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ABEILLES

piqûre, qui détermine la douleur et rinflammation de la partie, c'est que si Ton prend avec la pointe d'une aiguille une très petite quantité de ce venin et qu'on l'introduise âous la peau, au même instant on voit naître des symptômes analogues à ceux déterminés par la piqûre de V Abeille même, symptômes qui ne se seraient pas montrés si l'on avait enfoncé dans la peau l'aiguille toute seule. (Audouin.)

Le docteur Kunzmann a observé que lorsqu'on excise l'abdomen d'une Abeille vivante, douze heures après, le moindre attouchement suffit pour faire sortir le dard avec tout autant de force et de rapidité que si l'anin^al était encore en vie, et qu'on peut en être blessé tout aussi bien que dans ce dernier cas.

Les effets de la piqûre produisent ordinairement des accidents peu graves ; ils se réduisent à une douleur passagère ; mais quelquefois il en résulte des boutons, des papules, des érysipèles, même des phlegmons accompagnés de suppuration et de gangrène. Toutes choses égales d'ailleurs, lorsque l'aiguillon demeure dans la blessure, l'irritation paraît beaucoup plus forte.

Fabrice de Hilden rapporte qu'une jeune fille fut blessée, dans un verger, près de l'oreille. Le gonflement s'étendit à toute la tête et fut suivi de la formation d'un abcès.

Zacutiis a vu la piqûre d'une Abeille produire la gangrène autour de l'endroit piqué.

On lit dans le Raccoglitore medico di fano, qu'un homme âge de trente-six ans, d'un tempérament sanguin et de formes athlétiques, fut piqué par trois ou quatre Abeilles, sur le dos de la main droite. A l'instant, sa vue s'obscurcit, il perd ses forces, une sueur abondante baigne tout son corps ; sa face devient extrêmement rouge ; douleur aiguë à la tête, oppression, inquiétude générale, crainte de la mort. Il est transporté sur un lit. Eruption de petites vésicules semblables à celles que produit l'ortie, le long des extrémités inférieures, avec enflure ; fièvre intense. Une heure après, tout cet appareil morbide formidable s'évanouit comme par enchantement.

Desbrest, de Gusset, a parlé d'un villageois, âgé d'environ trente ans, blessé par une Abeille, au-dessous du sourcil, qui tomba par terre, la face enflammée, et perdant par le nez une grande quantité de sang: il mourut quelques instants après. Ce fait est-il bien authentique ?

* On conçoit que si l'on est piqué par plusieurs Abeilles à la fois, si l'on est assailli par un essaim, par exemple, les résultats pourront devenir inquiétants (Amoreux).

Dans les Archives générales de médecitie , il est question d un

HOQ.-TAND. 15

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homme qui périt pour avoir été blessé par une multitude â* Abeilles sur la poitrine et sur le visage (4).

Au siège de Massa, les croisés furent assaillis par des bataillons à' Abeilles f que les assiégés précipitèrent avec leurs ruches à travers les brèches. Ces ennemis d'une nouvelle espèce incommodèrent beaucoup les assiégeants.

Kunzmann conseille une petite précaution, lorsqu'on veut extraire l'aiguillon immédiatement après la piqûre. C'est de ne point le saisir par Textrémité renflée de la gaine, qui est toujours remplie de venin, dont on ferait couler une nouvelle quantité dans la plaie. Il faut le prendre au-dessous de cette partie, sans le comprimer, en exerçant la traction de bas en haut.

g n. — 'BoardoB*.

Les Bourdons sont plus gros que les Abeilles et remarquables par leur labre transversal et par leur fausse trompe plus courte que le corps. Les espèces principales sont le Bourdon des pierres^ celui des mousses et le Houterrain,

Le Bourdon des pierres (2) est tout noir, avec les anneaux de Tabdomen fauves. Il fait son nid dans la terre, au bas des murs, entre les pierres.

Le Bourdon des mousses (3) est jaunâtre, avec les poils du corselet fauves.

Le Bourdon souterrain (4) est noir, avec Textrémité postérieure du corselet et la base de Tabdomen jaunes.

L'aiguillon de ces insectes est plus fort que celui des Abeilles et occasionne une douleur plus vive et une inflammation plus intense .

On a constaté que leurs glandes vénéniflques ne sont pas simples, mais doubles.

En 4 679, plusieurs personnes furent piquées, en Pologne, par de gros Bourdons. Il se manifesta, chez elles, des tumeurs inflammatoires qui faisaient des progrès rapides et qu'on ne pouvait arrêter qu'avec des scarifications profondes.

S m. - Ciaèpefl.

Les Guêpes Ont la lèvre inférieure de la longueur des mandibules, et des ailes pliées longitudinalement pendant le repos. Les deux

(1) Le docteur Kunxmann a cité un cheval mort.

(2) Bombua lapidarius Fabr. (Apis lapidariut Linn.).

(3) B. muscorum Fabr. (A. mtworum Linn.).

(4) B, iêrreitriê Latr. (A; terrestre Linn.).

