III. — Principaux groupes d’insectes
§ I. — ordre des coléoptères.
Ces insectes ont les ailes supérieures en forme d’étuis résistants, et ces étuis recouvrent les ailes inférieures, qui sont repliées transversalement au-dessous d’eux;. on leur donne le nom d elytres.
Ce premier ordre comprend un nombre très-considérable de genres et d’espèces.
“ Les carabes, cicindèles (fig. 428), dytiques, gyrins, staphylins, buprestes, lampyres ou vers luisants, dermestes, hannetons (fig. 429), hydrophiles (fig. 42), scarabées, lucanes ou cerfs-volants, pimélies, blaps, hélops, mordelles, cantharides, charançons et autres rhynchophores, scolytes, bostryches, capricornes, coccinelles, psélaphes, etc., font partie de l’ordre des coléoptères.
On a divisé ce groupe en quatre sous-ordres, nommés Pentamères , Hétérom'eres , Tétramères et Trimères, d’après le nombre des articles des tarses dans les espèces propres à chacune de ces divisions secondaires.
Tous ces insectes ont les pièces de la bouche disposées pour broyer et ils subissent des métamorphoses complètes.
Les dermestes sont des coléoptères destructeurs des substances (*)
(*) a, antenne ; — b, la bouche avec scs différents appendices ; — c, labre ou lèvre supérieure; — d, mandibule; — e, mâchoire; — plèvre inférieure ; — g, une des pattes.
INSECTES
animales ; les scarabées et les hannetons, du sous-ordre des pentamères lamellicornes, ^attaquent plus particulièrement les végétaux ■ les
( y tiques sont aquatiques à la manière des hydrophiles '(fig. 42) el des gynns.
Les hannetons (1), dont les larves sont connues sous le nom de vers blancs, sont très-nuisibles aux cultures. On redoute surtout le hanneton ordinaire ( Melolontha vulgaris ).
Les lampyres sont aussi des pentamères ; ils possèdent un organe
Fig. 431. — Sauterelle verrucivore, pondant.
phosphorescent qui leur a valu la dénomination de vers luisants ; quelques-uns manquent d’ailes.
On peut citer comme offrant un intérêt particulier, parmi les hétéromères ou coléoptères dont les tarses postérieurs ne sont composés que de quatre articles, tandis que ceux de leurs premières paires de pattes en ont cinq, les cantharides, employées à cause de leurs propriétés vésicantes. Les charançons, type de la grande famille des rhynchophores, ainsi que les capricornes, rentrant dans celle des longicornes, sont au .contraire des tetramères. Aux trimères appartiennent particulièrement les coccinelles, vulgairement appelées bêtes à bon Dieu , et les psélaphes.
§ It. — Ordre des orllioptèrcN.
Ailes demi-membraneuses et droites ; appendices buccaux disposés pour broyer ; métamorphoses incomplètes. Ces insectes naissent à 1 état de nymphe.
(1) Fig. 39, 122, 107, 187, 429 et 430.
PRINCIPAUX CROUPES
Tels sont les forficules, les blattes, les niantes, les sauterelles, les criquets, les grillons, etc.
Dans certains pays, particulièrement en Afrique, les sauterelles sont si nombreuses, qu’elles détruisent toute végétation, et, lorsqu’elles meurent, elles infectent l’air par la décomposition de leurs cadavres; aussi peuvent-elles devenir à la fois une cause de disette et une cause de peste, dans les endroits où elles s’abattent.
§ III. — Ordre des hémiptères.
Insectes pourvus de demi-élytres, tels que les punaises, les réduves, les pentatomes, les nèpes et les notonectes, ou d’ailes membraneuses et semblables entre elles, comme les cigales, les pucerons, les cochenilles : on les nomme alors Homoptères.
Fig. 432. — . Cigale, Fig. 433. — Rèduv'e. Fig. 434. — Cochenille.
vue en dessous.
Comme les orthoptères, les hémiptères et les homoptères, qui en sont une simple subdivision, n’ont que des demi-métamorphoses.
Tous ces insectes ont la bouche disposée en suçoir, ce qui ne permet pas de les confondre avec ceux des autres ordres.
Les cigales (fig. 432) possèdent sous le ventre un organe particulier, susceptible d’entrer en vibration, avec lequel elles produisent le bruit strident que l’on nomme leur chant.
§ IV. — Ordre des névroptères.
Insectes ayant les ailes membraneuses et parcourues par des nervures.
Les libellules (fig. 435 et 436), les éphémères, les panorpes, les
INSECTES
fourmilions, les semblides (fig. 100), les hémérobes et les friganes en sont autant d’exemples. Ils joignent au caractère tiré de la disposition
Fig. 435. — Libellule.
de leurs ailes d’avoir la bouche propre à broyer et d’éprouver en général des métamorphoses complètes.
Au même ordre appartiennent les termites ou fourmis blanches,
Fig. 436. — Métamorphose de la Libellule.
vivant principalement dans les pays chauds, et dont les sociétés se composent de plusieurs sortes d’individus : ouvriers et soldats, termites neutres auxquels il faut ajouter les mâles et les femelles propres à la reproduction. 11 s’en est établi en Europe, et, dans
PRINCIPAUX CROUPES
plusieurs circonstances, cette invasion a occasionné des dégâts considérables.
