‹ Éléments de zoologieChapitre 112 sur 184 · U RIENT ÉS · texte numérisé non relu

U RIENT ÉS

aryane, ancêtres des Européens actuels, commencèrent à se répandre en Occident, et l’on retrouve dans les habitations lacustres de laiegioi des Alpes, ainsi que dans un certain nombre de cavernes dont le îemplTssage Remonte aussi à cette époque ou dans les tourbières, les ossements des chevaux alors employés dans nos contrées.

Après ces temps préhistoriques, l'usage du cheval est devenu plus général, et les variétés de cette espèce se sont multipliées et îepc dues, les unes robustes et appropriées à la traction des fardeaux les plus lourds, les autres disposées pour la course et capables de se de monture ; d’autres encore plus réduites dans leurs dimensions, mais pouvant néanmoins rendre des services îtels.

A la première de ces catégories appartiennent les chevaux hollan-

Fig. 316. — Cheval arabe.

dais, lïamands et boulonnais ; les chevaux arabes, ainsi que leurs dérivés les barbes etles anglais, sont des exemples de la seconde ; et l’on peut citer les chevaux javanais et les corses, ceux de l’ile d’Ouessant, ou mieux encore la race des îles Shetland et de 1 Islande, tous remarquables par la petitesse de leur taille, comme rentrant dans la troisième. Une sous-race de ces derniers n’a guère plus d’un mètre de hauteur au garrot. ,

Nos chevaux domestiques descendent-ils de ceux dont les troupes ont habité l'Europe pendant l’époque géologique dite époque quaternaire, et proviennent-ils de ceux qu’ont utilisés les peuples touraniens qui se sont fixés les premiers sur notre continent? Ont-ils au contraire été amenés à une date moins ancienne des plateaux asiatiques? Ainsi que le font pressentir les détails précédents, c’est là une question que les zoologistes n’ont pas encore résolue d’une manière certaine.

En ce qui concerne la phase des temps historiques dont nous par-

108 mammifères.

lent nos livres anciens, nous voyons Homère citer les nombreux haras

derenie0rSrn I “ Erichlhonius. l'un des ancêtres du

Les i 7^’ ’°1S miIIe Juments et Pareil «ombre de poulains.

1 onv 7 t f ,m°nrments assyriens conservés au musée du

une H’ ! T , mUSée de Londres> Peuvent nous donner

une ulee de la beautedes chevaux que l’on possédait alors dans lAsie-

- meure. Nous savons également par les sculptures ou les peintures

de 1 ancienne Egypte qu il y avait aussi de fort beaux chevaux dans ce

pays. G est sans doute celte race chevaline propre à l’Asie-Mineure

ainsi qu a la vallée du Nil que les Grecs ont possédée. Le Parthénon

nous en a transmis les formes sculptées avec autant de perfection que

d exactitude, et lamylhologie grecque, en vouant le cheval à Neptune

semble reconnaître l’origine étrangère de cette espèce : c’est au dieu de

la mer, et par suite à la navigation, qu’elle en attribue l’introduction.

Les rois de l’Asie-Mineure encourageaient la production chevaline, dont ils (iraient sans doute de grands bénéfices, et l’ancienne Arménie a fourni pendant un certain temps des chevaux et des mulets aux princes commerçants de Tyr et de Sidon. Dès ces temps anciens, la Perse cultivait la même industrie avec un égal succès. Cyrus avait réuni dans ses haras, en vue sans doute des grandes expéditions qu’il se proposait d’exécuter, huit cents étalons et seize cents juments. De nos jours les chevaux de race persane sont encore fort estimés.

On dit que l’art de monter le cheval fut inventé par les Scythes et que, lorsqu’ils vinrent en Thrace, les Grecs furent très-effrayés, parce qu ils crurent que 1 homme et l’animal ne formaient qu’un seul corps. Est-ce la le point de départ de la fable des centaures, ces êtres imaginaires supposés moitié homme, moitié cheval ? Il est d’ailleurs connu que les Mexicains éprouvèrent les mêmes terreurs que les habitants de la Thrace et qu ils commirent la même méprise qu eux en voyant pour la première fois les cavaliers espagnols que Cortez lança à leur poursuite.