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espèces de notre pays, dont il faut se garantir, sont la Guêpe commune et le Frelon,

La Guêpe commune (4 ) est longue de 4 8 millimètres, noire, jaunâtre devant la tête, avec un point noir au milieu; elle a plusieurs taches jaunes sur le corselet et une bande de même couleur avec trois points noirs au bord postérieur de chaque anneau.

Le Frelon (2) est long de 27 millimètres. Il présente une tête fauve avec le devant jaune, un corselet noir taché de fauve, et des anneaux abdominaux d'un brun noirâtre avec une bande jaune marquée de 2 ou 3 points noirs.

Les piqûres des Guêpes sont cuisantes ; celles des Frelons sont terribles (Amoreux).

Réaumur éprouva sur lui-même et sur 3on domestique l'action de ces insectes : c Étant piqué d'une Guêpe, dit ce célèbre naturaliste, je crus qu'il valait autant prendre son mal de bonne grâce. Je la laissai achever de me piquer tout à son aise. Quand elle eut elle* même retiré son aiguillon, je la pris et la posai, en l'irritant, sur la main d'un laquais aguerri, et qui n'était pas à une piqûre près ; la piqûre ne lui fit que très peu de douleur. Je repris aussitôt la Guêpe et je me fis piquer moi-même, pour la seconde fois. A peine sentis-je la piqûre. La liqueur venimeuse avait été presque épuisée dans les deux premières expériences ; enfin , j'eus beau imter ensuite la Guêpe , elle ne voulut pas faire une quatrième plaie. Cette expérience et quelques autres, qu'on n'aura peutrêtre plus envie de répéter, m'ont appris que quand on se laisse piquer paisiblement, jamais l'aiguillon ne demeure dans la plaie. Il est flexible, il ne perce pas par un trou bien droit ; la plaie est courbe ou en zigzag. Si l'on oblige la mouche à se retirer brusquement, les frottements sont assez forts pour retenir l'aiguillon, qui est en quelque sorte accroché ; ils l'arrachent. Au lieu que si l'on ne presse pas la mouche, elle le dégage peu à peu. Les piqûres des Frelons sont plus sensibles que celles des Guêpes ; elles ne le sont pourtant pas, au moins dans ce pays, au point qu'ont fait entendre quelques auteurs qui prescrivent contre elles des remèdes comme contre les poisons les plus dangereux. »

Une dame, dit Richerand, fut piquée par un Frelon sur le doigt médius de la main gauche. La douleur fut très vive ; en moins de quelques secondes son corps entier se tuméfia ; la peau devint généralement rouge et boutonneuse et une fièvre ardente se développa.

(1) Vupa vulgarU Unit.

(S) V. Crabro Linii.

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Cabanis traita heureusement la maîade. En quelques heures, le gonflement, la rougeur et la fièvre disparurent. Au quatrième jour, rien ne subsistait d'un si grand désordre, qu'un petit point noir dans l'endroit de la piqûre.

Haldanus rapporte qu'une piqûre de Guêpe, sur le carpe, fut suivie de lipothymie et de desquamation de toute la surface du corps.

Lansoni parle d'une femme blessée à la joue, qui eut un ulcère pendant trois mois.

Les faits de ce genre sont peu communs; les cas de mort sont encore plus rares.

En 4 776, un jardinier de Nancy, ayant porté à la bouche une pomme qui renfermait une Guêpe, fut piqué par celle-ci au voile du palais. Il en résulta une inflammation rapide et un gonflement douloureux. Le blessé périt au bout de quelques heures.

Ghaumeton assure qu'un jeune homme n'ayant pas aperçu une Guêpe qui se trouvait au fond d'un verre, avala l'insecte, qui le ( iqua dans la gorge. L'eifet fut très prompt. La gorge s'enflamma, et le jeune homme mourut sulToqué.

On écrivait de Montbard à la Patrie {\ 9 septembre 1 858): « Le plus jeune des fils de M. L. . ., tuilier, vient de mourir des suites d'une piqûre de Guêpe. Cet infortuné jeune homme, âgé de seize ans, buvait dans une bouteille ; une Guêpe, qu'il ne pouvait voir, s'introduisit dans sa gorge, le piqua, et l'enflure interceptant Tair, il expira avant qu'il fût possible de lui porter aucun secours. »

Une partie des faits rapportés par les auteurs, relatifs à des désordres graves occasionnés par la piqûre des Abeilles; doivent être attribués à des Guêpes ou à des Frelons.

Les bonnes femmes s'imaginent qu'il suffit de vingt-sept piqûres de Guêpes pour tuer une personne et de six piqûres de Frelom pour tuer un cheval (<).

(i) Plusieurs ouleurs ont publié Iti fail d'uiio jument atlachco à un buif&on, au milieu d'un champ, qui fit sortir, par ses mouvements, les Gitépcs d'un essaim. Ces insectes se prdcipilèrent sur elle et la firent périr, ainsi que son pouliiii.

SECTION III

Les venins sont des liquides sécrétés par une glande spéciale, qui servent aux animaux de moyens d'attaque ou de défense.

