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SANG

culation proprement dite. Nous verrons ensuite quels sonl les instruments (cœur et vaisseaux) à l’aide desquels cette importante fonction s’exécute, et nous en indiquerons le mécanisme.

Nous joindrons également au présent chapitre des remarques relatives aux actes complémentaires de la circulation sanguine et aux organes qui produisent ces actes, ce qui nous conduira à parler, mais d’une manière abrégée, de la circulation lymphatique et. de la circulation du chyle.

En outre, quelques lignes seront consacrées à certains organes d’apparence glandulaire qui manquent cependant de conduits excréteurs ainsi que d’acini, et que l’on appelle des ganglions sanguins. Ces organes sont sans doute destinés à l’élaboration des éléments histologiques propres au sang; le principal d’entre eux est la rate.

§ I. — Du sang.

Le sang est le plus important des liquides de l’économie animale, et celui dont la masse est la plus considérable. C’est de lui que presque tous les autres liquides et tous les autres organes tirent leurs matériaux. Il trouve lui-même dans les produits de la digestion le moyen de réparer ses pertes, et dans la respiration ainsi que dans l’urination celui de se débarrasser en partie d'une portion des principes que l’activité vitale et le jeu de l’organisme ont altérés ou dont ils l’ont chargé.

Le sang est indispensable à l’exercice de la vie. Lorsque, par suite d’une saignée abondante ou d’une blessure grave, l’homme ou les animaux ont perdu une quantité notable de ce liquide, ils ne tardent pas à s’affaisser sur eux-mêmes; ils tombent en syncope, et on les voit périr bientôt, parce qu’on est dans l’impossibilité de leur rendre immédiatement le liquide vivant qui vient de leur être enlevé.

On avait pensé autrefois qu’il serait possible de recourir, dans des cas de cette nature, à la transfusion, et l’on faisait passer, des veines d’un ou de plusieurs individus bien portants dans celles du sujet qu’un accident ou une maladie avait rendu exsangue, du sang en quantité suffisante pour le ramener à la vie. Dans plusieurs occasions on a vu ce procédé héroïque couronné de succès. Mais il s’en faut de beaucoup que l’opération réussisse toujours, et malgré le retentissement qu’elle a obtenu, on n’y a plus recours que très-rarement, malgré les perfectionnements récents apportés dans la manière dont on peut la pratiquer. En physiologie, on la répète, pour montrer que les différents principes du sang sont indispensables à l’entretien de la vie. Alors on transfuse, soit du sang auquel on n’a enlevé aucune de ses parties constituantes, soit du sang privé de ses globules ou de sa fibrine. La vie de 1 animal en cxpeiicncc est ranimée dans le premier cas;

sa moi t est la conséquence plus ou moins prochaine, mais certaine,

du second.

Anatomiquement, le sang est composé de deux parties. L’une est

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liquide pendant la vie, quoique renfermant des principes coagulables: c’est le plasma ; l’autre consiste en nombreux corpuscules microscopiques appelés g lobules sanguins , globules blancs et globulins , que la partie liquide charrie avec elle dans sa course à travers l’organisme. Nous commencerons par l’examen de ces éléments solides du sang.

Globules rouges ou Hématies. — Chez l’homme et chez presque tous les autres vertébrés, les globules sanguins sont rouges ; ce sont eux qui donnent au sangla couleur qui le distingue. Ges corpuscules, qu’on ne voit qu’à l’aide du microscope, furent aperçus en 1658 par Swammerdam, dans le sang des grenouilles; mais il ne publia pas sa découverte. En 1673, Malpighi les observa à son tour dans le sang du hérisson; il les prit pour des globules graisseux.

Les globules du sang (fig. 76) sont, au contraire, formés en grande

Fig. 76. — Globules sanguins [grossis (*)].

partie de deux principes quaternaires. L’un est analogue à l’albumine, quoique différant de cette substance par quelques légères particularités : c’est la globuline ou matière fondamentale des globules; l’autre, appelé hématine, en est la partie colorante : les quatre éléments ordinaires des principes immédiats y sont associés à une certaine proportion de fer.

L’hématine donne aux globules sanguins la couleur qui les distingue, et c’est à ces corpuscules que le sang doit sa teinte rouge, le plasma étant incolore, comme on peut s’en assurer en recourant à la filtration du sang. L’action de l’oxygène donne aux globules la teinte rutilante ou vermeille qui se remarque dans le sang du système aortique (sang rouge , oxygéné ou aortique), et ce sont eux qui sont chargés de porter le gaz dans toutes les parties de l’économie, afin d'assurer l’exercice des différentes fonctions. Il a été possible de les compter au (*)

(*) a, globules circulaires, du sang de l'Homme, vus sous différents aspects; — b, globules elliptiques, du sang du Chameau ; — ectd, id. des Oiseaux; — e, id. de la Grenouille, vus par la tranche; — f, id. du Protèe; — g, id. de la Salamandre, dont on a déchiré la membrane extérieure; — h, id. de la Lamproie; — i, id. du Homard; — k, id. de la Limace; — /, deux leucocytes ou globules blancs du sang humain.

SA NC,.

moyen d’un polit appareil spécial : dans los conditions ordinaires, un millimètre cube de sang en contient o ou « millions.

L’acide carbonique dont le sang se charge rend ce liquide plus foncé et d'un violet noirâtre {sang noir, appelé parfois sang veineux, quoique les veines qui reviennent des poumons renlermentdu sang rouge).

