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CLASSE DES BATRACIENS

Caractères généraux de cette classe. — Pendant longtemps on a réuni dans une môme classe les batraciens et les reptiles ordinaires.

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batraciens.

Linné avait même placé les salamandres terrestres et les salamarwi,.oc aquatiques, qui sont les tritons, dans le genre des lézards - il nom

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lustns. En apportant plus d atlenüon à l’examen des caractères nue

présentent ces animaux, el surtout en étudiant les transformations

mUenoSUn 1SSGlf 'i ^ n1aturallsles n’ont Pas tardé à reconnaître que les g enomUes et les salamandres doivent être séparées des véritables

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Effectivement, leur organisation les rapproche beaucoup plus des poissons que des animaux auxquels on réserve maintenant la dénomii°n de rePtlIes- G est à de Blainville qu’est principalement due la

démonstration de ce fait, et les recherches, soit anatomiques, soit embryogéniques, dont ces animaux ont été plus récemment l’objet, ont entièrement confirmé les vues qu’il avait émises à leur égard. Les batraciens sont plus voisins des poissons que des îepliles , ces derniers ont au contraire plus d analogie avec les oiseaux qu’on ne serait d’abord disposé à l’admettre. C'est pouiquoi de Blainville disait que ce sont des vei tébrés ornilhoïdes, c’est-à-dire comparables aux oiseaux par les particularités fondamentales de leur structure, tandis qu il appelait les batraciens des vertébrés ichthyoïdes, pour indiquer leur analogie avec les poissons.

Ainsi les mammifères, les oiseaux et les reptiles, avant de quitter l’œuf dans lequel , . ils se développent, soit à l’intérieur du corps

de leur mère, soit au dehors, possèdent, indépendamment de la vésicule du jaune, ou vésicule abdominale (fig. 236), commune à tous les animaux vertébrés, une vésicule dite allantoïde, qui devient le placenta chez les mammifères, et ils ont en outre unamnios ou poche des eaux. Ce dernier caractère manque aux batraciens ; ils n’ont ni allantoïde ni amnios, el sous ce rapport ils sont plutôt comparables aux poissons qu aux reptiles véritables, auxquels ils ressemblent cependant par leur apparence générale et par la configuration de leurs membres.

On constate d’ailleurs entre les batraciens et les reptiles quelques auti es différences importantes. La peau des premiers manque de l’épiderme épaissi et d’apparence écailleuse qui recouvre le corps des derniers , on n y remarque plus qu’une fine couche épithéliale, et le deime lui-méme y est de nature essentiellement muqueuse. 11 présente en eflet une quantité plus ou moins considérable de glandes exsudant a sa surface une humeur chargée d’un principe âcre, prin-

Fig. 409. — Œufs de Grenouille.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

cipe qui peut même être vénéneux dans certaines espèces, telles que le crapaud, la salamandre ou le triton. Ce venin n est pas sans analogie avec celui des vipères, mais il est en moindre quantité, et par conséquent moins actif; aussi doit-on l’isoler des mucosités dans lesquelles il entre en dissolution pour expérimenter ses etfets. C est là jusqu’à un certain point la justification des préjugés dont ces animaux sont depuis longtemps l’objet; et si l’on opère avec le principe extrait de la séci'étion cutanée de certains batraciens, on ne peut plus douter de la vénénosité de ces animaux, quelque faible qu elle soit dans les conditions ordinaires. Le venin de la salamandre et du crapaud inoculé à une grenouille arrête les mouvements de son cœui , celui du triton a une action sur les muscles delà vie de relation, dont il exagère les mouvements et les rend désordonnés.

La prétendue incombustibilité attribuée aux salamandres a sans doute pour origine l’abondante mucosité que verse la peau de ces batraciens ; mais c’est, l’exagération d’un fait peu important, si l’on considère les contes àbsürdes auxquels il a donné lieu ; les terreurs que le même animal inspire encore à bien des gens ne reposent donc sur rien de sérieux, puisque, si sa mucosité renferme un principe irritant, ce principe y est en minime quantité.

Les batraciens ont deux condyles occipitaux au lieu d’un seul, comme les reptiles ou les oiseaux, et leur squelette présente quelques autres particularités caractéristiques, mais qui ne se reproduisent pas identiquement les mêmes chez les grenouilles ou genres analogues (fig. 157) et chez les salamandres.

Ce qui distingue plus nettement ces animaux des reptiles, c’est qu’à leur naissance ils sont pourvus de branchies, tandis qu’il n en existe jamais chez ceux-ci, et qu’à cette époque de la vie leur respiration est purement aquatique. La circulation des jeunes batraciens est aussi plus semblable à celle des poissons, puisque le sang qui a respiré ne passe pas encore par leur cœur (fig. 89). Toutefois cet état de choses n’est que provisoire. Bientôt se montrent des poumons, et il s’en développe même dans le cas où les branchies ne doivent pas disparaître. Cela a lieu chez les derniers batraciens; aussi désigne-t-on les espèces qui sont dans ce cas par le nom de pérennibranches, faisant allusion à la persistance de leurs branchies. Quand les poumons se sontdéveloppés, la circulation devient semblable à celle des reptiles ordinaires : le sang qui va aux organes respiratoires et celui qui en revient se mêlent alors dans le ventricule du cœur, qui reste unique. Le lépidosirène, de la classe des poissons, présente une conformation assez analogue.

Les batraciens sont en général des animaux propres aux pays chauds. Ils ont aussi quelques représentants dans les régions tempérées, mais les parties voisines des pôles en manquent absolument. Presque tous sont ovipares (fig. G, 237, 409 et 410).

Leur taille reste petite; cependant certaines espèces exotiques dé-

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