ORDRE DES BISULQUES (RUMINANTS ET PORCINS
Animaux à doigts pairs, dont l’astragale esten forme d’osselet, e està-dire ressemble à l’os ainsi nommé dans le mouton et dans le porc /fier, pif) et 1-43). Les uns ont l'estomac multiloculaire (tig. *)> son herbivores et ruminent; les autres sont omnivores; leur estomac est
simple ou peu compliqué, ils ne ruminent pas.
On partage lès bisulques, suivant qu’ils sont dans 1 un ou dans l'autre cas, en deux sous-ordres : les Ruminants et les Porcins.
1° Umninnnt*.
Les Ruminants, dont on fait le plus souvent un ordre a paît malgié les rapports qui les rattachent au reste des bisulques, c’est-à-dire aux porcins, sont des mammifères à sabots qui se distinguent de tous ies autres par leur estomac multiloculaire et propre à la rumination. On reconnaît habituellement dans cet estomac les quatre parties que nous avions décrites précédemment, savoir : la panse, le bonnet, le feuillet et la caillette (tig. 34). Les dents des mêmes animaux affectent une disposition également caractéristique. En général, les molaires sont au nombre de six paires à chaque mâchoire, et les replis de 1 émail sont disposés en croissants; il n’y a ni canines ni incisives supérieures, et la canine inférieure est en pince, peu différente des trois paires d’incisives que présente la même mâchoire (fig. 56). Les chameaux sont les ruminants qui s’éloignent le plus de cette disposition. Ils possèdent, même à l’état adulte, une paire de fortes canines supérieures, ainsi qu’une paire d incisives, et, lorsqu ils sont tout a fait jeunes, leur mâchoire supérieure présente deux autres paires d incisives, ce qui leur donne pour les dents de cette sorte la formule -f. Leurs canines inférieures sont d’ailleurs semblables a celles des autres mammifères, au lieu d’être incisiformes comme chez les chevrotains, les cerfs ou les bœufs.
Cet ordre ou plutôt ce sous-ordre est riche en espèces, les unes de taille moyenne, les autres beaucoup plus grandes. Toutes vivent par troupeaux, ce qui les avait fait appeler Pecora par Linné.
' C’est parmi elles que l’homme a trouvé ses principaux animaux domestiques.
Un autre caractère des ruminants réside dans leurs pieds fourchus, c’est-à-dire bisulques, à la manière de ceux des porcs, mais ayant de plus que chez ces animaux les deux métacarpiens et métatarsiens principaux réunis en un seul os, auquel on donne le nom de canon (fig. 140 B): L’hyémosque, ou ehevrotain de Guinée, fait seul exception à celte règle.
Enfin les ruminants ont, pour la plupart, le cerveau pourvu de nombreuses circonvolutions, et ce sont des animaux intelligents.
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MAMMIFÈRES
Ce sous-ordre se partage en plusieurs familles, en tête desquelles on doit placer celle des Bovidés, ou ruminants à cornes pourvues d’étuis epidermiques dont les bœufs, les chèvres, les bouquetins, les mollir j\’eles m°Ufl0nS Gl k nombreuse division des antilopes font
Des bœufs sauvages ont autrefois vécu dans notre pays. 11 v en avait de deux especes distinctes : les uns plus semblables au bœuf domesique, mais plus grands que lui, paraissent avoir été la source de nos bœufs actuels ; les autres comparables au bison d’Amérique appartenaient a l’espèce aujourd’hui presque anéantie des aurochs.
I*ig. 320. — Mouflon de Corse.
Les hommes d’alors faisaient la chasse à ces grands bœufs, comme les Peaux-Rouges la font de nos jours aux bisons que leur pays nourrit encore en abondance.
Cependant les Indiens ont détruit, pourleur part, une énorme quanlilé de ces bisons, et l’extermination des mêmes animaux est pratiquée sur une échelle plus grande encore par les chasseurs anglo-américains. On porte à 2 500000 le nombre des bisons qui sont tués annuellement, et l'on évalue à 200000 le nombre de ceux abattus, dans le Kansas seulement, pendant la saison de J 872 et 1873 ; un seul chasseur en a exterminé 5000 dans l’hiver de 1873 et 1874, soit GOà 80 par jour.
Les moulions, dont il existe une espèce en Sardaigne et en Corse (fig. 320), .sonl des ruminants de moindre faille qui se rapprochent particulièrement des moutons. Les monts Aurès, en Algérie, en nourrissent une espece qui se trouve aussi dans la haute Égypte, et à laquelle on a donné le nom de mouflon à manchettes (fig. 321). Quant aux
RISUI.QUKS RUMINANTS.
bouquetins, ils ressemblent davantage aux chèvres, et l’on a quelquelois supposé que ces dernières n’en étaient que des variétés dues a la domestication. Quelques points des Alpes et des Pyrenees, ainsi que la Sierra-Nevada, en Espagne, nourrissent encore des bouquetins , il y en a d’autres en Égypte et dans l’Asie. Ces derniers sont aussi des
animaux de montagnes. ,, .
