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CLASSIFICATION

La disparition de ces grands oiseaux remonte au plus à quelques siècles1 c’est à l’homme qu’elle doit être attribuée. En elïet, 1 état des os de dinornis que l’on recueille à la Nouvelle-Zélande indique un enfouissement peu ancien, cl il ne semble, pas douteux que les premiers habitants de cet archipel n’aient vu ces animaux encore vivants. Des instruments de pierre sont enfouis avec les restes osseux des dinornis, et l’on y trouve mêlé le charbon qui a servi a faire cuire les moas. Le même archipel a nourri d’autres genres, également éteints,

Fig. 390. — Baléniceps.

qui appartiennent à des groupes différents de celui des brévipennes, tels sont les aptornis de la division des macrodactyles et les Cnémiornis, voisins des Céréops, qui se placent avec les Lamellirostres.

De semblables extinctions ont eu lieu, il y a moins de deux siècles, dans les îles de la Réunion, de Maurice et de Rodrigues, où plusieurs espèces d’oiseaux, au nombre desquelles on cite le dronte et le solitaire, ont bientôt disparu, lorsque les Européens se sont établis dans ces localités restées jusqu’alors inhabitées. La classification de ces espèces n’a pas encore été arrêtée d’une manière définitive, et cependant on connaît presque entièrement leur squelette. Plusieurs auteurs les rapprochent des pigeons, opinion qui a été d’abord proposée par p. c. 31

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M. Reinhardt, de Copenhague, el qui paraît préférable à celles qu’on s’était faites antérieurement.

2. Les IlÉROniENS sont spécialement des oiseaux de rivage. En général, ils ont le bec cultriforme ; leur vol est puissant et leurs jambes sont fort longues. Leur sternum est pourvu d’un bréchet auquel la clavicule se soude dans beaucoup d’espèces, mais qui ne présente pas d’ échancrures proprement dites à son bord inférieur.

Les grues, les cigognes, les marabous et les hérons appartiennent à ce groupe. L’agami ou oiseau-trompette, de la Guyane, qu’on élève en domesticité à cause de l’habitude qu’il a de diriger les oiseaux de

Fig. 391. — Talé ve poule sultane.

basse-cour, comme le chien le fait pour les bestiaux, constitue un genre de la môme famille.

Le savacou, du Brésil, et le baléniceps (fig. 390), de 1 intérieui de l’Afrique, espèce plus singulière encore par l’élargissement de son bec, sont aussi des hérodiens.

3. Les Limicoles, ou oiseaux de marais. Ils sont en général inferieurs en taille aux précédents, moins haut montés sur jambes, et parfois assez peu différents des passereaux par leur apparence extérieure. Leur bec est plus ou moins long, mais il est sans force. Ces oiseaux vivent principalement devers qu ils cherchent dans la \ase ou dans la terre humide. En général leur sternum est muni de deux petites échancrures de chaque côté de son bord inférieur.

Les principaux genres sont ceux des outardes, des ibis, des couilis, des spatules, des bécasses, des bécassines, des pluviers, des \ anneaux, des huîtriers, des échasses, des avocettes, etc.

Les avocettes et les échasses ont les tarses plus longs que les autres espèces du môme sous-ordre.

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4. Les Macrodactyles, qui sont ainsi nommés à cause de la grandeur de leurs doigts. Leur corps est comprimé ; leur bec est souvent conique, et ils ont le sternum garni d’une seule paire d’échancrures, d’ailleurs considérables, s’étendant, comme l’échancrure principale des gallinacés, dans presque toute la longueur de cet os.

Ce sont, avec les limicoles, les oiseaux les plus fréquents dans les marécages ; quelques-uns seulement vivent dans les endroits secs.

Les macrodactyles forment aussi plusieurs genres, dont les principaux sont ceux des tinamous, oiseaux propres à l’Amérique méridionale, qui s’en éloignent à plusieurs égards, des jacanas, étrangers à

Fig. 392. — Grèbe cornu.

l'Europe, des râles, des poules d’eau, des talèves ou poules sultanes (fig. 391) et des foulques.

Les foulques ont les doigts bordés par des membranes.

Les'grèbes(fig. 392), dont la peau fournit une fourrure estimée, se rattachent aux foulques par plusieurs de leurs principaux caractères, en particulier par la conformation de leurs pattes ; on doit cependant en constituer une famille à part.

§ VI. — Ordre des Palmipèdes.

