GLANDES
quelconque. C’est auprès de ces papilles que sont places les corpuscules de Pacini et ceux de Meissner. ,
Les parties profondes du derme sont plus laclies, et celles de sa
surface plus serrées. Les premières laissent dans leur inferieur c es vides plus ou moins grands, remplis de graisse, qui établissent la ransition du derme avec la couche sous-cutanée, dite pamicule graisseux. Dans certaines espèces, principalement sous l'influence d une alimentation spéciale, cette couche graisseuse peut prendre un développement considérable ; c’estce quia particulièrement lieu chez le porc, parmi nos animaux domestiques, et dans les cétacés, mammifères marins dont le corps, à peu près dépourvu de poils, se refroidirait rapi-
Fig. 197. — Glande sudoripare de la peau de l'Homme (*).
Fig. 198. — Réseau capillaire entourant une glande sudoripare.
dement au contact de l’eau, s’ils ne possédaient au-dessous du dermecelte tunique isolante pour empêcher la déperdition du calorique.
A la peau des animaux, dans certains points seulement et dans certaines espèces plutôt que chez les autres, .se voit Une co.uche musculaire formée de fibres striées, ce qui permet à l'enveloppe cutanée les mouvements partiels qu’elle exécute : c’est le peaucier. Il nous donne la possibilité de remuer la peau de notre front et tout le cuir chevelu. Le cheval lui doit de produire ces tremblements dont la peau de son ventre est le siège, lorsque quelque insecte vient a ie piquer. Le muscle peaucier n’acquiert, dans aucune espèce, un développement aussi grand que chez le hérisson, oii il a l’apparence d’une sorte de coiffe recouvrant tout le corps, et destinée à redresser, dans toutes les directions, les innombrables piquants dont la peau de cet animal est garnie. C’est là ce qui fournit au hérisson son principal moyen de défense.
Organes sécréteurs dépendant de la peau. — La peau est perméable «à certains liquides ; c’est ainsi que la sueur peut la traverser et s’écouler au dehors. Elle renferme en outre dans son intérieur des organes
(*) a, tube excréteur de la glande; — b, la partie contournée de ce tube; — c, tissu fibreux dans lequel il est situé.
PEAU
glanduleux en général de très-petite dimension, versant à sa surface des produits spéciaux, gras ou odorants. Par leur structure, ces organes cutanés sonl tout à fait comparables à certaines des glandes et . glandules que nous avons étudiées à propos du canal digestif.
11 en existe d’autres chez l’homme et chez beaucoup d’autres animaux; elles sont formées chacune par un tube très-fin, pelotonné dans sa pailie piofonde. et ouvert a la surface papillaire du derme par un très-petit orifice (fig.22, e, é) : ce sont les glandes sudoripares, donnant le principe auquel la sueur des mammifères doit son odeur.
Certains animaux présentent des glandes cutanées conglomérées, dont le volume peut être considérable. Il y en a une sur le dos du pécari, une à la joue de l’éléphant, etc.
Le musc des chevrotains est sécrété par une glande particulière à l'espèce de ces ruminants appelée porte-musc. Il en est de même du viverréum; c’est le parfum d’un animal carnivore vivant en Afrique. Les musaraignes ont des glandes à musc sur les flancs, et les desmans sur la queue.
. Les oiseaux possèdent au-dessus du coccyx un amas glanduleux exsudant une matière grasse qui sert à enduire leurs plumes. C’est à cette substance que le plumage des oiseaux d’eau doit la propriété de ne pas se mouiller lorsque ces animaux plongent. Une autre glande est placée au-dessus des sourcils de beaucoup d’oiseaux; elle verse son produit dans le nez.
Les lézards ont des glandes le long des cuisses, et il y en a auprès de 1 anus chez les serpents. La peau des batraciens est riche en organes de même nature ; leur sécrétion a souvent un caractère toxique.
Les mamelles sont des glandes cutanées particulières aux mammifères, et, saufdans des cas tout à fait accidentels, elles ne prennent leur entier développement que chez les individus du sexe femelle. Elles servent à la sécrétion du lait, substance liquide dont les qualités alimentaires* nous ont déjà occupé.
