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ORDRE DES PROBOSCIDIENS

Les éléphants, aujourd’hui seuls d énormes mammifères dont le nez

représentants de ce groupe, sont est développé de manière à consti-

l’K;. 3°9. — Eléphant (f Afrique et Éléphant d’Asie.

tuer une longue trompe (tlg. 210), à l’aide de laquelle ils saisissent les corps don. ,1s veulent s’emparer, arrachent les arbres, souvent des fardeaux considérables et frappent leurs ennemis.

1> ROBOSCIDIENS.

Ces animaux ont deux sortes de dents : des incisives, constituant de longues défenses, et des molaires (fig. 65 et GG), appropriées a un régime essentiellement végétal. Leur cerveau présente de nombreuses

circonvolutions et ils sont fort intelligents. Leurs mamelles, dont il

n’y a qu’une seule paire, sont pectorales ; leurs doigts sont au nom >re de cinq à chaque pied. Enfin leurs membres sont disposes comme

des colonnes, uniquement affectés à la sustentation du corps et ils reposent sur le sol par l’extrémité des doigts. Une grosse pelotte de tissu fibreux élastique soutient en arrière les pieds de ces animaux, élargit le.ur semelle et empêche les doigts de fléchir dans la

Il n’y a plus d’éléphants qu’en Afrique et dans 1 Inde. Ce sont des

mammifères herbivores. Ils sont d’espèce différente, suivant le continent qu’ils habitent, et faciles à distinguer par la forme de leur tete, simplement bombée dans l’éléphant africain, doublement dans celui de l'Inde (fig. 309); par leurs oreilles, plus grandes dans l’éléphant d’Afrique que dans l’autre;- et par leurs dents molaires, qui montrent des losanges d’émail dans l’espèce africaine (fig. 65), et des ellipses allongées, à bords festonnés, dans celle de l’Inde (fig. 66). Les éléphants de l’Inde (fig. 209) sont seuls domestiques ; encore ne le sontils' qu’individuellement, puisqu’ils ne se reproduisent pas en captivité.

Il faut prendre sauvages, ou tout au moins dans un état de demiliberté, ceux qu’on veut employer, etles apprivoiser l’un après l’autre. ^ Quelques auteurs ont pensé que les éléphants asiatiques constituaient deux espèces, dont une serait particulière a 1 de de Sumalia , mais il ne s’agit peut-être ici que de simples variétés.

Proboscidiens fossiles. — 11 a existé en Europe, pendant la période quaternaire, des animaux du même genre que les éléphants : on admet qu’ils étaient de plusieurs espèces. Quelques-uns dépassaient considérablement en dimensions les éléphants actuels, d auties, plus particulièrement ceux dont les 'ossements ont été recueillis dans la caverne de Zebbug (île de Malte), étaient au contraire bien

plus petits.

Ces éléphants de races aujourd’hui éteintes s’étendaient jusque dans le nord de l’Asie et dans une grande partie de l’Amérique ; leurs débris abondent dans certaines localités.

Leur race ou espèce la plus nombreuse était celle à laquelle on a donné le nom de mammouth (Elephas primigenius) . On en retrouve des individus entiers enfouis dans les boues glacées de la Sibérie ; les poils dont ils avaient le corps garni doivent faire admettre qu’ils étaient capables de mieux résister au froid que ne pourraient le faire les éléphants d’aujourd’hui. Dans l’Europe centrale, l’homme a été le contemporain de ces animaux.

En France, les éléphants se sont éteints pendant les premiers temps de la période glaciaire, et il en existait encore au commencement de l’époque, préhistorique, mais ils avaient déjà disparu aux temps dits-

MAMMIFÈRES

«le la pierre polie. C’est certainement par erreur ni)'inw>« ... • , attnbue leurs ossements à des géants appartenant à l’espèce humaine on a voulu y yoir les restes des éléphants qu’Annib I a con-

UaÜe’ 0,1 lftS fai8ant P"* i Espagne et* le

On trouve également, des ossements fossiles d’éléphants en Angleterre, en Belgique, en Allemagne et jusqu’auprès de la mer Noire.

Le musee de Saint-Petersbourg possède le squelette d’un éléphant

ma?"no Ut l C,U1 a C!6 rapporté des borc,s de la Léna. Il fut découvert en 1 / .).) par un pêcheur toungouse, et c’est le naturaliste russe Adams

qui a.1;e“ssl.à 1(j faire transporter on Europe. Au moment où il a été signale, animal avait encore sa peau etses chairs et les chiens avaient commence à s en nourrir. Quelques mèches des longs poils dont il était

couvert ont ele envoyées à différents musées; on en voit dans celui de Paris.