Les Hébreux paraissent n avoir eu des chevaux que vers l’époque de David. Abraham, Isaac, Jacob possédaient des ânes, dont il est question, en même temps que des moutons et des chameaux, dans rénumération de leurs richesses, mais il ne parait pas qu’avant le roi psalmiste les Juifs aient élevé le cheval, ni même recherché cet animal. A l’époque de Moïse, ils ne s’en servaient point encore, même dans les batailles ; et en effet ce grand législateur leur recommande, lorsqu’ils iront au combat, de n’avoir point peur des chevaux, non plus que des chariots de leurs ennemis, mais de placer leur confiance dans le Dieu d’Israël.

Cependant le livre des 1 lois nous parle de l’écuyer de Jonathas; il rapporte aussi que David, vainqueur d’Adarezer, fils de Rohob, roi de Soba, sur 1 Euphrate, lui prit dix-sept cents cavaliers, mais qu’il coupa les tendons des jambes a tous les chevaux et n’en réserva que pour cent chariots. Salomon lut mieux inspiré. Il rassembla un grand nombre

J U M ENTÉS

,1e Chariots et de gens de cheval; il eut quatorze cenls chariots et douze cenls hommes de cavalerie, qu'il distribua enlre les v, les fortes de son royaume, et il en retint une partie auprès de lui dans le usalera. Ces chevaux venaienl de l'Egypte et de Coa, ou on es achetai à un prix convenu. Un attelage de quatre chevaux <1 Lgyp e cou ai tl Salomon six sicles d’argent (ce qui met le prix de chaque clieva a 430 francs environ de notre monnaie); un étalon lui revenait a six sicles. Le texte hébreu ajoute que tous les rois des Héléens et ceux ( e la Syrie vendaient aussi des chevaux à Salomon.

Indépendamment des excellentes qualités que nous lui reconnaissons de son vivant, le cheval peut fournir après sa mort diverses substances utiles : sa peau, dont on fait du cuir; la corne de ses pieds, les crins de sa queue ou de son cou ; ses tendons, qui servent à faire de la colle; ses os, dont on retire du noir animal ou qui servent à fabriquer des outils pour plusieurs corps d’états. Quelques autres de ses parties sont aussi conservées et employées avantageusement.

On doit également le citer parmi les espèces alimentaires, et si sa chair n’est pas appelée à nous rendre les mêmes services que celle du bœuf ou du mouton, il n’est pas moins certain que, dans beaucoup de cas, il est possible d’en tirer un parti avantageux. loutelois on a peutêtre exagéré son utilité, dans ces dernières années surtout, et les boucheries de clievat établies a Paris ainsi que dans d autres villes ne

semblent pas avoir donné tous les résultats qu on en attendait. A 1 époque où le renne était répandu et utilisé dans nos contrées, les hommes mangeaient déjà le cheval ; en 1810 et 1871, pendant le siège de Paris, il à été l’une des ressources les plus précieuses de l’alimentation ; mais souvent la chair de cette espèce n’est utilisable que comme engrais, attendu qu’on n’abat ces animaux que lorsque la fatigue. l’âge ou les maladies les ont mis tout à fait hors de service, et que, dans ces différentes circonstances, leur emploi peut nôtre pas toujours sans inconvénients.

Nos variétés de chevaux sont caractérisées par la différence de leur taille et la diversité de leurs proportions, ce qui permet de les employer à des usages très-divers, et nous fournit les races de selle, de cavalerie grosse et légère, de trait, de labour, etc. Les plus beaux sont encore ceux des Orientaux; ils viennent particulièrement de l’Arabie. Leurs qualités se retrouvent en partie dans certains chevaux espagnols et surtout, dans les chevaux anglais. On s’applique à répandre celte race en France, oii il en existe d’ailleurs plusieurs autres ayant d’incontestables qualités.