Ijes venins diffèrent des virus en ce que. ceux-ci sont accidentellement formés par un travail morbide, qu'ils transmettent la même maladie d'un individu à un autre, et qu'ils sont reproduits par suite de la maladie qu'ils ont occasionnée.

Les venins s'affaiblissent pendant leur action, qui est toujours plus ou moins prompte ; ils se décomposent en décomposant. Les virus restent quelque temps dans une inaction ' apparente, pour acquérir ensuite plus ou moins lentement toute leur force; ils augmentent d'énergie en produisant leurs effets morbigènes (1).

Les anciens supposaient qu'il existe dans les animaux, venimeux deux pôles antagonistes, ayant \e\\r siège, l'un dans l'appareil même du venin, l'autre dans la tête. Charras prétend que le mal produit par la Vipère consiste principalement en ce qu'e//e ouvre la porte aux esprits irrités.

Les venins ne paraissent pas identiques ; il en existe probablement de plusieurs sortes : les uns causent, même à très petite dose, une douleur très forte; les autres en déterminent une très légère. Le danger de leur inoculation n'est nullement en rapport avec le mal qu'ils font éprouver. Certains agissent sur tout l'organisme, d'autres ne produisent qu'un effet local. Il y en a qui tuent presque toujours ; il en est qui n'entraînent que des désordres à peu près insignifiants.

Quelques auteurs ont avancé que les poisons exerçaient, suivant l'espèce, une action particulière sur tel ou tel système. Les anciens croyaient que le venin de l'Aspic était somnifère. Fontana prétend que celui de la Vipère agit sur le système nerveux et coagule le sang. D'après MM. Brainard et Burnett, celui du Crotale AMormerait les globules sanguins et rendrait le sang plus liquide. Suivant Amoreux, celui des Insectes affecte plus spécialement la peau...

Dans tous les cas, l'intoxication, lorsqu'elle est puissante, commence par un point, l'endroit blessé, et bientôt s'irradie et devient générale. La mort arrive quelquefois avec la plus grande rapidité

(i) Linnc ilcfiiiit le venin de la manière suivante: « Venenum est quod perexigua doti eorpori humano ingestum aut exlua aàmotum^ vi quadam peeuliari, effectut prodwit violentistimott Qui in perniciem sanitatit et vUœ teniunt. • (Gxan(h. viv.)

(Crotale), D'autres fois elle n'a lieu qu'au bout d'un temps plus ou moins long {Vipère). Quelle que soit la promptitude de rintoxication, l'effet du venin n'est jamais instantané. Il faut un certain temps pour que les désordres deviennent sensibles, soit dans la partie mordue, soit dans l'ensemble de l'organisation.

L'action des venins varie suivant beaucoup de circonstances ; ce qui explique les observations contradictoires rapportées par les auteurs. Cette action semble augmenter avec l'élévation de la température (1),ia vigueur ou la colère de l'animal venimeux, l'époque de son accouplement. Elle diminue au contraire avec le froid, la faiblesse ou l'abattement, l'âge avancé, la maladie, ou après des morsures répétées. «

Les venins sont inoffensifs quand on les ingère dans l'estomac ; ils ne deviennent dangereux que par l'inoculation. Les anciens connaissaient ce double caractère. Gelse dit clairement qu'il n'y a aucun inconvénient à avaler le venin (2). Mais cette vérité n'a été mise hors de doute qu'après les expériences de Redi, de Fontana et de Gharras. On sait d'ailleurs que les sangliers, le Jean-le4)lanc^ les hérons, mangent d'habitude les Vipères sans aucun inconvénient.

Les venins ne perdent pas leurs qualités en se séchant (3). Mangili a tué des pigeons avec du venin desséché depuis dix-huit mois. Les naturalistes et les préparateurs redoutent avec raison les blessures occasionnées par les crochets des Crotales et des Vipères longtemps après la mort de ces ophidiens.

On croit que l'immersion dans l'alcool ne détruit pas les propriétés toxiques du venin, M. Joly a tué des moineaux en les piquant avec les crochets d'une Vipère retirée d'un flacon. Cependant il paraît que le séjour prolongé dans l'alcool finit par neutraliser le fluide venimeux. Duvernoy ayant pris avec une lancette un peu de venin d'un Durisse conservé dans un bocal, et l'ayant introduite sous la peau de l'oreille et sous celle de la cuisse d'un lapin, il n'en résulta aucun accident»

i° Ophidiens. — Les venins des Ophidiens sont les plus terribles et les mieux connus.

Celui de la Vipère a été étudié pour la première fois sérieuse-

(i ) On assure que les Vipères de la France sont plus redoutables dans la canicule qu'à rautomne.

(2) i Venenum terpentit non ifustut ud vulnere nocet. » (Celse.) — Galien rapporte le cas d'un homme que sa servante voulut empoisonner, en lui faisant boire du vin dans lequel avait infusé une Vipère, et qui guérit de sa maladie.

(3) Cependant M. Paul Gervais assure avoir piqué un jeune chien avec les crocheté (rune télé desséchée de Crêtale, et qu'il ne produisit aucun phénomène toxique.

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