MEMBRANES
lormé d’un élément, anhiste, c’est-à-dire non comparable aux tissus proprement dits, et dépouvu, comme le sont les plasmas, de toute structure utriculaire; ce qui les fait ressembler aux substances organiques, mais non encore organisées, dans lesquelles les cellules prennent naissance.
Dans beaucoup de cas, cet élément, que Dujardin appelait sarcode, et que l’on a aussi nommé protoplasma, forme même, à l’exclusion de tout autre, la partie vivante de ces animaux. Le corps alors semble ne pas avoir de membrane limitante; il s’étire et s’épanche, pour ainsi dire, dans tous les sens comme une glaire douée d'irritabilité. Les foraminifères et les amibes nous offrent des exemples remarquables de cette conformation. Toutefois on a objecté à Dujardin la possibilité de ramener ces organismes, si simples qu’ils soient, à la forme cellulaire, et I on a dit que ce n’étaient que des cellules douées d’une extrême contractilité; mais c’est là une manière purement théorique d’envisager les choses. On sait d’ailleurs que beaucoup d’organismes inférieurs, soit animaux, soit végétaux, ont une structure simplement cellulaire; qu’on ne constate en eux aucune trace de vaisseaux ni d’organes distincts et qu’ils semblent réduits à un seul élément histologique. C'est aussi ce qui a lieu pour les végétaux les plus inférieurs.
Des membranes. — Ainsi que nous l’avons déjà dit, les tissus acquièrent chez les animaux supérieurs une grande complexité, et leur diversité est surtout remarquable si on les étudie en tenant compte de la complication des fonctions auxquelles chacun d’eux est appelé à concourir; mais ce n’est pas seulement ainsi qu’ils se comportent. Ils peuvent s’associer entre eux pour former ces organes et leur disposition la plus fréquente est celle de lames constituant la substance des principaux de ces organes, ou leur servant d’enveloppe; de cette disposition des tissus résulte ce qu’on nomme les membranes.
Les membranes limitent le corps des animaux et sont externes, comme nous le voyons pour la peau ; dans d’autres cas, elles sont internes, comme les membranes digestive, respiratoire, etc., qu'on appelle des muqueuses ; ou encore placées autour des viscères profonds, ce qui est le fait des séreuses. Elles forment encore d’autres parties de l’organisme. Les éléments histologiques y sont associés dans des proportions qui varient suivant la membrane que l'on étudie. Ainsi la peau, tout en ayant, comme la muqueuse digestive, des cellules épidermoïdes, des cellules fibreuses, des cellules musculaires, etc., ne les a ni dans la même proportion, ni de nature précisément idenlique; la muqueuse des bronches (litière à son tour de celle des inteslins.Cela concourt à donner à ces membranes des caractères particuliers ainsi que des propriétés dont ne jouissent pas les membranes séreuses, telles que la plèvre, qui enveloppe les poumons, le péricarde qui enveloppe le cœur, ou le péritoine qui enveloppe la masse des intestins.
Chaque membrane présente donc plusieurs couches ou tuniques de