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CLASSE DES REPTILES

Fig. 398. — Crâne du Crocodile (*).

lères et les oiseaux, la respiration aérienne à tous les âges, mais ils ne possèdent jamais ni mamelles, ni poils, ni plumes; l’épiderme forme

(*)«, de profil, avec sa mâchoire inférieure, — b, en dessus; — c, en dessous.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

l’unique tégument dont leur peau est protégée : il a l’apparence d’écailles plus ou moins résistantes. Ces animaux n’ont pas lesventricules du cœur entièrement séparés, et le plus souvent cet organe n’a même que trois cavités, par suite de la fusion complète des ventricules droit et gauche en un seul (1). Leur température est variable, au lieu d’être fixe et élevée comme celle des espèces propres aux deux premières classes, dont le mode de tégument est si différent du leur et approprié à la conservation d’une température constante. Ils n’ont pas de diaphragme. Leur mode de reproduction est toujours ovipare. Quel-

ques-uns cependant, comme les vipères et certains lézards, font des petits vivants, par le fait d’une sorte d’incubation intérieure de laquelle il résulte que l’œuf éclôt dans le corps de la mère, mais en sunant les memes phases que s’il se développait extérieurement; dans ce cas, les reptiles sont donc simplement ovovivipares, et non réellement vivipares, puisque leur fœtus manque de placenta.

On peut ajouter à celte courte définition que le crâne de ces animaux s articule toujours avec la colonne vertébrale au moyen d’un seul condyle, et que, comme les oiseaux, ils ont à la mâchoire inférieure un os, appelé os carré, qui est tantôt mobile, comme celui des oiseaux, tantôt au contraire soudé au temporal. En outre leur mâ- C plre inf(:rjeure est toujours de plusieurs pièces pour chaque côté

Les ver ébrés sont beaucoup moins nombreux en espèces nue les 0‘seaux, cl même que les mammifères; cependan. on en^B.Tplu,

(1) Fig. 85 et 86.

Fig. 400. — Plésiosaure.

du monde actuel ou qui s’en éloignaient peu. Certains groupes aujourd’hui étrangers à nos pays, comme les trionyx ou tortues de lleuves (fig. 399), les crocodiles, diverses familles de sauriens, ainsi que des serpents de grande dimension, avaient même des représentants en France, ce qui n’a plus eu lieu depuis le commencement de la période quaternaire.

La période secondaire a été remarquable par l’abondance encore plus grande des reptiles qu’elle a possédés, et ces reptiles étaient tous plus ou moins différents de ceux des faunes tertiaires ou actuelles. Les particularités de structure qui les distinguaient sont telles qu'on ne saurait classer la plupart d’entre eux dans les genres, ni même dans

*”* REPTILES

de deux mille. C’est seulement dans les pays chauds qu’ils pullulent, et c’est là aussi que l’on trouve ceux qui acquièrent les plus grandes dimensions.

Reptiles fossiles. — Pendant l’époque tertiaire, les reptiles étaient plus abondants en Europe qu’ils ne le sont à présent, ce qui était en rapport avec la température plus élevée de nos régions pendant le même temps ; mais ils appartenaient a des genres analogues à ceux

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

les familles qui caractérisent les époques géologiques plus récentes.

Depuis le commencement des dépôts triasiques jusqu’à la fin de la série crétacée, il a existé de ces reptiles, différents de ceux d’aujourd'hui ou de la période tertiaire, et il en est parmi eux dont les caractères étaient si singuliers, qu’on a dû établir des ordres à part pour les y classer.

Quelques-uns de ces étranges animaux étaient de gigantesques sauriens, comparables, par leur taille et même par leurs allures, aux plus grands des mammifères ongulés. Comme les ongulés, ils vivaient à la surface des continents ; nous citerons parmi eux les iguanodons et les mégalosaures.

D'autres fréquentaient à la fois la terre et les eaux de la mer, ainsi que le font les palmipèdes grands voiliers, et ils avaient, comme ces oiseaux ou comme les chauves-souris, la propriété de s’élever dans les

Fig. 401. — Iclithyosaure.

airs : on leur a donné le nom de ptérodactyles. Leur taille était trèsvariable, et les différences qu'ils présentaient entre eux ont conduit à en faire plusieurs genres.

