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ORDRE DES CARNIVORES

L’ordre des Carnivores renlérme les ])lus redoutables des Mammifères terrestres, mais non les ])lus gros. Il compte tous les animaux connus sous le nom vulgaire de bêtes féroces : c’est dire (pi’on y trouve le Lion, le .Tigre, le Lynx, l’Hyène. l’Ours, le Loup, etc. On rencontre encore dans ce groupe des animaux domestiques, tels (pie le Chat et le Chien, (jiii nous rendent les plus grands services, etvous verrez même que ces animaux sont proches parents de ceux, plus féroces et plus terribles, que nous avons cités tout d’abord.

Les Carnivores nous offrent une disposition du système dentaire que nous n’avons pas encore rencontrée jusqu’à présent : ils portent à chaque mâchoire six incisives, deux canines,

MAMIFÈRES.

longues, coniques et extrêmement puissantes, et un nombre variable de molaires qu’on peut distinguer en avant-molaires, pointues ou tranchantes, en carnassières et en arrière-molaires, mousses et tuberculeuses. Chez le Chien, qu’on peut prendre comme exemple, les avant-molaires sont au nombre de trois à la mâchoire supérieure, de quatre à l’inférieure, tandis que les arrière-molaires sont au nombre de deux à chaque mâchoire. Ces nombres sont variables ; mais on ne rencontre jamais que deux carnassières à chaque mâchoire : ces dents sont caractérisées par leur grosseur considérable et par les deux ou trois tubercules qui ornent leur couronne. Lorsque les mâchoires se feiment, les dents carnassières ne se rejoignent pas, mais^ glissent 1 une contre 1 autre, comme les deux lames d’une

paiic de ciseaux. Elles coupent et déchirent ainsi la chair de la proie.

Beaucoup de Carnivores sont grands et forts; tous ont des mouvements aisés et prompts, et sont doués de facultés intellectuelles remarquables. Quelques-uns d’entre eux, comme les Chats, grimpent avec agilité; d’autres, comme les Blaireaux, fouillent le sol, mais la plupart sont organisés pour la course rapide et pour le saut.

Les oiganes des sens sont d une subtilité et d’une finesse très grandes. Ces animaux, suivant une croyance générale, jouiraient de la propriété de voir dans l’obscurité la plus profonde ; en effet, leurs yeux lancent des lueurs et sont comme phos- ' phorescents; mais ce phénomène ne s’observe qu’autant qu’un rayon lumineux, même très faible, vient frapper l’œil, et, dans l’obscurité complète, il ne se produit jamais. Cette lueur tient à ce que ce rayon lumineux vient se réfléchir, comme sur un miroir, sur un organe spécial qui existe au fond de l’œil de ces animaux et auquel on a donné le nom de tapis. Le sens du toucher peut s’exercer chez eux d’une façon tout à fait spéciale : ils portent sur le museau des poils longs et raides ou moustaches, qui sont des organes de tact. Des soies absolu-

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ment semblables s’observent du reste chez certains Rongeurs tels que les Rats, et chez certains Insectivores tels que les Musaraignes.

Les Carnivores ont élé bien doués de la nature sous le rapport du pelage. Un grand nombre d'entre eux nous fournissent des fourrures appréciées, soit pour leurs couleurs, soit pour la finesse et l’épaisseur du poil : on peut citer à cet égard la Martre, la Zibeline, rilermine, le Renard, l’Ours, etc.

Les rnendjres se terminent par quatre ou cinq doigts mobiles, armés de fortes griffes tranebantes. On peut constater des différences notables entre les divers Carnivores quant à la manière de poser la patte à terre. Les uns, comme les Ours, s’appuient sur toute la surface inférieure du pied : ce sont les plantigrades; les autres, comme les Chats, les Chiens, etc., ne touclient le sol que par l’extrémité des doigts : ce sont les digitigrades. Entre ces deux types bien tranchés on trouve des intermédiaires nombreux : témoin la Civette, qui n’appuie sur le sol que la partie antérieure de la plante, c’est-à-dire les doigts et la moitié du pied.

Les Carnivores sont répandus dans le monde entier, sauf en Australie, où ils font complètement défaut, et où ils sont remplacés par des Marsupiaux.

La première famille que nous examinerons est celle des FÉLINS : elle comprend les animaux les plus forts et les plus redoutables, le Lion, le Tigre, le Jaguar, la Panthère, le Chat.

