‹ Éléments de zoologieChapitre 6 sur 184 · TISSUS ET ORGANES · texte numérisé non relu

TISSUS ET ORGANES

Les parties de 1 organisme animal, comme, par exemple, les dents, les os, etc. , qui son t les plus dures et semblent être des substances homogènes; celles dont la consistance est plus ou moins molle, comme les

THÉO ni E CELLULAIRE.

chairs, le cerveau, l’enveloppe cutanée, etc. ; quelques-unes mêmes, qui semblent entièrement liquides, comme le sang, résultent les unes et les autres de l'assemblage d’une multitude de corpuscules élémentaires ayant chacun une organisation spéciale, des propriétés particulières et une vitalité propre. L’association de ces éléments anatomiques forme ce qu’on appelle les tissus.

Pour connaître ces éléments anatomiques, il faut avoir recours aux verres grossissants; certains réactifs chimiques en facilitent aussi l’examen. Mais la nécessité d’une élude aussi minutieuse des matériaux solides de l'organisme n’a été bien comprise que par les anatomistes modernes.

Cependant, peu de temps après l’invention du microscope, plusieurs observateurs se servaient déjà de cet instrument pour observer les particules constituantes des organes. Malpighi, Leeuwenhoek, Grew et quelques autres dont les travaux remontent également à la seconde moitié du dix-septième siècle, arrivèrent ainsi à des résultats dignes d’être remarqués. Ils virent les cellules des plantes, ainsi que leurs vaisseaux, les trachées des insectes, les globules du sang, qui sont aussi des cellules, et d’autres parties élémentaires non moins curieuses, dont les anciens n’avaient point eu connaissance.

Mais les tissus des animaux sont plus nombreux et d’une interprétation plus difficile que ceux des végétaux, à cause des transformations profondes qu ils subissent pour réaliser la complication plus grande de ces êtres. Aussi fallut-il un temps plus considérable et des recherches multipliées pour s’en faire une idée aussi exacte que celle que l’on eut bientôt acquise au sujet de la structure microscopique des plantes.

De la cellule. On disait, il n y a encore qu’un petit nombre d’années, que chez les animaux le tissu cellulaire engendre tous les autres tissus; et par tissu cellulaire on entendait, avec l’anatomiste Bichat, ce tissu facile à insuffler qui sépare les muscles ou leurs fibres secondaires d’avec les autres organes, c’est-à-dire le tissu actuellement nommé fibreux ou connectif. Bien que se servant encore de la même expression, les naturalistes ont réellement introduit dans la science un tout autre ordre d idées, et sur un grand nombre de points les faits ont déjà donné raison à leur manière de voir.

Bar élément cellulaire, on comprend maintenant non plus le tissu cellulaire des anatomistes de l’école de Bichat, mais de véritables cellules, c est- à-dire des utricules, distinctes les unes des autres, ayant chacune sa vie a elle. Qu’on envisage les tissus dans un règne ou dans

lefjfnZCfTSlale f,UeCT f ntpaS des Marnes à la manière de celles des étoffés fabriquées par 1 industrie avec les fibres tirées des végétaux

ou des animaux : ce sont quelquefois des feutrages, d’autres fois des masses compactes résultant de cellules simple, non rapprochées ou

Quoi C°n, ü ?’ °U aU contra*e des libres fasdculées

début di J T S01 ’ \ estPresque toujours possible, en les prenant au , , ; apparition, de reconnaître que les tissus des animaux

TISSUS

résultent, comme on l’a d’abord vu pour ceux des végétaux, de cellules véritables, c’est-à-dire de très-petites poches fermées ou vésicules qui sont composées d'une membrane-enveloppe et d'une sorte de réseau dans lesquels est renfermée une substance particulière susceptible de phénomènes osmotiques s’exerçant à travers les parois qui la contiennent (fig. 3 et 15 à 20). Chaque cellule exécute, au moins pendant un certain temps, des phénomènes d’absorption et d’exhalation (endosmose et exosmose) ; or, l’on sait que ces phénomènes sont la condition de toute activité vitale, en outre chaque cellule est susceptible d’en produire de nouvelles.

Lorsque les cellules restent distinctes pendant toute leur existence, elles sont fréquemment séparées par un liquide abondant qui parfois les tient en suspension et dans lequel elles peuvent alors nager librement (globules du sang, de la lymphe, etc.); ou bien elles sont simplement serrées les unes contre les autres (corde dorsale des embryons, épiderme, corne, etc.). Si la pression agit sur elles, leur forme devient polyédrique comme dans plusieurs organes des animaux et dans certains parenchymes des végétaux (fig. 3, c), ou bien elles s’aplatissent et prennent une disposition tabulaire et polygonale, ce qui a lieu pour l’épiderme et différents épithéliums (fig. 6).

Il peut arriver encore que, la substance dans laquelle les cellules sont plongées venant à se solidifier au lieu de conserver sa consistance liquide, elles se confondent avec cette substance ou même entre elles, dans une gangue commune, comme on le voit, par exemple, pour les os. Enfin, il y en a d’allongées et d’étoilées qui se mettent en communication par leurs extrémités prolongées ou par leurs appendices comparables à des rayons, ce qui, lorsqu’elles restent creuses, permet aux liquides contenus dans les vaisseaux linéaires ou anastomotiques résultant de l’association de ces cellules de circuler dans leur intérieur.

11 était réservé à un physiologiste de l’école de Berlin, M. Schwann, actuellement professeur à Liège, de formuler la loi fondamentale de l’histologie ou histoire des tissus, et d’en découvrir la généralité pour les deux règnes végétal et animal. Dans un mémoire publié on 1838, et dont certaines vues avaient déjà été indiquées par des savants français, M. Schwann, élève de J. Muller et du botaniste Schleiden, a établi que la constitution cellulaire esl la règle commune des formations textulaires chez tous les êtres organisés, et par suite, celle de la composition de tous leurs tissus. Il en a conclu par conséquent qu’un même mode de développement des éléments anatomiques se retrouve dans les deux règnes, et cette loi semble ne souffrir que de rares exceptions.

Reproduction des cellules. — Les différentes sortes de cellules ne sont pas susceptibles de se transformer les unes dans les autres ; mais, semblables aux espèces vivantes dont elles sont les principaux éléments constitutifs, elles ont des phases diverses ou des âges, et, comme on l’a vu précédemment, elles commencent souvent par être plus

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