Il y avait des reptiles, également propres à la période secondaire, qui préféraient le séjour des eaux; mais quelques-uns parmi eux pouvaient encore en sortir, comme le font les crocodiles, et ils venaient ramper à la surface du sol, sur les plages, ou à une plus grande distance des mers. Ceux-là appartenaient pour la plupart à l’ordre des crocodiliens, mais sans avoir tous les caractères des crocodiles d’à présent; les téléosaures ou mystriosaures étaient les principaux d entre eux. D autres formaient des groupes encore différents, qui ont étéappelés simosaures, dicynodontes, elc. ; ils ont principalement vécu pendant l’époque du trias, qui commence la période secondaire.

Enfin, il en était d’une conformation plus singulière, et ceux-là se tenaient dans les eaux de la mer, sans jamais pouvoir en sortir. Leurs habitudes ressemblaient, à beaucoup d’égards, à celles des cétacés, mammifères dont la' race n’avait point encore apparu sur le globe. On les a décrits sous les noms de plésiosaures, pliosauros et ichthyosaures; leurs pattes étaient conformées en véritables nageoires. Les

REPTILES

îelifhyosaures (fig. 401) étaient, parmi ces reptiles essentiellement nageurs, les mieux appropriés à la vie maritime, et bien qu’ils aient emprunte leurs principales particularités anatomiques à la classe qui nous occupe, ils peuvent être comparés pour la forme et le genre de vie aux mammifères de la famille des dauphins. Les plésiosaures (fig. 400) avaient un long cou et leurs allures étaient fort différentes. Tous ces animaux possédaient quatre membres.

Classification. A ne prendre que les plus connus des reptiles actuellement existants, et en se bornant «à l’examen de leurs principaux caractères seulement, on peut diviser les animaux de cette classe en quatre ordres, savoir : les Giiéloniens ou tortues, les Crocodiliens, les Ophidiens ou serpents, et les Sauriens, dont les lézards sont, dans nos régions du moins, les principaux représentants.

§ I. — Ortlre des Ciiéloniens.

Ces reptiles sont caractérisés par la présence d’une carapace, dans laquelle beaucoup d’entre eux peuvent rentrer leur tête, leur cou, leurs quatre pattes et leur queue.

Les mâchoires des cliéloniens sont dépourvues de lèvres ainsi que de dents, et ils ont un bec corné comparable à celui des oiseaux.

Carapace des chéloniens. — La bizarrerie de sa structure a fait, dire que les cliéloniens avaient le corps retourné ( animalia corpore reversa ), et que leur squelette, au lieu d’être intérieur, comme l’est celui des autres animaux, était au contraire extérieur. Il n’en est pourtant rien.

Chez les chéloniens, les parties thoraco-abdominales du tronc sont habituellement recouvertes par de grandes plaques épidermiques qui .constituent X écaille de ces reptiles. C’est cette écaille, plus particulièrement celle des carets, que l’on emploie dans les arts. Au-dessous d’elle, le derme ne reste pas simplement fibreux ; il s’ossifie, et constitue ce qu’on appelle un dermato-squelette, c’est-à-dire un squelette cutané, lequel, étant immédiatement appliqué sur la partie correspondante du squelette proprement dit, se soude avec elle par endroits, ce qui donne naissance à la carapace (fig. 155). Cette dernière forme alors comme une sorte de boite osseuse enveloppant le tronc, et c’est dans son intérieur que la plupart des chéloniens peuvent rentrer leurs parties restées libres, pour les y protéger d’une manière plus ou moins complète contre les atteintes de leurs ennemis.

La boite osseuse des tortues ou leur carapace montre d’ailleurs, dans son intérieur, des vertèbres et des côtes, répondant à celles des autres animaux vertébrés. Ces pièces sont très-apparentes chez les jeunes des espèces essentiellement terrestres; on les distingue à tous les âges chez les chéloniens propres aux eaux de la mer. De son côté, la partie inférieure de la carapace, ou le plastron , est formée par le sternum et par la région sternale des côtes associée à des plaques osseuses d origine cutanée. Quant aux membres et aux parties que nous '

CLASSIFICATION

avons citées comme restant étrangères à la carapace, on n’y remarque pas d'autres os que ceux qui les constituent dans le squelette des vertébrés ordinaires, et c’est en partie parce que des pièces squelettiques appartenant à la peau endurcie augmentent en avant et en arrière de la carapace l’étendue de cette dernière, que l’épaule et le bassin semblent insérés dans son intérieur, au lieu de conserver la

Fig. 402. — Cistude de France.

position extérieure à la cage thoraco-abdominale qu’ils ont dans les espèces des deux premières classes.

