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PROBOSCIDIENS

actuel, possédait d’énormes défenses fortement incurvées-, son corps entier était recouvert d’une toison épaisse et longue de poils raides et noirs (tig. 115).

Le Mammouth, à l’inverse des Éléj)liants qui n’iiahitent ((ue les contrées chaudes de l’Afrique et de l’Asie, vivait de préférence dans les régions glaciales du Nord. C’est en effet surtout en Sibérie que l’on rencontre ses res! es. Lorsque des plages ‘sablonneuses viennent à dégeler, on découvre des montagnes entières de dents et d’ossements gigantesques qui appartenaient au Mammouth. Les défenses de cet animal sont tellement a bonplantes dans ces parages que les empereurs de Piussie virent dans leur exploitation une source de revenus considérables pour le trésor et défendirent aux habitants de les récolter. Chaque année de nombreuses caravanes se rendent à la belle saison sur ces rivages glacés et en rapportent de véritables car- .gaisons d’ivoire fossile, qui sert dans l’industrie aux mêmes usages que l’ivoire des Eléphants actuels.

Le Mammouth a dû périr et disparaître de la surface du globe a la suite d’un cataclysme ayant déterminé un abaissement subit et permanent de la température. Ce qui le prouve, c’est la curieuse découverte qui fut faite en 1799, sur les bords de la Léna, d’un cadavre intact de Mammoutb. L’animal, saisi au milieu des glaces, était resté là pcut-ctre pendant des milliers d’années, à l’abri de l’air, et par conséquent à l’abri de la putréfaction. Il était en si parfait état de conservation, lorsqu’il fut reti'ouvé, que sa peau, ses longs poils, et même ses crganes les plus délicats, son cerveau, ses yeux, j)résentaient le même aspect que sur un animal frais. Ses chairs étaient appétissantes et les Yakoutes (pii L; découvrirent se régalèrent de ce mets préhistorique. Les restes de ce I Mammouth célèbre figurent actuellement au musée de Saint- Pétersbourg.

Les habitants préhistoriques de nos contrées chassaient le Mammoutb avec leur hache de pierre, comme les Abyssins

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€liassent encore l’P^léphant à l’épée. Un artiste de ces temps re-

culés nous a conservé, tj*acée sur un morceau d’ivoire, la représentation d’iine de CCS chasses périlleuses.

Un antre Proboscidien dont on retrouve encore les restes dans le terrain tertiaire, à une époque où l’on n’est pas certain que l’hominc existât déjà, est le i^iastotioiite. Il habitait l’Europe centrale, les Indes et l’Amérique. Cet animal avait Fig. lu. — Crâne (le Dinothérium. quatre défcuscs, dcux à chaque mâchoire : celles de la mâchoire supérieure étaient longues et un peu recourbées;

cell es de la mâchoire inlerieure étaient courtes et droites.

Un autre, le Dinothérium, avait des défenses à la mâchoire inférieure, et elles étaient recourbées en bas (fig. 114).

ORDRE DES PERISSODACTYLES

L ordre des Périsso«iacfyles (TTspijs'cç, impair; oay.T'JAoç, doigt) renferme des animaux qui semblent fort dissemblables au premier abord : le Cheval, le Rhinocéros, le Tapir. Ces animaux toutefois présentent tous cette particularité d’avoir à cbacpie patte un nombre impair de doigts (bg. 1 15). Ces doigts sont entourés de sabots : il peut n’exister qu’un seul sabot, qui entoure le pied tout entier, comme chez le Cheval; ou bien chaque doigt peut avoir son sabot particulier, comme chez le Rhinocéros et le Tapir.

Tous les Périssodactyles sont herbivores. Leur dentition ]u*éseute certains caractères importants (pic nous étudierons chez

PÉRISSODACTYLES.

le Clieval. Leur estomac est toujours simple. — Les animaux dont le pied est conformé de la même façon (jiic le Cheval ont été réunis sous le nom de solipèdes (étrange mot qui a l’intention de dire: un seul doigt). Le Cheval est le type de ce groupe, comme il est l’animal le plus important pour nous de l’ordre tout entier des Périssodaetyles.

