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ORDRE DES SIPHONOPHORES

Les SirnoxoniOREs revêtent les formes les plus étranges et

les plus variées ; on les rencontre dans les mers climdes et tempérées, et certains d’entre eux sont bien connus des naviga-

HYDROMÉDüSES.

iGuvs : de ce nombre est la Pliysale, (|ue les marins appellent Galère.

lA Phusctla (fig.597) flotte à la surface des eaux et se laisse aller à la dérive, au gré des vents capricieux ; j)arfois cependant sa volonté SC manifeste et elle change suhitement de direction ou plonge au sein des flots. L’animal peut voguer de la sorte, grâce à un vaste ballon rempli d’air et présentant à peu près la forme d une cornemuse; au-dessous de ce réservoir à air, qui émerge hors de l’eau, on voit une forêt de tubes et de filaments qid, suivant le bon plaisir de l’animal, restent raccourcis et cachés au milieu d’autres organes appendus comme eux au 'ballon, ou au contraire s’allongent démesurément, pour aller au loin saisir les aliments.

Les Sipbonophores sont tons extrêmement nrticants ; les longs filaments de la Physale, par exemple, constituent de puissants instruments de défense on d’altaqne, en raison des nématocystes innombrables qui les bérissent de tontes parts. Si vous en rencontrez une sur les bords de la mer, gardez-vous bien d’y toucher : vous en souffririez cruellement. Dès qn’iine proie passe à la portée de ces filaments, ils dardent sur elle leurs mille lïècbes empoisonnées, la paralysent, puis l’enveloppent de leurs inextricables replis et la maintiennent jusqu’à ce que les phénomènes digestifs puissent s’établir : la digestion se fait ainsi chez ces animaux à l’extérieur.

Chez lesPhysophores (fig. 598), assez abondants dans la Méditeiranée, la vésicule aérilère au moyen de laquelle la colonie j)eut se maintenir à la surlace des flots demeure toujours fort petite. Elle est en quelque sorte le bouton terminal d’nne ti^je, le long de laquelle se dispose une double série de cloches contractiles, d’une transparence parfaite : ces organes ne sont autre chose (pie des Méduses réduites à leur ombrelle ; ce sont donc des Méduses transformées en individus locomoteurs; en effet, ce sont elles qui, grâce à leurs mouvements de contraction, assurent les déplacements de la colonie.

SIPllOrs’OPIIORES.

Au-dessous de ces Méduses et à rextrémité inlérieure de la

tige qui les supporte, on trouve, rangés circulaireinent, une

couronne de longs tentacules mobiles, ne présentant ni oriüces ni or^xanes d’aucune sorte :

là SC fornicnt les œufs. Plus bas se montrent des siphons ou individus noumciers, seml)lables à ceux de la Pbysale et munis chacun d’un long blâment pécheur ; celui-ci porte à son tour, de distance en distance, des boutons d’un l)eau rouge, constitués par un amas considérable d’énormes uématocystes.

11 y a bien d’autres formes de Siphonopliores, Mais les exemples de la Pbysale et du Pbysophore, suffisent pour nous montrer la variété d’aspect de CCS animaux, la complication de leur structure, et la diversité des individus et des organes qui constituent ces colonies bottantes. J’ajoute, que s’ils sont des plus intéressants pour le naturaliste, ces êtres étrani^es font l’admiration de tous corps et l’éclat de leur couleur dans la Méditerranée.

Fig. 598. — riiysophoi'o.

par la transparence de leur Oii les trouve en abondance

A.NTHOZOAIRES.

CLASSE DES ANTIIOZOAIRES

Le nom (l’AiNTiiozoAinEs (âvGi;, fleur; Çügv, animal), de Zoan- H, aires on A' Animaux- lleurs s’applique à un groupe d’êtres que pondant longtemps on a pris pour des végétaux ou qu’on a toniparés à des végétaux, à cause de leurs tentacules élalés en l'oi rne de pétales. L’exemple du Corail, qui appartient |u-écisément à ce groupe et dont je vous ai conté l’histoire dans le premiei' chapitie de ce livre, est là pour vous montrer quelles opinions erronées avaient cours relativement à ces singuliers animaux.

