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ORDRE DES COLÉOPTÈRES

Les Coléoptères (xoXecç, fourreau; aile) sont caracté-

rises pai la présence d élytvcs. Comme je vous f’ai déjà dit, on désigne sous ce nom les ailes antérieures, lorsqu’elles sont devenues des organes protecteurs rigides qui, à l’état de repos,

sont étendus en arrière et recouvrent les ailes de la seconde paire ; au moment du vol elles se soulèvent pour permettre de se mouvoir aux ailes de la seconde paire, mais elles ne prennent elles-mêmes aucune part au vol. Les ailes postérieures, ou ailes véritables, sont membraneuses et, à l’état de repos, se replient à la manière d’un Fig. 409. — Capricorne cliarpentier. eveiltail , et aUSSl traiisversale- «, élytres. — ailes membraneuses, ment, parce qu’elles SOIlt pluS

longues que les élytres (fig. 409).

Répandus à 1 infini dans la nature et ne comptant pas moins de 100 000 espèces, les Coléoptères sont, on peut le dire, les Insectes que nous connaissons le mieux ; la prédilection marquée dont ils ont été 1 objet de la part des naturalistes tient, en outre de leur abondancéî, à la vivacité parfois fort remarquable de leur coloration et aussi à leur facile conservation. Toutefois ces Insectes, plus étudiés que les Hyménoptères, méritent moins que ceux-ci de fixer l’attention, car on n observe point chez eux ces industries admirables, ces actes nombreux qui dénotent une vive intelligence et qui compten'

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au iionibre des faits les plus saisissants de la nature aiiiinée.

Les yeux simples niancjuent chez la plupart des Coleopteies, par coiitrej les yeux à facettes existent d une façon constante, sauf chez quelques espèces aveugles qui vivent dans le fond des cavernes. Les pièces huccales sont disposées pour hroyer et pour mâcher (fig. 410).

Les Coléoptères ont des métamorphoses complètes et passent par les mêmes phases que les Hyménoptères. Les larves fuient le plus souvent la lumière et demeurent cachées soit dans la terre, soit dans des troncs d’arhre, etc. Leur houclie est disposée pour mordre.

On s’est servi, pour établir des divisions dans l’ordre des Coléoptères, de caractères tirés de l’organisation des pattes, des antennes et de quelques autres organes encore.

\’pus connaissez tous la Coccinelle (fig. 411), ce petit Insecle aux couleurs voyantes qu’on désigne d’ordinaire sous le nom de Bête à bon Dieu. Il forme le type d’un groupe de Coléoptères intéressants, moins à cause de leur petite taille et de leur forme hémisphérique qu’à cause des services nombreux dont nous leur sommes redevables : leurs larves font en effet une grande consommation de Pucerons et empêchent la multiplication excessive de ces animaux si nuisibles a l’agriculture.

Fig. 410. — Appendices ljuccaux du Carabe. — a, labre — b, mandibules. — c, mâclioires.

— d, lèvre inférieure.

Fig. 411. — Coccinelle globuleuse, a, Fig. 41:2. — Crioeère et sa larve, b. à douze points.

Fig. 415. — Crioeère de l’Asperge.

Les Criocères (fig. 412 et 415), dont la taille et l’asiiect sont à peu près les mêmes que ceux delà Coccinelle, appartiennent

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à une famille différente, celle des chrysomèles. Le Criocère du Lis attiie 1 attention par sa couleur rouge veriiiillon 5 Ladulte est un animal banal, qui n’a pour lui que son éclatante livrée, mais quel curieux instinct nous montre sa larve!

Destinée à vivre à découvert, avec des téguments minces et sans consistance, la nature lui a donné un singulier moyen de protection. Elle se fait une épaisse couverture de ses déjections, son orifice anal étant placé de façon que les matières sortant de son intestin puissent être versées sur son dos. Ainsi cachée sous ce misérable vêtement, la larve du Criocère a moins d’ennemis à redouter et se trouve crarantie du soleil. Enlevez-lui son abri; pour, au plus vite, en fabriquer un nouveau, elle se met à manger avec une extrême avidité. »

Les Chrysomèles sont fort nombreuses dans nos pays. Les espèces principales vivent sur le peuplier et sur la vigne. Celle de la vigne est appelée écrivain par les vignerons ; et\raiment cette dénomination semble justifiée, quand on considère les dessins irréguliers que l’Iiisecte trace sur les feuilles en les

découpant en lanières. Chez les Chrysomèles, larves et animaux parfaits ont le même genre de vie et se trouvent ensemble sur les mêmes plantes ; lorsqu’elle va se transformer en nymphe, la larve se suspend par son extrémité postérieure et c’est dans cet état qu’elle accomplit sa métamorphose.

Les LONGICORNES OU Capricomes (fig. 414) se distinguent bien nettement des Coléoptères précédents par leur taille plus considérable, la forme allongée de leur corps et leurs antennes longues et lililormes, auxquelles ils doivent leur nom: ces antennes sont notablement plus longues chez les males que

Fig. MA. — Capricorne des Alpes.