.1 « La plus noble conquête que l’ilommc ait jamais faite, a

• dit Buffon dans une page admirable, est celle de ce fier et fougueux animaPqui partage avec lui les fatigues ^ de la guerre et la gloire des combats ; aussi intrépide que son maître, le Cheval voit le péril et l’affronte; il se fait au bruit des armes, il l’aime, il le cherche et s’anime de 'la même ardeur ; il partage aussi ses plaisirs à la chasse, aux tournois, à la course; il brille, il étincelle; mais, docile autant que courageux, il ne se laisse point emporter à son feu ; il sait réprimer ses mouvements ; non seulement il lléchit sous Fig. 115. — A, patte (le Clieval.

k* 1 1 • • 1 • 1* B, patte lie Rhinocéros.

main de celui qui le guide, ^

mais il semble consulter ses désirs ; obéissant toujours aux impressions qu’il en reçoit, il se précipite, se modère ou s’arrête, et n’agit tpie pour y satisfaire; c’est une créature qui I renonce à son être pour n’exister que par la volonté d’un autre,

I qui sait même la prévenir; qui, par la promptitude et la préi cision de ses mouvements, l’exprime et l’exécute; qui sent autant qu’on le désire et ne rend qu’autant qn’on le veut; qui, se livrant sans réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s’excède et même meurt pour mieux obéir. »

' Cette description célèbre de Buffon peint bien exactement des qualités du Cheval, les services précieux qu’il rend tà

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rilomme. La citation que nous en venons de faire nous dis- ])ensera d’insister plus longuement sur ce point. Aussi bien savez-vous tous combien le Cheval est utile à l’Homme.

Les allures du Cheval sont très variées. Le pas s’accomplit en quatre temps (fig. 116, 117) : un membre de devant quitte

Fig. 116. — Cheval au pas; instant (le ra])pui latéral.

Fig. 117. — Cheval au pas; instant de l’appui diagonal.

d’abord le sol, puis il est suivi de la jambe de derrière du coté oppose. Dès que ces deux membres sont posés à terre, les deux autres se meuvent de la même façon. Dans le trot (lig. 118), une jambe antérieure et une postérieure, de côtés opposés [bipède diagonal, disent les éleveurs), se lèvent ensemble pour retomber également ensemble; \o,trot s’exécute en deux temps.

Le galop (fig. 119) consiste en un saut en avant, dans lequel les jambes antérieures se lèvent en même temps et sont suivies si promptement de celles de derrière, que pendant un certain temps elles se trouvent toutes les quatre en l’air.

Ce sont là les allures ordinaires, naturelles, quant aux

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allures artificielles ou acquises, on les désigne sous le nom ôi'amhle (fig. 120), à'entrepas ou traquenard efc à'auhin. L’amble seul mérite de nous arrêter : il •s’exécute en deux temps; au premier temps, deux jambes, l’une antérieure et l’autre postérieure du ‘même côté (bipède latéral), quittent le sol pour se poser ensemble, puis au second temps les deux autres jambes reproduisent le f même mouvement.

En raison des travaux pénibles auxquels le Cheval domestique est soumis, on a l’habitude de lui appliquer une semelle de fer sous les sabots. ferrure est destinée à permettre aux sabots de résister à l’usure des frottements et aux efforts de la locomotion. En effet, sans le fer protecteur, le Cheval ne serait pas capable de suffire longtemps aux travaux que l’on exi ge (le lui dans les rues pavées des villes et sur les routes empierrées.

Dans la pratique de la ferrure, il importe de conserver au pied l’intégrité de sa forme et la liberté de ses mouvements, et au membre la régularité de ses aplombs. Ces conditions ne sauraient être remplies si l’on ne donne au fer une tournure exactement modelée sur les contours du pied, et si on ne l’a» juste de telle sorte que l’assiette du membre sur le sol soit autant (pie possible la même que si le fer n’avait pas été surajusté. Il faut attacher la plus grande importance à la façon dont le Cheval est ferré, car une mauvaise ferrure peut être le point de départ de diverses maladies du pied qui mettent l’animal hors de service et lui enlèvent toute valeur.

