PHOQUES
taines de leurs espèces nous donnent une fourrure très-recherchée, et on leur fait une chasse fort active dans certains archipels. Des centaines de mille de ces animaux sont détruits chaque année, particulièrement aux Mes Pribyloff, situées dans la mer de Behring, et dans plusieurs parties des mers australes ; ce sont principalement des otaries.
L'alimentation des phoques consiste en poissons, en mollusques, en crabes, ainsi qu’en animaux marins de diverses autres sortes, et leurs dents sont souvent lobées ou festonnées à la couronne (fig. 61).
Ges animaux viennent fréquemment à terre, mais ils y sont assez embarrassés dans leurs mouvements. Les otaries, ou phoques à oreilles, marchent cependant mieux que les autres ; on les trouve dans
1 Atlantique austral et dans presque tout le Pacifique : ce sont les plus estimés comme phoques à fourrure.
Les phoques sans oreilles sont particuliers les uns aux régions australes, les autres aux régions arctiques. Les plus gros de ces animaux sont les macrorhines, ou phoques à trompe, appelés aussi éléphants de mer, et les morses ou chevaux marins (fig. 342). Les macrorhines appartiennent aux régions australes et les morses aux mers arctiques. Les canines supérieures de ces derniers sont longues et fortes; elles constituent de véritables défenses et fournissent un bon ivoire.
Sur les côtes de l’Europe tempérée se trouvent plusieurs sortes de phoques; elles sont de trois genres différents, savoir: les phoques ordinaires (fig. 343), répondant au genre callocéphale, dont nous avons plusieurs espèces sur l’Océan et dans la Manche ; le stemmatope ou phoque a capuchon, qu’on n’a encore pris qu’une seule fois dans les eaux françaises à l’ile d’Oléron, et le phoque moine, type du genre pelage, qui vit dans la Méditerranée.
MAMMIFÈRES
Orilrc dos sii'onidos.
Cos animaux n’ont que des membres antérieurs. Leurs doigts ne se distinguent pas à l’extérieur, étant réunis sous la peau pour former une rame natatoire; cependant les ongles persistent dans les lamantins. Le corpsdes sirénidesse prolonge en arrière en une queue ayant un volume aussi considérable que celle des poissons, mais dont la nageoire terminale est horizontale au lieu d’être verticale. Les sirénides n’ont que deux sortes de dents : des incisives et des molaires. Leurs mamelles sont pectorales.
On a comparé ces animaux, soit à des proboscidiens, soit à des. porcins qui seraient organisés pour vivre exclusivement dans l’eau : ils offrent en effet dans leur conformation générale un certain,
nombre de particularités qu’on ne retrouve guère que chez les ongulés de ces deux groupes.
Les sirénides actuellement vivants forment trois genres, qui sont connus sous les noms de : rhytine, lamantin et dugong, tous trois sont étrangers aux mers de l’Europe. Le genre éteint des halilhériums lésa représentés dans nos régions durant la période teiliaiie. Les mers avaient alors une circonscription autre que celle quelles ont eue plus récemment, et elles nourrissaient aussi des animaux assez différents des nôtres. Il a existé plusieurs espèces d’balithériums.
Peut-être les dugongs (fig. 344), (pii vivent dans la mer des Indes et dans la mer Rouge, ont-ils donné lieu à l’ancienne fable des sirènes ou femmes marines dont la mythologie vantait la voix enchanteiessi . Cette supposition a fait étendre à l ordre entier de ces animaux la dénomination de sirénides; on observe des animaux de ce genie jusque sur les côtes de la Nouvelle-Guinée, de la Nouvelle-Calédonie et de l’Australie.
La chair et la peau des sirénides peuvent être employées; les dents incisives du dugong sont aussi dans ce cas, et il serait possiblê de
SI RÉN IDES.
tirer des lamantins un excellent parti comme animaux alimentaires. Les tribus des bords de l’Amazone mangent les lamantins; les nègres de la cote occidentale d’Afrique les recherchent aussi pour s’en nourrir. En prenant les précautions nécessaires, on réussirait sans doute à rendre ces animaux domestiques Ce seraient, pour ainsi dire,
t es troupeaux aquatiques; et comme les lamantins vivent aussi bien dans les eaux saumâtres ou même tout à fait douces que dans les eaux salées, on voit quel avantage on aurait à les faire pulluler dans les lacs
? ‘l;"'.8.3' ('oslllans région de l’Amazone ou sur la cèle occidentale d Afrique que l’on devra d'abord entreprendre ces essais • on pourrait ensuite transporter cos animaux dans d'autres pays.
MA MM IF tll ES.
Le genre rhytine parait avoir été anéanti depuis le commencement de ce siècle. Il était antérieurement très-commun vers les îles Aloutiennes. C’est aux navigateurs russes et américains que l’extinction en est due. De même que les dugongs, ces sirénides étaient exclusivement propres aux eaux de la mer; mais ils étaient plus grands, et un de leurs caractères principaux consistait dans l’absence complète des dents.
OllDRE DES CÉTACÉS.
L’organisation des cétacés est encore plus complètement appropriée à la vie aquatique que ne l’est, celle des phoques ou même des sirénides. Ces animaux n’ont qu’une seule paire de membres, les antérieurs, dont la forme est celle de véritables rames, et qui sont toujours dépourvus d’ongles (1). La plupart ont sur le dos une troisième nageoire simplement cutanée, et leur forte queue, qui se confond avec îe tronc, est également terminée par un élargissement de la peau, qui forme un gouvernail comparable à la caudale des poissons, mais est disposé transversalement. Leurs dents sont d’une seule sorte, toujours à une seule racine. Les mamelles de ces animaux sont placées auprès de l’anus.
Les cétacés ne sortent jamais de l’eau; ils y prennent leur nourriture, y élèvent leurs petits et y exécutent tous leurs mouvements. Ils ont les arrière-narines disposées de telle manière qu’ils peuvent ouvrir la gueule, lorsqu’ils saisissent leur nourriture, sans s'exposer à introduire de l’eau dans leurs voies aériennes; mais ils sont obligés
de venir à la surface pour respirer.
Chez ces animaux, le voile du palais sépare nettement la bouche de la cavité pharyngienne, et il ne se relève que quand la bouche ellemême est tout à fait débarrassée de l’eau qui s’y était introduite avec les aliments, ou que le larynx, susceptible à son tour de se déplacer
de bas en haut, s’est logé comme un tube dans les arrière-narines.
Chez les cétacés, ces organes, h cause de leur contact continuel avec le liquide dans lequel ces animaux sont plongés, sont d’ailleurs peu favorables à l’odorat, et les lobes antérieurs du cerveau ou lobes olfactifs manquent même, ou, lorsqu’ils existent, ils restent tout a
fait rudimentaires. .
C’est parmi les cétacés que prennent rang les animaux les plus grands de la création, tels que les cachalots et les baleines. Ils se
nourrissent de substances animales, et, chose remarquable, ce sont
souvent de très-petites espèces, soit des mollusques, soit des crustacés pélagiens, qui constituent leur principal aliment. Il est vrai qu ils les trouvent réunis par véritables bancs, et que par cela même ils peu\ent s’en procurer en peu d’instants des quantités considérables. C est ce
(1) On trouve sous la peau îles baleines, attenant à leur bassin, des rudiments bres postérieurs. Les halithériums étaient sans doute dans le môme cas.
de mem-