M A S U I> PIAUX
no le recueillait dans la poche enveloppant ses mamelles ou dans le repli cutané qui, chez d’autres espèces, protège ces glandes. Dans des marsupiaux presque aussi grands que le chat, le petit qui vient de naître n'est guère plus gros qu'un grain de café; son corps est entièrement nu et il n’a encore aucune force. Quand sa mère l’a attaché à ses mamelles, il y reste fixé jusqu’à ce qu’il ait atteint le développement qui caractérise les monodelphes au moment de leur naissance. Alors il peut quitter le mamelon ouïe reprendre à volonté; il avance de temps en Fig. 348.'
temps sa tête jusqu’à l’ouverture de la poche (fig. 350), quitte même momentanément cette dernière, comme le petit mammifère ou le jeune oiseau quitte son nid, et il y revient chercher un abri au moindre danger dont il est menacé.
Les marsupiaux portent au-devant du bassin (fig. 147) deux os manquant aux mammifères de la première sous-classe, et qu’on nomme les os marsupiaux. C’est un caractère également important dans la définition de ces animaux.
Sauf les sarigues, qui habitent l’Amérique, toutes les espèces de marsupiaux sont propres à l’Australie, ou aux terres qui s’en rapprochent le plus, comme la Nouvelle-Guinée et les îles Moluques. Il n’y en a aucune sur le continent asiatique, et l’Europe ainsi que l’Afrique en manque également, du moins dans la nature actuelle.
En Australie, ces animaux constituent la plus grande partie de la population mammifère, et ils sont, comme nous l'avons déjà dit, de forme, de taille et de régime assez variés pour qu'on puisse soutenir l'opinion qu'ils constituent plusieurs ordres correspondant aux principaux groupes des mammifères monodelphes propres à l’ancien et au nouveau continent. Autrefois ils étaient également nombreux en Australie, et on en a trouvé de fossiles, dont, les caractères différaient notablement de ceux d’à présent, tout en indiquant des animaux de même sous-classe; plusieurs étaient en même temps de bien plus grande dimension.
Avec eux existent seulement de nos jours quelques chéiroptères, parmi lesquels il importe de signaler de véritables roussettes; des rongeurs appartenant tous à la famille des rats et formant les genres hapalotis et hydromys; enfin les monotrèmes, c’est-à-dire les deux genres ornithorhynqueet échidné. C’est là un des faits les plus curieux et les plus inattendus de la géographie zoologique.
D1DELPI1ES AUSTRALIENS.
Les Piiascolômes ou wombals (fig. 349) rappellent les rongeurs par leur dentition, mais ce sont des rongeurs marsupiaux. On en connaît plusieui s espèces. Ces animaux sont lourds; leur régime est herbivore, et leur chair est bonne a manger. On espère les acclimater en Europe.
4 1-2 MAMMJFÊRES.
Ensuite viennent les Kangurous, dont quelques-uns atteignent
Fig. 310. — Phascolome.
de grandes dimensions (fig. 350), tandis que d’autres sont moins
Fig. 3.r.0. — Kangurou géant.
forts ou même plus petits encore (fig. 351). Ils ont des habitudes et
M A S U lî 1' I A U X.
(U'S appétits très-peu différents de ceux des ruminants, mais sans être pour cela doués, connue eux, de la propriété de ruminer.
Fx; 352. — l'hulanyer couscous.
Les Kangurous forment un groupe bien distinct dans lequel on i établi plusieurs genres. Il existe entre leurs membres antérieurs et.
Fis. 351. — Kanjurcu rat.
444 MAMM IFfcllES.
les postérieurs une disproportion considérable, aussi sautent-ils avec
Fig. 354. — Tarsipède.
une grande facilité et avancent-ils ainsi très-rapidement : mais ils sonl
I ig. 353. — PétiAiris'e.
MASURPIAUX.
•ur»
.Fig. 355. — Sarcophile ourson .
peut utiliser leur fourrure, et leur cliair est excellente ; répandus dans nos forêts, ils. constitueraient un gibier nouveau.
Les Pealangers (fig. 352) ont une certaine analogie avec les lémures ou makis, et il y a parmi eux des espèces qui ont sur les tlancs ües
membranes analogues à celles des écureuils volants . ces espèces sont, les pétauristes (fig. 353). Les koalas ou phascolarctes appartiennent au même groupe de marsupiaux, mais ils manquent de queue.
Un genre non moins remarquable de marsupiaux australiens est celui des tarsipèdes (fig. 354), animaux à peu près grands comme des souris, qu’on a découverts sur les bords de la rivière des Cygnes.