Il est bien difficile de dire exactement à quelle époque Fllomme a commencé d’asservir le Cheval; sa domestication remonte en tous cas aux sociétés primitives. Il semble certain que les Hébreux ne possédaient point encore de Cheval du temps de Moïse, car celui-ci leur recommande de ne

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|)oint avoir peur, à la guerre, des Chevaux de leurs ennemis ; du temps de Salomon, ils en avaient au contraire un grand nombre. Ij art de 1 équitation était fort développé chez les ScyUies. Lorsque ces peiq)les barbares envahirent la Grèce, les liabitants de la Tbrace furent frappés d’effroi : ils pensaient que 1 Iloinme et le Cheval ne faisaient qu’un, et c’est ainsi qu’il faut s’expliquer l’origine de la fable des Centaures. Il est intéressant de remarquer que, lorsque Fernand Cortez vint débarquer au Mexique, les Aztèques, qui n’avaient jamais vu de Chevaux, tombèrent dans la même erreur.

Depuis le moment où il a pu apprécier les services que le Cheval était appelé à lui rendre, l’Homme s’est occupé d’élever

Fig. 121. — Squelette de Cheval.

et de multiplier ce précieux animal. Dans l’antiquité, les haras de S»domon étaient célébrés, la Médie et 1 Arménie produisaie nt une grande quantité de Chevaux. De nos jours, l’élevage du Cheval a pris une grande extension et constitue même la principale industrie de ceriaines contrées : la Normandie est dans

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ce cas. Dans le but d’assurer la remonte des années, les divers États ont des haras particuliers où l’on cherche tout à la fois à propager la race et à l’améliorer : le premier haras d’État a

été fondé en 1714, par Louis XIV.

Dans la première année, le jeune Clieval ou poulain est couvert dhm poil laineux; sa crinière et sa queue sont courtes et crépues. L’année suivante, le ])Oil devient plus lustré, en ‘même temps que la crinière et la queue s’allongent et deviennent plus lisses.

Le Cheval, lorsque sa dentition est complète, possède, a ^ chaque mâchoire et de chaque côté, 5 incisives, 1 canine et 6 molaires. Ces dents se développent les unes après les autres, en sorte que l’examen de la dentition à diverses époques, chez un jeune animal, permet d’apprécier assez exactement son âge (fig'. 1*22, 125, 124, 125). Diautre part, la croissance des dents est continue et leur surface s’use d’une façon incessante; en s’usant, elle change d’aspect et son observation peut encore fournir d’excellents caractères grâce auxquels il est possible de déterminer l’âge de ranimaL

Les canines sont assez éloi-

Fjg. 122. — Mâchoire d’un poulain

de quatre mois.

gnées des incisives, mais elles sont

plus distantes encore des molaires et 1 intervalle qui les sépare

Fig. 123. — Mâchoire d’un Cheval de trois ans.

de ces dernières a reçu le nom de barre. La barre correspond exactement à l’angle des lèvres, et c’est à son niveau que vient

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se placer le mors, grâce auquel l’Homme dompte et dirige le Cheval le plus fougueux.

L éducation du Cheval est longue et demande des soins nombreux. Elle se fait de façons diverses, suivant que Eanirnal est

îig. 124. — Mâchoire d'un Cheval de cinq ans.

destiné a l’attelage ou à la course : dans l’iin et l’autre cas, le Cheval a besoin d’être dressé ou entraîné, et de faire son

apprentissage, pour ainsi dire. Le dressage consiste dans l’em {)loi méthodique et continu d’une série de moyens, qui tous

concourent à un même but, celui de faire plier la volonté de l’animal sous celle de l’Homme, d’habituer son corps à supporter patiemment les contraintes et à exécuter 1 ibrement les mou-

lig. J2o. — Mâchoire contre-marquée.

jiarfois un travail long et difficile obéir sous la pression du mors.

vements que nécessitera son service à venir. C’est que d’habituer le poulain à a ralentir son allure sous la

tension des guides, à l’accélérer lorsqu’on les relâche ou lorsque le louet vient le caresser.