D’autres espèces d éléphants sont antérieures au mammouth, ou du moins elles se sont éteintes avant lui: tel est en particulier l’éléphant méridional, dont un squelette de grande faille a été découvert à Durfort, dans le département du Gard.

* Des éléphants encore différents sont fossiles dans l’Inde, mais dans des terrains plus anciens. On en distingue aussi plusieurs espèces.

Les mastodontes et les dinothériums sont deux autres genres de • proboscidiens qui ont entièrement disparu du nombre des êtres vivants. Leurs débris, enfouis dans un grand nombre de pays, ont aussi ete egalement pris pendant longtemps pour des ossements de géants et ils ont contribué a donner lieu aux légendes, répétées par presque tous les peuples, que le globe a d’abord été habité par des hommes d une stature colossale.

Les mastodontes sont reconnaissables à leurs dents molaires dépourvues de cément et mamelonnées à la couronne par des arêtes transversales, plus souvent encore par d’épais mamelons (lig. 5 . Quelques-uns avaient des défenses aux deux mâchoires, tandis que les éléphants n’en possèdent qu’à la mâchoire supérieure. En Europe, ces animaux ont vécu pendant les époques tertiaire miocène et pliocène, et en général ils ont précédé les éléphants. Ceux d’Amérique appartiennent à la faune quaternaire.

Les dinothériums portaient à la mâchoire inférieure une paire de fortes défenses recourbées en bas, et leurs molaires étaient en même temps un peu différentes de celles des mastodontes par la' forme ainsi que par le moindre nombre des arêtes ou collines.

On trouve fréquemment des restes fossiles de mastodontes et de dinothériums en France, ainsi que dans d’autres partiesde l’Europe. Il y en a aussi dans l’Inde, et, comme nous l’avons dit, l’Afrique septentrionale et les deux Amériques ont autrefois nourri des mastodontes.

Aucun débris appartenant a des animaux analogues n’a été encore découvei t dans 1 Australie, région du globe dont la population est

JUMENTÉS. Ml

entièrement différente de celle des autres continents, que 1 on envisage ses espèces actuellement existantes ou celles qu elle a perdues.

ORDRE DÉS JUMENTÉS.

C'est, comme l’ordre précédent, une partie de l’ancien groupe des Pachydermes de G. Cuvier, dont les espèces ont dû être réparties, à cause de la diversité de leurs caractères, dans-! rois ordres différents, savoir : les Proroscidlens, représentés dans la nature actuelle par les éléphants, et dont nous venons de parler ; les Jumentés, qui vont nous occuper, et les Porcins, comprenant comme genres principaux les hippopotames et les sangliers qui sont des bisulques.

Les jumentés ont les doigts enveloppés dans des onglonsou sabots,

Fig. 310. — Dauw ou Zèbre de Burchell.

mais sans que leurs pieds soient fourchus, même lorsqu’ils ont quatre doigts. Le nombre en est le plus souvent impair et réduit à trois. L’os de leur cuisse, ou le fémur, présente le long de son bord externe une saillie qui n’existe ni chez les éléphants, ni chez les porcins; celte saillie très-caractéristique a reçu le nom de troisième trochanter. L’astragale (fi g. LU), un des os du pied qui répond à L’osselet des moutons, est de forme ordinaire, et par conséquent différent de celui de ces derniers ainsi que de celui des porcins.

Les dents des jumentés sont généralement de trois sortes (fig 55) et leurs molaires montrent à la couronne des replis ou des excavations de 1 email plus ou moins multipliées, dont la complication est en rapport avec le régime essentiellement végétal de ces animaux.

L estomac n est point disposé pour la rumination ; il est simple.

MAMMIFÈRES

Les mamelles ne sont jamais pectorales comme celles des éléphants.

Enfin, les jumentés ont, le cerveau pourvu de circonvolutions, et ils comptent parmi les mammifères intelligents, mais sans égaler à cet égard ceux du genre que nous venons de ciler.

C’est à cet ordre qu’appartiennent les familles des Équidés ou chevaux, Rhinocéridés ou rhinocéros, et Tapiridés ou tapirs.