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chez les femelles. Ces animaux sont tous phytophages, c est-à- (lire qu’ils ont une nourriture exclusivement végétale, lueurs larves, armées de mandibules très puissantes, vivent dans les troncs d’arbre, où elles se creusent des galeries; elles peuvent de la sorte causer parfois de sérieux dommages.

Cette famille, qui ne compte pas moins de 10000 espèces, est disséminée dans le monde entier; mais c’est dans les pays chauds de l’Asie, de l’Amérique et de l’Océanie que l’on rencontre les espèces les plus nombreuses et les plus belles. Les espèces de nos régions sont peu intéressa tdes, et nous ne trouvons guère à vous citer que celles qui vivent sur le chêne, le saule et l’osier.

Les BUPRESTES, très proches voisins des Longicornes, par

la forme générale et le genre de vie, diffèrent cependant de ceux-ci par leurs antennes notablement plus courtes. Ce n’est point encore dans nos pays, où ils sont peu nombreux, qu’il

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faut chercher les plus belles espèces, mais bien dans les régions chaudes du globe, où, . grandes et somptueusement parées, elles ont reçu le nom signilîcatif de richards (fig. 415). On monte CCI laines espèces en colliers ou en boucles d’oreille. Parmi les espèces de nos pays, l’une des plus nuisibles et des plus redoutables pour le sylviculteur est celle du pin ; sa larve creuse d’énormes galeries dans le tronc de cet arbre.

ba plus nombreuse famille de l’ordre des Coléoptères est celle des charançons. Ces Insectes, dont la forme générale est très variable et qui, d’ordinaire de très petite taille, peuvent devenir néanmoins assez gros, ont un aspect bien particulier et bien caractéristi<|ue. Leur tête est prolongée en avant comme une sorte de museau plus ou moins long, qui a l’apparence d un bec, mais qui n’en a que l’apparence, car il présente à

son e.xtrémité une bouche organisée comme chez les autres Coléoptères.

Les Charançons se font remarquer encore par la dureté et répaisseur de leurs téguments. Ils vivent sur les plantes, à l’état adulte comme à 1 état de larves, et il. est peu de plantes qui n’eu nom lissent plusieurs espèces. Ces Insectes peuvent causer des dommages considérables.

Les \crs qu’il est si fréquent de rencontrer dans les pois, les fèves, les lentilles et, d’une façon générale, dans les graines des légumineuses, sont les larves de Charançons appartenant au genre

Bruche.

i Charançon du blé (fig. 416), long de

Fig. 416. - Charan- ^ millimètres, dépose ses œufs sur les grains

îeiîê'eTg^oTsl”"^''^ pénètre dans le grain et en

ronge l’intérieur. Une espèce voisine détruit également les grains de riz. Lorsque les Charançons sont très multipliés, ils causent ainsi des pertes immenses.

Le Lampyre ou Ver luisant (lig, 417), qui, pendant les belles soirées d automne, brille au milieu des herbes comme

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une perle lumineuse, est egalement un Coléoptère. Nous vous avons déjà dit à quoi était duc sa pliosphorescence. Gliez le mâle, les clylies et les ailes sont bien développées, mais a

Fig. 417. — Lampyre. — A, mâle. — B, femelle. Fig. 418. Cantharide.

La Cantharide (lig. 418) mérite encore de fixer notre attention. Ce bel Insecte, aux brillantes teintes vertes à reflets d’or, se rencontre sur les frênes et parfois sur les lilas. En France, les Cantharides ne sont guère abondantes (jue dans le Midi. Une odeur particulière trahit toujours leur présence, même à une assez grande distance. La médecine les emploie, desséchées et réduites en poudre, pour produire des vésicatoires.

11 est fréquent de rencontrer dans les greniers, dans les moulins et surtout dans les boulangeries, un Coléoptère d’un brun noirâtre, au corps long et étroit, que l’on désigne d’ordinaire sons le nom de Cafard : les savants l’appellent Ténéhrion. Sa larve prend le nom de Ver de farine : elle passe en elTet son existence entière dans la farine, qu’elle détériore rapidement. Les oiseleurs ou les amateurs d’Oiseaux la recherchent pour nourrir leurs élèves.

Les cARABiQUEs, qijc nous rencontrons maintenant, sont les animaux féroces de l’ordre des Coléoptères : ce sont des carnassiers agiles, rapides à la course, dont les mandibnlcs tranchantes constituent de bonnes armes de guerre. Ces Insectes sont extrêmement nombreux : toujours brillants, parés le plus souvent de vives couleurs métalliques, ils se font remarquer

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par leur grande élégance et leur fière allure. Vous avez, souvent vu couru- dans les allées sableuses des jardins un bel Insecte dore on vert avec des reflets d’or, que l’on appelle vulgairement la Jardinière; c’est le Carabe doré (fig. 419).° „ .1 mange des Chenilles, des Limaces, attaquant même des llanneons, ma leur poids. Au printemps, on a quelquefois l’occasion d assister à une curieuse scène de carnage. Un Carabe

rhilM’ tombé à terre; avec ses mandibules il lui

enta lie 1 abdomen comme avec une paire de ciseaux, puis il tire les intestins et se met à les dévorer. Le Hanneton continue a marcher, cherchant à se soustraire à l’ennemi, mais l’ennemi ne le lâche point, et le malheureux finit par rouler sur le dos. »

Los DYTIQUES sont des animaux très voisins des précédents mais dont le genre de vie est tout différent : ils vivent dans toutes les eaux dormantes et dans les ruisseaux herbeux dont le cours est peu rapide; ils volent toutefois avec facilité. Ils s attaquent a tous les animaux aquatiques. Insectes, Mollusques, jeunes Poissons, parfois même aux Grenouilles. Leurs larves ont un genre de vie identique (fig. 420).