Les palmipèdes ne sont plus seulement, comme la plupart des échassiers, des oiseaux qui fréquentent les lieux humides, entrent à mi-jambes dans l’eau des marais et des rivières, ou marchent avec facilité sur les herbes inondées : ce sont des animaux véritablement aquatiques, et ils peuvent nager ou même plonger avec une grande facilité. Leurs pieds sont constamment palmés, c’est-à-dire que leurs doigts, les trois antérieurs au moins, sont réunis par une membrane analogue a celle qu on voit aux pattes des castors, des loutres ou des ornithorhynques, parmi les mammifères. Celte dis-

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position existe déjà chez quelques échassiers, tels que les avocettes, mais elle y est associée à une longueur considérable des pattes et à d’autres particularités qui ne laissent aucun doute sur le caratère échassier de ces oiseaux. Au contraire, le tarse des palmi-

Fig. 393. — Cormoran.

pôdes est de grandeur ordinaire, et le bas de leur jambe n’est point dénudé. Le flammant fait exception à cet égard ; cependant, si divers auteurs le classent avec les échassiers, d’autres le regardent, à cause

,Fig. 391. — Pétrel puffin.

de son bec lamellé et de ses doigts réunis par des membranes, comme un genre de la même famille que les canards.

Les palmipèdes sécrètent une matière grasse qui imprègne leurs plumes et les empêche de se mouiller lorsqu’ils entrent dans l'eau. Ces oiseaux ne forment pas plus que ceux des ordres précédents un

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(Troupe naturel et indivisible. Nous les partagerons, d après les caractères secondaires qu’ils présentent, en quatre sous-ordres, sous es noms de Cryptorhines , Longipennes , Lamellirostres et Plongeurs.

1. Les Cryptoruines, partie des Totipalmes de Cuvier, ont les quatre doigts compris dans lapalmature ; mais cette disposition se retrouvant chez quelques espèces du groupe qui suit, les palmipèdes de ce pie-

Fig. 395. — Flammant et son nid.

mier sous-ordre ne sauraient conserver le nom que l’auteur cité leur avait donné.

Ce qui les distingue avant tout, c’est la petitesse de leurs narines, qui sont comme cachées dans un sillon de la partie latérale du bec; leur squelette présente aussi des particularités remarquables.

Les palmipèdes cryptorhines ne forment qu’une seule famille, celle des Pélécanidés, dont les principaux genres sont connus sous les noms de pélican, frégate, fou, anhinga et cormoran (fig. 393).

2. Les Longipennes, ou grands voiliers, ont le sternum encore autre-

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menl conformé ; l’ouverture de leurs narines est assez grande • leurs

ailes son! appropriées à un vol long et soutenu, et leurs habitudes sont presque complètement maritimes. Habitude»

C’est parmi eux que se placent les albatros, les pétrels (fl, 3941 es lhalassidromes ou oiseaux de tempête, les mouettes ou goélands’

tm ciseaux °U mei’’ el '°S >'hynchops, aussi appelés beei

rance8 et afs'üd d^r aUS environs du caP de Bonne-Espérance et au sud de 1 Australie; ce sont les plus gros oiseaux de celte

amille Les autres genres ont des représentants sur nos côtes

Les phaetons oupaille-en-queue, malgré la disposition totipalme de

leurs pieds, sonl aussi des palmipèdes longipennes ; ils sont étrangers a 1 Europe.

3. Les Lamellirostres, groupe de palmipèdes comprenant les cygnes les oies, les canards de toutes sortes, les harles, peut-être aussi les flammants (fig. 395).

Tous ces oiseaux ont le bec pourvu sur ses bords de lamelles cornées, disposées en forme de dents, qui leur servent à tamiser l’eau dans laquelle ils cherchenf leur nourriture (fig. 366).

Une espèce de flammant fréquente les grands marais voisins de la Méditerranée ; elle est nombreuse dans certaines localités et niche dans quelques-unes, particulièrement dans l’étang de Valcarès, en Camargue. 11 en vient aussi en grand nombre dans l’étang de Saint- Nazaire (Pyrénées-Orientales).

4. Les Plongeurs. Ce sont les plus aquatiques de tous les oiseaux.

leur utilité.

Beaucoup d'entre eux ont le vol difficile, parfois même impossible et !es aües dans plusieurs genres, semblent transformées en ventab es nageoires. Presque tous se tiennent à la mer; ils passent la \ .

grande partie de leur vie dans l’eau, étant presque aussi embamwes lorsqu'ils essayent de marcher que lorsqu ils veulent voler , quelquesuns se tiennent debout, mais ils trébuchent fréquemment.

11 y a trois familles principales parmi les palmipèdes plongeurs .

Les Colymbidés, comprenant les plongeons, les guillemo s, e c.

Les Alcidés, qui sont les pingouins {Alca), tels que e grand pingouin (fig. 7) dont l'espèce paraît aujourd’hui détruite, et les macareux.

Enfin les Apténidés ou les sphénisques, les gorfous (fig. 3J6) et les manchots (genre Aptenodytes).

Les apténidés sont encore plus aquatiques que tous les autres. Leurs tarses, qui sont de forme raccourcie, présentent cette curieuse particularité que les trois métatarsiens qui, chez les autres oiseaux, les composent par leur intime réunion ne se soudent ici qu incomplètement. Cette disposition nous donnerait au besoin la preuve que les tarses des oiseaux sont bien formés par trois os réunis entre eux pai synostose.

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