La composition du lait n’est pas absolument la même chez les différentes espèces. Il nous suffira, pour .en donner la preuve, d'indiquer, pour quelques-uns de nos animaux domestiques, les plus utiles sous ce rapport, la proportion des principes qu'il renferme; c'est ce que nous ferons pour la vache, la brebis et la chèvre.
VACHE. BKEMS. CHÈVRE.
Beurre 6,20 7,50 1,50
Caséine 3,00 1,90 3,50
Albumine 1,20 1,70 1,35
Sucre 1,38 1,30 3,10
Sel 0,70 0,90 0,35
Eau 87,60 81,60 87,30
Les globules qu’on aperçoit dans le lait au moyen du microscope
ÎMIANÊU ES CUTANÉES.
sont de nature graisseuse; ils sont néanmoins enveloppés d'une mince couche d’albumine. De l’eau, tenant en dissolution les autres
Fig. 200. — Plume et son
analyse ((*) **).
Fig. 201. — Plumes à barbules . disjointes, dite plume décomposée, du Marabout.
principes du lait, forme la plus grande partie de celle sécrétion. Puanères cutanés. — Les poils et les plumes se produisent au moyen
(*) A = coupe verticale. - Il = coupe transversale. — a, cellules médullaires centrales
PEAU
de bulbes placés dans la peau, et ils constituent des téguments propres aux animaux à sang chaud. Gomme l’épiderme, ils sont de nature cornée. Les poils présentent des caractères assez particuliers, suivant les
mammifères chez lesquels on les étudie ou les parties du corps de ces
animaux qu’ils recouvrent. . ,
On doit en rapprocher, à cause de leur composition chimique et c <
formant l'axe du poil; -b, cellule, (lu bulbe; - at, couche épidermique;-^ , rorntho dermique enveloppant le bulbe ; - f, papille vasculaire du bulbe. - C - brin
“ ’iVpàS^eure a été coupée ; on y voit le tuyau en entier et une portion
de la tige avec ses appendices latéraux ou barbes de la plume, es ai m es, ,m ino>i i •
quelles les barbes s’attachent entre elles pour former une surface plane et résistant . on
rapprochées les unes des autres. -B = partie correspondante d’une autre P1"®8
de la série des pennes. - a et b, le tuyau, visible après qu on a fendu la
renferme la plumé et rabattu ses deux lambeaux ; - c, portion 11 de^! üire
et dont l'échancrure porte le nom d’ombilic supérieur , < * 1 >,u l( in il r
qui fait suite à l’ombilic supérieur, également rabattue en dehors ; — ce,
cornée de la tige ; — gg, la pulpe intérieure de la tige, formée de cellules M .
qui paraissent globuleuses quand on les examine au microscope; e es
serrées que celles de la substance cornée, qui sont aplaties. De chaque cé ( e %
a écaille pcctinée, dite cténoïde, de la Perche; — 6, écaille circulaire, dite cycloide
,\n CiJprinodon ! - c, id., de la Carpe; - d, écailles osseuses à surface cmai léc d.tes ganoïdes, du Lépisostée ; - d\ id., de VAmblyptère (genre étcint dc ganoidesL c. à e', écaille eu boucle, dite placoïde, de la IU te, vue de face, de profil et par la | .
1* HANÈRES CUTANÉES.
la manière dont ils se développent, les ongles, les sabots, les étuis cornés protégeant les prolongements frontaux des ruminants de la même famille que le bœuf, ainsi que la corne du rhinocéros.
La structure des plumes (fig. 200 et 201 est plus compliquée que celle des poils. Ces téguments, exclusivement propres à la classe des oiseaux, présentent aussi des différences dans leur apparence, suivant les conditions d’existence auxquelles ils sont appropriés et les usages pour lesquels la nature les a destinés.
Les écailles des poissons (fig. 202), sur lesquelles nous reviendrons
à l’occasion de ces animaux, sont aussi des produits comparables aux phanères; mais leur structure est différente à certains égards de celle des poils et des plumes, et, dans beaucoup d’espèces, elles ont aussi une composition chimique tout autre.
D’autres fois la peau s’encroûte de plaques osseuses ; c’est ce que l’on voit sur celle des tatous, des crocodiles, de certains sauriens et des lophobranches. Des os cutanés forment en partie la carapace des chéloniens, en se soudant avec le squelette proprement dit.
Enfin on peut encore rattacher à la série des produits tégument aires les coquilles qui protègent le corps des mollusques*.