Lu petit nomhre d’Antliozoaires vivent à l’état isolé; la plupart forment, comme le Corail, des colonies arborescentes sur iesipielles se montrent des polypes de distance en distance.

Ces polypes présentent une cavité dige,stive en cul-de-sac, sur les parois de laquelle se voient des cloisons verticales en nombre égal à celui des tentacules qui garnissent l’orifice.

A jiart les Actinies ou Anémones de mer et quelques autreformes, les Antbozoaires présentent des particules solides. Des corpuscules ou spiculés cornés ou calcaires de formes diverses, liéquemment colorés, se déposent dans l’épaisseur de la substance commune aux divers polypes, soit au centre comme chez le Corail, soit à la périphérie comme chez les Madré|)ores.

Chez les .Actinies, les Madrépores et un grand nombre d’animaux voisins, les tentacules qui entourent la boiicbe sont en général très nombreux : ils forment alors plusieurs cycles alternant entre eux, et leur nombre est toujours un multiple de 4 -ni de 0. Ces animaux constituent l’ordre Acs Actiniaires. Cbez il’aiitrcs animaux, tels que le Corail et les Alcyons, le nombre

des tentacules n’est jamais que de 8 ; c'est l’ordre des Alajonaires.

ORDRE DES ACTINIAIRES

Les Actinies OU Anémoues de mer existent en grande (jiian- (ite sur les rivages. Ces anhnanx aux riclies couleurs ont la lorrue d un court cylindre dont rime des extrémités est soli-

ACTINIAIRES.

dément fixée sur les rochers sous-marins. A l’autre extrémité se trouve la bouche, entourée d’un grand nombre de tentacules. Au moindre contact, ces appendices se rétractent, disparaissent, et le corps lui-même se ratatine au point de prendre l’as- [)ect d’une masse informe. Au début de la rétraction des tentacules, il est aisé de voir à l’extrémité de chacun d’eux sourdre un petit jet d’eau : ils sont donc perforés à leur pointe. De plus, ils sont bourrés de nématocystes, à l’aide desquels ils saisissent la proie et l’ainènent au sac digestif.

Les Actinies vivent toujours fixées; mais il est des formes voisines chez lesquelles le pied, au lieu de se développer en un organe d’adhérence, se renfle de manière à former une bourse qui se remplit d’air et qui permet à l’animal de se laisser emporter par les vagues à la façon des Physales. Les ]»iin;»as, qui se rencontrent dans les mers du Sud, nous offrent un remarquable exemple de ce fait. D’autres fois, les tentacules, au lieu de demeurer simples comme chez les Actinies, acquièrent un développement inusité, se divisent, se découpent de mille manières et forment d’élégantes arborescences.

Tous ces animaux vivent toujours isolés et ne présentent jamais qu’un corps mou, dépourvu de toute formation squelettique.

Il existe un grand nombre d’autres Zoanthaires qui consti tuent au contraire des colonies et chez lesquels se.dévelopj) un squelette, corné on calcaire suivant les cas : de là deux divisions, les Actiniaires à squelette corné, constituant le gronpe des ANTiPATH AIRES, ceux à squelette calcaire prenant le nom de

M ADRÉPORAIRES .

V Antipatlie, que les pêcheurs connaissent sons le nom de Corail noir, a longtemps joui d’une singulière réputation : on le croyait un remède souverain contre toutes les douleurs, et c’est cette propriété, purement imaginaire, qui lui a valu son nom (àvTi, contre; 7:aôoc, douleur). Dans une colonie d’Antipathaires, les individus sont réunis en grand nombre autour

ANTHOZOAIRES.

d’im axe corné, simple ou ramifié. Chaque Polype ne présente ordinairement que 6 tentacules.

Les MADRÉPORAIRES out joiié ct joiiciit cucore un grand rôle dans la formation des couches terrestres.

Leur forme varie beaucoup, et elle dépend de la manière^* dont ces animaux se reproduisent par bourgeonnement autour du premier-né, du père de toute la colonie.