L entraînement diffère essentiellement du dressage : c’est un mode d éducation spécial aux Chevaux ipie l’on veut faire

rÉRîSSODACTYLES.

prendre part aux courses. Il a pour but de mettre l’animal en état de courir le plus vite possible dans un temps déterminé, mais fort court. On soumet le Cheval à un régime spécial et on a bien soin de prévenir chez lui tout développement du ventre. Entraîner un Cheval, c’est l’émacier, c’est ne lui laisser que le strict nécessaire à l’exécution d’un mouvement rapide, mais de

, courte durée.

• L’IIomme quaternaire connaissait parfaitement le Cheval, alors très commun dans nos pays. Savait-il le dresser? rien ne nous autorise à l’aflirmer. Mais il le mangeait. A Solutré ^ (Saône-et-Loire) se trouve une station préhistorique entourée d un rempart construit en os de Chevaux, dans la composition duquel on estime que 40 000 de ces animaux sont entrés.

Bien avant, à l’époque tertiaire, vivaient dans la vallée du

Rhône les iiipparions, ClievauXv à trois doigts. Nos Chevaux actuels ont, du reste, deux rudiments de doigts cachés sous la peau de chaque canon.

Nos ancêtres, vous ai-je dit, se nourrissaient volontiers du cheval. Les peuples envahisseurs venus de l’Orient, qui amenaient avec eux des Chevaux domestiqués, les mangeaient aussi a 1 occasion. Au huitième siècle, les papes Grégoire 111 et Zacharie I l’interdirent aux peuples de la Germanie. Dans ces dernières années, on a essayé ‘de la remettre en honneur, et les grands services qu’elle a rendus pendant le siège de Paris semblaient présager plus de succès à ces tentatives.

La domestication du Cheval remonte, comme nous l’avons vu, à une époque fort ancienne. Gomme cet animal se plie aisément aux genres de vie les plus divers aussi bien qu’aux caprices et aux habitudes de son maître, il donna peu à peu naissance i un grand nombre de variétés qui, en se spécialisant, ont constitué autant de races, distinctes les unes des autres non seulement par la forme ou les proportions du corps, mais aussi lar les qualités intellectuelles et morales.

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Les Chevaux arabes, qui constituent plusieurs races, sont actuellement les plus fins, les plus robustes que l’on connaisse. Aune grande élégance déformé ils joignent une vitesse exceptionnelle et une résistance considérable à la fatigue. L’Arabe aime son cheval à l’égal des membres de sa famille, sinon plus. Le proverbe suivant montre, du reste, quel cas l’Arabe fait de son noble coursier : « Le Cheval est la plus belle créature après rilomme; la plus noble occupation est de l’élever; le plus

délicieux amusement de le monter, et la meilleure action do-| mestique de le soigner. »

Les peuples de l’Europe septentrionale et centrale, et notamment les Anglais, sont parvenus à modifier profondément la nature du Cheval. La race pur-sang anglaise, qui produit de si excellents coureurs, dérive de Chevaux turcs qui commen-. cèrent à être introduits en Angleterre à partir de l’épocpie de Jacques V" et de Cromwell; le pur-sang anglais (fig. E26) al toutefois subi d’importantes modifications, et il diffère actuellement d’une façon notable du Cheval turc; il est plus haut, plus allongé, plus efllanqué que celui-ci.

PÉRISSODACTYLES.

L’Angleterre produit encore certaines races de chasse ou de trait qui lui sont particulières. Parmi ces dernièi’es citons le bai de Clcveland, le Clvdesdale, le Cheval du Lincolnshire.

Les races françaises sont nombreuses et doivent nous arrêter un instant, en raison de l’intérêt tout particulier qu’elles nous présentent. Les Chevaux de selle et de cavalerie légère sont principalement fournis par les races des Pyrénées, d’Auvergne et du Limousin; ceux de cette dernière race descendent, à ce

({Li’on croit, de Chevaux arabes (pii furent abandonnés par les Sarrasins après la défaite que leur inlligca Charles Martel. La grosse cavalerie recrute principalement ses Chevaux dans la race anglo-normande, élevée en Normandie, et dans la race poitevine; cette dernière se fait rcmaiapier par l’aptitude à produire des mulets de bonne qualité. Le Clieval percheron est surtout propre au service de la voiture : les omnibus de Paris sont traînés par des individus de cette race. Enfin les Chevaux de gros trait sont surtout empruntés aux races anglo-normande, boulonnaise (fig. 127) et flamande.