Les antilopes sont bien plus nombreuses en especes, et elles
Fig. 321. — Mouflon à manchettes.
dû être partagées en plusieurs genres. L’Afrique en nourrit plus qu’aucun autre continent.
Les Alpes et les Pyrénées possèdent le chamois (fig. 323), qui est une espèce d’antilope. Il était autrefois plus répandu.
Une seconde espèce européenne du même groupe vit dans la région des monts Ourals : c’est le Saïga, qui s’est autrefois étendu jadis jusqu’en France et en Belgique.
Les antilopes ont pour la plupart des formes gracieuses ; leur pelage n’est pas moins élégant, et quelques-unes acquièrent de grandes dimensions, comme le gnou, le canna et plusieurs autres vivant dans l’intérieur de l’Afrique ou dans ses parties australes.
En Algérie, l’antilope la plus commune est Y Antilope r/om?s(fig. 322), appelée aussi Corinne et kevel. C’est un animal fort agile.
Nous citerons parmi les autres le huhale, qui acquiert une plus grande taille.
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MAMMIFÈRES
Le budorcas du Tibet a des formes plus trapues que autre ruminant.
L Inde fournit, .entre autres espèces d’antilopes, le
celles d’aucun
tchikara, qui
Fig. 322. — Antilope üorcas.
porte quatre cornes, tandis que les autres animaux du même ordre n’en ont jamais que deux.
Fig. 323. — Chamois.
Une antilope non moins singulière est l’antilope furcifôre de l’Amélique eonlrale, dont les cornes sont pourvues sur leur longueur d’une sorte d andouiller, et sont par conséquent bifurquées.
B I SULQUES RUMINANTS.
Après les bovidés viennent les Cervidés, ou ruminants à cornes caduques, tels que l’élan, le renne et les diverses espèces de cerfs, par exemple le cerf élaphe, le daim et le chevreuil.
On rencontre aussi de véritables cerfs dans le nord de l’Afrique,
particülièrement auprès do la Galle. Eu Asie vivent d’autres espèces riques ’ et 11 e" existe aussi Plusieurs dans les deux Amé-
lo„XrLte“tSCtüx toTerïd^' C° T d“ P''0'
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I ielau cornes. Chaque année ils tombent, pour repousser de
MAN M1FÈRES.
nouveau. L’espèce du renne (fig. H) est la seule chez laquelle les femellcs portent normalement des bois.
11 a vécu autrefois en Europe plusieurs espèces de la famille des cerfs qui différaient de celles d’à présent. Quelques-unes ont laissé
Fig. 325. — Crâne et dents du Chevrotain porte-musc.
d’innombrables débris auprès d’Issoire (Puy-de-Dôme), dans les dépôts sous-volcaniques de cette localité, ainsi qu auprès du Puy-en-
Les dépôts quaternaires de l'Irlande renferment beaucoup d osse
Fig. 320. — Tragule.
ments d’une autre espèce, également anéantie, le Cet vus megacetos, aussi appelé cerf à bois gigantesques. Cette espèce a aussi existe en
France ; elle était de très-grande dimension.
Pendant l’époque glaciaire, le renne s’est étendu jusque dans es
BISULQUES RUMINA N T S.
parties centrales de l’Europe, où il était alors d’une grande utilité pour l’homme. Ses débris osseux, souvent travaillés de diverses ma-
rie, 327. — Dromadaire.
nières et transformés en instruments (fig. 261 et 262), se rencontrent dans les cavernes, associés aux silex taillés et à d’autres objets pro-
venant des premières sociétés humaines. Aujourd'hui encore le renne est un animal indispensable aux peuples de race hyperboréenne.
La girafe (fig. 324), si remarquable par sa forme et par la longueur (le son cou, se rapproche à quelques égards des cervidés ; mais elle a d autres proportions, et scs cornes sonl peliles el lines; elles sont
MA.UM1FÊHKS
entièrement velues et ne tombent pas. Celte grande espèce de ruminants habite le centre de l’Afrique.
D’autres sont entièrement privées de prolongements frontaux; tels sont :
1° Les Hydropotes de Chine, tenant des cerfs et des chevrotains.
2U Les Chevrotains ou porte-musc, dont on tire une substance odorante ; les mâles ont de fortes canines (fig. 325).
3° Les Tragules ou Meminna, de l’Archipel indien (fig. 326), et
Fig. 329. — Bœuf zébu.
l’hyémosque, d'Afrique; celui-ci se rapproche déjà des porcins par plusieurs caractères.
