ARAIGNÉES
Rarement, ii est vrai, les morsures sont accompagnées de symptômes généraux, et, dans ces cas, ces symptômes sont analogues à ceux que déterminent les différentes espèces de venins.
Latreille pense qu'il faut se méfier des Araignées, surtout des grosses espèces, quand on se trouve dans un pays chaud. Rossi prétend que la Malmignatte peut déterminer des accidents graves, et même donner la mort. Cette dernière assertion parait exagérée. Cependant elle est partagée par plusieurs observateurs modernes (Cauro, Graêlls, Lambotte). Je dois dire qu'un médecin de Bonifacio m'a cité un fait de ce genre (4 852). Suivant Thiébaud de Berneaud, dans rtle d'Elbe, cette Âranéide est aussi redoutée que le Scorpion.
M. Âbbot affirme que les morsures des Malmignattes d'Amérique sont extrêmement dangereuses.
Faut-il admettre, avec Fabricius, que V Araignée chasseuse de l'Amérique méridionale peut produire chez l'homme un violent accès de fièvre ? Faut^il ajouter foi également au fait signalé par Adanson ? Ce célèbre naturaliste rapporte qu'il a ressenti, pendant un an, au Sénégal, une espèce de crispation douloureuse marquée par une traînée rougeâtre sur le dos et sur la poitrine où avait pûASé légèrement (1) une grande Araignée de chambre, pendant qu'il changeait de chemise.
J'ai dit ailleurs (%) que la Tégénérie médicinale et la Clubione médicinale avaient été signalées comme vésicantes. On assure, de plus, que la dernière est narcotique et irrite la vessie. M. Ozanam a publié un mémoire spécial sur l'emploi des Arachnides en médecine.
Tarentules. — On a citjè surtout, comme très venimeuses, les Aranéides connues sous le nom de Tarentules,
Ces animaux appartiennent au genre Lycose de Latreille, caractérisé par des yeux disposés en quadrilatère aussi long ou plus long que large, dont les deux postérieurs ne sont point portés par une éminence, et par leur première paire de pattes plus grande que la seconde. Les Tarentules présentent un abdomen ovalaire, et tout le corps couvert d'un duvet serré.
Elles habitent presque toutes à terre, où elles se pratiquent des trous qu'elles agrandlissent avec l'âge, et dont elles fortifient les parois avec une tenture de soie. 11 y en a qui s'établissent dans les fentes des murs ou dans les cavités des rochers. Elles se tiennent près de leur demeure et y guettent leur proie, sur laquelle elles
(1 ) L'animal n'avait donc pas mordu !
(3) Voyez page 109.