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Jusqu’à présent, nous ne nous soiriHies occupé que du Cheval domestique. Il nous faut maintenant, pour en finir avec cette histoire du Cheval, dire quehpies mots de ses races sauvages ou errantes. A cet état, les Chevaux forment toujours des troupes conduites par un mâle; sans refuge fixe, mais errant à raventure, s’arrêtant là où la nourriture est le plus abondante.

Dans les steppes de la Mongolie, dans le Gobi, dans les forêts du cours supérieur du Iloang-ho et les montagnes du nord de l’Inde, on trouve le Tarpan, Cheval sauvage de taille moyenne. Cet animal est fort difficile à dompter, et si les Mongols lui font la chasse, c’est bien moins pour le capturer que pour le mettre à mort. « Les habitants des steppes, dit *Brehm, adonnés à l’élève des Chevaux, craignent les Tarpans plus encore que les Loups, à cause des dommages qu’ils leur causent. Dès que ces Chevaux sauvages aperçoivent une voiture traînée par des Chevaux domestiques qui, avant leur asservissement, étaient leurs camarades, ils courent à eux; à peine les ont-ils reconnus à leurs hennissements qu’ils les entourent et les entraînent de gré ou de force. Malheur aux personnes (pii se trouvent dans la voiture! En dépit des cris et des coups des gardiens, les Chevaux des steppes, pris de fureur, brisent les voilures en morceaux à coups de pied et de dents, arrachent les harnais de leurs camarades, les rendent à la liberté; puis, joyeux et hennissants, les emmènent avec eux en triomphe. »

Le Cheval tartare , qui vit également en liberté dans les steppes de certaines parties de l’Asie, est plus ou moins sous la dépendance de rilomme, à l’inverse du Tarpan, qui est absolument sauvage.

Dans les diverses régions de l’Amérique du Sud et de l’Ainérique du Nord on rencontre également d’immenses bandes de Chevaux errants, mais on ne saurait les considérer comme des Chevaux sauvages, car, lors de l’arrivée des Européens en Amérique, le Cheval, qui avait été autrefois très réjiandu à la

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surface du Nouveau Monde, en avait depuis longtemps disparu et ne s’y rencontrait plus qu’à l’état fossile : les Chevaux errants des pampas ne proviennent donc que d’individus redevenus libres et qui retournent à l’état de nature. Les Cimarrones sont les Chevaux errants de Buenos- Ayres, de la Plata, du Rio-Negro et de la Patagonie. Les Mustangs sont les Chevaux errants du Paraguay.

Les Chevaux montés par les Indiens sont tous des individus pris parmi ces bandes errantes : la chasse au Cheval est en effet un des exercices favoris de ces peuples primitifs. « On chasse souvent toute une troupe à la fois, et en la poursuivant on s’efforce de l’enfermer dans un corral ou grand enclos circulaire fait de pieux solidement fixés en terre. Alors le chef monte sur un Cheval vigoureux et dont il est sûr; il entre dans l’enceinte ayant à la main un laz'o ou longue courroie fixée par une extrémité à sa selle et terminée à l’autre bout par un nœud coulant. Le cavalier lance ce nœud au cou du plus beau jeune Cheval qui se présente à lui, et l’entraîne au dehors. Au moyen de cordes on embarrasse les jambes de l’animal et on le jette à terre; ensuite on lui met dans la bouche une forte courroie en forme de bride, puis on le selle. Un Indien armé d’éperons très-aigus le monte et on le laisse alors courir. Le Cheval fait des efforts incroyables pour se débarrasser de son cavalier, mais inutilement; l’éperon le met au galop, et, après avoir couru un certain temps, il se laisse ramener à l’enclos où il a perdu sa ld)erté; il est dompté. On lui ôte sa bride et on le mêle aux Chevaux domestiques, car dès ce moment il ne chei'che plus ni à s’échapper ni h désobéir à son maître. »

En Europe et meme en France on trouve aussi des Chevaux errants.

