ÉTAT ACTUEL DE LA
CLASSIFICATION
l’étude comparative du développement de ces animaux a entièrement continué (i).
De Blainville fut aussi mieux inspiré que ses contemporains, lorsqu'il renversa la série des animaux articulés établie par Cuvier, et plaça les insectes les premiers, dans cet embranchement, au lieu d y ranger les annélides. Il différait encore de Cuvier au sujet de la valeui qu’il faut attribuer aux caractères tirés des différents systèmes d’organes. Ainsi, au lieu de mettre en première ligne ceux que fournissent les viscères de la nutrition, comme le cœur, les vaisseaux ou les organes respiratoires, il fil remarquer qu on doit attacher plus d impoitance aux caractères tirés des organes de relation. C est depuis lois que les anatomistes ont apporté une si grande attention a bien comprendre les particularités fondamentales du système nerveux et les rapports que ces particularités présentent avec les manifestations diverses de la sensibilité ou du mouvement. Certaines observations faites aii sujet du mode de développement des animaux ont aussi
montré quel parti on pouvait tirer de l’observation des métamorphoses et de l’examen des phases diverses de l’évolution de chaque être depuis son premier état, c’est-à-dire depuis l’état d’œuf, jusqu’à sa forme adulte et définitive.
Il en a été de même pour les fossiles, qui, reconstitués dans leurs caractères, ainsi que Lamarck, Cuvier et des auteurs plus anciens en avaient donné l’idée, sont venus prendre place dans les cadres zoologiques, à côté des espèces vivantes, les seules dont on se fût pendant longtemps préoccupé ; c’est ainsi qu’on est arrivé à se faire une première idée de l’évolution de la série des êtres depuis les époques reculées où la vie a commencé à se manifester sur le globe jusqu’à ce jour, et à entrevoir non plus seulement les rapports qui relient entre eux les êtres actuels, mais aussi les particularités que les différentes espèces présentent, suivant l’époque à laquelle elles ont vécu et les conditions de leur apparition.
État actuel de la classification. — On a souvent reproché aux classifications les changements qu’elles subissent chaque fois qu’un nouvel auteur s’en occupe ; maison n’a pas suffisamment remarqué que ces changements sont nécessités par les progrès mêmes de la science.
Le but de la classification naturelle est de résumer, par la place qu’elle assigne aux êtres organisés, l’ensemble de nos connaissances sur les particularités qui distinguent ces êtres les uns des autres, et, en effet, elle les exprime à tel point, que le rang d’ujie espèce dans les cadres qu’elle établit étant connu, on peut en déduire quelle est la disposition des organes fondamentaux de cette espèce, ainsique la condition de ses principales fonctions; quelquefois même, si elle
(1) On a montre fjue les batraciens sont anallantoidicns à la manière des poissons, tandis que les reptiles proprement dits, auxquels Hrongniart et Cuvier les avaient associés, sont, comme les oiseaux et les mammifères, des animaux pourvus d’allantoïde et d'amnios pendant leur vie embryonnaire.
ost du nombre de celles qui ont cessé d’exister, soupçonner à quelle époque elle a vécu. Dire qu’un animal appartient à tel ordre des mammifères ou une plante à telle famille des monocotylédones ou des dicotylédones, c’est jusqu a un certain point en faire l’histoire et la description.
Mais toutes les espèces n’ont pas encore été également bien observées. Diverses particularités de leur développement ou de leur structure anatomique restent à vérifier ou môme à décrire, et il y a toujours dans 1 histoire de celles que 1 on connaît le mieux des points obscurs ou litigieux, dont l’éclaircissement deviendrait une nouvelle cause de progrès pour la classification.
Des transformations plus radicales peuvent d’ailleurs avoir lieu dans la distribution méthodique des corps organisés, si de nouveaux éléments d’étude, ou un ordre de faits précédemment inconnus, attirent
1 attention des naturalistes : on en a eu l’exemple lorsqu’on a comparé entre eux les organes des animaux pris aux différents âges de leur vie, et aussi lorsqu’on a cherché à se rendre compte des différences qui distinguent les animaux propres aux anciennes époques géologiques de ceux de l’époque actuelle; dans ces deux cas, la classification a dû être modifiée. L’étude des métamorphoses qu’éprouvent les êtres vivants et celle des espèces antédiluviennes sont ainsi devenues deux puissants mobiles qui ont largement contribué aux progrès de la zoologie.
Le tableau suivant donne un premier aperçu de la classification à laquelle nous nous sommes arrêté. Les animaux y sont divisé^, en sept types ou embranchements, dont nous rappelons les noms ( vertèbres , arthropodes, vers, mollusques, échinodermes , poli/pes et protozoaires) en les faisant suivre de la citation des principales classes propres à chacun d’eux. Le nombre des classes dont nous parlerons s’élève à 26, savoir : 5 pour les vertébrés, 4 pour les articulés dits arthropodes,
2 pour les vers, 6 pour les mollusques, 3 pour les radiaires échinodermes, 3 pour les polypes et 3 pour les protozoaires. La position de plusieurs de ces classes reste douteuse «à certains égards. Les brachiopodes semblent avoir plus d’analogie avec les vers qu’on ne l'a supposé jusqu’ici, et les spongiaires ou éponges sont loin de posséder tous les caractères des polypes, animaux auxquels divers naturalistes les associent; la simplicité de leur structure nous a engagé à les réunir provisoirement aux protozoaires.
Cuvier n’avait çdmis que dix-neuf classes en tout, et cependant il serait possible d’en distinguer un plus grand nombre que nous ne venons de le faire, mais nous n’y trouverions aucun avantage sérieux pour le butquenous nous proposons d’atteindre, et d’ailleurs certaines classes nouvellement admises n’ont qu’une valeur très-contestable.