Tantôt il sont presque entièrement isolés, comme chez les Dendrophyiiies, qui vivent daiis la Méditerranée ; tantôt ils sont au contraire tellement pressés les uns contre les autres que leur corps perd sa forme circulaire et devient polygonal, comme

Fig. 599. — Astroïde.

chez les Porîfes et les Astroïdes (fîg. 599) ; tantôt enfin, et c’est le cas des Uléundrines ct dcs Deiidro^^res, les UldlVldus SC lusionnent latéralement et se confondent à tel point qu’il est impossible de dire où commence et où finit chacun d’eux : ils

lorment alors à la surface du polypier de longues et tortueuses galeries.

Les Madréporaires, représentés dans nos mers par (piehpics espèces qui n’atteignent qu’un faible développement, abondent au contraire dans les mers chaudes. Leurs colonies, d’uue immense étendue, jouent un rôle important dans la nature.

ACTINIÂIRES.

car ce sont elles ({iii foriiient ce (jii’on appelle à tort les iccifs de corail. Les espèces qui prennent part a la lorination de ces récits sont tontes conihiées dans une zone relativement étroite de la surface du globe : on ne les trouve en ellet qu entre les lignes isothermes de ()0 degrés, c’est-à-dire qn elles ne dé[)assent guère de chaque côté de l’équateur le 50*^ degré de latitude. Mais, dans cette zone, la distrihution de ces êtres semble singulièrement capricieuse; en effet, on n’en rencontre ])oint sur la côte occidentale de l’Afrique, non plus que sur la côte orientale de l’Amérique du Nord, et il n’y en a que très |)eu sui' la côte orientale de l’Amérique du Sud. Dans 1 océan Indien, dans l’océan Pacifique et dans la mer des Antilles, ces Coraux sont au contraire extrêmement abondants et s étendent sur des milliers de kilomètres carrés.

Les Actiniaires constructeurs de récifs ne vivèiit guère au delà d’une profondeur de 15 à 20 brasses. Une aussi faible profondeur ne se rencontre qu’à une petite distance de la terre ferme : c’est donc au voisinage immédiat des continents ou des îles que devront se développer les récits.

Quelques-uns de ces récifs bordent la côte d'une sorte de ternisse plate recouverte au plus de quelques pieds d’eau, et terminés du côté de la mer par une crête à pic.

Les récifs de ce genre prennent le nom de Récifs fran- (jeants. Celui qui environne l’île Maurice en est le type; en Afrique, on en trouve également sur la côte nord-est de Mada-

gascar.

La plus grande partie des récifs de l’océan Pacifique sont d’une tout autre nature. La côte nord-est de l’Australie, depuis le détroit de Torres jusqu’au cap Sandy, est bordée par une série ininterrompue de récifs dont la distance du rivage varie de 4 à 40 lieues et qui opposent aux Ilots une barrière infranebissabb'. A quebiues centaines de mètres au delà du récif, la mer a déjà plus d’un millier de brasses de profondeur; entre le récif et la terre, il est rare au contraire que le fond descende

ANTIIOZOAIRES.

à plus de 30 brasses. Le récif est donc séparé de la terre ferme par une lagune ou un canal j)eu profond, mais il offre d’autre j)art à la mer une paroi presque perpendiculaire, qui s’enfonce

à une énorme profondeur. Les récifs de ce genre sont les récifs en barrières.

Il peut se faire enfin qu’un récif circulaire, ordinairement ouvert du côté sous le vent, émerge du sein de la mer, sans qu’on trouve aucune trace d’île en son contre. Ces récifs ont reçu le nom à’ Atolls; ils ne se relient en apparence avec aucune autre terre. Les Atolls sont extrêmemetit répandus dans l’océan Indien et surtout dans l’océan Pacifique'.

Les Madréporaircs, dont nous venons de voir l’im])ortance exceptionnelle, sont apparus de bonne heure à la surface du globe : dès les premiers âges de la terre, à l’époque silurienne, les mers renfermaient déjà un nombre immense de ces êtres, et ils paraissent avoir abondé alors sous nos propres .latitudes. Ils se comportaient exactement comme ils le font maintenant, et ils ont activement contribué à la formation de certains terrains de nature calcaire.