Dans la Camargue vit en pleine liberté une race particulière de Chevaux, dérivés d’arabes laissés par les Sarrasins à l’époque où ils durent abandonner les Gaules. H y a ])eu de temps, on rencontrait également des Chevaux errants dans les

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dunes de Gascogne, mais leur nombre a l)eaucoup diminué de nos jours, si tant est qu’il en existe encore.

Au nord de l’Ecosse, on trouve dans les îles Shetland des Chevaux de petite taille, mais doués d’une force relativement considérable : ce sont les poneys.

Les Anes diffèrent des Cbevaux à plusieurs égards. La teinte grise de leur ])elage est relevée, le long de l’épine dorsale, par une bande plus foncée qui, chez certains individus, est même croisée transversalement au garrot par une autre bande descendant le long des pattes antérieures. Les oreilles sont fort

Fig. 128. — Ane.

longues; la queue ne porte de crins qu’à l’extrémité; la crinière est courte.

Les Anes doniesiiques (lig. 1*28) descendent d’espèces qui vivent actuellement encore à l’état sauvage et que nous étudierons tout à l’heure. L’âne semble avoir été apprivoisé pour la première fois en Arabie et, de là, il pénétra en Egypte; sa domestication remonte aux époques les plus anciennes et a précédé sans doute celle du Cheval. De l’Egypte et de la Judée, l’Ane passa en Grèce, de Grèce en Italie, d’Italie en France,

PÉRISSODACTYLES.

puis eu Allemagne, en Angleterre, en Suède et dans le reste du Nord. De nos jours, c’est surtout en Egypte et en Perse que l’Ane est répandu; dans les villes égyptiennes, il constitue même à peu près le seul .moyen de transport.

L’Ane d’Egypte et de Perse est beau, vif, travailleur, dur à la fatigue; il ne rend pas moins de services que le Cheval, s’il n’en rend même plus. Dans bien des contrées, on veille à maintenir sa race aussi pure que celles des meilleurs Chevaux. Les chefs le montent jusqu’au moment de charger l’ennemi.

Quelle différence avec l’Ane de nos pays ! Celui-ci est paresseux, égoïste, têtu, mais il faut bien reconnaître que tous ces défauts sont le résultat direct des mauvais traitements que souvent on lui inflige.

Lllémioîie a été longtemps considéré comme représentant la souche commune de laquelle auraient dérivé tous les Anes ; mais c’est une espèce à part. Cet animal a le port du Mulet, mais sa taille est plus fine, et ses allures sont plus li anches. Il vit à l’état sauvage dans les plaines et les plateaux secs, découverts et herbeux de l’est de la haute Asie et de la Mongolie. 11 constitue des bandes tonnées au plus d une vingtaine de juments et poulains conduits par un étalon. L’IIémione est très difficile à domestiquer; toutefois, dans les contrées voisines de niimalaya, on a pu le dompter et on l’emploie à tous les travaux auxquels sa force et sa taille la rendent propre.

VOncKjre est un Ane sauvage qui habite -également l’Asie. Comme l’ilémione, il est si rapide qu il dépasse à la course les Chevaux les plus alertes; la finesse de ses sens, notamment de son ouïe, est telle qu’il est presque impossible de 1 approcher, aussi les Persans ont-ils recours à divers stratagèmes pour s en rendre maîtres : ils creusent des fosses qu’ils recouvrent de branchages et d’herbes, puis ils organisent des battues et cherchent à diriger le troupeau d’Onagres vers la vallée où ces fosses ont été creusées. Les Romains estimaient fort la chair

de l’Onagre; les Khirgises, les Persans et les Arabes eux-mêmes

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ont conservé ccUc tradition. La peau de cet animal est employée

|)ar les Boukliariens à la fabi'ication du cliagrin et de Lottes d’un grand prix.

Vllémippe est une espèce plus petite encore.

On 1 encontre enfin en Afrique, dans les steppes situées à l’est du Ail, une autre espèce d’Anes sauvages, qui est probablement la souche de 1 Ane domestique égyptien.

