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DE LA PEAU

La peau, ou enveloppe extérieure des animaux, est une membrane dont tout leur corps est entouré, et qui se moule.si exactement sur ses différentes parties, qu’elle semble en déterminer la forme. Ses fonctions sont aussi variées qu’utiles à l’économie. Indépendamment de l'abri qu’elle donne à l’organisme tout entier, en le limitant par rapport au monde extérieur, elle concourt à le mettre en communication avec ce dernier. C’est par elle que sont versées au dehors la sueur et. les sécrétions odorantes, et elle est le siège d’une respiration, qui, pour être rudimentaire, comparativement à celle accomplie dans les poumons, n’est pas moins indispensable au bon équilibre des fonctions (1). C'est aussi par la membrane cutanée, c’est-à-dire par la peau, que l'homme et les animaux perçoivent, en grande partie, leurs relations avec le monde ambiant, et elle est plus particulièrement 1 organe du toucher.

La peau est mise en communication avec les membranes muqueuses par plusieurs orifices naturels, dont le principal est la bouche. Elle présente, indépendamment de parties glandulaires servant à la sécrétion, des organes protecteurs de l’ordre de ceux que nous avons appelés bulbes ou phanères, parmi lesquels rentrent les poils des mammifères, les plumes des oiseaux et les écailles des poissons.

Nous devons donc l’envisager sous le triple rapport : 1° de sa composition intime; 2° de ses moyens de sécrétion; 3° de ses téguments ou parties accessoires.il nous sera facile de comprendre ensuite comment elle sert aux fonctions de relation.

Structure de la peau. — La membrane cutanée (fig. 22) se compose de plusieurs couches superposées qu’on peut ramener 'à trois principales, savoir : l 'épiderme ou surpeau, partie protectrice comprenant aussi le corps pigmentaire; le derme ou cuir, constituant la partie fondamentale; et 1 epeaucier, ou couche musculaire. Des nerfs se rendent à cette membrane, ainsi que des vaisseaux : les premiers, destinés à

(t) C'est là une des raisons pour lesquelles l'entretien des fonctions de la peau est si important pour la santé.

PEAU

lui donner la sensibilité et à en exciter les mouvements ; les seconds, chargés de sa nutrition el versant à travers ses propres parois ou dans les glandes qu’elle renferme les matériaux de la sueur ainsi que les sécrétions odorantes; ces vaisseaux sont sous l’inlluence de filets nerveux très-déliés provenant du grand sympathique.

Epiderme.' — C’est une couche constamment dépourvue de vaisseaux et manquant de sensibilité, par conséquent sans nerfs, qui est formée de cellules aplaties, la plupart desséchées et de nature cornée; elle constitue à la surface de la peau une sorte de vernis destiné à l'isoler des corps extérieurs. La couche profonde -de l’épiderme est seule en voie de formation, mais ses lamelles superficielles se détachent de temps en temps par une sorte de mue. Chez les serpents, on voit tout l’épiderme ancien se séparer à la fois, et le corps de l’animal en sort comme d’un fourreau par lequel il aurait été protégé. Un nouvel épiderme s’est formé pour remplacer celui qui vient de tomber.

Au-dessous de l’épiderme, et comme dépendance de cette couche, est le pigment ou matière colorante de la peau. Il est surtout développé chez les nègres et leur donne la couleur noire qui les distingue des autres hommes. Les animaux ont aussi des pigments, dont la teinte varie suivant les différentes espèces. Ces variations sont surtout remarquables chez les reptiles et les poissons, particulièrement chez les espèces des pays chauds, dont les couleurs sont aussi vives que variées. Le caméléon doit ses changements de couleur à la faculté que présente son pigment de s’épanouir à la surface du derme, ou de rentrer, en totalité ou en partie, dans l'intérieur de la peau.

Des poches pigmentaires analogues, mais plus grosses et plus écartées les unes des autres, existent à la peau des céphalopodes : elles sont appelées chromatopitores. Ces poches jouissent aussi de la possibilité d’apparaître instantanément eide se cacher ensuite dans le derme: elles ont souvent de très-belles teintes.

Derme. — C’est la couche principale de la peau. Il est constitué par un amas de cellules fibreuses, appartenant au tissu connectif, qui forment une sorte de feutrage recevant les nerfs ainsi que les vaisseaux. Sa partie extérieure présente de petites éminences diversement disposées, qui constituent les papilles du derme. Ces papilles reçoivent les extrémités des nerfs et sont essentiellement les organes tactiles de la peau ; leur sensibilité est d’autant plus active qu’elles sont recouvertes par une moindre couche épidermique et qu'il s’y rend plus de nerfs. On sait combien celle sensibilité des papilles s’exagère et devient douloureuse lorsque l’épiderme a été enlevé par une cause

(*) a, extrémité du filament nerveux; — b, scs enveloppes fibreuses.

FIG. 196. — Corpuscule de Pacini (trèsgrossi) (*).

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