Les Équidés ou chevaux, dont font partie le cheval, l’âne, l’hémione et les différentes espèces de zèbres, donnent des hybrides par leur croisement; le mulet, si employé dans certains pays, résulte de 1 union des deux premiers. Il existait autrefois des chevaux sauvages en très-grand nombre en Europe, et l’on a la preuve qu’il en a également vécu dans les deux Amériques. Cependant les chevaux indigènes

Fie. 311. — Rhinocéros bicorne (d’Afrique).

de l’Amérique avaient depuis longtemps disparu lorsque les Européens se sont établis sur ce continent, et les troupes si nombreuses et à demi sauvages que l’on y rencontre actuellement descendent des chevaux que les Espagnols y ont transportés.

La famille des équidés a quelquefois reçu le nom desolipèdes, signifiant so/îV/f/w/es ou à pieds solides, par allusion à l’élargissement des sabots chez les espèces qui lui sont propres. Pris dans le sens d’animaux ;i pieds unidigités, c’est-à-dire à un seul doigt, ce mot ne peut s’appliquer qu’à une partie des espèces qui s’y rapportent. En effet, les hipparions et d’autres également fossiles, étaient tridactyles, c’està-dire pourvus de (rois doigts à chaque pied.

Hiiinocéhos. — Ils sont répandus en Afrique ainsi que dans l’Inde et dans ses principales îles; mais lors de l’époque quaternaire et pendant une grande partie de la période tertiaire, ils ont été nombreux en Europe.

L’Amérique, qui en est aujourd’hui dépourvue, en a également

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possédé, comme le prouvent les fossiles de ce genre qui ont été trouvés dans Nebraska et le Dakota (Etats-Unis).

Les rhinocéros ont la peau très-épaisse, plissée par endroits pour faciliter les mouvements, et formant de véritables boucliers qui protègent le corps. Leur nez est habituellement surmonté d’une ou de lieux cornes implantées sur la ligne médiane, et qui diffèrent de celles des ruminants en ce qu’elles sont uniquement formées de matière cornée, sans axe osseux intérieur. Leurs dents canines et incisives n'ont pas la même disposition chez les espèces africaines et chez celles de l’Inde. Elles sont petites et disparaissent de très-bonne heure chez les premières, tandis qu’elles se développent en partie chez les secondes, acquièrent un volume assez considérable et servent pendant toute la

Fig. 312. — Rhinocéros unicorne (de l’Inde).

vie. Dans ce cas, l’os incisif porte une paire de ces dents, et il y en a également une à la mâchoire inférieure, ainsi que deux incisives plus petites. Le rhinocéros à narines cloisonnées [Rhinocéros tichorhinus), qui a vécu en Europe et en Sibérie en même temps que V Elephas pri~ migenius, était dans le premier cas; c’est une des espèces les plus caractéristiques de la période diluvienne. Les rhinocéros de l’époque miocène étaient presque tous dans le second, et, par conséquent, plus semblables à ceux qui existent maintenant dans l’Inde.

Les rhinocéros sont des mammifères de grande taille que leurs habitudes brutales rendent incapables de toute domestication • comme les autres jumentés, ils sont herbivores.

Les principales dispositions anatomiques qui les caractérisent se

retrouvent dans des animaux à peine plus gros que le lièvre mais à corps plus allongé et plus bas sur jambes, qui vivent en Syrie et dans plusieurs parties de l’Afrique, manquent de cornes et ont la peau cou-

MA MM IFM UK S.

verte de poils. Ces animaux sont les damans, dont il est déjà question dans la Bible sous le nom de saphan. Les Septante ont traduit à tort ce mol par chœrogrylle, qui signifie hérisson, et la Vulgate y a substitué également par erreur celui de cuniculus, un des noms du lapin.

Fig. 313. — Dentition du Daman.

Quelques auteurs considèrent les damans comme devant former une famille à part ; mais leurs affinités avec les rhinocéros ont été démontrées par Cuvier et de Blainville. Ces naturalistes se sont principalement appuyés sur la considération du système dentaire (fig. 313) et

Fig. 314. — Tapir indien.

sur celle du squelette, par conséquent sur des caractères dont on ne saurait contester la valeur.

Les Tapirs sont remarquables par le prolongement de leur nez sous forme de petite trompe. H y en a quatre espèces, dont trois sont propres à l’Amérique méridionale : le tapir ordinaire, le tapir pin-

J U M ENTÉS

chaque et le tapir de Baird ; la quatrième est confinée dans la presqu’île de Malacca ainsi que dans les îles de Sumatra et de Bornéo : c est le

tapir indien (fig. 314). „

Des tapirs ont vécu en Europe pendant l’epoque tertiaire. Un en recueille les débris dans diverses parties des dépôts miocènes de la France et auprès d’Eppelsheim (Hesse-Darmstadt). En France, il s en rencontre même jusque dans des terrains pliocènes, ainsi qu on 1 a constaté en Auvergne, dans le Yelay et à Montpellier.