Nous partagerons les ehéloniens en cinq familles renfermant chacune des espèces dont le genre de vie et les caractères sont différents. Ce sont :

i°Les Tortues véritables, ou ehéloniens terrestres, dontune espèce,

Fig. 403. — Chélonèe caret.

nommée tortue grecque, habite l’Europe méridionale. Leur régime est en grande partie végétal.

2° Les Émydes, qui vivent dans les marécages. Il y en a dans plusieurs parties de la France, principalement en Sologne (cistude européenne, fig. 402). Elles se nourrissent de petits animaux : batraciens, poissons, insectes, vers et mollusques, p. c.

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3° Les Trionyx, essentiellement ftuviatiles et, actuellement du moins, étrangères aux régions européennes, où elles ne sont connues qu'à l’état fossile (fig. 399). Ces chéloniens ont des appétits carnassiers.

4° Les CnÉLONÉES, divisées en mydas, carets (fig. 403) et caouannes.

3° Les Sphargis ou Luths dont la carapace ne se soude ni aux vertèbres, ni aux côtes; ce sont aussi les chéloniens marins.

Quelques caouannes se montrent de temps en temps sur nos côtes de l’Europe, aussi bien dans l’Atlantique que dans la Méditerranée. L’écaille est particulièrement tirée de l’espèce à laquelle on donne le nom de caret.

§11. — Ordre des Crocodilicns.

Les crocodiliens ont le corps allongé et pourvu de quatre pattes comme celui des lézards et de la plupart des sauriens ; mais le fond

Fig. 404. — Caïman.

de leur organisation doit les faire placer plus près des chéloniens que de ces derniers animaux. Toutefois ils se distinguent des tortues, parce qu’ils ont les mâchoires garnies de dents; ces dents sont implantées dans des alvéoles distincts.

Les crocodiles manquent d’ailleurs de véritable carapace, quoique leur peau soit en partie protégée par des tubercules osseux; ils atteignent une grande taille. Ce sont des animaux carnassiers qui vivent dans les fleuves, dans les lacs et dans les marais; on en trouve aussi quelques-uns dans la mer, particulièrement aux Antilles et dans la Polv-

CLASSIFICATION

nésie. L’Afrique, l'Asie méridionale el les deux Amériques sont les pays où l’on rencontre le plus grand nombre de ces redoutables animaux.

On en a fait plusieurs genres, sous les noms de crocodiles proprement dits, caïmans (fig. 404) et gavials, genres que des auteurs modernes ont encore subdivisés.

Certains genres de crocodiliens ne sont connus qu’à l’état fossile. Les plus différents de ceux d’à présent ont vécu pendant la période secondaire. Exemple : les téléosaures dont les vertèbres étaient biplanes au lieu d’être convexo-concaves comme celles des représentants actuels du même ordre. Les téléosaures son t plus particulièrement de la période jurassique.

§ III. — Ordre des Ophidiens

Les ophidiens sont les serpents proprement dits. Ces animaux manquentde membres, et l’on ne trouve sous leur peau ni épaule, ni bassin. Ils ont les mâchoires dilatables, par suite de l’absence de symphyse à leur mâchoire inférieure et de la séparation des os de leur mâchoire supérieure d’avec le reste du crâne.

Leurs yeux manquent de paupières, et la membrane de leur tympan n’est pas visible extérieurement.

Ces reptiles vivent de proie. On les partage en plusieurs familles, en tenant surtout compte de la nature venimeuse ou non de certaines de leurs dents, ainsi que de la disposition de leurs écailles. Les deux principales de ces familles comprennent les vipères et les couleuvres; on leur a donné les noms de Vipéridés et de Colubridés.

Les Vipéridés, ainsi appelés des vipères, espèces propres à l'Europe, sont des ophidiens essentiellement venimeux, qui introduisent leur venin dans les plaies qu’ils font aux animaux au moyen de dents en crochets implantées sur leurs os maxillaires supérieurs (fig. 405, a et b). Les dents a venin sont tantôt canaliculées en forme de tubes, tantôt simplement cannelées à leur bord antérieur (fig. 62) ou au contraire en arrière; le venin leur vient de glandes spéciales placées près des joues. Celles des vipéridés sont dans le premier cas.

Les crotales ou serpents à sonnettes, dont la piqûre est si rapide- (*)

Fig. 405. — Crochets venimeux et sonnette du Crotale (*).