4° Les Caméliens, comprenant le chameau à deux bosses et le dromadaire (fig. 327), ainsi que le lama, l’alpaca (fig. 328) et la vigogne, qui sont propres à l’Amérique méridionale.
Ruminants domestiques. — C’est à cet ordre de mammifères qu’appartiennent la plupart de nos animaux domestiques, particulièrement ceux que nous élevons pour leur chair ou leur lait. Précieux sous ce rapport, certains d’entre eux ne le sont pas moins par leur force, qu'ils mettent à notre disposition, et les travaux de l'agriculture reposent en grande partie sur l’emploi des espèces du genre bœuf.
Le bœuf domestique (Bos taurus), aujourd’hui répandu sur tant de points du globe et dont les principales variétés sont si intéressantes a étudier et en même temps si précieuses, est la principale de ces espèces,
1USULQUES RUMINANTS. . 4-1
et elle a donné son nom (Bas) au genre lui-même. Ses congénères, le zébu \B. indiens (fig. 329)], propre à l’Inde ; l’yak (B. grunniens), des. monts Allais et de l’IIymalaya; le buffle (iOatos), et l’arni (. B.arnee ), fort semblable au buflle, mais à cornes bien plus fortes, sont également d'une grande utilité.
Le bœuf proprement dit a subi plus de modifications qu aucune autre espèce du même genre. Comme cet animal est aussi répandu depuis longtemps en Afrique eL dans l’Inde, scs variétés européennes ne nous donnent qu’une idée incomplète des changements que son. organisation a éprouvés sous la double action de la diversité des
Fig. 330. — Bœuf de Durham.
climats et de l'intervention de l’homme. C’est sans contredit le plus indispensable de]nos animaux domestiques, soit par son rôle dans l'agriculture, soit par les ressources qu’il fournit à l’alimentation. Sa peau, ses cornes, etc., sont aussi d'une grande utilité.
Parmi les meilleures races de travail, nous citerons le bœuf de Salers (Cantal), et parmi celles qui s’engraissent le plus facilement, le boeuf cbarolais. Nos bœufs les plus forts viennent de Normandie. La Flandre, la Normandie et la Belgique fournissent les meilleures vaches laitières.
L'Angleterre a aussi ses races de prédilection, en particulier le Durham (fig. 330), si avantageux comme animal de boucherie.
Les bœufs de Hongrie sont remarquables par le grand développement de leurs cornes.
En Afrique les animaux de cetle espèce sont de moindre taille; ils se rattachent à une petite variété que les peuples de l’époque préhistorique possédaient déjà, et qui s’est d’ailleurs conservée dans plusieurs parties de l’Europe, principalement dans les pays de montagnes.
MAMMIFÈRES
liiii Asie, les bœuls domestiques sont de plusieurs espèces différentes.
Les Chèvres offrent a leur tour une assez grande diversité de caractères. Celles des Pyrénées et celles des Alpes diffèrent notablement des chèvres ordinaires, et 1 Afrique ainsi que l’Asie en fournit d’autres encore. L Hymalaya nourrit des animaux sauvages qui s’en rapprochent beaucoup.
Parmi les variétés exotiques, on doit citer de préférence les chèvres dites d’Angora, en Anatolie, ainsi que celles de Cachemire et celles du
Tibet dans l’Asie centrale, toutes trois très-renommées pour la finesse de leurs poils.
Les chèvres mambrines, dites aussi chèvres de Juda, sont les plus petites du genre; elles sont surtout répandues dans le nord de l’Afrique.
Celles de la Haute-Egypte sont plus grandes, à oreilles tombantes et à chanfrein très-busqué. Leur mâchoire inférieure dépasse sensiblement la supérieure; elles représentent la modification camarde dans ce groupe d’animaux domestiques.
Les moutons sont également variés dans leurs formes et dans leurs principales particularités, et l’on s’est demandé s’ils ne descendraient pas non plus de plusieurs espèces primitivement distinctes. On partage les races de ce genre en diverses catégories d'après les proportions de leur corps et les qualités de leur laine. Une des plus précieuses
B1SULQUES RUMINANTS.
est le mérii.os(fig. 331), de provenance espagnole les ‘ ™®“tonsSouth' Downs (fis. 33-2) constituent une race propre à 1 Annlel , .
Cs ruminants sans cornes ont aussi fourni .les especes don.est in ues. Le chameau à deux bosses (Camelm badnanm) et le droma- £ te. <■ Iromedarius ), si employés en Orient, ont pour patrie le premier les régions siluées à l’est de la Caspienne, et le second r Arabie. Ils oui élé répandus jusqu’en Chine, et dans une g' and .