‹ Éléments de zoologieChapitre 18 sur 184 · LEUR COMPARAISON · texte numérisé non relu

LEUR COMPARAISON

à notre espèce. La comparaison dos membres dans la série dos animaux vertébrés et la détermination des parties osseuses dont ils sont constitués fournit de nombreux exemples à l’appui de ces remarques.

On a nommé recherche des analogues cette comparaison d’un même organe suivie dans les différents termes de l’échelle animale; elle constitue une branche fort importante de l’anatomie comparée et les plus grands naturalistes s’y sont appliqués avec une sorte de prédilection.

En rendant compte, dans Y Histoire de l' Académie des sciences de Pans pour l’année 1774, d’un mémoire relatif aux membres de l’homme et des animaux, que Yicq d’Azyr venait de soumettre à l’appréciation de cette compagnie, Condorcet s'exprimait ainsi à propos du double caractère des recherches de ce grand naturaliste dont il voulait signaler l’importance : « On entend ordinairement par anatomie comparée l’observation des rapports et des différences qui existent entre les parties analogues de l’homme et des animaux. M. Yicq d’Azyr donne ici un essai d’une autre espèce d’anatomie comparée qui jusqu’ici a été peu cultivée et sur laquelle on ne trouve dans les anatomistes que quelques observations isolées : c’est l’examen des rapports qu’ont entre elles les différentes parties d’un même individu. » Condorcet ajoutait, d'après Vicq d’Azyr, que « dans celte nouvelle espèce d’anatomie comparée, on observe, comme dans l’anatomie ordinaire, les deux caractères que la nature parait avoir imprimés à tous les êtres, celui de la constance dans le type et celui de la variété dans les modifications. »

Il eut été difficile de mieux exprimer les tendances de ces deux points de vue de la science dont l'un nous fait connaître les différences qu un même organe, envisagé dans la série des espèces, subit, suivant la manière dont il doit fonctionner dans chacune d’elles, cl dont 1 autre nous montre comment la nature a réussi à multiplier en apparence les organes des animaux les plus parfaits, tout en se servant d un petit nombre de parties identiques au fond, mais qu elle répète dans chaque individu en leur imprimant des modifications secondaires qui en varient si notablement les caractères chez les êtres les plus parfaits.

Depuis Vicq d Azyr, beaucoup de recherches ont été entreprises clans c otte double direction. L examen d un même organe suivi dans ses modifications diverses, d’un genre ou d’une famille à d’autres genres ou «i d , mli es familles, a donné lieu a la théorie des analogues et conduit à celle de Y uni lé de composition, dont Étienne Geoffrov Saint-IIilaire a etc I un des principaux fondateurs. D’autre part, on a nommé théorie ( an iomo ogues a < lassiliealion des organes d’un même être en un certain nombre de groupes primordiaux.

Quelques c xc mples donneront une idée des résultats auxquels conc disent ces deux manières d’envisager les organes. C’est au moyen de la première que I on démontre que les mains de l’homme, les membres

N ÜT IUT ION

antérieurs des mammifères ou des reptiles, les ailes des chauvessouris ou des oiseaux et les nageoires thoraciques des poissons sont des organes analogues et qu’ils sont formés de parties correspondantes, malgré la diftérence de leurs formes. La seconde théorie nous permet d’établir que les membres postérieurs sont les homologues des membres antérieurs, c’est-à-dire la répétition d’organes de même ordre anatomique et formés de parties identiques. De même on établit, grâce à cette théorie, que toutes les vertèbres sont également des organes de même sorte, qu elles appartiennent au cou, au thorax, aux lombes, au sacrum ou à la queue ; enfin elle nous amène à conclure que la tête est à son tour composée de vertèbres comme le reste du tronc : ce qui permet d’v trouver des parties homologues avec celles dont sont formées les vertèbres de ce dernier ou mieux encore les divers segments osseux du tronc.

Les découvertes de plusieurs naturalistes français ont beaucoup contribué aux progrès de ces deux branches de l’anatomie comparée, qui se distinguent des autres et en particulier de l’anatomie purement descriptive par leur caractère essentiellement philosophique.

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