ORDRE DES ALCYONAIRES

Les Alcyonaires sont aisément reconnaissables à leurs ten tacules régulièrement frangés sur les bords, et dont le nombre n est jamais que de 8 : de la le nom à' Octoactiniaires, sous lequel on les désigne quelquefois, par opposition aux animaux de l’ordre précédent, ou Ilexactiniaires. Chez un grand nombre d’espèces, parmi lesquelles le Corail, les tenta^cules sont bien creusés d’une cavité en rapport avec la loge corres-

j)ondante, mais ils ne sont point percés d’un petit orifice à leur extrémité.

Les Alcyonaires vivent toujours en colonies : on n’en connaît

point qui restent isolés, comme les Aclinies, pendant leur vie entière.

1 Voir Premières notions de zoologie, p. ^19, fig. 544.

ALCYONAIRES.

Le plus connu desOctoactiniaircs esi\e Corail vouge 600). Il habite la Méditerranée. On le pêche sur les côtes d Italie, autour de la Corse et de la Sardaigne, et sur la côte d’Afrique, de Boue à Tunis. Les colonies qu’il forme poussent comme une plante, et il se présente sous l’aspect d’un petit arbre hranclm, haut de 50 à 55 centimètres. Il se rencontre par des profondeurs qui varient de 5 a 500 mètres. 11 s’attache aux corps durs sous-

Fig. GUO. — Corail.

marins, mais il se fixe toujours la tète en bas, pour ainsi dire, au-dessous des aspérités des rochers et c’est là une condition qui contribue beaucoup à rendre sa pêche jiénihleet difficile. 11 présente d’ordinaire une couleur rouge vil, mais sa teinte peut varier beaucoup, depuis le blanc jusqu’au noir, en passant par différentes nuances de rouge : le plus estimé est le rose, auquel les pêcheurs italiens donnent le nom de jjeau d'angCy et ipii provient surtout de Dalmatie.

ANTIIOZOAIRES.

cm

La peche du Corail sur les côtes d’Afrique remonte déjà à une époque lointaine : elle date de la fin du seizième siècle. C’est en effet en 1561 que deux marchands marseillais fondèrent, un peu à l’est de Bône, une station de pêche qu’ils appelèrent Bastion de France, et s’établirent également à la Calle, avec l’autorisation spéciale du Grand Seigneur et le consentement de la population arahe. Plus tard, sous le règne de Louis Xlll, des concessions furent faites encore, moyennant des redevances annuelles, à des compagnies qui s’établirent au cap Bose, au cap Negro, à Bône et à Alger. Des traités passés à différentes époijues assurèrent à peu jirès à la France le monopole du commerce et de la pêche du Corail. Quand vint la Bévolution, les graves événements politiques qui se déroulaient en France firent négliger l’exploitation des privilèges et, à la suite de l’expédition d’Égypte, le dey d’Alger et le hey de Tunis s’emparèrent des concessions, et notre commerce en Afrique fut ruiné. Les Italiens et les Anglais nous supplantèrent, et ce n’est qu’en 1817 que la Calle nous fut rendue, moyennant une redevance annuelle de 60 000 francs, qui fut bientôt après portée à 200 000 francs. Cette concession en amena bientôt d’autres. Néanmoins nos nationaux étaient en butte à des vexations sans nombre qui contribuèrent beaucoup à la déclaration de guerre dont la prise d Alger fut la conséquence.

Depuis 1 annexion de l’Algérie, contrairement à ce qui aurait du avoii lieu, la pêche du Corail a diminué d’imjiortance, au moins poui nos nationaux. Lbi décret de 1864 permet aux étrangers de pêcher moyennant une faible redevance, à moins qu’ils ne résident en Algérie depuis un certain temps. Depuis la promulgation de ce décret, les bateaux corailleurs italiens augmentent tous les ans de nombre, alors que les bateaux français deviennent de plus en plus rares. Ces bateaux, en majorité napolitains, sont des tartanes jaugeant de 15 à 16 tonneaux, montées par un équipage de 10 à 12 hommes. Dans les eaux algériennes et au voisinage de la Calle, qui est toujours resté

ÂLCYONAIUES.

le centre des opérations, il vient tons les ans environ 250 à 500 bateaux, montes par 1500 à 1000 hommes. La cju.mtitc tota c de r.orail pêchée annuellement est de 50 000 à 55 000 lu ogrammes, représentant une somme de 2 mdhons et demi a F’état brut; après avoir été travaillé, sa valeur sera de 12 a 15 millions. Une fois pêché, le Corail est expédié à Naples, à Livourne, à Gênes, dont les manufactures ont remplacé jiresqiie entièrement celles de Marseille, On le taille encore à Alger et dans quelques autres villes algérieuues.

