DIVERSITÉ DE LEURS FONCTIONS
travail physiologique, le nombre des organes qui concourent à leur accomplissement est aussi plus considérable, et la structure en est plus parfaite. C’est ainsi que l’organisme et ses actes se perfectionnent concurremment; mais de môme qu’il serait oiseux de discuter si c’est l’organisation qui fait la vie ou la vie l’organisation, de même aussi il semble, au premier abord, inutile de rechercher si la complication plus grande des organes est la cause de celle des fonctions ou si elle en est au contraire l’effet. Ces questions purement doctrinales n’ont d'ailleurs aucune importance pour les problèmes que nous avons à traiter ici; nous nous bornerons donc à énumérer les diverses fonctions propres aux animaux, nous réservant de faire connaître leurs principales particularités anatomiques et physiologiques dans les chapitres qui vont suivre, en montrant comment à des organes plus parfaits correspondent toujours des actes physiologiques plus compliqués et réciproquement.
Un premier ordre comprend les fonctions de nutrition, qui sont particulièrement destinées à l’entretien de la vie individuelle, et se divisent en digestion, circulation , respiration et urination ou sécrétion urinaire. C’est à propos de ces fonctions qu’il* sera question de la chaleur des animaux.
Un deuxième ordre est celui des fonctions de reproduction, ayant pour but non plus d’entretenir l’existence des individus, mais de leur donner les moyens de propager leur espèce et d’en assurer la continuation en prévision de leur propre disparition. Ces deux ordres de fonctions constituent des propriétés communes à tous les êtres vivants ; on les appelle quelquefois fonctions végétatives. Mais il ne faut pas oublier que chez les animaux les fonctions de relation dont il nous reste h parler concourent souvent à leur exécution.
Au troisième ordre répondentces fonctions de relation, qui sontspéciales aux animaux et leur donnent le moyen de connaître leurs rapports avec le monde extérieur et de les modifier au besoin. Ce sont la sensibilité , comprenant l’innervation et les sensations, ainsi que la locomotion, ou propriété qu’ont les animaux de se mouvoir volontairement. Comme ces êtres vivants sont les seuls qui les possèdent, on les a aussi appelées fonctions animales.
Quelques remarques générales sur l’ensemble des fonctions et sur les organes qui les exécutent vont nous mettre à même de mieux comprendre leur importance et les particularités qu’elles présentent dans les principaux groupes.
La même fonction peut être remplie par des organes différents. — La nature ne s’est pas assujettie dans l’organisme animal à charger toujours un meme organe d’exécuter la même fonction. Il est des fonclions, comme celles de la sensibilité, dont un même tissu a seul I exercice el que nul autre ne saurait remplir à sa place; en effet i toute sensibilité implique la présence de parties de nature nerveuse • ganglions, nerfs, elc. D'autres fonctions, au contraire, peuvent avoir
ORGANES DIVERS
pour agents des organes différents, suivant les classes chez lesquelles on les étudie. C’est ainsi que la respiration s’opère au moyen de poumons chez les vertébrés aériens, tandis que chez les poissons elle a lieu par des branchies dépendant de l’appareil hyoïdien ; chez lescrustacés, par branchies attenant aux pattes ou par les pattes elles-mêmes, et chez les insecLes par des trachées qui s’ouvrent sur les parties latérales du corps, au lieu d’avoir, comme les poumons ou les branchies des vertèbres, l’orifice par lequel elles reçoivent le fluide chargé de leur fournir de l’oxygène ouvert a la partie antérieure du tube digéstif.
Les organes locomoteurs pourraient nous offrir d’autres exemples de semblables changements de fonctions. Ainsi les membres, si différents entre eux chez l’homme et servant à des usages si variés, sont au contraire, fort semblables chez beaucoup de quadrupèdes et dès lors affectés au seul usage de la marche. Ils servent à nager chez les mammifères marins et chez les poissons. Chez les chauves-souris et les oiseaux les antérieurs sont seuls modifiés pour le vol, et chez les insectes cette fonction s’exécute au moyen d’organes tout différents dans leur nature, bien que désignés aussi sous le nom d’ailes. Les ailes, les nageoires ou les pattes des vertébrés répondent aux membres de l’homme ; les pattes des insectes sont aussi les véritables membres de ces animaux, tandis que leurs ailes sont des expansions d un tout autre ordre et qui n’ont aucun analogue dans le corps des animaux
supérieurs. , ,
C0RRÉL4T10N DES formes. — Les animaux peuvent etre compares a des machines animées, ayant pour instruments de leur fonctionnement les organes par lesquels ils sont constitués, et pour cause d activité une force particulière, la vie, aussi inconnue dans son essence qu’elle est admirable dans ses effets. Chacun d’eux est un tout harmonique, calculé parla nature en vue d’un résultat détermine, et quoique le nombre des espèces organisées actuellement existantes s et « à plusieurs centaines de mille, la forme et le caractère de leurs differentes parties sont subordonnés à des règles fixes. Toutes les combinaisons d’organes ne sont pas possibles, mais dans chaque espece e> organes sont toujours dans un état de corrélation qui les subordonne les uns aux autres, et assure l’exercice régulier de leurs fonction*.
Cette appropriation de l’organisme aux circonstances au sein desquelles il est appelé à fonctionner a frappé tous les observa leurs. S constatation a conduit à la théorie célèbre des causes Anales dont, il faut bien l’avouer, on a fait dans plus d une circons anc PP
cations erronées, mais qui a une portée philosophique qu on t
”e11« suppose! en effet, une harmonie constante entre les ^parhes des animaux et les conditions de l'existence de ceux-ci, et elle démontré aisément <inc les organes de chaque être vivant sont entre eux ^ un état de corrélation, ce qui ne saurait être méconnu. Dans Discours sur les révolutions .lu globe, Cuvier a er.ge ces faits