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DIVERSITÉ DES ALIMENTS

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A chacun de ces régimes correspond une conformation particulière des organes digestifs. On constate en effet que le canal intestinal des herbivores est beaucoup plus long et beaucoup plus compliqué dans ses différentes parties que celui des carnivores; les dents présentent aussi une forme particulière suivant que l’animal se nourrit de chair, de fruits ou d’herbes, ou bien encore qu'il est plus ou moins ‘omnivore.

Mais, au fond, tous ces régimes ne donnent pas des résultats aussi

Fie. 29. — Dents du Sanglier (comme exemple d’un animal omnivore).

différents qu’on pourrait le croire, et l’alimentation, quel qu’en soit le mode, peut être ramenée à des conditions identiques, son résultat définitif étant de procurer à l’économie des principes immédiats, les uns ternaires, les autres quaternaires, ainsi qu’un certain nombre de substances salines.

Classification des aliments. — La différence du régime n’implique donc pas une différence correspondante et fondamentale dans les matériaux chimiques de l’alimentation, et tous les animaux, qu’ils vivent d herbes, de fruits, de graines, d’insectes, de poissons ou de la chair et du sang des quadrupèdes et des oiseaux, retirent en définitive, de leur alimentation, des principes nutritifs qui sont toujours^ memes. L’élaboration des aliments est plus ou moins longue;

DIGESTION

elle exige des actes plus ou moins nombreux, suivant la nature et l’origine de ces aliments; mais ses résultats ne changent pas pour cela. Le lion et le tigre assouvissant leurs appétits sanguinaires, ou le bœuf et l’antilope, qui paissent timidement l’herbe des prairies, demandent à leur alimentation des principes qui sont en réalité les mêmes, à savoir, des substances salines, qu’ils peuvent même prendre avec leur boisson, sans détruire nul être vivant, et d*es substances' organiques, les unes ternaires, les autres quaternaires, que la chair des animaux ainsi que les tissus des végétaux renferment seuls.

Contrairement aux végétaux, qui tirent du monde minéral une grande partie de leurs matériaux de consommation, les animaux s’entretiennent au moyen de substances organiques déjà formées, et la nature trouve dans la destruction de tous ces individus des deux règnes, qui servent de pâture aux différents animaux, les uns herbivores, les autres carnassiers, le moyen de maintenir les espèces vivantes dans une juste proportion numérique. Par la férocité des carnivores, elle met obstacle à la trop grande abondance des herbivores, et ces derniers s’opposent, à leur tour, à la multiplication excessive des végétaux.

Une autre remarque intéressante peut donc être ajoutée à celles qui précèdent. Tandis que les végétaux jouissent de la propriété de former directement, à l’aide de matériaux empruntés au monde inorganique, la masse des principes immédiats nécessaires à la constitution de leurs organes, et de se nourrir au moyen de produits uniquement tirés du sol, les animaux ne créent point ces principes de toutes pièces, et leur propre substance ne s’accroît chimiquement qu'au détriment de celle d’autres êtres vivants, plus particulièrement des végétaux. Le règne végétal est pour ainsi dire le laboratoire dans lequel se fabriquent les principes immédiats. Ces principes passent des plantes dans les animaux herbivores pour arriver ensuite aux carnassiers, lorsqu’ils se nourrissent de ces derniers. Ils peuvent, il est vrai, faire plus tard retour aux végétaux qui les absorbent alors sous forme d’engrais, mais après qu’ils ont été modifiés dans leur composition et réduits en grande partie en eau, en acide carbonique et en principes ammoniacaux.

On se tromperait donc si l’on jugeait de la nature chimique des aliments et de leur rôle dans l’économie par le régime des animaux qui s’en nourrissent. La proportion dans laquelle cés aliments contiennent les principes nécessaires à la vie des organes, et la facilité plus ou moins grande avec laquelle certaines espèces doivent les en extraire, motivent, il est vrai, des différences dans la conformation des organes de la digestion ; mais ce ne sont encore là que des particularités de second ordre, et il est dans la nature des substances alimentaires dites organiques d’appartenir toutes soit à l’une soit à l’autre des deux catégories quaternaire ou ternaire, quelle que soit leur provenance. Aussi est-ce en tenant compte de leurs caractères

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