CHAPITRE III
CARACTÈRES DISTINCTIFS DES ANIMAUX. — DÉFINITION DE LA ZOOLOGIE; SES DIFFÉRENTES BRANCHES.
La plupart des animaux sont faciles a distinguer des végétaux. — Les animaux, êtres organisés et par conséquent doués de la vie, comme le sont aussi les végétaux, possèdent en commun avec ces derniers plusieurs facultés importantes: les mêmes qui permettent de distinguer des corps bruts les corps vivants ou pourvus d’organisation. Mais, dans beaucoup de cas, il n’en est pas moins facile d’établir entre la plupart des animaux et les végétaux une distinction tranchée et que l’on puisse saisir.
Le rôle que les premiers sont destinés a accomplir dans l’économie generale de la nature est, habituellement du moins, bien supérieur à celui qu’exercent les plantes; à certains égards il est même totalement différent. Aussi peuL-on indiquer entre les deux règnes animal et végétal, envisagés l’un et l’autre dans leurs espèces les plus parfaites, des différences de plusieurs sortes.
. ,CaractèRes tirés des fonctions de relation. — Pourvus, comme les végétaux, de fonctions nutritives, dont l’absorption et l’exhalation forment la condition essentielle et fondamentale, et jouissant comme eux de la propriété de propager leur espèce par la procréation de nou- \eaux indnidus ayant des caractères semblables à ceux qu’ils possèdent eux-memes la plupart des animaux sont, en oulre, capables de perce- 'mr, a f 1 f blts Qui diffèrent, il est vrai, suivant la complication de
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leur structure, leurs relations avec le monde extérieur, et ils peuvent modifier ces relations lorsqu’ils en reconnaissent la nécessité. De là la présence chez eux d’une série de fonctions tout à fait inconnues dans le règne végétal, les fonctions de relation, et celle d’organes spécialement affectés à l’exercice de ces nouvelles fonctions. Il en résulte pour les animaux des propriétés d’un ordre particulier, et des organes également particuliers se trouvent ajoutés à leur propre organisme, ce qui rend leur structure anatomique plus compliquée que celle des végétaux et concourt à en faire des êtres supérieurs à ces derniers.
C’est par la sensibilité , dont le système nerveux est l’agent, que les animaux ont connaissance des conditions physiques au milieu desquelles ils se trouvent placés; elle leur permet aussi de percevoir certains phénomènes qui se passent en eux, tels que la faim, la soif, la douleur, etc., ces sensations ayant pour objet de leur faire connaître les besoins de leur organisme.
A son tour, la locomolilité, ou propriété de se mouvoir, qui s’exerce principalement à l’aide du système musculaire, soumis lui-même à l’influx nerveux, donne aux animaux le moyen de se soustraire aux conditions qui pourraient leur être nuisibles et de se rapprocher au contraire de celles qui leur paraissent avantageuses et agréables.
Comme on le voit, cette double faculté de sentir et de se mouvoir place les animaux bien au-dessus des végétaux; et les organes particuliers qui en sont les instruments fournissent d’excellents caractères pour différencier le règne animal d’avec le règne végétal, si l'on se borne à envisager les principales espèces de ces deux règnes.
Les animaux sont, en général, des êtres doués de sensibilité et pouvant se mouvoir volontairement, ce qui n’a pas lieu pour les végétaux; à cet effet, ils sont munis de système nerveux et de système musculaire, tandis que les seconds en manquent (1).
La complication des organes nerveux et musculaires des animaux est d’ailleurs en rapport, dans chaque espèce de ce règne, avec la supériorité du rôle que celle espèce est appelée à remplir au sein de la création, et les animaux des premiers groupes ont une intelligence ainsi que des instincts supérieurs à ceux des dernières classes. Sous ce rapport comme sous celui de leur composition anatomique, les animaux les plus parfaits se rapprochent bien davantage de l'homme, tandis que les animaux inférieurs ont plus d’analogie avec les plantes, ou s’élèvent peu au-dessus d’elles.