L’engin dont on se sert pour pêcher le Corail se compose de deux barres de bois placées en croix ; au-dessous d’elles, à leur point de jonction, est attachée une grosse jiierre ou une pièce de fer, qui sert de lest. Au bout de chacun des bras de la croix, une corde longue de 7 à 8 mètres porte un paquet de filets à mailles larges et lâchement nouées, disposés de façon à s’étaler dans l’eau. De plus, au-dessous de la pierre qui sert de lest pend

une corde portant d’autres filets.

On a tenté à différentes reprises de pêcher le Corail h 1 aide du scaphandre. Ce |irocédé présente des avantages inconlestahles (piand il s’agit d’opérer sur un fond de 50 à 40 mètres au ]dus. Mais il est rare que le Corail se rencontre a ces faibles profondeurs; aussi l’emploi du scaphandre n’esl-il applicable

qu’à des cas tout h fait jiarticidiers.

11 suffit d’examiner une branche de Corail qui vient d être liêchée pour se convaincre qu’elle se compose de deux parties distinctes : à la surface se montre une partie charnue, percée d’une multitude de petites cellules où se logent des polypes que leurs huit tentacules épanouis avaient fait prendre à Marsigh pour des fleurs. Elle revêt de toutes parts une sorte de tige centrale, dure, cassante, pierreuse qui est le polypier.

Si l’on casse l’extrémité d’un rameau vivant, on voit s’écouler un liquide blanc, miscible à l’eau et d’apparence laiteuse : on le connaît depuis bien longtemps sous le nom de lait du Corail. Ce liquide contient tout h la fois les produits de la di-

ANTIIOZOAIRES.

gestion et les œufs, et il est à remarquer que ceux-ci ne sont

De clistMice en distance, on voit, à la surface de la couche ammale des petits mamelons coniques, au sommet desquels se nmntren les polypes, sous forme de tubes blancs, surmontés cbacun d une couronne de huit tentacules barbelés A h mnin

son X'Tui f- "t

du man' elon qX oS:;;;‘ ^

Le polypier, ou partie centrale, dure, cassante et pierreuse de tout rameau est constitué par du carbonate de cliaux colore l»ai de 1 oxyde de fer. Il présente toujours à sa face des sillons

plTlTirtréTllèl^^^^

Le polypier est la partie du corail que l’on utilise en biioiieiie . poui cela, on lui fait subir certaines préparations (lui

lés cSè

cotes de sa surface. La poussière qui s’en détache alors est emp oyee pour la fabrication de certaines poudres dentifrices roimes Dans ce meme ordre des Octoactiniaires viennent se ran<xer un cer am „o,nbre d’espèces qui diffèrent du Corail par la Z et la nature des polypiers. En première ligne nous vous signa- •ons les Alcyons, chez lesquels le i.olypicr est représenté simplement par une substance molle, incrustée de spiculés ; ceux-ci ont jamais la meme forme d’une espèce à l’autre. Les Alcyons e ahmt sur les rochers sous-marins leurs croûtes charnues; ils ixent souvent sur la coquille des grands Mollusques, et il s jioin lare, en jiarticulier, de les voir, sur les cotes de

^jues. Au heu de se ramifier à la façon d’un arbre, comme e ait le corai , ils s’éiianouissent sous forme de digitations :

le! Angla!!'” ” ^*^'”** d’iiommes morts » que leur donnent

ALCYONAIRES.