Tous ces animaux présentent une curieuse disposition des griffes : celles-ci sont rétractiles, c’est-à-dire qu’elles peuvent se retirer dans l’intérieur de la patte, à la volonté de l’animal qui fait alors patte de velours. La conséquence de cette disposition est de conserver aux ongles tout leur tranchant et toute leur acuité, en les mettant à l’abri des causes d’usure provenant du frottement sur le sol : c’est une épée gardée au fourreau. Aussi ces griffes, toujours acérées, sont-elles les

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vraies armes des Félins : lorsqu’il s’agit de saisir ou de blesser mortellement une proie ou encore de se défendre contre un ennemi, elles constituent un instrument redoutable. Les pattes anteiieuics piésentent cinq doigts, les postérieures quatre seulement.

La langue des Félins est hérissée de papilles cornées et rugueuses qui lui donnent l’aspect d’une râpe.

Fig. 88. — Lion.

La famille des Félins, malgré les différences de taille qu'on peut observer entre certains des animaux qui la composent, entre le Lion et le Chat par exemple, est un groupe zoologique des plus homogènes. Tous sont digitigrades et, à part la taille, ne se dilférencient guère les uns des autres que par des caractères extérieurs tenant au pelage.

Le Lion (fig. 88), qui n’habite plus de nos jours que l’A- Irique et les contrées occidentales de l’Asie jusqu’à ITiide,

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était autrefois beaucoup plus répandu : suivant Hérodote, Aristote et Pausanias, on le trouvait en abondance en Macédoine, en Thrace, en Tbcssalic. Aujourd’bui, il a disparu complètement de l’Europe et il tend meme à disparaître rapidement de tous les pays qu’il habite encore, et il est probable que dans quelques générations nos descendants ne connaîtront plus ce ^superbe Félin, le roi des animaux, que par les dessins et les descriptions que nous en aurons laissés.

On a décrit maintes fois son genre de vie et scs mœurs, et ces descriptions vous sont connues : nous n’y reviendrons donc point. Il importe toutefois d’insister sur certains cotés de son caractère. Le Lion ne se nourrit que de proie vivante, mais il ne fond sur une créature vivante qu’autant qu’il est affamé; s’il est repu et si on ne l’attaque point, il passe impassible et indifférent. Cet animal si prodigieusement fort et si courageux n’attaque l’homme qu’à la dernière extrémité, à moins que celui-ci ne l’ait provoqué sérieusement.

Le Lion est partout traqué et chassé, à cause des ravages considérables qu’il cause dans les troupeaux. Les colons algériens estiment à 20 000 francs la valeur du bétail qu’un seul Lion leur tue annuellement. En prenant pour moyenne de sa vie trente-cinq ans, chaque Lion fréquentant leurs domaines a donc coûté 700000 francs. On comprend, après cela, l’acharnement avec lequel on le chasse et lui tend des embuscades.

Le Tigre {fig. 89) se distingue du Lion par sa robe zébrée de bandes transversales, par une taille et une férocité plus grandes. Il est également plus svelte, plus élancé, plus souple, et rappelle mieux, par ses formes comme par ses allures, le Chat qui sert de type au genre tout entier.

Le Tigre est particulier à l’Asie. Il habite Java, Sumatra, rindo-Chine, l’IIindoustan, la Chine et meme la Sibérie méridionale jusqu’à l’Obi. C’est surtout dans les jungles, c’est-àdire dans les parties boisées qui avoisinent les cours d’eau,

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f|u il aime h s’etahlir. Comme le Lion, il a im repaire au fond diKpiel il se relire pour prendre du repos. Dès que la faim se fait sentir, il se met en campagne : il fait preuve alors d’une incroyable audace. Il s’attaque indifféremment aux animaux et aux hommes. Dans les Indes, il dévore annuellement des milliers d Hindous : aussi la chasse au Tigre tient-elle une grande place dans 1 existence des nahahs indiens et des officiers anglais de l’armée des Indes.

Fig. 89., — Tigre. (Extrait de C. Vogt, les Mammifères.)

Un grand nombre de Félins de forte taille se distinguent par les taches rondes de leur pelage. La plupart d’entre eux jouissent de la propriété de pouvoir grimper sur les arbres, où ils restent blottis, dissimulés dans le feuillage, en attendant qu’une proie passe à leur portée. Ce groupe comprend des animaux de l’ancien et du nouveau monde, désignés sous des noms divers : c’est parmi eux que l’on rencontre le Jaguar, l’Once, le Chat des pampas, les Léopards et les Panthères,

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tous animaux des plus redoutables et auxquels on fait à juste titre une chasse acliarnce.