Particularités diverses. — Cependant il ne faudrait pas croire que la sensibilité ou la locomolilité, étudiées en elles-mêmes et sans leurs
(1) Autrefois on ne réunissait pas encore les animaux et les végétaux en un seul groupe primordial, groupe auquel oïl a donné la dénomination d’empire organique; on se bornait à dire que les corps naturels constituent trois règnes distincts. Linné caractérisait ainsi ces trois règnes : Mineralia crescuvt : les minéraux s'accroissent. — Vegelalia crescunl et vivunt : les végétaux s’accroissent et vivent. — Animalia crescunt, vivunt et sentiunt : les animaux s’accroissent, vivent et sentent.
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organes, soient toujours des moyens certains de reconnaître si l’être organisé que l’on examine est réellement un animal.
Diverses espèces de plantes phanérogames sont, en apparence du moins, douées d’une sorte de sensibilité; d'autres exécutent des mouvements très-apparents. Les germes d’un grand nombre de végétaux aquatiques, appartenant aux groupes inférieurs, ne sont pas moins actifs dans leurs mouvements de translation que les infusoii es animaux, avec lesquels ils ont été souvent confondus (1). Mais pas plus que les végétaux phanérogames auxquels nous avons tout a 1 heure fait allusion, ils ne. sont pourvus de nerfs ou de muscles, et si diveises plantes peuvent mouvoir certaines de leurs parties ou même changer de place et se porter avec rapidité d un lieu dans un autre, elles le lonl par des moyens différents de ceux qu’emploient les animaux.
Citons néanmoins quelques exemples. Des acacias et d’autres végétaux appartenant. aussi à la famille desLégumineuses ou à des familles qui s’en rapprochent plus ou moins, ferment leurs feuilles le soir pour ne les rouvrir que lorsque le jour apparaît; d’autres font exécuter a leurs Heurs des mouvements en rapport avec la marche du soleil, ou bien encore ils les replient pendant la journée pour ne les épanouir que la nuit, ou inversement, et cela à des heures déterminées; enfin, la sensitive jouit de la singulière propriété de fermer ses feuilles et de les abaisser au moindre attouchement ; l’attrape-mouche ( Dionœa muscipula) n’est pas moins célèbre par ses mouvements et le parti qu’elle en tire.
Mais ce ne sont pas là des preuves réelles de sensibilité, et il n’y a rien de volontaire dans les mouvements exécutés par les végétaux. On est d’accord pour n’y voir autre chose qu’une exagération de l'irritabilité propre à tous les êtres vivants, et point du tout un fait comparable dans sa nature à l’innervation des animaux. La cause et le mécanisme en sont d’ailleurs ignorés, et tout ce que l’on sait jusqu’à ce jour, c’est que la remarquable propriété dont jouissent ces végétaux n’a rien de commun avec les actions nerveuses ou musculaires des animaux.
D’autre part, il s’en faut de beaucoup que la sensibilité et la locomotion musculaire soient également développées dans toutes les familles du règne animal. Certaines espèces appartenant aux degrés inférieurs de l’échelle zoologique et chez lesquelles la structure anatomique est beaucoup plus simple que chez les autres, paraissent ne point avoir de système nerveux, ou du moins on n’a pas encore pu démontrer la présence de ce système parmi leurs tissus. Dans certains cas, leurs fibres musculaires ne sont pas plus apparentes. Par ces organismes plus simples que les autres, le règne animal se confond pour ainsi dire avec le règne végétal, et il existe un certain point par lequel ces deux grandes divisions des êtres organisés se réunissent
(I) Tels sont particulièrement les zoospores ou les sp ires ciliés de certaines algues.
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1 une a 1 autre. Autant il est aisé de distinguer les animaux des végétaux lorsqu on a ail aire a des espèces d'une organisation quelque peu compliquée, autant au contraire celle distinction devient difficile poulies espèces très-simples et dont la structure reste purement cellulaire. C'est là ce qui a empêché les naturalistes de décider si tels de ces êtres
doivent être classés parmi les animaux ou au contraire parmi les végétaux, et l'on s’est plus d'une fois mépris sur la nature soit animale, soit végétale de certaines familles.