Les Dasyures, dont le tliylacyne (fig. 357) fait partie, sont carnassiers. Sa taille approche celle du loup, et il a les mœurs de ce dernier. C’est un animal dangereux.
. Le sarcophile ourson (fig. 355) rappelle le glouton; il est plus féroce encore, quoique moins gros; les colons anglais de l’Australie lui donnent le nom de diable ( devil ).
MAM MII’È H ES
. Les dasyures proprement dits (fig.
336)> ainsi que certains animaux
Fig. 3.“>8. — Pcramcles lagolis.
de la même division, parmi lesquels il faut ciler les pliascogales,
MASURPIAUX.
sont comparables aux geneUes, aux martres ou aux belettes île nos
'Tes iinléchines appartiennent également à la division des dasyures, maisteurs dimensions sont encore moindres ; ils vivent presque exclu -
SirrPtotasC constituent un autre groupe; nous donnons aussi'la
fi mire d’une de leurs espèces (fig- 358).
'Ajoutons enfin les Mvbmécobies (lig. 3511), autres marsupiaux austra-
Fig. 359. — Myrmécobie.
liens qui sont aussi d’assez petite taille. Ges marsupiaux remplissent au milieu de celle faune le même rôle que les insectivores dans la nôtre. On a considéré les myrmecobies comme étant de tous les mammifèies actuels ceux qui se rapprocheraient le plus de certains animaux de la même classe qui ont vécu pendant la période secondaire, et dont les débris fossiles sont enfouis dans le lias (l’Angleterre ; mais il n’y a rien de certain à cet égard.
Si l’on cherche à classer les marsupiaux, on trouve dans la forme générale de leur corps, ainsi que dans leur dentition, des caractères qui permettent d’en établir une répartition très-naturelle, et leurs pattes de derrière fournissent aussi de bonnes indications. 11 y a des mammifères de celle sous-classe qui ont les deuxième et troisième orteils plus petits que les autres et en partie réunis entre eux, tandis que chez le reste de ces animaux tous les doigts sont libres. A cette dernière catégorie appartiennent les phascolomes, les dasyures et
MAM MIFÊRES.
autres genres de la même catégorie, ainsi que les myrmécobies. L’autre comprend le reste des marsupiaux australiens ; mais il y a parmi eux deux groupes bien dislincts, les' uns (phalangers et tarsipèdes) ayant le pouce des pieds de derrière opposable, tandis que les autres kangurous et péramèles) ont les mêmes pieds dépourvus de pouce.
11 y a donc une grande diversité de structure chez les marsupiaux australiens, et, comme nous 1 avons fait remarquer, leurs principales especes répètent a certains égards celles que nous observons parmi les monodelphes, mais par leur apparence extérieure seulement ou mieux encore par leur genre de vie, car le fond de l'organisation de ces animaux est très-différent.
Ce parallélisme entre les mammifères de l’Australie et ceux des autres parties du globe était plus complet encore à l'époque où vivaient en Europe et en Amérique tous ces animaux qui y ont été anéantis pendant la période glaciaire. A la Nouvelle-Hollande existaient des mammifères de grande taille, comparables à certains ongulés îepandus dans 1 ancien monde ou aux édentés gigantesques de 1 Amérique, mais qui étaient de la sous-classe des marsupiaux, au lieu d’être des placentaires. Ceux dont les débris fossiles ont été d é ci i t s sous les noms de Diprotodon et de Nototheviuni ne le cédaient pas en dimensions aux rhinocéros.
A la même époque, il a aussi vécu à la Nouvelle-Hollande des kangurous dont la taille dépassait celle des plus grands animaux actuels du même genre, et l’on a encore retrouvé sur le même continent les restes d’un autre marsupial bien différent de ceux d’aujourd’hui. Il a d’abord été comparé au lion et au tigre, dont on lui supposait les appétits destructeurs, et a reçu pour cette raison le nom de Thylacoleo ; mais il paraît aujourd’hui démontré que son régime était frugivore. On a ainsi été conduit à penser que c’était un animal voisin des phalangers; mais sa dentition différait de celle de ces derniers, et son cerveau, à en juger par le moule intra-crânien, paraît avoir eu plus d’analogie avec celui des wombats.
Yoici le tableau des genres de la sous-classe des marsupiaux ou didelphes existant actuellement en Australie.
I'IUSCOLOMES
Macropodes.
Phalangers
PÉRAMÈLES
Dasyuhks
ou Wombats.
I Kangurous.
Ilahnatures.
[ Polorous, etc.
( Koalas.
\ Phalangers.
') Pclauristes.
\ Tarsipèdes.
. . Péramèles.
; Thylacyne.
\ Sarcopliile.
') Dasgures.
\ Phascogales.
. . Mgrmécohie.
Myrmécoriks