\jGJag2iar et l’Oce/o^ particuliers à l’Amérique, sontrépandus depuis Buenos Ayres et le Paraguay, à travers toute rAmérique méridionale, jusqu’au Mexique et même jusqu’à la partie sudouest des États-Unis. Un Félin a qui sa couleui d un loux uniforme a valu le nom de Lion d Amérique, le Puinciy habite egalement l’Amérique centrale et méridionale.

Fig. 90. — l’anthère.

Les Léopards ct les' Panthères (fig. 90) habitent l’Afrique presque tout entière et une partie de l’Asie. La Panthère noire est spéciale à Java. h’Oiice, enfin, haliitc 1 Asie centrale jusqu’en Sibérie; c’est sur les côtes du golfe Persique qu’il est surtout abondant.

On a conservé le nom de chats aux plus petits des Félins. Le type en est le Chat sauvage, qui habite en France les grands bois de haute futaie et surtout les sombres forêts de sapins.

11 est certain que le Chat domestique descend du Chat sauvage, mais on n’est pas bien fixé sur la question de savoir si celui-ci est la souche de toutes nos races domestiques. Le Chat

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Fig. 91. — Lynx.

est un des rares animaux qui aient su rester indépendants dans la domesticité ; il vit à côté de l’homme, mais il n’est pas asservi. Il est presque incapable d affection et on ne retrouve pas chez lui la fidélité et le désintéressement qui distinguent le Chien.

Le Lynx ou Loup-Cervier (lig. 91) , autrefois très répandu dans 1 Europe entière , est encore assez commun dans les

pays du Nord, mais ne se rencontre plus en France que dans les Pyrénées et les Alpes, et encore très rarement.

Une autre espèce, particulière au midi de l’Europe, se trouve en Sardaigne, en Sicile, en Grèce, en Turquie, en Espagne. De plus, d’autres animaux du même genre hahitenl lAméiique, 1 Afrique et 1 Asie. Ces Lynx ont tous les oreilles surmontées d’un pinceau de poils.

Il existe en Asie une espèce de grand Félin à pelage tacheté qui, par la longueur de scs pattes, ses pupilles rondes, ses ongles non rétractiles, et la facilité avec laquelle on l’apprivoise, semble se rapprocher des Chiens. C’est le Guépard, qu’on dresse pour la chasse.

La famille des hyènes constitue un groupe de Carnivores intermédiaire aux Félins et aux Chiens. Ces digitigrades se distinguent des Chats par leurs ongles, qui sont propres à fouir et qui ne sont pas rétractiles, par leurs doigts qui sont partout au nomhie de quatre. Leur allure est des plus bizarres et leur démarche oblique et incertaine : cela tient à ce que leurs jiattes postérieures sont plus courtes et plus basses que les antérieures. Ces animaux habitent des cavernes d’où ils ne sortent (pie la nuit pour rechercher leur nourriture: celle-ci consiste ordinairement en viandes putréfiées et, pour s’en procurer, ils vont

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jusqu’à déterrer les morts. Ce sont du reste des animaux lâches, et inoffensifs pour l’Homme sinon pour les bestiaux.

Fig. 92. — Hyène tachetée.

(Extrait de C. Vogt, les Mammifères.)

répandue en Cafrerie et dans tout le midi de 1 Afrique ; elle s’apprivoise facilement, comme le Chien, et rend les memes services.

Une Hyène de très grande taille, 1 Hyène des cavernes, habitait nos pays au temps de l’Homme quaternaire.

La famille des chiens comprend des Carnivores digitigrades à ongles non rétractiles. Le nombre des doigts est le même tpie chez les Félins : cinq aux pattes antérieures, quatre aux postérieures. Leur langue est douce, au contraire de celle des Félins. Ce sont les plus intelligents des Carnivores. Leurs sens sont très subtils, surtout celui de l’odorat. Ils vivent en société, ne grimpent point et atteignent leur proie à la course. Les principales espèces sor.t les Chiens, les Loups, les Renards, les Chacals, etc.

mammifères.

En outre des diverses races de Chiens domestiques, il existe un ceitain nombre d espèces de Chiens sauvages, parmi lesquels se trouvent évidemment les souches dont dérivent nos races domestiquées.