Le brancliioslome, petite espèce de poisson d’une organisation trèsinférieure à celle des autres animaux de la même classe, et peut-être aussi quelques autres poissons de mer qui se rapprochentdes anguilles par leurs caractères génériques, sont les seuls vertébrés qui aient les globules sanguins incolores et, par suite, le sang blanc.

Les globules du sang ne sont pas de forme sphérique, comme leur nom semblerait l’indiquer. Ce sont des disques aplatis, circulaires dans certains animaux, elliptiques dans d’autres. Les mammifères, sauf un trèspetit nombre d’exceptions, parmi lesquelles nous citerons les chameaux et les lamas, ont les globules de forme circulaire; chez les oiseaux, les reptiles et la plupart des poissons, ils sont elliptiques, comme les deux genres précités.

Le diamètre de ceux de l’homme (fig. 76 « et 77) n’est égal qu’à j^de millimètre; ceux du cheval, du mouton et du bœuf n’ont que ~ da millimètre; ceux de la chèvre, de millimètre. Les globules du sang des chameaux et des lamas ont r‘-g de millimètre dans leur plus grand diamètre et ^ dans le plus petit.

La forme elliptique est ordinaire aux globules sanguins de tous les vertébrés ovipares, et les batraciens sont, de ces animaux, ceux qui possèdent les plus volumineux. Chez les poissons cyelostomes, ces petits organes sont sphériques.

Voici quelques mesures des globules sanguins prises dans les différentes classes des vertébrés ovipares :

Oiseaux : Paon, moineau et chardonneret, et ^ de millimètre; mésange bleue, ^'et T^; pigeon, ^ et r^; autruche, -fa et T^.

Repaies : Tortue grecque, -/« et caïman, ± et &; lézard vert, ^ et Tos> couleuvre à collier, -fc et ^ 5 .

Fig. 77. — Globules sanguins de l'Homme.

Batraciens: Grenouille verte, 4'3- et salamandre tachetée, 5*g et triton à crête, ./;î et grande salamandre du Japon, ± et J-; protée, ïV et VJÎ sirène, T'5 et g1,,.

/•omom : Pc, -clic, j3 et jf,; carpe, * et „'s; anguille, * el rf,; raie bouclée, 3'3 et u'0; lamproie, ^ dans tous les sens.

Les globules sanguins sont bien de la nature des cellules, et à l’aide de léaclifs on peut mettre en évidence leur membrane enveloppe, ainsi que leur noyau, particulièrement dans le premier âge des ver-

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tébrés supérieurs et pendant toute la vie chez les poissons. Lorsqu’on veut, en conserver pour les observer ultérieurement, il suffit de les laisseï dessecher sur une lame de verre; on peut aussi en garder pendant longtemps en versant dans un sirop de sucre quelques gouttes de sang : les globules s’y maintiennent parfaitement. C’est ainsi que . plusieurs physiologistes ont pu faire, en Europe, une élude attentive des globules sanguins de différents animaux exotiques, qui n’avaient pas encore paru vivants dans nos ménageries.

En médecine légale, lorsqu’il s’agit de juger de l’origine humaine ou animale de certaines taches de sang constatées sur les vêtements d'un invidu soupçonné d’être l’auteur de quelque crime, on a recours à la facilité avec laquelle les globules sanguins desséchés depuis longtemps reprennent leur forme primitive, et l’on cherche à constater, par l’observation microscopique, l’origine du sang de ces taches. On arrive à ce résultat en mesurant les globules et en examinant leur forme; souvent il est possible de reconnaître de quelle espèce ce sang provient, homme, animal mammifère, oiseau, etc., et l’on en tire telles conclusions que comportent les circonstances de l’instruction judiciaire.

Les globules rouges, si abondants chez les vertébrés, sont très-rares chez les animaux sans vertèbres; cependant on a constaté leur présence dans quelques espèces appartenant à des groupes assez différents les uns des autres, des annélides, par exemple, des échinodermes, etc. Quand les animaux sans vertèbres ont le sang rouge, c’est ordinairement au plasma que ce liquide doit sa couleur, tandis que chez les vertébrés il la tient de l’hémoglobuline des globules euxmêmes. La couleur rouge du sang de la plupart des annélides a pour cause la teinte rouge du plasma de ces animaux.

Glorules ülancs ou Leucocytes. — Indépendamment des globules rouges dont il tire sa couleur, le sang des vertébrés renferme une quantité notable, mais cependant moins considérable, de petits globules blancs. Ces corpuscules, qui se retrouvent aussi dans la lymphe, sont plus nombreux dans les sujets très-jeunes que chez ceux qui sont déjà plus avancés en âge. Chez l'homme, ils sont aux globules rouges dans la proportion de lia. i[s ne circulent que par instants. En examinant au microscope la circulation sanguine, on les voit le plus souvent fixés à la paroi interne des vaisseaux capillaires, et ils ne se mêlent à la masse des globules ordinaires que par intervalles et d’une manière intermittente. Leur diamètre a été évalué à de millimètre: un millimètre cube de sang en contient environ 8 ou 9000.

Clodulins. — Ce sont d’autres éléments anatomiques du sang, qui se retrouvent aussi dans la lymphe et dans le chyle; ils sont encore plus rares que les globules blancs, et il n’y en a guère que 1 pour 10 ou même 20 de ces derniers; leur diamètre moyen ne dépasse pas *£5 de millimètre.

Plasma du sang; sa composition chimique. — La partie lluide du sang,

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