L'âge des chevaux est en général facile à reconnaître à l’usure plus ou moins avancée de leurs dents incisives. Ces dents sont au nombre de trois paires à chaque mâchoire. On les distingue en paire interne ou pinces, intermédiaire ou mitoyennes, et externe ou coins. Lorsque les chevaux sont encore jeunes, ils n’ont pas perdu les incisives de première dentition, et suivant le temps qui s’est écoulé depuis leur nais-

-ilü

l’usure. e e!5t ï)lus 011 moins entamée par

De dix a seize mois les pinces rasent (fig. 317), c’est-à-dire que les

fossettes s y effacent et que la couronne se nivelle.»

D un an a vingt mois, la même chose se passe pour les mitoyennes, et de dix-huit mois à deux ans les coins s’usent à leur lour. La mâchoire inférieure est la seule que l’on consulte, étant la plus facile à observer.

De deux ans et demi à trois ans, les incisives de la seconde dentition commencent a î em placer celles dgl ait , d’abord les pinces, puis les mitoyennes (de trois ans et demi a quatre), enfin les coins (de quatre ans et demi à cinq).

Lorsque ce travail de remplacement s’est accompli, c’est le degré d usure des incisives persistantes qui sert de guide (fig. 318 et 319)?

L excavation des pinces disparaît entre cinq ans et demi et six ans : celle des incisives mitoyennes un an après; celle des coins de sept à huit ans. Alors les crochets, c’est-à-dire les canines, ont déjà apparu et leur pointe a commencé à s’user.

Plus tard l’âge est difficile à apprécier, et le cheval ne marque plus ; on dit alors qu’il est .hors d’âge. Cependant les gens experts savent encore trouver des indications qui ne manquent pas de valeur: il leur est également facile de reconnaître les excavations artificielles qu'on pratique quelquefois à la couronne dentaire des chevaux hors de marque pour les faire croire moins vieux qu’ils ne le sont en réalité, et en obtenir par celte fraude un meilleur prix.

La couleur générale des dents, l’état plus ou moins avancé de l'usure des machelières ou molaires, la longueur des canines qui se

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déchaussent à mesure que l’animal vieillit, la grandeur et l’mégalile des molaires, les rides du palais, et quelques autres signes, permettent de se prononcer, mais d’une manière approximative, sui aee des chevaux hors de marque. La durée de ta vie de ces animaux e*

d’environ trente ans. . ,

Dans les steppes de la Tartarie, refuge actuel de leur espece, on

trouve encore des chevaux sauvages, mais ils n’ont pas entieremen conservé leur caractère primitif, car' ils se recrutent mcessammen d’individus échappés à la domesticité qui se mêlent avec eux. Quelques auteurs leur assignent même pour ancêtres des chevaux abandonnés faute de fourrages, lors du siège d’Azov en 1658. Au premier abord, cette opinion paraît bien hasardée ; cependant elle devient soutenable si l’on se rappelle ce qui s’est passe en Ame

Les chevaux qu’on a portés sur ce continent s’y sont reproduits en grand nombre, sont redevenus sauvages ou à demi sauvages, et ils ont repris les mœurs des tarpans , c’est-à-dire des chevaux libres de l’Asie. C’est parmi eux qu’on choisit parfois ceux quion veut dresser.

Dans ce cas, on chasse souvent toute une troupe à la lois , et en la poursuivant on s’efforce de l’enfermer dans un corral ou grand enclos circulaire fait de pieux solidement fixés en terre. Alors le chef monte sur un cheval vigoureux et dont il est sûr; il entre dans 1 enceinte ayant à la main un lasso ou longue courroie fixée par une extrémité a sa selle et terminée à l’autre bout par un nœud coulant. Le câvaliei lance ce nœud au cou du plus beau jeune cheval qui se présente a lui, et l’entraîne au dehors. Au moyen de cordes on embarrasse les jambes de l’animal et on le jette à terre ; ensuite on lui met dans la bouche une forte courroie en forme de bride, puis on le selle. Un Indien armé d’éperons très-aigus le monte et on le laisse alors courir. Le cheval fait des efforts incroyables pour se débarrasser de son cavalier, mais inutilement; l’éperon le met au galop, et, après avoir couru un certain temps, il se laisse ramener à l’enclos oii il a perdu sa liberté : il est dompté. On lui ôte sa bride et on le mêle aux chevaux domestiques, car dès ce moment il ne cherche plus ni à s’échapper ni à désobéir à son maître.