Les Chiens sauvages ressemblent considérablement au Chien domestique par la forme et par l’aspect extérieur, mais, tandis que celui-ci aboie, ils présentent cette singulière particularité d’être muets. Le Colsun ou Dole, qui habite le Dekhan, les montagnes de Nilagiri et les forêts de la côte de Coromandel; le Buansu, qui se rencontre dans toute la contrée du bas Himalaya ; VÂdjack ou Chien y^utilant, qui se trouve à l’île de Java, tels sont les principaux Chiens sauvages asiatiques. En Afrique, on rencontre le Cabéni, qui habite l’Abyssinie, et le Dihb, qui était connu déjà des anciens Égyptiens'. En Australie, on obseive le Dingo ’ a la Nouvelle-Zélande, le Karcivahe dans l’Amérique du Nord, le Chien des Ilare-Didiens. La plupart de ces espèces de Chiens sauvages s’apprivoisent aisément et il serait assez facile de les domestiquer définitivement.

Les Cliiens domestiques, vous le savez, appartiennent à des

i-accs et à des variétés fort diverses, entre lesquelles on constate des différences considérables, tenant non seulement à la taille ou au pelage, mais encore à des caractères anatomiques importants. Quelle distance n y a-t-il pas, par exemple, entre le Lévrier et le Caniche, entre le Basset à pattes torses et le Terre-neuve !

Le Loup (fig. 93) atteint la taille de nos plus grands Chiens, mais il se distingue de ceux-ci par sa queue, qui est droite au lieu d’être relevée, par ses oreilles également droites et par son pelage fauve. Loin d’être un animal sociable comme les Cliiens, même comme les Chiens sauvages et marrons, il vit le plus souvent solitaire dans les forêts et ne se réunit en bandes que lorsque la faim le presse. Très fort, très agile, très adroit, mais ordinairement lent et lâche, il devient alors d’une audace extrême : il attaque non seulement les Moutons et les Chiens,

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mais encore les Hommes. Il est répandu dans tonte l’Europe, mais il diminue rapidement de nombre, grâce à la chasse active dont il est l’objet; en Angleterre, il a déjà été complètement détruit; il abonde en Pologne, en Russie, en Suède, en Norvège et en Laponie. 11 habite encore tout le centre et tout le nord de LAsie, notamment la Sibérie. Les Hindous le placent au rang de leurs animaux sacrés : aussi, dans rilindoustan, commet-il des ravages et des déprédations sans nombre. Dans le nord de l’Amérique septentrionale, on

trouve un Loup qui a de grands rapports avec celui de nos contrées.

Le Chacal remplace le Loup en Afi ique. On le rencontre dans toute l’Afriqun, dans toutes les régions chaudes de l’Asie et meme dans le sud de la Grèce. Ces animaux sortent la nuit et poussent alors, pour se rallier dans l’obscurité, des hurlements lugubres et retentissants. Leur voracité est sans pareille, comme celle des Hyènes; ils vont jusqu’à délerrer les cadavres dans les cimetières. Le Chacal s’apprivoise facilement, mais

Fig. 95. — Loup.

demeure toujours d’un caractère inconstant. Certains naturalistes l’ont considéré comme la souche de jdusieurs de nos races de Chiens.

Les Renards ont le museau extrêmement effilé et la queue très touffue ; comme les Chacals, ils exhalent une odeur très désagréable. Le Renard vulgaire (fig. 94), qui habite toute

Fig. 94. — Renard.

l’Europe, le nord de l’Asie et de l’Afrique, et qui se rencontre môme en Amérique, jouit à juste titre d’une grande réputation de finesse: c’est la terreur des basses-cours, et il fait un grand massacre de volailles. Il habite un terrier qu’il creuse à la lisière des bois, parmi les pierres, sous les rochers ou les troncs d’arbres ; d’autres fois, il s’empare du terrier d’un Lapin,

ou d’un Blaireau et s’y installe à sa guise. Cet animal est l’objet d’une chasse acharnée de la part de l’Homme : en Angleterre, on le chasse à courre comme le Cerf, mais en France on le poursuit d’une façon plus modeste. Le Renard est, lui aussi, très susceptible d’éducation.

Le Renai'd bleu ou Isatis, qui donne une fourrure très estimée, est spécial aux régions polaires : il habite la Sil)érie, le nord de la Scandinavie et de la Russie. Malgré son nom de Renard bleu, la couleur de sa robe s’accommode aux conditions où il vit : blanc en hiver, il est en été couleur de terre.