(*) a, b, crochets en place sur l’os maxillaire ; — c cornés de la sonnette ; — d', un de ces anneaux (-[-) et

crochet isolé ; — d, les anneaux sa jonction avec les autres.

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ment mortelle ; les bothrops ou vipères fer-de-lance des Antilles, qui sont presque aussi redoutables; les trigonocéphales, les cérastes ou vipères cornues de l’Afrique, la vipère minute du môme continent et les vipères aspis, bérus et ammodyte de l’Europe, appartiennent à cette catégorie.

Une seconde comprend les najas ou serpents à lunettes, les élaps ou serpents corail, et les hydrophis ou serpents marins.

Le venin des vipéridés est sécrété par une glande spéciale et versé dans la plaie à travers les dents canaliculées ou simplement cannelées dont il vient d’être question. Il doit ses propriétés à un principe par-

Fig. 406. — Vipères et Couleuvre (*).

ticulier auquel on a donné le nom d 'èchidnine ou vipérine, et que les chimistes savent séparer d’avec le liquide dans lequel il est en suspension. De la quantité plus ou moins considérable que la salive vénéneuse en renferme dépendent la rapidité et l’intensité de son action.

Les crotales ou serpents à sonnettes ne se rencontrent qu’en Amérique. Ils sont ainsi appelés parce que leur queue est terminée par plusieurs étuis cornés, mobiles les uns sur les autres (tig. i05,rf et d '), qui produisent, lorsque ces animaux s’agitent, un bruit de crécelle qui fait aussitôt reconnaître leur présence. (*)

(*) a, tête de la Vipère bérus; — b et b', tête de la Vipère aspis; — c et c\ tête de la Couleuvre vipérine.

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Il n’existe chez nous que des vipères proprement dites (fig. 406, a et b).

L’ammodyte (Viper a ammoclytes) ale museau prolongé en une pointe mobile ; ses écailles céphaliques sont petites et uniformes. Elle est de l’Europe centrale et méridionale ; en France on la trouve particulièrement dans le Dauphiné.

La vipère commune ou aspis (Viper a aspis), dont la tête est également garnie de petites écailles, n’a pas le nez prolongé de la même manière. Elle vit dans presque toute l’Europe, et n est pas rare chez nous dans les lieux sablonneux et secs.

La vipère bérus, aussi nommée pélias et cherséa ( Viper a berus), se rencontre dans le midi de la France, particulièrement dans les endroits montueux. Son museau est court et élargi ; ses écailles céphaliques sont grandes et approchent par leur disposition de celles des couleuvres.

Les vipères sont faciles à distinguer de ces dernières par leur tête plus triangulaire et plus large en arrière ; par leurs pupilles verticales et non arrondies ; par les plaques plus petites qui couvrent le dessus de leur tête, surtout dans l’ammodyte et l’aspis ; enfin par leur queue,

qui est plus courte. Elles ont des crochets venimeux, et les couleuvres en manquent. La couleuvre vipérine leur ressemble cependant par son mode de coloration, mais elle ne possède aucun des caractères qui viennent d’être indiqués ; c’est d’ailleurs un animal inoffensif, semblable aux autres couleuvres et qui ne distille aucun venin.

Les Colubridés, vulgairement appelés couleuvres, ne sont donc pas venimeux du tout, ou bien ils ne le sont qu’à un degré moindre que les vipéridés.

Dans ce cas, ils ont encore des dents cannelées, mais ce sont celles de la partie postérieure des maxillaires. Le Cœlopeltis insiymtes, du midi de la France, plus connu sous le nom de couleuvre de Montpellier, appartient à la division des colubridés à dents postérieures venimeuses. C’est la seule espèce de cette catégorie que possède notre pays. Les cerbères, les scytales et les dipsas sont les principaux représentants exotiques du même groupe.

Les autres colubridés n’ont aucune dent cannelée et ils manquent de glandes à venin. Telles sont les couleuvres ordinaires, parmi lesquelles nous citerons la couleuvre à collier (fig. 62,

/ et g ), la vipérine (fig. 406, c et d), l’Esculape, la quatre- TO-407- - °’““iUa,"! du Python et ses denU.

raies, la lisse, la bordelaise, etc., espèces des régions centrales de l’Europe que l’on observe particulièrement en France.

Les plaques de leur tête présentent quelques différences de disposition, à 1 aide desquelles on peut les distinguer spécifiquement les unes des autres.

Les pythons et les boas, les premiers essentiellement propres à

ou“ REPTILES.