Les animaux les plus élégants de ce groupe sont assurément les Peiinatiiies (fig. LOI), qui habitent la Méditerranée et qui ont la taille et l’aspect d’une belle plume d’Autruebe. La base

Fig, 601. — 1, Pcnnalule. — 2, Vérétille.

de la colonie, au lieu d’adhérer fortement aux rochers, comme dans les espèces précédentes, est formée d’une simple tige cornée, qui s’enfonce plus ou moins dans le sable et qui porte à son extrémité supérieure des branches latérales sur lesquelles se

CGO

SPONGIAIRES

trouvent les polypes. Ces animaux se font souvent remarquer par une vive phosphorescence.

CLASSE DES SPOAGIAIIIES

Il n est actuellement personne qui doute de la nature animale des Eponges, mais, il n’y a pas bien longtemps encore, on se demandait si ces êtres n’appartenaient point au règne végétal.

Les SPONGIAIRES constituent le plus souvent des colonies dont les formes peuvent varier à rinfini et dans l’épaisseur des(juelles il est habituel de rencontrer un squelette.

Il est un petit groupe, celui des halisarcines, dans lequel la charpente solide fait toujours défaut : les Éponges qui rentrent dans cette categorie sont désignées sous le nom collectif (ï Eponges muqueuses .

A part cette exception, il est de règle, disons-nous, de trouver un squelette dans l’épaisseur de ces êtres. Ce squelette peut être

fig. 60:2, — Spiculés d’Éponges fortement grossis.

composé de fibres cornées, comme dans les Éponges dont on se sert pour les usages domestiques, de spiculés siliceux, comme chez la S|)ongille, qui est une des rares espèces d’eau douce, ou enfin de spiculés calcaires (fig. 602). Il y a donc des E|)ouges fibreuses, siliceuses et calcaires.

SPONGIAIRES

Tous les Spongiaires se reproduisenl par œufs et par l)Ouigeoniiement.

Pour nous faire une idée de leur organisation, étudions d’abord une forme des plus simples et clioisissons un exemple parmi le groupe des éponges calcaires, qui a été mieux étudie

que les autres.

Lorsque le développement de l’œuf est achevé et (pie le jeune individu est constitué, celui-ci se présente sous la forme d’une sorte de petite urne, attachée au rocher par un pied rétréci, et creusée à son sommet d’une cavité centrale ({ui s’ouvre au dehors par un orifice élargi, qui est VosevJe. Les minces parois du corps, rendues rigides par une accumulation de spiculés calcaires à trois branches, sont percées de trous que l’on appelle pores inhalants. La paroi du corps se compose ellemême de deux couches superposées, dont l’intérieure est tapissée de cils vihratiles sur toute son étendue : nous ne tarderons pas à voir l’importance de ce fait.

L’Eponge est alors formée. Dans un certain nombre de cas, l’animal demeurera en cet état pendant son existence entière : il restera donc toujours isolé. D’autres fois, il ne tardera pas a pousser un bourgeon en un point donné de sa surlace : celuici se développera et se creusera d’une cavité, tout en acquérant les dimensions et en prenant plus ou moins la forme de l’individu jirimitif qui lui a donné naissance. Nous assistons dès lors à la formation d’une colonie (tig. 605) et le phénomène que nous venons de constater est une véritable reproduction [>ar bourgeonnement. En effet, ce deuxième individu, de son coté.

donnera naissance, par voie de bourgeonnement, a un troisième qui restera uni aux deux premiers et qui leur sera seiuhlahle : la colonie se compliquera donc de plus en plus. Mais sa complication marchera bien plus vile que nous ne l’indiquons, car le phénomène de bourgeonnement que nous avions siqiposé, pour plus de simplicité, ne se produire qu’en un seul point de l’individu primitif, se produit au contraire en plusieurs points à

SPONGIAIRES

la fois, en sorte que cet individu primitif devient le centre d’un actif mouvement d’extension (jui se manifeste simultanéiTiciit dans toutes les directions.