Pour sortir de cette difficulté, Bory Saint- Vincent avait proposé la distinction d'un troisième règne de corps organisés, intermédiaire aux animaux et aux végétaux, règne pour lequel il a même imaginé un nom particulier, celui de psychodiaire ; mais le mieux est de reconnaître que les deux règnes généralement acceptés se touchent par leurs espèces les plus inférieures et qu'il n’y a pas entre eux de délimitation bien tranchée.
Caractères tirés des organes digestifs. — On arrive au même résultat relativement aux espèces inférieures, les unes végétales et les autres animales, lorsqu’on examine ces espèces sous le rapport de leurs organes de nutrition. La présence d’organes spécialement affectés aux fonctions de digestion a cependant été signalée comme pouvant à son tour servir à séparer les animaux d'avec les végétaux. On a dit que les premiers seuls digèrent et qu’ils possèdent toujours à cet effet un canal intestinal, ou tout au moins un estomac, comme il s’en voit un chez les polypes (fig. 1) ; tandis que les végétaux n'ont jamais ni organes digestifs, ni même de digestion proprement dite dans le sens ordinaire de ce mot. Mais il y a certains êtres qui, envisagés sous d'autres rapports, paraissent devoir être regardés comme des animaux, et qui cependant manquent, comme les plantes, d’organes spéciaux pour digérer : ce sont des espèces appartenant aux groupes inférieurs de l’animalité ; elles comptent parmi celles qui établissent la jonction des deux règnes. Malgré l’absence constante du canal intestinal, il existe d'ailleurs chez les végétaux des fonctions tout à fait comparables à la digestion des animaux et qui consistent de même dans l’élaboration de principes nutritifs venus du dehors. La différence entre les deux règnes réside donc moins dans la nature des phénomènes de cet ordre que dans les conditions de leur accomplissement. Quant au mode suivant lequel la fonction digestive s’opère chez l'homme, ainsique chez la plupart des espèces appartenant au règne animal, il cesse de se montrer dans les derniers groupes de l'animalité. On sait, en effet, que beaucoup de Protozoaires manquent de cavité digestive, et, quoi qu’on en ait dit, les éponges semblent être aussi dans ce cas.
Prétendus caractères chimiques. — Quant aux caractères de l’ordre chimique, on les a aussi donnés, dans certains ouvrages, comme pouvant servir à faire séparer les animaux d’avec les végétaux. On a dit que les premiers de ces êtres étaient formés de principes immédiats pour la plupart quaternaires, c’est-à-dire azotés, tandis que les principes con-
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slitmnt les végétaux étaient essentiellement ternaires, et par conséquent dépourvus d’azote. Mais il est bien reconnu aujourd’hui que ces deux sortes de principes immédiats (les uns ternaires et les autres quaternaires) sont indispensables aux phénomènes nutritifs des végé- (*)
Fig. 13. — Spongille ou éponge des eaux douces (*).
(*) A = 1 et 1', spiculés siliceux formant le feutrage de la Spongille ; — 2 et 2', œufs hibernaux en forme de sporanges : celui de la ligure 2' a été ouvert pour montrer qu’ils peuvent renfermer plusieurs corps reproducteurs; — 3, ovule mobile et cilié : on voit déjà des spiculés dans son intérieur. — B = coupe d’une spongille en voie de développement : les flèches indiquent la direction des courants qui en parcourent l’intérieur pour la nourrir ; — a, substance extérieure de consistance gélatiniforme dont la spongille est entourée; — b, masse formée par le feutrage des spiculés; — c, chambres ciliées, probablement respiratrices; — e, orifice commun pour la sortie des courants; — cl, couche inférieure formée par les corps reproducteurs. — Tout autour de la masse commune se voit une expansion de la partie gélatiniforme soutenue par des faisceaux de spiculés. — C = masse de la Spongille, vue en dessus. Les (lèches indiquent les oscules ou orifices servant à l’entrée des courants respiratoires; — ccc, sont les ouvertures des chambres ciliées; — au centre de la masse est l'orifice de sortie des courants marqués e sur la figure 11.