1 Afrique et à l'Inde, les seconds particulièrement américains, sont aussi des serpents de celle division : leur (aille dépasse celle de tous les autres ophidiens existants.

Les autres familles d’ophidiens n’ont pas de représentants dans nos pays. Ce sont les acrochordes.de Java et de Sumatra ; les uropeltis egalement propres aux îles de la Sonde, et les typhlops, qui ont 1 apparence extérieure des vers. Ceux-ci sont de très-petite dimension ; ils peuvent être considérés comme les moins parfaits des ophidiens!

§ IV. — Ordre «les Sauriens.

Lessauriens sont ainsi appelés du nem que le lézard porle en grec (sauras), et cela a cause de leur ressemblance avec ce reptile. On se tromperait cependant si l’on supposait qu’ils sont toujours comme ui pourvus de quatre pattes. Les orvets ou serpents de verre, qui sonl

Fig. 408. — Platyclactijle homalocèphale (*).

communs dans beaucoup de localités, les sheltopusicks, qui vivent en Orient, et d autres encore, n ont point de membres ou n’en ont que de rudimentaii es , mais ils ont sous la peau, malgré la ressemblance de leur corps avec celui des ophidiens, une épaule et un bassin véritables, ce que ne présentent pas ces derniers; de plusieurs mâchoires ne sont pas dilatables. Ajoutons que les yeux des sauriens sont en général pourvus de paupières, et que ces animaux ont toujours le tympan de l’oreille visible à l’extérieur, ce qui rend facile de les distinguer des ophidiens, c est-à-dire des serpents proprement dits.

Les sauriens forment plusieurs familles, comprenant les varans, les chalcides, les scinques, les agames, les caméléons, les iguanes, les lézards et les geckos. On reconnaît ces familles â la conformation de leurs dents, qui sont pleurodontes ou acrodontes, à la disposition de cuis écailles et à quelques autres caractères. Chez presque toutes les (*)

(*) Espèce de gecko des Antilles.

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vertèbres sont de forme concavo-convexe; cependant 1 batterie, de la Nouvelle-Zélande, les a biplanes, comme les homéosaures qui ont vécu pendant l’époque jurassique, et, chez les geckos, elles sont biconcaves, caractère fréquent chez les sauriens de la période secondaire.

Citons aussi les amphisbènes qui tiennent des ophidiens a plusieuis égards, et semblent intermédiaires entre eux et les sauriens. On n’en trouve qu’une sèule espèce en Europe, le Blanus cinereus , d Espagne et de Portugal; l’Algérie en possède une seconde qui tient des Agames par sa dentition : c’est le trognophis élégant. Nous avons en France plusieurs espèces de lézards. La plus grosse est le lézard ocellé (Lacerta ccellata ), propre aux départements du Midi. Les seps et les orvets sont chez nous les seuls représentants de la famille des scinques, et l’on ne voit de geckos que dans quelques villes situées sur les bords de la Méditei'ranée : Marseille, Cette, Collioure.

En ce qui concerne les sauriens étrangers cà la faune française, nous nous bornerons à rappeler les faits suivants :

Il y a des varans dans la région saharienne de nos possessions

d’Afrique.

Les dragons sont de petits sauriens de la famille des agames, qui ont la propriété de se maintenir quelques instants en l’air, à la manière des écureuils volants ; ils vivent dans l’Inde, et doivent la faculté de voltiger à la présence d’expansions membraneuses, soutenues par leurs côtes postérieures qui s’étalent sur les parties latérales du tronc.

Les caméléons sont aussi très-voisins des agames par plusieurs de leurs caractères, mais ils ont les pieds disposés pour grimper, et leur queue est prenante. Leur langue est aussi très-singulière. Ces reptiles sont plus célèbres encore par la variabilité de leurs couleurs, ce qui tient principalement au jeu du pigment placé au-dessous de leur épiderme. Ce pigment peut rentrer complètement dans le derme, ou se montrer, soit en totalité, soit.en partie, à la surface de cette couche de la peau, et alors apparaître entre elle et l’épiderme, ce qui fait passer presque instantanément les caméléons du blanc grisâtre au brun verdâtre. Ces reptiles vivent en Afrique et dans l’Inde; l’espèce propre a l’Algérie se retrouve dans quelques parties de l'Espagne.

Rappelons, en terminant, que la famille des agames est essentiellement propre à l’ancien continent, et que celle des iguanes appartient au contraire à l’Amérique par la presque totalité de ses espèces.

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