UTILITÉ DES OISEAUX
La classe des oiseaux n’a déjà plus pour nous la même importance que celle des mammifères ; cependant elle nous est encore d une utilité très-réelle, par ses espèces sauvages aussi bien que par celles dont la domestication s’est emparée. Cos dernières ne servent pas moins a l’alimentation publique que les diverses sortes de gibiers à plumes que nous fournit le même groupe d’animaux.
Ce n’est pas sans raison que dans les pays civilisés on a réglementé la chasse des oiseaux, en tenant compte des époques de leurs passages, du temps de leur ponte et des conditions diverses de leur genre de vie ou de l’emploi que nous en faisons. Des règlements particuliers régissent la capture des oiseaux d’eau, et les espèces nuisibles aux cultùres sont abandonnées presque sans réserve à la poursuite des chasseurs. Au contraire, la loi accorde protection à celles qui sont insectivores, parce qu’elles contribuent à débarrasser le cultivateur de ses plus redoutables ennemis, les insectes. On doit les mêmes égards aux oiseaux qui détruisent les rats et autres petits quadrupèdes nuisibles aux végétaux, ainsi qu’à leurs graines ou à leurs fruits. Il en est de même pour ceux qui poursuivent les serpents, et l’on a transporté aux
OISEAUX
Antilles, particulièrement à la Martinique le serrants, ™ „ , -
secrétaire ou messager du Gap (fig. 397). ' >‘PPe e aussi
C’est une-espèce de falconidés ayant lés allure d*c a.i • combat avec une sorte de fureur les onhidienoü éch*8sier8» ^ui essai d’acclimatation avait pour but de débarrassé |?.'cn"neux’ Cet fer-de-lance dont elle est infestée aSSer 1 ,1e des vipères
Certains oiseauxexécuienlde grands voyages, mais il n’en est qu’un
àecreiaire.
petit nombre qu’on retrouve sur tous les points du globe avec des caractères identiques ou à peu près identiques. L’effraie (fig. 379L espece de la famille des hiboux ou accipitres nocturnes, parait être dans ce cas.
• ^ Rondelles nous quittent, lorsque le froid commence, pour
d ei c îeicher en Alrique un climat moins rigoureux et retrouver les
qU1, f°nt lcur nourriture- Nos cailles, malgré la brièveté de s ai es, inversent aussi la Méditerranée à des époques fixes, mais eaucoup succombent en route, et celles qui atteignent l'autre rive sont si fatiguées au moment où elles arrivent, qu’elles s’abattent et que on peut dans certains cas les prendre à la main et en recueillir ainsi des quantités considérables.
leur utilité.
Les oiseaux d’eau voyagent également , et 1 on en voit souvent passer des troupes innombrables; la plupart se tiennent alors a une grande hauteur. A certaines époques ils se fixent en nombre consi erable dans les marécages, soit au milieu des continents, soit sur es bords de la mer, et ils y font un séjour plus ou moins long. Les canar s sont dans ce cas ; il en est de même des foulques macroules, plus connues sous le nom de macreuses. Ces dernières sont des oiseaux \oisins des poules d’eau, mais à doigts garnis de franges membraneuses, dont la chasse se fait en grand dans plusieurs localités, particulièrement sur les étangs saumâtres du bas Languedoc. Il ne faut pas les confondre, comme le font quelques personnes qui nelesontpas observées, avec les macreuses proprement dites : ces dernières appartiennent à la famille des canards, tandis que les foulques dites macreuses, ou mieux encore macroules, sont des échassiers^ pinnatipèdes du sous-ordre des macrodactyles.
Beaucoup de familles de cette classe sont cosmopolites, mais des espèces particulières les représentent dans les différents centres de création, et souvent la répartition de leurs genres est elle-même localisée. Les espèces qui composent ces genres sont cependant moins circonscrites dans leurs aires d’habitat que ne le sont les mammifères ou les reptiles, et l’on constate qu’en général elles s’étendent en longitude ou au contraire en latitude, suivant qu’elles sont granivores ou bien insectivores.
Peu de familles d’oiseaux sont limitées à une seule partie du monde. On remarque toutefois que les colibris et les oiseaux-mouches sont exclusivement américains. La Nouvelle-Hollande manque de plusieurs groupes d’oiseaux propres aux autres continents.
