PEAU ET PLUMES
longtemps et amènerait promptement la fatigue si, grâce à une disposition anatomique des plus heureuses, les doigts ne se fermaient tout naturellement et sans aucun effort.
Peau et Plumes. — La peau ne reste nue que sur un petit nombre de points, particulièrement au bec et aux orteils; le plus souvent elle l’est également au tarse; elle peut l’ctre aussi au cou, comme chez le Vautour (fig. 206), ou au ventre comme chez rAutrucbe. A la base du bec, la peau reste encore nue sur un espace plus ou moins étendu, coloré de façons diverses, et que l’on appelle cire. Elle devient cornée sur plusieurs points, notamment aux orteils et au tarse ; elle se divise alors fréquemment, comme chez le Coq, en écailles plus ou moins larges, et ressemble alors absolument à une peau de Serpent.
Partout ailleurs le corps, des Oiseaux est couvert de plumes. Ces productions différencient bien nettement, au premier abord, les Mammifères des Oiseaux; elles sont toutefois de même nature que les poils.
La plume se compose de plusieurs parties. L’axe primaire de chaque côté duquel se disposent les barbes, présente a la base un tube corné creux et enfoncé dans la peau, qui a reçu le nom de vexillum ; l’axe plein, qui va en s'amincissant et qui porte latéralement les barbes, est nommé le rachis. Quand la plume est très jeune, le vexillum est rempli d’une matière pulpeuse et molle qui, par la suite, se dessèche et forme Vâme de la plume. Chaque barbe est constituée par une bi anche née latéralement du rachis; à leur tour, les barbes portent latéralement une nouvelle série d appendices appelés barbules y qui sont encore dentelés sur leurs bords d une laçon analogue. Les barbules sont recourbées en crochet à leur extrémité : elles s’accrochent mutuellement et se relient fortement les unes aux autres.
C’est sous cette forme que la plume se montre à nous le plus souvent; mais, dans cet état, elle n’est pas complète. La
OISEAUX
lace inférieure, légèrement concave, de la tige donne naissance a sa base, c est-a-dire au point ou le rachis se continue avec le vexillum, à un appendice ou hypovachis qui, de même que le rachis, porte des rangées latérales de barbes. Cette seconde plume ne tarde pas d’ordinaire à s’atrophier si complètement que bientôt on n’en trouve plus aucune trace; mais elle persiste chez certains Oiseaux, et elle peut même atteindre parfois, notamment chez le Casoar, la longueur de la plume principale (fig. 187).
Fig. 187. — Plume de Casoar.
buivant leur structure et leur solidité, les plumes peuvent être distinguées en plusieurs sortes. Celles dont la tige est rigide et les barbes résistantes sont les pennes; celles des ailes sont nommées rémiges, celles de la queue, rectrices. Le duvet, recouvert par les plumes ordinaires, forme une couche plus ou moins considérable, qui a surtout pour fonction de s’opposer aux déperditions de chaleur ; les plumes soyeuses et fines qui constituent le duvet de certains Oiseaux sont fort recherchées par 1 Homme, ainsi que nous le verrons plus tard.
Les rémiges s’insèrent le long du bord inférieur de la main et del avant-bras. On appelle rémiges primaires, a, h, celles qui s attachent à la main ; elles sont au nombre de dix; ce sont les plumes nécessaires pour le vol (fig. 188). Les rémiges secondaires s attachent à l’avant-bras; leur nombre, variable, est généralement supérieur a dix. On désigne encore sous le nom de rémiges scapulaires un certain nombre de pennes s’attacliant au bras, et sous celui de rémiges bâtardes, c, quelques