4 4), le Papillon du chou (4 5).

M. Hope a désigné sous le nom de canthariasis, les accidents produits parles Coléoptères et les Myriapodes. MM. Kirby et Spence avaient déjà appelé scolechiasis ou scholechiasis ceux déterminés par les Lépidoptères.

On comprend aisément la présence, dans Testomac et dans les intestins, des insectes qui se nourrissent de lard, de graisse, de farine et des diverses substances qui servent à notre alimentation ; mais leur introduction dans les autres cavités naturelles est moins facile à expliquer.

Le séjour de ces insectes dans le tube digestif n'occasionne

(i) Sphodrui lêueophthabMtt Glairv. (Carâbut Uueophthalmus Linn.). (S) DytiMCUt marginatu9 Litui.

(3) Oxi/porus tubterraneus Fabr. {SU^^hnUnui êubterraneut Linn.)*

(4) Pœderut elongatua Fabr.

(5) StaphyUnua polUut ?à«e,

(6) 5» punctulatua Fabr.

(7) S. futcipet Fabr.

(8) DertMttet lardarius Linn.

(9) Geotrupeê vemalit Latr. {Scarabœu» vemaHi Lina.). (iO) BlaptmortitagaOûr. {Tenêhrio mortisaga Linn.), (il) Ten^rio fnolitor Lïnn.

(12) Forficula auridUaria Linn. et minor Linn.

(1 3) Geophilus electrictu (Scolopendra electrica Linn. , GeephUuê carpophagus Leach . ). (i4) Agloisa pinguinaHt Latr. {PapUio pinguinaUs Linn.) et farinalià Latr. (P. fa-

rinalii Linn.).

(15) Pierit ifrastica: Sclir. Papilio brassicas Linn., Pontia brassicoi Fabr.). •— A quel insecte appartient la larve qui se loge dans la lame criblée de Tetlunoide et produit la maladie appelée Péenashf dans le nord-ouest de l'Inde? Cette larve est petite, articulée et terminée par une queue tordue en spirale ; elle a une bouche et des yeux très apparents (Taruck-Ghander-Lahory).

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