Les Tartaresont depuis longtemps recours à des moyens analogues.

En France et dans le reste de l’Europe il n’y a plus de chevaux entièrement sauvages ; ceux de la Camargue ne jouissent que d’une demi-liberté. Ils ont leurs maîtres, et des hommes sont chargés de les surveiller. A certaines époques de l’année on les emploie à dépiquer le blé. Partout ailleurs on élève ces animaux dans des haras, et l’industrie chevaline reçoit du gouvernement des encouragements qui ont beaucoup contribué à ses progrès.

Les principaux centres de production chevaline sont les Hautes- Pyrénées, ainsi que plusieurs départements. du Centre, la Lorraine,

mammifères.

l'Alsace la Normandie el la Bretagne. Celle dernière province lient à ! 8"rd lc premier rang, el la Normandie le second .es gros chevaux do l i ai! proviennent surtout du Boulonnais (dénarlenienl du Pas-de-Calais), et de ia Flandre (Nord)- les chevaux léners < e Iran sont les talons (Finistère), les perdrons (1ur“èS ardenna.s (Ardennes), el les landais (Landes). Les chevaux normands Calvados) sont nos meilleurs demi-sang carrossiers; les navârtns

Sng légeî-s.°neeS 61 es iinlousins (Haute-Vienne) nos meilleurs demi-

En ce qui concerne la couleur, on dit que les chevaux sont noirs

h ânes, alezans, jaunes, brunâtres, café au lait, Isabelle, bais, souris ou gris, rouans ou pies.

Un cheval adulte doit consommer au moins un litre d’avoine par

iusnn’dîn ïr1’ ^ pendant les ,fati^ues exceptionnelles on peut aller jusqu a un litre un quart ou un litre et demi.

L’âne (Equus as inus] ) est moins fort, moins obéissant et moins gra-

cieux que le cheval mais il est aussi d’une grande utilité, et comme il

est a la luis plus sobre et d’un moindre prix, il est accessible au plus

*rand nombre Cependant on l’emploie moins de nos jours danf la

plupai t des villes de 1 Europe que dans celles de l’Orient ou du Nord de 1 Afrique.

Il a les oreilles plus longues que le cheval, porte une houppe au )out de la queue, qui est moins fournie, au lieu de longs crins tombants, et est marqué sur les épaules de deux bandes noires disposées en croix. r

De même que le cheval, l’âne domestique semble originaire ( Asie, mais on retrouve dans la région du Nil un type sauvage dont

d descend en partie. En France, la race la plus forte est celle du Poitou.

L ane et le cheval produisent facilement ensemble. Les métis issus de leur croisement sont employés comme animaux de trait ou de transport. On en fait particulièrement usage en Espagne et dans le sud-est de la France. Ce sont les mulets, dont on reconnaît surtout l’avantage dans les pays de montagnes.' Les équipages militaires emploient un grand nombre de ces animaux.

Les anciens ont déjà connu l’hémione (Equus hemionus ), dont le nom signifie dcnn-ânc, et qui tient en effet de 1 espece* précédente par ses principaux caractères : il est teinté d’isabelle sur le dessus du corps et blanchâtre en dessous; au lieu d’une croix noire semblable à celle de 1 âne, il ne porte sur le dos qu’une bande longitudinale de la même couleur. On essaye de le rendre domestique.

Le zèbre ( hquus zébra) a d abord été appelé hippotigre, ce qui signifie che\al-ligre, (jest-à-dire rayé comme le tigre. Deux autres espèces afi Laines d équidés présentent un mode de coloration analogue : ce sont le dauw (fig. 310) et le couagga.

BfS-ULQÜES RUMINANTS.

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