‹ Elements de zoologieChapitre 36 sur 143 · PEAU ET PLUMES · texte numérisé non relu

PEAU ET PLUMES

pennes qui se fixent sur le pouce; ces dernières font souvent défaut et sont remplacées par un éjieron. Les rémiges sont toutes recouvertes à leur base par des plumes plus courtes, imbriquées sur plusieurs rangs à la manière des tuiles d’un toit, et connues sous le nom de tectrices ou couvertures.

Ainsi constituée, l’aile des Oiseaux affecte les formes les plus diverses, suivant qu’on l’observe chez des animaux bons ou mauvais voiliers. L’Oiseau " h

vole-t-il lourdement, son d’Épervier. - a, rémiges

primaires. — c, pennes bâtardes.

aile est arrondie, ses rémiges primaires sont courtes: dans ces conditions, il ne pourra soutenir longtemps son vol ; il lui faudra, pour se maintenir en Lair, déployer de grands efforts. Est-il au contraire bon voilier, ses rémiges primaires sont fort longues, ses ailes sont ellesmêmes longues et pointues. Chez certains Oiseaux, les ailes s’atrophient au point de ne pouvoir servir au vol; elles sont néanmoins encore d’une grande utilité : chez l’Autruche, par exemple, elles aident à la course par leurs battements rapides; chez le Pingouin, elles agissent à la façon de véritables rames.

Les rectrices, ou grandes pennes de la queue, doivent leur nom à ce qu’elles servent à l’Oiseau à diriger son vol, comme le ferait un gouvernail. Suivant qu’il veut augmenter ou diminuer l’obliquité de sa course, l’Oiseau élève ou abaisse sa queue. Ces plumes, généralement au nombre de douze, peuvent cependant, dans certains cas, être plus nombreuses. Elles s’attachent toutes, comme nous l’avons dit déjà, à la lamelle osseuse qui termine en arrière la colonne vertébrale et qui résulte de la fusion des dernières vertèbres caudales. Leur mode d’insertion est tel que l’Oiseau peut à son gré les mouvoir isolé-

ment ou bien les étaler en éventail, les élever ou les abaisser toutes ensemble. Leur base est recouverte de nombreuses tectrices qui atteignent parfois des dimensions anormales, débordent de beaucoup les rectrices elles-mêmes et se parent des plus vives couleurs : tel est le cas du Paon. Chez les Oiseaux dépourvus de la faculté de voler, les plumes de la queue s’atrophient ou même disparaissent complètement.

A des époques déterminées, tous les Oiseaux perdent leurs plumes pour endosser une nouvelle livrée plus brillante. Cette muedi lieu, suivant les espèces, une fois par an, ordinairement en automne, ou deux fois, au printemps et en automne : il y a, dans ce dernier cas, un plumage d’été et un plumage d’hiver, parfois si différents l’un de l’autre qu’on croirait avoir affaire à des espèces absolument distinctes.

La peau des Oiseaux ne renferme dans son épaisseur ni glandes sudoripares, ni glandes sébacées. Chez la plupart des espèces on trouve néanmoins, au-dessus du croupion, une glande spéciale, analogue à ces dernières, et désignée sous le nom de glande du croupion. Elle sécrète une humeur huileuse, surtout abondante chez les Palmipèdes. L’animal va chercher cette humeur avec son bec, puis en lustre toutes les

plumes de son corps. C’est à cette substance que les Oiseaux aquatiques doivent la faculté de ne pas se mouiller dans l’eau : l’eau glisse à la surface de leur corps sans pénétrer à travers les plumes. Quand on l’enlève à un Canard, il finit par perdre la faculté d’aller à l’eau.

Système nerveux et organes des sens. Le Ceixeau deS

Oiseaux est bien développé et remplit toute la cavité crânienne, mais il est dépourvu à sa surface de ces circonvolutions que nous avons signalées chez l’Homme et chez certains Singes comme une preuve d’intelligence et que nous avons vues se dégrader et linalement disparaître chez les Mammifères les moins élevés en organisation.

Page 1