Les oiseaux plongeurs nous offrent un exemple non moins curieux de délimitation géographique. Les plongeons appartiennent aux régions boréales et les manchots aux régions australes.
Plusieurs des principaux groupes de la classe des oiseaux nous ont fourni des espèces domestiques de quelque utilité, et ils peuvent nous en donner beaucoup d’autres encore. On en voit en assez grand nombre dans les ménageries publiques, dans les jardins d’acclimatation et sur la plupart des promenades de nos grandes villes ; nous ne saurions donc nous dispenser de rappeler l’intérêt qui se rattache à un certain nombre d’entre eux, et nous citerons même les noms de quelques-uns.
Au xaccipitres, ou oiseaux de proie, appartient le serpentaire (fig. 397) dont il a été parlé plus haut, ainsi que les faucons, autrefois si employés pour la chasse. L’art de la fauconnerie est resté célèbre dans les fastes de la cynégétique.
Les/jem^uets se voient en grande abondance dans nos oiselleries, où, malgré leurs cris désagréables et leur inutilité apparente, ils attirent l’attention générale par leur intelligence, par la singularité de leurs allures et par la variété de leur plumage. Ces oiseaux sont presque une société pour 1 homme, car il n’est aucune espèce de la même
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classe qui- se mette plus complètement en relation avec lui. La facilité
®C la?ue,lle lls imitent la parole les rend surtout intéressants
Une foule de passereaux et certaines espèces de grimpeurs sont également recherches à cause de la beauté de leur plumage, ou encore pour 1 agrément de leur chant et l’animation de leurs mouvements On ne saurait cependant en signaler qu’un fort petit nombre qui soient capables de nous rendre des services réels : ce sont plutôt des oiseaux f ornement. Grâce aux facilités fournies aujourd’hui par la navigation, on en apporte en Europe qui sont aussi curieux qu’ils étaient rares aulietois, meme dans les musées.
Le Sénégal, l’Inde, etc.; nous en fournissent de forts jolis et le Jardin zoologique de Londres, qui dépasse en richesses de ce genre ceux de toutes les autres grandes villes, a possédé en 1862 de\ oiseaux de paradis rapportés à grands frais de la Nouvelle-Guinée.
La multiplicité de nos variétés domestiques de pigeons diminue beaucoup avantage qui semblerait se rattacher à la possession des espèces sauvages de ce sous-ordre; aussi ces dernières sont-elles restées des animaux de pure curiosité. Toutefois le goura, qui est notablement p us &ios que les autres colombidés, 'pourrait devenir un oiseau alimentaire très-utile si on réussissait à le multiplier en captivité.
Les gallinacés proprement dits ont une importance particulière. A côté des variétés presque infinies du coq et de la poule domestiques, nous remarquons les espèces encore sauvages de ce genre, le coq Sonnerai e quelques autres qui habitent l lnde, berceau principal de la famille ( es phasianidés. Auprès du paon ordinaire se placent les paons nigripenne et spicifère, qui forment deux espèces à part. Le genre des faisans possède de fort jolies espèces dont nous ne sommes pas encoie maîtres; mais il nous en a déjà fourni de très-remarquables, et ordre des gallinacés nous promet, entre autres oiseaux susceptibles de figuier avec avantage dans nos basses-cours, le lophophore au plumage resplendissant, les tragopans, originaires comme lui de l'Inde, diverses pintades de provenance africaine, comme la pintade commune, mais qui en diffèrent à quelques égards; et, parmi les gallinacés américains, les hoccos, dont la taille approche de celle du dindon, ainsi que lespénélopes et d’autres espèces qu’il serait également avantageux de posséder. Enfin les colins de la Californie (fig. 386) ont déjà commencé a se répandre dans nos volières ; ce sont des oiseaux un peu moins gros que les perdrix, mais plus jolis encore. On en obtient aisément des éclosions, et il est maintenant facile de se les procurer dans le commerce.
Parmi les échassiers, on doit citer de préférence les brévipennes, que leurs grandes dimensions et les qualités de leur chair rendraient de véritables oiseaux de boucherie si l’on parvenait à les faire reproduire sans difficulté dans nos fermes. Leurs œufs, toujours d'un volume considérable, seraient aussi une précieuse ressource alimentaire. Les émeus de la Nouvelle-Hollande et les diverses espèces du