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V Hydrophile vit également dans l'eau. D’une couleur noire ou brun très foncé, il est le plus beau et le plus grand de nos Insectes aquatiques. Lorsqu’on le regarde nager dans un bocal, la face inférieure de son thorax attire tout d’abord le regard à cause de son vif éclat argenté. Prenez-lc à la main, avec précaution, car il est armé au-dessous de l’abdomen d’une longue pointe aiguë et rigide qui pourrait vous blesser, et essuyez-le légèrement : l’éclat argenté disparaît et à sa |)lace vous remarquez une grande quantité de petits poils, qui n’étaient point visibles auparavant. Si vous remettez alors l’animal dans l’eau, l’éclat argenté ne reparaîtra que quand il sera venu à la surface pour respirer : vous pourrez de la sorte vous convaincre que ce brillant aspect est produit par de fines bulles d’air arretées au milieu des poils et qui chemineront petit à petit vers les stigmates, c’est-à-dire vers les orifices de l’appareil respiratoire. C’est grâce à cet air que l’Insecte peut rester longtemps sous f eau.

Pendant les belles soirées d’été, si l’on se promène à la li-

sière d’un bois, il est assez fréquent de voir un grand Insecte traverser les airs, en bourdonnant : le Cerf-volant ou Lucane (fig. 421). Cet intéressant animal est le ])lus grand Coléoptère de notre pays : son aspect vous est trop

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connu pour qu’il y ait lieu de vous le rappeler. Les cornes dont sa tête est ornée ne sont autre chose que les mandibules démesurément développées ; elles atteignent chez le mâle seulement la taille que vous leur connaissez; chez la femelle, bien qu’encore plus grandes qu’à l’état normal, elles sont considérablement plus petites. Le Lucane est un Insecte phytophage. Sa larve vit dans les vieux troncs de chêne pourris. ^

Le Cerf-volant fait partie de la grande famille des lamellicornes, qui doit son nom à la forme des antennes; ces organes portent plusieurs articles larnelleux étalés en éventail. Ce^s Insectes se subdivisent en un très grand nombre de genres : les seuls auxquels nous nous arrêterons sont les Bousiers, les

Cétoines, les Hannetons et les Scarabées. Les larves des Lamellicornes sont toujours enfouies dans la terre; ce sont des Vers blancs au corps épais, cylindrique et recourbé en arc.

Les Bousiers (fig. 422) cherchent leur nourriture dans les fumiers, les bouses et les excréments de toute sorte. Ce sont des Insectes d’assez grande taille, au corps fortement bombé.

Les Cétoiaies se rencontrent en abondance dans les jardins pendant les mois de mai et de juin; elles recherchent les plus belles fleurs et les plus odorantes, les roses, les chèvrefeuilles, dont elles rongent les pétales et sucent le miel. L’espèce la plus connue est d’un beau vert doré, avec des reflets chatoyants ; elle est au nombre des plus jolies espèces de nos contrées.

Le Hanneton commun a eu le don de vous plaire et il en est bien peu parmi vous qui ne s’en amusent chaque année au printemps (fig. 425). Ce n’est point à coup sûr sa couleur terne qui a pu lui valoir cette distinction, non plus que ses services; cai, à toutes les époques de sa vie, il est l’im des animaux les plus nuisibles. A 1 état adulte, il dépouille les arbres de leur

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feuillage ; à l’ctat de larve, il coupe les racines des arliustes, des céréales, etc., et de la sorte occasionne leur mort. La larve surtout, appelée vulgairement Mans on Ver hlanc^ peut être considérée comme run des lléaux de l’agriculture.

Les Scarabées enfin, parmi lesquels on trouve les plus grands des Insectes, dont la taille est presque delà grosseur d’un poing, se signalent par leur corps lourd, massif et par des prolongements en forme de corne qui d’ordinaire ornent la tête et le

Fig. 425. — Hanneton et m larve. F:g. 424. — Atcuchus sacré.

protliorax des males. Une espèce, précisément dépourvue de ces sortes de cornes, est particulièrement intéressante à cause de son histoire. C’est VAteuchns sacnr, le Scarabée sacré des anciens Egyptiens (lig. 424). Il était en effet rangé au nombre des dieux dans l’antique Egypte et, à ce titre, il était fréquemment représenté sur les monuments; on le rencontre souvent dans les sarcophages, sous forme d’amulettes taillées dans des pierres précieuses.

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