Les villes de Rochefort et de la Rochelle ont eu particulièrement à en souffrir.
Insectes dont les ailes sont membraneuses comme celles des précédents, mais simplement veinées, au lieu d’être réticulées; leur bouche est appropriée à la mastication; ils subissent des métamorphoses complètes.
Ce sont les abeilles, les guêpes, les sphex, les fourmis, les chrysis, les chalcides, les ichneumons et les tenthrèdes.
Les abeilles sont cultivées à cause de leur miel. Mais il yabeaueoup
d’espèces du même groupe qui ne nous rendent aucun service : tels sont les bourdons (^îg. 437) , les anth'ocopes, les mégachiles, et d’autres auxquelles on donne le nom d’abeilles solitaires, par opposition aux abeilles proprement dites, dont les sociétés sont connues de tout le monde.
. Les ichneumons attaquent les autres insectes ; ils détruisent surtout beaucoup de chenilles, et, sous ce rapport, ce sont des animaux utiles à l’agriculture.
Les cvnips ont, comme un grand nombre d’hyménoptères, l’abdomen terminé par une tarière avec laquelle ils perforent différentes parties des végétaux pour y placer leurs œufs. Les excroissances qui en résultent constituent dès galles et des bédégars ou mousses des rosiers. La galle du chêne est la noix de galle, dont on tire l’acide gallique.
§ V. — Ordre des hyménoptères.
Fig. 437. — Bourdon terrestre, femelle.
Fig. 438. — Parnassien Apollon.
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§ VI. — Ordre dos lépidoptère*.
Insectes à ailes recouvertes sur leurs deux faces par de petites écailles colorées. Ils ont les mâchoires allongées et disposées en forme de trompe; ils éprouvent aussi des métamorphoses complètes.
Fig. 439. — Sphinx du tithymale.
On les divise en : 1° Diurnes ou papillons proprement dits (fig. 438);
2° Crépusculaires ou sphinx (fig. 439); et 3° Nocturnes ou phalènes, bombyces (fig. 440), noctuelles, teignes (fig. 435), ptérophores, etc.
§ VII. — Ordre doN diptère*.
Insectes n’ayant que deux ailes, tandis que les précédents en ont quatre (fig. 441).
Cette division est nombreuse; elle répond aux diverses familles des cousins, des tipules, des asiles, des anthrax, des taons, des, œstres, des mouches, des hippobosques, etc., insectes dont la bouche a l'apparence d une trompe èl est disposée pour la succion. Les diptères
principaux groupes.
naissent sous une forme différente de celle qu’ils auront étant adultes, et on leur reconnaît les trois états de larve, de nymphe et d insecte
P Les œstres passent leur temps de larve sous la peau des mammifères ou encore dans les narines de ces animaux et jusque dans leurs intestins ; mais il est facile de les distinguer des entozoaires véritables au moyen de caractères que nous avons déjà indiques : nombre des
anneaux du corps, mâchoires, trachées, etc.
Une espèce du genre lucilie (fig. 441), genre qui rentre dans a même famille, et d’autres diptères de genres encore différents, se développent accidentellement sur le corps de l’homme.
Les cousins piquent à l’aide de leurs mandibules et de leurs mâ-
choires qui sont allongées et finement dentelées en scie. Us tirent une petite quantité de sang et déterminent en même temps une irritation des plus vives. Ils sont surtout nombreux dans les pays chauds, particulièrement sur les bords des rivières ou dans les marécages ; leurs piqûres sont souvent intolérables.
Quelques auteurs réunissent aux diptères les rhipiptères, dont d’autres font un ordre à part.
§ VIII. — insectes aptères.
Les aptères sont les insectes privés d’ailes.
Latreille les a partagés en trois groupes principaux, appelés :
Thysonoures (lépismes et podurelles) ; — Parasites (poux et ricins) ; — Suceurs (puces).
Mais, depuis l’établissement de sa classification, on a été conduit à penser que les insectes aptères devaient être rangés- dans les ordres précédents, comme en constituant des formes imparfaites susceptibles d’être rapportées à chacun d’eux, si l’on tient compte de leursjautres caractères.
Il est, en effet, aisé de démontrer les affinités des puces avec les (*)
(*) La larve, qui est parasite, et l'insecte parfait.
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b ou ch (T p I * ^ U *, °IIos ressemblent par la conformation de leur
par leurs métamorphosés. La môme observation avait déjà été faite au sujet des nyctéribies qui vivent sur les chauves-souris : ce sont aussi des diptères aptères, et Latreille, qui a établi un ordre à part pour y classer les puces, n éloignait pas les nyctéribies (fig. 442) de ses diptères pupipares, dont font également partie certaines espèces parasites des mammifères ou d’autres vivant sur les oiseaux.
Des remarques analogues ont été faites au sujet des lépismes, que l’on a rapprochés des névroptères ; au sujet des ricins , , ou Poux des oiseaux, qui ont dès lors été
oue Ton V6C u °r.th°Ptères’ et au suJet des poux proprement dits, que Ion îeunit actuellement aux hémiptères.
tic. 442. — Nycléribie.