Les métis de l’Ane et de la Jument se nomment Mulels (fig. 129); ceux du Cheval et de l’Anesse sont les Bardeaux. Le Mulet tient du Cheval par la taille, mais il se rapproche de

l’ig’. 129. Jument mulassière du’Poitou et son petit.

l’Ane par ses longues oreilles, sa fêle grosse et courle, sa ([ueue faiblement poilue. Le Bardeau est plus petit que le Mulet : ses oreilles sont plus courtes, sa tête plus longue, sa queue plus j)oilue; il hennit comme le Cheval.

Les Mulets ont été obtenus dès les temps les plus anciens. A la sobriété, à la patience, au pas sûr et doux de l’Ane, ils joignent la force et le courage du Cheval. Dans les montagnes, ce sont des animaux indispensables, à cause de la sûreté de

rÉRISSODACTYLES.

leur marclie. C’est en effet principalement dans les pays de montagnes que l’on cherche à propager ces animaux. Dans les armées en campagne, c’est encore à eux qu’on a recours pour transporter les blessés. En Espagne, l’induslrie mulassière a pris un développement considérable; en France, elle a pris également une grande extension, mais senlement dans certaines contrées, notamment dans le Poitou.

Pour en finir avec le groupe important des Solipcdes, il me reste encore à vous parler de certains animaux qu’il esl assez fréquent de voir dans les ménageries et qui proviennent du sud ^ie l’Afrique. Ces animaux sont les Zèi»res. Les Anciens, qui es connaissaient, leur avaient donné le nom à' llippotigres

Fig. 150, — Couagga.

-l'k'kCç, cheval; TÎypiç, tigre); leur robe, d’un blanc jannâtrc, st en effet rayée de larges bandes noires qui se rencontrent iir tout le corps, sauf au ventre. Les Zèbres vivent à l’état mvage, en troupes plus ou moins nombreuses. Il est fort difcile de les capturer; et lorsqu’on a réussi à s’en rendre laître, leur domestication est pour ainsi dire impossible. 11 1 existe plusieurs espèces : le Zèbre, le Dauw, le Couaqqa oO), etc.

MAMMIFERES.

Dans l’ordre des Périssodactyles, nous rencontrons maintenant, à côté des Solipèdes, des animaux remarquables, qui diffèrent notablement de ceux-ci par la forme et par le genre de vie : nous voulons parler des Pdiinocéros.

Les RHINOCÉROS (p[v, iicz *, xépa;, corne) doivent leur nom à la corne, simple ou double suivant les cas, qui surmonte leur nez. Ges animaux, de même que les Éléphants, nous apparaissent comme les derniers survivants de créations antérieures : dans les temps géologiques, ils étaient nombreux et répartis sur presque toute la surface du globe. Ainsi que je vous l’ai déjà dit, ils habitaient notre pays en même temps que l’Iïomme. Aujourd’hui, ces animaux ne se retrouvent plus que dans les régions chaudes de l’Asie et de l’Afrique, et le nombre des espèces actuellement existantes ne dépasse pas six ou sept.

Fig. 131. — Rliiiiocéros unicorne.

Ces animaux de grande taille sont extrêmement massifs et lourds; leurs membres, courts et épais, sont munis de trois doigts que terminent de petits sabots. La peau est d’une très grande épaisseur, ce (jui a valu aux Rhinocéros et à quelques autres animaux qu’on en a rapprochés à tort, le nom caractéristique de Pachydermes. Cette peau est dépourvue de poils et présente, surtout au niveau des articulations, des replis pro*

PÉPJSSODACTYLES.

fonds. La dentition offre de curieuses particularités : à chaque mâchoire et de chaque côté, on trouve 7 molaires ; les canines font toujours défaut; quant aux incisives, il s’en développe 2, qui tombent et disparaissent bientôt.

La corne s’implante sur le nez par une large base, mais se termine en pointe. 11 n’y a point d’axe osseux à son intérieur; elle n’est du reste aucunement une dépendance des os de la tète et représente simplement une portion de la peau qui s’est extraordinairement développée et a acquis une grande consistance. Ell^; atteint parfois une longueur de 1 mètre; elle se recourbe assez fortement en arrière. Quand il y a deux cornes, elles sont situées l’une derrière l’autre, et la postérieure est toujours plus courte et plus petite que l’antérieure.