Ainsi constituée, la colonie s’offre à nous sous l’aspect d’une

Fig. 003. — Colonie arborescenle d’Ascé/nf/ra pinu.'^, Éponge calcaire.

masse de forme très variable, présentant à sa surface uii nombre rcstreintd’osc«/es ou pores par lesquels sort l’eau, et un nombre beaucoup plus considérable de pores inhalants |)ar où entre l’eau. Les uns et les autres de ces orifices commimiipienl avec un système de canaux (pii sillonnent en tous sens les jiarties piolondes de la colonie. Enfin la substance même de

SPONGIAHIES.

l’Eponge reiifernie dans son épaisseur une (pianlité considérable de spiculés.

Toutes les Éponges sont marines, sauf quelques rares espèces telles (pie la Spongüle d'eau douce, très commune dans nos régions. On la rencontre sur le bord des bassins, des canaux des rivières, fixée d’ordinaire à la surface du bois llotte: elle forme d’éjiaisses masses incrustantes d’une coloration verte. Ses spiculés siliceux, fort simples , ont l’aspect d’aiguilles pointues à chaque extrémité et creusées d’un fin canal dans

toute leur longueur. Chez cet animal, l’individualité est à peine marquée; une Spongille peut se diviser spontanément en deux ou plusieurs portions qui continueront de vivre chacune de leur côté ; si au contraire deux Spongilles sont mises en contact l’une avec l’autre, elles ne tardent pas à s’unir et à se fusionner en une seule.

Certaines Éponges de ce groupe présentent les formes les plus gracieuses et les plus élégantes. \ ' Euplectelle des îles Philippines se fait remarquer entre toutes : elle attire et charme le regard par renclievêtrement extrême des longs filaments siliceux qui constituent son squelette et qui, malgré leur grande complication, conservent néanmoins une disposition géométrique des plus régulières.

Les Éponges fibreuses ont une forme bien moins élégante, mais elles n’en sont pas moins fort intéressantes : c’est parmi >lles en effet que doivent être rangées les espèces dont le squelette est pour nous d’un usage journalier.

Le golfe du Mexique, les bancs de Bahama, la mer Bouge et une foule d’autres points fournissent des Eponges de grande taille, mais en général assez grossières et qu’on ne peut guère employer que pour laver les parquets ou pour des usages de ce genre. Les fines Éponges de toilette sont plus petites : elles proviennent des mers tempérées et sont particulièrement de la Méditerranée. C’est surtout dans l’Adriatique et dans l’Archipel, sur les côtes de Caramanie et de Syrie, qu’on se livre à leur

PROTOZOAIRES

pèche. Là où la nier est peu profonde, des hoinines plongent au fond de reanct, à Laide d’un fort couteau dont ils se sont munis, coupent le pied par lequel l’Éponge adhère aux rochers. Par des fonds que, sous peine d’accidents graves, l’honnne ne peut pas songer à atteindre, soit en plongeant à nUy soit en einployant le scaphandre, c’est-à-dire au-dessous de 50 à 40 mètres, on se sert de la drague; mais les Éponges que cet instrument ramène sont souvent déchirées et ont par conséquent moins de valeur que les autres. La pêche ne peut guère se faire que pendant une moitié de l’année. Sur les côtes de Croatie seulement, les revenus de cette pèche pour une demi-année varient entre 150 000 et 500000 francs.

Les Protozoaires, extrêmement répandus dans la nature, sont des habitants des eaux : le nombre des formes d’eau douce est considérable, mais celui des espèces marines semble être plus grand encore. Quelques espèces vivent cependant hors de l’eau, soit (pi’elles errent dans la terre humide, soit, ce qui est bien plus fréquent, qu’elles habitent en parasites dans l’intérieur du corps des animaux.

Tous sont remarquables par leur organisation rudimentaire et c’est pour cette raison qu’on leur a donné le nom de Protozoaires ou animaux pîâmilifs. Ce sont bien en effet des êtres primitifs, non seulement à cause de leur organisation si simple, mais encore parce que, lors de l’apparition de la vie sur la terre, ils furent les premiers à se montrer.

L’étude des Protozoaires offre donc un grand intérêt. Mais ces êtres se présentent sous des aspects si divers (pie nous devrons forcément nous borner à ne passer en revue (pi'un petit nombre d’entre eux : nous ne vous signalerons (jue ceux (jui ont une réelle importance, soit à cause du rôle (|u’ils jouent.

mFUSOlRES.

soit il cause des doimces générales (iiii découlent de leur oliscrvatioii.