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Le Fennec est un petit Renard à très larges oreilles, qui vit dans les dunes de sable du nord de l’Afrique. On trouve encore des espèces particulières de Renard en Asie et en Amérique.

La famille des viverriens i^viverrci, civette) comprend dos Carnivores à corps mince, allongé, à jambes courtes, à museau pointu ; leurs doigts sont au nombre de cinq à chaque patte et sont munis d’ongles presque toujours rétractiles. Ils ont près de l’anus une ou plusieurs glandes, qui sécrètent un liquide particulier, à odeur forte, souvent désagréable et qui s’amasse parfois dans une poebe spéciale. Ces animaux sont les uns plantigrades, les autres digitigrades. Ils sont avides de sang ; ils ont les mouvements vifs, aisés, courent rapidement et grimpent avec adresse. Ils habitent principalement les pays méridionaux de l’ancien monde; le plus souvent ils n’ont pas de retraite fixe, mais, après a^oir erré toute la nuit à la recherche de leur nourriture, ils se retirent et se couchent roulés en boule, dans un endroit tranquille et silencieux, là où le jour les a surpris.

Les Civettes, qui soiit digitigrades , jouissent depuis longtemps d’une grande célébrité, à cause du parfum qu’elles fournissent en abondance et dont on a fait anciennement grand usage, meme en médecine. En Orient, on les élève en captivité pour tirer profit de leur parfum. On distingue deux espèces de Civettes: la Civette d'Afrique et la Civette de l'Inde.

Les Genettes, dont 011 trouve une espèce dans le midi de. la France, ne diffèrent guère des Civettes : leur sécrétion musquée est toutefois trop peu abondante pour qu’on puisse songer à en tirer parti. Ces animaux sont surtout répandus en Afrique, à Madagascar, dans l’Asie méridionale et dans l’archipel Indien.

Les iti.'iingotistes, qui habitent toutes les parties chaudes de l’ancien continent, ne se distinguent guère des Civettes que par l’absence de poche à odeur. Le "type en est la Mangouste ichneuinon, qui habite toute l’Egypte et toute la région du Nil, et qui était un dieu des anciens Égyptiens.

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La famille des mustéliens [mustela, belette) comprend des animaux de petite taille, au corps allongé et bas sur pattes, éminemment destructeurs. Les uns sont franchement plantigrades, comme le Blaireau ; les autres sont demi-plantigrades, tous avec cinq doigts à chaque patte. Ils ont le plus souvent des glandes dont la sécrétion est d’une odeur désagréable. Un certain nombre d’entre eux, comme la Martre, le Tison, l’Hermine, la Loutre, donnent une excellente fourrure. Ils sont répandus partout, sauf, comme toujours, en Australie.

La Loutre (Tig. 95) habite le bord des rivières et se retire

Fig. 9o. — Loutre.

soit dans quelque retraite naturelle, située à une faible distance de la rive, soit dans un terrier qu’elle se creuse et qu’elle met en communication avec la profondeur de l’eau. Elle se nourrit surtout de Poissons, nage et plonge admirablement grâce à ses pieds palmés. On l’apprivoise sans trop de peine et son maître alors la dresse à pêcher pour lui. Les Loutres se rencontrent dans toutes les parties du monde, mais surtout en Europe et en Amérique. Une espèce particulière, la Loutre marine, qui vit au Kamtscbatka, donne une fourrure des plus appréciées ; elle est aujourd’hui presque complètement détruite.

Les Martres sont les plus petits, mais aussi les plus féroces des Carnivores. Ces animaux, dont la plupart établissent leur demeure non loin des lieux habités, causent des dégâts consi-

CARISIYORES.

(lérables, notamment dans les basses-cours. Leurs ongles sont rétractiles.

La Martre ordinaire et le Vison se rencontrent en Europe et en Amérique; la première vit dans les forêts, le second dans les endroits marécageux. La Zibeline habite la Sibérie; on la chasse avec activité, car sa fourrure est une des plus recherchées. La Fouine se trouve dans toute 1 Europe et une partie de l’Asie occidentale ; elle vit auprès de 1 Homme et a une prédilection marquée pour les animaux de bassecour.

