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UTILITÉ DES MAMMIFÈRES

Les mammifères ne sont pas seulement les animaux les plus parlaits et ceux dont 1 étude attentive peut jeter le plus de jour sur la nature de nos organes ou sur celle de nos fonctions ; ils sont aussi les plus utiles de tous et la valeur des produits que nous en retirons est vraiment incalculable. Plusieurs espèces de cetle classe mettent à notre disposition pendant leur vie, soit leur vigilance, comme le chien, soit leur force, comme l’éléphant, le cheval, le bœuf, le chameau, etc! Le lait destiné à la nourriture de leurs petits nous est également livré pour servir à notre propre alimentation, et tantôt nous le consommons immédiatement ou en faisons des conserves, tantôt nous en préparons du fromage et du beurre, substances d’un usage journalier chez un grand nombre de peuples. La fourrure de plusieurs animaux domestiques appartenant à celle classe, ou leur toison, celle des moutons entre autres, ne nous est pas moins nécessaire. Enfin les litières sur lesquelles ils ont reposé deviennent aussi une source de richesses par l’engrais qu’elles fournissent à l’agriculture. Aussi comprend-on comment sur un grand nombre de points du globe les mammifères domestiques ont remplacé les espèces indigènes qui y vivaient en liberté avant que l’homme n’y fondât des établissements agricoles ou établit ses habitations aux mêmes lieux.

La chair et différents organes des mammifères sauvages que nous nous procurons par la chasse sont à leur lourdes aliments recherchés; leur fourrure nous est aussi d’une grande utilité. De son côté, l'industrie tire parti de leurs dents, de leurs cornes, de leurs griffes, et de certains autres produits de leur organisme dont elle fait des emplois très-variés.

Mais la civilisation a su multiplier et pour ainsi dire modifier à son gré certaines espèces rendues domestiques à des époques très-anciennes; et elle trouve dans ces espèces qu’elle s’est appropriées, non-seulement des auxiliaires pendant leur vie, mais, après leur mort,

des sources intarissables de bien-être, et des produits industriels dont la variété nous étonne lorsque nous essayons d’en faire rénumération.

Nos animaux de boucherie sont essentiellement des mammifères domestiques appartenant aux genres bœuf, chèvre, mouton et porc. En Chine, on mange le chien ; sur les bords de la mer Glaciale, on

usun UTILITÉ.

utilise le renne, et des naturalistes voudraient qu’on en fit de même pour la viande du cheval, ce qui a déjà reçu, même chez nous un commencement d’exécution. Qui ignore, d’autre part, a combien dusages la graisse des ruminants, principalement celle du mouton, peut être employée ?

Des quantités considérables de substances comestibles indispensables à notre espèce nous sont donc fournies par les animaux dont es noms viennent d’être cités, et certaines de leurs parties qui ne sauraient être transformées en aliments, comme cela a lieu pour leur chair, leur cervelle, leur foie, etc., sont à leur tour affectées a des usages encore différents. Leur peau, macérée pendant un certain temps dans des fosses avec du tannin, devient le cuir; leurs os, après avoir fourni de lagélatinepar ébullition, sont encore assez riches en principes organiques pour servira la fabrication du noir animal, et le phosphate de chaux en est livré à l’agriculture ; leurs intestins sont recherchés par différentes industries ; leur graisse est employée pour 1 éclairage et beaucoup d’autres usages ; enfin les onglons, les cornes, et jusqu aux moindres déchets de leur corps, fournissent la matière première d’une multitude d’objets dans lesquels le commerce les transforme suivant le goût ou les besoins du moment, et, lorsque l’emploi prolongé qu’on en a fait semble les avoir rendus inutiles, leur substance peut encore fournir un engrais avantageux. On les associe aux débris de laine, aux feutrages, aux tissus faits de poils ayant vieilli, pour les livrer à l’agriculture, qui en tire un ‘nouveau parti et les rend pour ainsi dire à la vie, mais sous une forme nouvelle, en employant les matériaux chimiques qui les composent à activer le développement de nos végétaux cultivés.

