‹ Éléments de zoologieChapitre 36 sur 184 · HEU H · texte numérisé non relu

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vers sa partie moyenne, un peu à gauche de la ligne médiane et plus rapproché de la paroi antérieure que de la postérieure, dont il est en partie séparé par le poumon du même côté. 11 est enveloppé par les deux feuillets du péricarde, membrane séreuse qui le sépare des organes voisins et rend ses battements plus faciles. Sa grosseur est à peu près celle du poing, et il a une forme irrégulièrement conique, à sommet inféro-anlérieur.

Le cœur es! l’agent principal des mouvements circulatoires. On peut le regarder comme le centre ou le point de départ et le point d aboutissement de tout le système vasculaire. Cependant il n’est lui-même qu’une portion très-limitée de ce système, mais renforcée par des muscles volumineux destinés à le transformer en un agent puissant

d’impulsion. 11 est creusé intérieurement de quatre cavités. Les deux supérieures, à parois moins résistantes, sont les oreillettes-, les deux inférieures, plus charnues, sont les ventricules.

La membrane intérieure du cœur est une membrane fibreuse recouverte d'une lame épithéliale ; on l’appelle endocarde.

Si l'on divise le cœur suivant un plan allant de la base au sommet de cet organe (fig. 80), on voit qu’il a une oreillette et un ventricule à droite, ainsi qu’une oreillette et un ventricule à gauche. Chacune de ses deux moitiés est elle-même en rapport avec l’une des deux grandes divisions du système vasculaire (pi. I). A l’oreillette droite aboutit le sang noir ramené par les veines caves, et elle le lance dans le ventricule du même côté, qui l’envoie à son tour dans l’artère pulmonaire. Cette moitié du cœur est donc spécialement affectée à la circulation du sang noir ou sang chargé d’acide carbonique (fig. 7 J, A et C).

Au contraire, l’oreillette gauche reçoit des veines pulmonaires le sang qui a été s’oxygéner dans le poumon, c’est-à-dire le sang redevenu rouge, et elle le transmet au ventricule gauche pour que celui-ci le chasse ensuite dans le système aortique, de telle sorte que la moitié gauche du cœur est particulièrement affectée à la circulation du sang rouge (fig. 79, B et D ).

C’est pourquoi, au lieu de diviser la circulation en deux temps principaux, la grande circulation et la petite, comme on le faisait autrefois, il est préférable de la partager en circulation du sang noir, ayant pour centre d’impulsion la moitié droite du cœur, et en circulation du sang rouge, dont l’organe moteur est la moitié gauche du même organe. Des faits tirés de l’anatomie comparée confirment pleinement cette distinction.

Les deux moitiés droite et gauche du cœur sont physiologiquement indépendantes l’une de l’autre dans leur destination; elles le sont aussi dans leurs mouvements, et, jusqu’à un certain point, dans leur conformation anatomique; aussi a-t-on été conduit à admettre que le cœur, au lieu d être un organe simple, est anatomiquement double, et qu il résulte de la jonction de deux parties distinctes, ou plutôt de

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deux cœurs qui pourraient exister séparément l’un de l’autre, le cœur droit et le cœur gauche.

Fie . 80. — Le cœur de l’Homme; coupe verticale montrant l’intérieur des quatre cavités (*).

Le cœur du dugong (fig. 81) a deux pointes, une pour chaque ven-

tricule, au lieu d’une pointe unique commune à tous les deux, comme cela se voit au cœur de l’homme ou des autres mammifères, ainsi qu à

(*) A, ventricule droit; — 15, ventricule gauche ; — C, oreillette droite ; — D. oreillette gauche; — K, orifice auriculo-vcnlriculairo droit cl valvule Iricuspido; — F, orifice auriculo-vcntriculairc gaucho et valvule mitrale; — G, orifice de l’artère pulmonaire et scs valvules sigmoïdes ; — II, orifice de l’artère aorte et ses valvules sigmoïdes ; — I, veine cave inférieure ; — K, veine cave supérieure ; — L, L, veines pulmonaires.

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celui des oiseaux, qui ont également cet organe pourvu de quatre

1 Tes poissons nous fournissent une preuve nouvelle à l’appui de la théorie qui admet la duplicité du cœur des vertébrés aériens, et celte preuve est encore plus concluante que la précédente. Chez eux (fig. 82), le cœur n’a que deux cavités, l’une et l’autre situées sur le trajet du

Fig. 82. — Cœur et branchies du Thon (*).

sang noir, et ne répondant, par conséquent, qu'à la moitié droite du cœur des vertébrés à respiration aérienne. Cependant les lépidosirènes et les protoplères (fig. 84 ) , qui sont des poissons propres à certaines parties de l’Amérique méridionale et de l’Afrique, respirant à la fois par des poumons et des branchies, ont deux oreillettes au cœur, bien que ne possédant qu’un seul ventricule.

Les crustacés et les mollusques présentent une disposition diffé- (*)

(*) a, péricarde ouvert; — b, orcillellc unique; — c, ventricule unique; — cl, bulbe artériel ; — e, e', branchies.

Fie. 83. — Anatomie de la Lamproie (*).

Une particularité non moins curieuse du cœur de certains vertébrés mérite d’etre également signalée : c’est celle que l'on remarque chez les reptiles. Chez ces animaux, il y a bien deux oreillettes, comme chez les mammifères et les oiseaux, mais les deux ventricules sont plus ou moins complètement confondus en un seul. Le crocodile est de tous les reptiles celui qui s’éloigne le moins des animaux à sang chaud, la cavité répondant à ses ventricules droit et gauche (*)

(*) a, bouche entourée de sa ventouse épineuse; — b, pharynx; — c' et e', orifices internes et externes des branchies; — rf à ri", sacs branchiaux ; — f, f, veines caves; — g, oreillette du cœur; — A, ventricule du cœur; — i, artère branchiale et scs divisions; — /f, veines branchiales et commencement de l'aorte; — mm', cage cartilagineuse protégeant les branchies et le cœur.

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