On a cru pendant longtemps à une distinction absolue entre le règne animal et le règne végétal. Mais en étudiant les Protozoaires d’une part, et, d’autre part, les végétaux inférieurs, c’està-dire les Cliampignons et les Algues, on se convainc aisément (pie la barrière qu’on avait voulu élever entre les deux règnes n’est point aussi nette ((u’on le supposait. Bien plus, on peut constater (pie, à leurs derniers degrés, les deux règnes se confondent à tel point qu’il est impossible de dire d’une façon précisé où ils commencent et où ils finissent. Il est en eüet un grand nombre d’êtres que les observateurs rangent les uns parmi les animaux, les autres parmi les plantes : des discussions passionnées se sont élevées a cet égard et elles dmeiont sans doute longtemps encore. Pour tourner la difficulté, des savants de mérite ont songé a constituer un noineau icgne, intermédiaire entre le règne végétal et le règne animal, et dans lequel on ferait rentrer tous les êtres douteux dont il vient d’être question: c’est ainsi (pie, des 18-5, le naturaliste fiançais Bory de Saint-Yincent avait établi le Règne Psychodiaire. L’idée a été reprise récemment, et certains pbilosopli^^s rangent dans un règne des Protistes, tous les Protozoaires et un certain nombre d’ Algues et de Cbampignons.

CLASSE DES INFDSOIRES

Primitivement, on désignait sous le nom d’IxFUSoiRES tous les petits animaux qui vivent dans les eaux stagnantes et qii’oii ne peut voir (pi’avec le secours du microscope. Comprise de la sorte, celle dénomination s’appliquait, non seulement à lous les Protozoaires microscopiques, mais encore à d’autres animaux de fort petite taille, comme les Rotateurs, les Cercaires, les Anguillules, et beaucoup d’Algues. Peu à peu, ce nom

PROTOZOAIRES

d’infusoires s’est spécialisé et il s’applique maintenant à un groupe bien défini de Protozoaires.

Les Infusoires ont été découverts par Leeuwenhœk, naturaliste hollandais qui vivait à la fin du dix-septième siècle. Qu’on place une substance végétale, une feuille, un fragment de tige, et mieux quelques brins de foin, dans une quantité d’eau suffisante pour que la putréfaction ne se produise point, et l’on trouvera au bout de quelques jours, allant et venant sans cesse dans le liquide, des milliers d’animalcules dont le microscope seul peut nous révéler l’existence. Ces êtres sont nés dans l’infusion que nous avons faite: de là leur nom à' Infusoires.

On rencontre fréquemment, attachés à la face inférieure des

Lentilles cl eau par un long pédicule, des animaux fort simples, que 1 on connaît sous le nom d Acinètes. Leur corps se compose d’un petit globule transparent entouré d’une sorte de cara- ])ace claire et hyaline, et dans l’intérieur duquel se voit une partie plus ou moins globuleuse qui a reçu le nom de noyau. A son extrémité libre, l’Acinète porte deux faisceaux d’appendices bliformes, d’une ténuité extrême et terminés chacun par un petit renflement. Un Infusoire mobile vient-il à passer à proximité de l’Acinète, celui-ci applique sur lui ses tentacules qui, formant ventouse, absorbent peu à peu la substance du corps de la victime: les tentacules sont donc de véritables suçoirs et c’est par eux que l’animal se nourrit.

Les Acinètes appartiennent au groupe assez restreint des

INFUSOIRES TENTACULIFÈRES .

Celui des infusoirls ciliés est bien plus considérable. 11 se subdivise, suivant la façon dont les cils vibratiles, organes de locomotion, sont disposés à la surface du corps. Je vous dirai ({uelques mots de ceux de ces animaux qui sont le plus remar-

(juables et qu’on rencontre le plus fréquemment.

Les Aortîceiies (fig. G04), si abondantes daiis les ruisseaux et les étangs resseiidjlentà de petites Heurs en forme de clochette, dressées à l’extrémité cWmjjédicule commun : celui-ci se ramitie

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