L’ordre des jumentés a fourni aux anciennes faunes de 1 Europe plusieurs genres dont les caractères étaient notablement différents. Tels sont en particulier les genres Palœotherium et Lophiodon , qui ont laissé aux environs de Paris de nombreux restes enfouis, les premiers dans les plàtrières, les seconds dans le calcaire grossier.

Leurs fossiles sont précieux au point de vue de la géologie, car ils permettent, par leur présence dans des dépôts éloignés les uns des autres, d’établir avec certitude la contemporanéité de ces dépôts, et ils nous donnent une idée de la population animale qui occupait l’Europe à l’époque où ces dépôts se sont formés.

Jumentés domestiques. — Le cheval et l’âne sont les seuls animaux domestiques de cet ordre. Ainsi que nous 1 avons vu, ces deux espèces appartiennent à la famille des équidés.

Le cheval ( Equus cabalius ) nous rend les plus grands services, et de tout temps il a été l’objet d’une culture particulière. La beauté*de ses formes, ses qualités comme monture et comme animal de trait, son obéissance et la facilité avec laquelle on le dresse, les secours qu il nous rend dans la vie domestique, en agriculture ou à la guerre, en font une des espèces les plus utiles.

De même que ses congénères, c’est un animal à la fois herbivore et granivore ; il a le canal intestinal fort long et pourvu d’un ample cæcum, cavité en forme de cul-de-sac séparant l’intestin grêle d’avec le gros intestin. Ses dents molaires sont marquées à la couronne de replis assez compliqués de l’émail, enveloppés par celle matière osseuse particulière à laquelle on donne le nom de cément. Son estomac est simple, et il ne jouit pas, comme le bœuf, le mout on ou le cerf, de la propriété de ruminer.

L’étude anatomique du cheval, espèce principale de la famille des équidés, offre autant d’intérêt pour le savant ou l'artiste que pour le vétérinaire; elle n’est pas moins digne de l’attention du philosophe, et le naturaliste vient encore ajouter à l’attrait qu elle nous offre quand, s’inspirant des découvertes paléontologiques, il constate les efforts que la nature semble avoir faits pour arriver à la production du plus beau et du plus recherché de tous les quadrupèdes, en perfectionnant pour le créer les formes moins parfaites qui ont représenté les jumentés de la même famille depuis les premiers temps de la période tertiaire.

Dans certains cas, il est bien difficile de distinguer les ossements

MAMMIFÊHES.

lossiles appartenant aux anciens chevaux, retrouvés dans les dépôts quaternaires, d’avec ceux des chevaux de races domestiques que l’homme a depuis lors enfouis dans le sol; mais il n’en est pas ainsi des débris analogues qui sont mêlés, dans les terrains pampéens do l’Amérique méridionale, aux restes des grands édentés autrefois propres à cette région; ceux-ci proviennent certainement d’une espèce à part. En comparant le cheval aux animaux des genres voisins, tels que le

rhinocéros ou le tapir, on reconnaît bientôt la supériorité organique qu’il a sur ces derniers, et les instincts de sociabilité qui le distinguent, l’intelligence relativement supérieure qui lui permet de s’associer à l’homme, deviennent plus faciles à comprendre.

L’emploi du cheval remonte à une antiquité très-reculée. Lorsque nos contrées étaient encore peuplées par des éléphants, des rhinocéros, des lions, des hyènes, cette espèce était peut-être déjà utilisée par la race d’hommes qui s’était alors établie sur notre territoire, mais on n’a pas la preuve qu elle fût déjà employée comme monture; il paraît toutefois certain qu’elle servait d'aliment. Elle était complètement domestique à l’époque où les premiers peuples de famille (*)

(*) «, larmier; — b, salière; — c, chanfrein; — </, encolure; — e, toupet; — f , garrot: — g, poitrail; — h, reins; — t, coffre; — j, ventre; — /, croupe; — ni, bras; — m' cuisse; — », avant-bras; — »', jambe; — o, genou; — o', jarret; — /», canon ; — <1, boulet ; — r, paturon ; — s, couronne ; — /, sabot.

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