Le Putois commun, appelé encore Putois fétide, a cause de l’odeur repoussante qu’il exhale, a les mêmes mœurs que la Eouine; on l’observe dans toute l’Europe. V Hermine vit à côté de la Zibeline, dans les régions les plus septentrionales du globe ; sa fourrure est rousse œn été, mais en hiver d un blanc éclatant avec, en tous temps, le bout de la queue noir. Le Furet, venu d’Espagne, est l’ennemi naturel du Lapin, a la

chasse duquel il est facile de le dresser. La Belette (lig. 9G), le plus petit des Carnivores, fait surtout la guerre aux Taupes et aux Rats. Elle est commune en Erance ainsi que la Eouine et le Putois : la Martre et l’IIermine y sont rares, le Vison plus encore.

Le Blaireau, qui se trouve dans les régions tempérées de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique, est de la grosseur d’un Renard, mais ses pattes sont plus courtes. Il se creuse, dans des endroits retirés, des galeries souterraines profondes et

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compliquées, où il dort tout le jour : il sort au contraire la nuit pour chercher sa nourriture. 11 est omnivore et plantigrade. Son poil n a point le soyeux de celui des animaux précédents : il sert a faire des brosses à dents et des pinceaux à barbe.

Pour en finir avec l’ordre des Carnivores, il nous reste à passer en revue la famille des ours. Ces animaux sont tous plantigrades, ce qui leur permet de se tenir debout sur leurs pattes de derrière; leurs pieds sont munis de cinq doigts. Ils grimpent facilement et, grâce à leurs ongles puissants, non rétractiles, ils peuvent fouiller le sol, sans cependant creuser de véritables terriers : ils se retirent dans des arbres creux ou dans des cavernes. Ils sont omnivores. La plupart sont sujets au sommeil hibernal.

Les Ours proprement dits ont le corps lourd, la queue très courte, le poil très touflu. Leur force est énorme : d’un coup de patte ils assomment les animaux les plus rolmstes. On peut facilement les apprivoiser et leur apprendre à se tenir debout au commandement et à danser au son de la musique. Les Ours sont répandus en Europe, en Asie et en Amérique; on n en connaît aucune espèce africaine. Ils habitent surtout les régions froides et, si on les rencontre dans les pays chauds et tempérés, ce n’est jamais que sur les hautes chaînes de montagnes.

\JOurs brun (fig. 97) habite les principales chaînes de montagnes de l’Europe, notamment dans les Alpes et les Pyrénées, mais il tend rapidement à disparaître, à cause de la chasse incessante dont il est l’objet. Cet animal, à l’état adulte, a une longueur moyenne de 1”',60 environ : mais il n’est pas rare de le voir atteindre une taille beaucoup jilus considérable, ei le musée de Lausanne renferme un individu qui ne mesure pas moins de L’Ours Iirun vit solitaire; il dort le jour et

chasse la nuit. Quand les aliments sont rares, il descend dans la plaine et saccage les champs de blé, d’avoine et de maïs.

CARÎs INGRES.

Son régime est surtout végétal et il a une prédilection marquée pour les Fourmis et le miel; il ne mange delà viande qii a l’époque des froids, quand les fruits deviennent rares ; il attaque alors surtout les Moutons. 11 n’attaque pas l’Homme, si celui-ci ne l’a pas provoqué. En dehors de l’Europe, on le rencontre encore en Sibérie et en Perse.

L’Omi's blanc, qui habite les régions glacées avoisinant le Pôle arctique, le Groenland, le Spitzberg, la Nouvelle-Zemble, etc., est beaucoup plus redoutable que le précédent. Il poursuit les Morses, les Phoques et s’en enqiare en plongeant.

Fig. 97. — Ours brun.

avec une grande adresse. H attaque les pécheurs qui naviguent dans ces régions désolées, et la liste est longue des victimes qu’il a faites. Cet animal est de très grande taille : il atteint ordinairement et dépasse fréquemment de longueur. Sa

force, proportionnée à sa taille, le rend extrêmement redoutable : aussi les Esquimaux et les Samoyèdes le chassent-ils avec acharnement.

L’Amérique compte plusieurs espèces d’Ours : l’Ow?’s gris et VOurs noir sont les mieux connus. Le premier, assez semblable

majimifèues.

à notre Ours brun, est très redoute des chasseurs : auprès de

orc s des Ltats-Ums. L Ours no..' est au contraire assez doux; i est surtout frugivore et ne s’attaque au bétail que quand la aim le presse; il est commun aux États-Unis. C’est lui qui ourn.t les jambons d’Ours qui nous arrivent d’Amérique, 'et

dim '^o'^nets des grena-

L’Inde nourrit plusieurs autres espèces d’Ours, dont l’un.

Ours malais, absolument inoffensif, est souvent élevé comme ooimal domestique.

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