Le Pihinocéros unicorne (fîg. 151) est une des plus grandes

Fig. 152. — rhinocéros bicorne.

espèces : il n’a pas moins de 5 mètres de longueur et de i"',50 de hauteur au garrot. 11 habite l’Inde et les j)arties avoisinantes de la Chine; il est surtout abondant à Siani et en Cochinchine. On trouve encore à Java un Rhinocéros unicorne, mais d’une autre espèce que le précédent et encore plus grand ({ue lui.

A Sumatra, on rencontre un Rhinocéros bicorne (lig. 152).

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Les espèces particulières à l’Afrique sont également bicornes ; elles sont au noinl)re de trois ou quatre et hnbitent depuis la Cafreric jusqu’en Abyssinie.

Le Rhinocéros qui habitait nos régions aux temps préhistoriques était unicorne.

Les Rhinocéros sont des animaux nocturnes plutôt que diurnes. Tout le jour, ils dorment à l’abri du soleil qui leur est insupportable, ou restent debout, immobiles, dans l’épaisseur d’un fourré. La nuit venue, ils se mettent enchâsse, mais avant, ils ont soin de chercher un cours d’eau, dans lequel ils se vautrent. L’eau est-elle trop peu profonde, ils creusent dan^ la rivière, au moyen de leur corne, un trou de 2 mètres, dans lequel l’eau vient se déverser. Ils se vautrent et se roulent alors dans la boue. Cet acte, a sa raison d’être : en effet, les Mouches, les Taons viennent sans cesse harceler le Rhinocéros, et celui-ci, pour s’épargner leur importune visite, n’a rien trouvé de mieux que de s’enduire le corps d’une épaisse couche de vase. Malheureusement pour lui, cette vase ne tarde pas à tomber et il se trouve alors sans défense contre son ennemi : aussi le voit-on, à la suite de sa piqûre, venir se gratter contre lés troncs d’arbre, jusqu’cà mettre la chair à nu et produire des ulcérations sur lesquelles se fixeront d’autres animaux, notamment les Sangsues, qui vivent dans les eaux fréquentées par Tanimal. Ces Sangsues toutefois sont moins importunes que les Taons, car elles sont bientôt détachées par un petit Oiseau ipii accompagne constamment le Rhinocéros, sur le dos duquel il se tient perché tout le jour.

Les Rhinocéros causent les plus grands dégâts dans les plantations à proximité desquelles ils peuvent se trouver. Ces animaux vivant isolés, ou bien ils se réunissent par bandes de cinq à dix, mais ils ne reconnaissent alors l’autorité d’aucun chef et chacun vit pour soi.

A côté de ces énormes animaux, les zoologistes en placent *

PÉIUSSODACTYLES.

un autre, pas beaucoup plus gros qu’un lapin, et que Cuvier appelait « un Rhinocéros en miniature ». C’est le Daman, habitant de l’Afrique et de la Syrie.

La dernière famille des Périssodactyles que nous ayons a étudier est celle des tapirs (fig. 155). Ces animaux, longs de 2 mètres et hauts d’un mètre environ, sont caractérisés surtout parce que le nez et la lèvre supérieure se sont fusionnés

et allongés en une sorte de trompe, l)eaucoup plus courte que celle de l’Éléphant et ne jouant du reste pas le meme rôle que chez cet animal; les doigts, au nombre de trois à chaque patte, ont l’extrémité entourée d’un petit sabot. La peau n’est plus nue comme chez les Rhinocéros, mais couverte de poils fins courts.

Roux espèces de Tapirs habitent l’Amérique du Sud. Une troisième espèce se rencontre dans l’Inde et au sud de la Chine.

MAMMIFÈRES

Les Tapirs d’Amérique ont une crinière, celui d’Asie en est dépourvu.

Le Tapir vit dans les forêts. Il recherche le voisinage des rivières, nage et plonge très bien. Il est d’un caractère fort doux et s’apprivoise facilement. Il est surprenant qu’on n’ait pas tenté de le domestiquer, car il pourrait rendre de grands services, à la fois comme animaTde houcherie et comme héte de somme.

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