Les poils qui recouvrent le corps de presque tous les mammifères ont pour utilité naturelle de soustraire ces animaux à la déperdition du calorique qui entraverait l’exercice de leurs fonctions; l’homme y a recours pour conserver sa propre chaleur et se garantir contre la rigueur des climats ou les intempéries des saisons, et chez tous les peuples la chasse a toujours été le moyen mis en usage pour se procurer la fourrure des carnassiers et celle des autres mammifères.

Presque tous les animaux terrestres de cette Classe ont de la valeur à ces différents titres, et les peaux qui ne sont pas assez souples ou dont le poil est trop dur servent à faire des tapis ; si ces poils sont épineux, ris deviennent des moyens de défense ou d’autres instruments égale m e n t, recherchés .

Il y a dans toutes les régions et sous toutes les latitudes des espèces plus remarquables que les autres par l’élégance ou le moelleux de leurs téguments. Ce sont ces animaux, ainsi que ceux dont le genre de vie est à demi aquatique, tels que les loutres, les castors et quelques autres, qui sont particulièrement recherchés dans le commerce comme fourrures. Ceux qui vivent dans les régions les plus froides du globe sont l’objet d’une poursuite constante, parce que leurpelage est

M AMM ITÈRES.

P(kîf/°.ul>ni el I)lus chaud que celui des autres; au contraire, l’Afrique el 1 Inde nous envoient des espèces plus vivement colorées, comme les panthères, certains singes et beaucoup d’autres que leur élégance fait egalement rechercher.

principales chasses se font dans les régions les plus sauvages de 1 Amérique du Nord et en Sibérie, ou bien encore dans les montagnes elevees de diverses autres contrées, là où les neiges sont éternelles L Amérique du Nord a fourni à l’Angleterre jusqu’à 56 000 peaux de castors dans une seule année (1794). ,On lire de la Plata des quantités innombrables de peaux de myopotame ou coïpou, el, du Chili, des peaux de chinchilla en si grande abondance, qu’on a dû défendre pendant que que temps la capture de ce rongeur. L’Australie possède aussi quelques espèces dignes d’être chassées dans le même but : tels sont plus particulièrement les kangurous et les phalangers renards.

Les principales places pour le commerce des pelleteries sont, en Europe, Londres pour les pelleteries de l’Amérique du Nord ; Leipsick et Francfort pour celles des possessions russes. Les peaux delà grande loutre marine, que les marchands russes et anglo-américains vont chercher sur la côte nord-ouest d’Amérique, sont portées en Chine, où elles se vendent à des prix très-élevés.

On évalue a plus de 6 millions la valeur des pelleteries introduites chaque année en France par le commerce. Les fourrures indigènes, autrefois abondantes, ont considérablement diminué par suite de la destruction croissante des animaux sauvages, conséquence du déboisement des montagnes et de l’extension des cultures. Ces fourrures consistaient principalement en peaux de renard, de genetle, de fouine, de martre, de putois, de chat sauvage et de lièvre.

Le commerce des peaux de lapin de race domestique a pris de 1 extension, tandis que celui des espèces sauvages a successivement diminué, et il constitue de nos jours une branche importante desser- \ant la fourrure, la chapellerie, etc. La facilité avec laquelle on se sert deces.peaux pour imiter celle de plusieurs espèces sauvages, du vison, de la martre, de l’hermine et d’autres encore, les rend véritablement précieuses, et l’industrie a commencé à en tirer un fort bon parti. Les poils du lapin sont aussi employés en chapellerie; la peau du même animal sert ensuite à faire de la colle.

Les bœufs ou d’autres mammifères domestiques redevenus à demi sauvages dans les grandes. plaines de l’Amérique méridionale, et les toisons des moutons tirées des immenses troupeaux de ces animaux que 1 on élève maintenant dans les mêmes contrées, ainsi qu’en Australie, sont à leur tour l’objet d’un commerce qui prend chaque année plus d’extension. On fabrique actuellement autant de drap avec des laines venues par voie de Buenos-Ayres ou de Melbourne qu'avec celles des régions méditerranéennes ou celles de notre pays, qui, antérieurement aux premières années de ce siècle, se vendaient encore seules sur nos marchés. Celte facile el prompte multiplication de la

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