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taux comme à ceux des animaux, et les chimistes retrouvent les uns et les autres dans tous les corps organisés. Le caractère différentiel qu on avait indiqué a cet égard entre les deux règnes est donc de nulle valeui , ou plutôt il n existe pas. L assertion que les végétaux prendraient à l’atmosphère du carbone abandonné par les animaux pendant leur respiration, tandis qu’ils fourniraient de l’oxygène aux animaux, comporte de son côté des explications qui trouveront mieux leur place dans un ouvrage de botanique (1) ; rappelons pourtant qu’il existe chez les végétaux une respiration comparable à celle des animaux.
Point de contact des deux règnes.— Nous l’avons déjà fait remarquer, s’il est facile, quand on envisage les animaux pris dans leurs espèces supérieures les mieux douées sous le rapport des fonctions de relation, de les distinguer des végétaux phanérogames ainsi que de la plupart des cryptogames, et d’établir entre les deux règnes animal et végétal une ligne de démarcation tranchée, la distinction entre ces deux divisions primordiales des êtres organisés est loin d’être toujours aussi évidente que l’on serait tenté de le croire si on se borne à l’examen des animaux et des végétaux qui nous sont le mieux connus.
Il existe entre les deux règnes des points de contact tels, qu’il est parfois difficile de décider si l’on a sous les yeux des animaux ou au
contraire des végétaux. Les bacillaires, les navicules et les vibrions, dont on fait la famille des Diatomées, paraissent être des algues, c’est-à-dire des végétaux inférieurs, et cependant quelques auteurs les regardent encore comme étant des animaux. Il y a peu d’années, on plaçait aussi avec ces derniers les corallines, les acétabules, etc., dont on a constaté depuis lors la nature végétale, et que leurs caractères rapprochent également des algues. Enfin les éponges (fig. 13) et certaines espèces d’êtres organisés de composition purement cellulaire, comme les volvoces (fig. 14) qui sont aussi des algues inférieures, établissent entre les deux règnes une jonction plus évidente encore, ce qui rend difficile d indiquer nettement le point de séparation des animaux d’avec les végétaux ; et cependant les éponges paraissent devoir être classées a la fin du grand embranchement des polypes, et par conséquent au-dessous de tous les protozoaires.
La série animale et la série végétale semblent donc partir d’un point unique, celui où 1 organisme reste pour ainsi dire sous l'étal purement cellulaire; mais bientôt elles divergent et toute confusion entre les espèces propres a chacune de ces deux séries d’êtres organisés devient impossible, le règne animal et le règne végétal étant dès lors
(1) Cours élémentaire d’histoire naturelle : Botanique, p. 38.
définition du la zoologie.
parfaitement séparables et reconnaissables, grâce aux caractères
propres à chacun d’eux. . . , , .
Définition de la zoologie. — La zoologie (de Çwov, animal, et ).oyoç, discours) est la branche des sciences naturelles qui nous fait connaître les animaux. Elle embrasse l'ensemble des notions relatives à ces cires envisagés sous tous les points de vue, en tant que corps organisés ayant un rôle au sein de la création et pouvant servir a nos besoins. Elle s’occupe donc de leur mode d’action dans la nature, conformément aux conditions dans lesquelles ils sont placés; elle s’applique aussi a bien connaître leurs organes, la manière dont ces organes sont constitués et comment ils fonctionnent ; elle nous guide dans 1 exploitation des richesses tirées du règne animal, et nous dit si elles peuvent etre employées pour servir à des usages industriels, agricoles ou aubes, en outre, elle nous initie aux principales données que la connaissance approfondie des animaux peut fournir à la philosophie générale ainsi qu’à l’histoire du globe terrestre. Ses recherches ne sont pas limitées aux êtres qui existent actuellement. Remontant la série des âges, elle nous fait connaître les animaux qui ont habité autrefois notre planète, signale les différences qui les distinguaient de ceux d’à présent, et se préoccupe de l’évolution des especes dans la série des temps.
Cette belle science acquiert un degré d’élévation plus grand encore lorsque, comparant l’organisme humain à celui des animaux, elle nous révèle les conditions de notre propre nature en tant qu’êtres organisés, et nous montre l’harmonie qui existe entre la supériorité de nos différents organes et l’élévation intellectuelle ou morale aévolue à notre espèce.
Butfon, qui avait compris tout le parti que l’on peut tirer de ces comparaisons entre la structure anatomique du genre humain ou ses fonctions et celles des animaux, a dit avec beaucoup de sens que « s’il n’existait point d’animaux, la nature de l'homme serait encore plus incompréhensible ».
Branches diverses de la zoologie. — La zoologie sè partage en plusieurs branches secondaires dont on a quelquefois, mais bien a tort, fait des sciences distinctes, car elles représentent chacune un des principaux points de vue sous lesquels les animaux sont susceptibles d’être envisagés. C’est donc mal à propos que certaines personnes, prenant la partie pour le tout, regardent comme l’unique objet de cette grande division des sciences naturelles la description extérieure des animaux ou leur classification. Ce sont là deux des objets importants qu’elle se propose; mais Y anatomie zoologique ou l’organographie des animaux, appelée aussi anatomie comparée, qui nous donne la notion exacte des différents organes propres à ces êtres, ainsi que celle de leurs rapports, et suit ces organes dans les phases diverses de leur développement en nous en montrant les métamorphoses pour chaque espèce ainsi que les modifications propres aux différents âges de celle espèce; la physiologie, qui eh examine les fonctions, provoque des expériences pour
TISSUS
mieux s en rendre compte et cherche à apprécier les forces que l'organisme animal met en jeu; enfin toutes les connaissances scientifiques relatives aux mœurs des animaux, à leur répartition géographique, aux lois de leur apparition successive et aux applications si importantes et si multipliées dont ils sont susceptibles, restent, au même titre que la description extérieure de ces êtres ou leur classification naturelle, des subdivisions fondamentales de la zoologie. Si donc l’histoire particulière de chaque classe porte souvent un nom spécial (mammalogie par exemple, lorsqu il s agit des mammifères, entomologie pour les insectes, malacologie et conchyliologie pour les mollusques ou leui s coquilles, etc.), c est uniquement a cause de I importance de ces différentes branches de la zoologie envisagées séparément, et parce qu elles sont pour certaines personnes l’objet de recherches particulières, justifiées par le grand nombre des êtres que ces divisions de la science zoologique nous font connaître.
De même aussi la détermination des animaux fossiles et l’examen anatomique de leurs caractères ne constituent pas une science à part. Il en est de même pour les végétaux éteints; leur étude est insépaîable de celle des végétaux existants, et c’est bien à tort qu’on diviserait 1 histoire naturelle en deux branches, la paléontologie traitant des fossdes, et la néontologie qui ne s’appliquerait qu’aux êtres actuellement vivants. Une pareille distinction serait aussi puérile que préjudiciable aux intérêts de la science.
Chaque classe d animaux, chaque genre ou chaque espèce de ces êtres organisés, soit vivants, soit fossiles, est susceptible d’être étudié sous les différents points de vue qui viennent d’être énumérés, et c’est par la comparaison attentive des animaux de foutes les époques avec ceux de tous les pays que l’on est arrivé aux grandes découvertes qui ont fait de la zoologie l’une des bases principales de la philosophie scientifique.
La branche de l’histoire naturelle dont nous traitons dans cet ouvrage constitue, comme on le voit, une science de première importance, aussi intéressante par la variété des notions qu’elle fournit que féconde dans les applications auxquelles elle peut conduire.