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BEC

grande importance : quelques exemples nous montreront que

Fig. d89* — Diverses formes de becs. — A, llapace, Busard. — B, Perroquet. — C, Conirostre, Gros-bec. — D, Fissirostre, Martinet. — E, Pigeon, — F, Lévirostre, Guêpier. — G, Dentirostre, Pie-griêche. — H, Denlirostre, Corbeau. — I, Lamellirostre, Canard.

cet organe mérite bien, en raison de ses modifications nom-

OISEAUX

breiises, qu’on tienne grand compte de sa configuration (fig. 189).

Les Rapaces, tels que l’Aigle, le Vautour, le Busard, A, qui se nourrissent de chair, ont besoin d’un bec robuste pour déchirer leur proie : aussi cet organe, tout en restant fort court, atteintil chez eux une puissance peu commune ; la mandibule supérieure déborde l’inférieure et s’incurve en un crochet aigu, destiné à pénétrer dans les chairs pour les dilacérer. Chez les Oiseaux insectivores, comme les Huppes, les Guêpiers, F, les Colibris, le bec est très allongé et très grêle; suivant les cas, il reste droit ou s’arque plus ou moins, mais alors, contrairement à ce - qui s’observe chez les Rapaces, les mandibules restent de même longueur et s’infléchissent toutes les deux. Les Oiseaux granivores, tels que le Moineau, le Bouvreuil, le Chardonneret, le Gros-bec, C, ont le bec raccourci, épais à sa base, droit et généralement conique. Les Échassiers ont habituellement le bec fort long, pour des raisons que nous avons indi-

Fig. 190. — Tête de Pic. — a, os hyoïde. — b, langue

quées déjà plus haut : il reste fin et droit, comme chez la Bécasse, ou s’élargit au contraire comme chez le Marabout ; il peut encore se recourber comme chez l’Ibis et le Flamant, ou s’élargir considérablement comme chez la Spatule. Parfois le bec peut devenir le siège d’ornements qui donnent à l’Oiseau un cachet bien particulier et dont l’importance ne semble pas bien grande : c’est ainsi que chez le Calao le bec est surmonté d’une sorte de casque qui atteint d’énormes dimensions (fig. 255).

Org^ancs. — La langue, dont nous avons déjà dit quelques

OIIGAA'ES.

mots, reste rudimentaire chez le Pélican et chez les Oiseaux de pi oie à bec très développé, par exemple ; chez les Colibris et les Pics (fig* 190), elle est efhlee et protractile, et c est elle qui s’enfonce dans les fissures des écorces ou dans le calice des Heurs, à la poursuite des Insectes.

La longueur de V œsophage est naturellement en rapport

avec celle du cou; sa largeur est assez variable, mais

est ordinairement plus considérable chez les Oiseaux comme les Rapaces, les Palmipèdes et les Échassiers qui avalent des proies volumineuses. Chez la plupart des Passereaux, des Rapaces nocturnes, des Échassiers et des Palmipèdes, de même que chez l’Autruche et l’Aptéryx, l’œsophage conserve le même diamètre dans toute son étendue; chez les Rapaces diurnes, les Perroquets, les Colibris, les Pigeons, les Gallinacés, le Casoar, il présente au contraire en un certain point de sa longueur une poche appelée jabot (fig. 191, a) dans laquelle les aliments s’arrêtent et subissent certaines transformations. Fig. 191. — Appareil digestif de la Poule.

L’œsophage se termine

dans un réservoir glanduleux qui a reçu le nom de ventricule succenturié, h, A sa suite vient une nouvel le poche, ]dus grande

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que la précédente, et appelée gésier, U. Cet organe est très musculeux, et ses parois sont fort épaisses, surtout chez les Oiseaux granivores : c’est lui en effet qui, par ses contractions^ broieia et écrasera les aliments ingérés par l’animal.

Le cœur est construit sur le même plan que celui des Mammifères et la circulation ne diffère par aucun point essentiel de ce qu elle est chez ces derniers. La température du corps est plus elevée chez les Oiseaux que chez les Mammifères : de 57 à 59 degrés, qui est son chiffre normal chez les Mammifères, on la voit monter jusqu a 41 et meme 42 degrés.

^ L’appareil de la respiralion se complique beaucoup chez les Oiseaux.

Le larynx est fort réduit et ne sert en aucune façon à la production de la voix. La trachée-artère est en général très longue; sa longueur est du reste en rapport avec celle du cou.

La trachée se divise en deux branches qui se portent chacune vers le poumon voisin. Immédiatement avant sa division, la trachée présente un organe particulier, le larynx mférieur, qui est 1 organe producteur de la voix; on le rencontre, avec des degrés de complication divers, chez tous les Oiseaux, sauf chez ceux qui sont muets, comme l’x\ptéryx, l’Autiuche, la Cigogne et quelques Vautours.

Cet appareil vocal des Oiseaux se complique beaucoup ou reste au contraire fort simple, suivant que l’animal est apte à produire de mélodieux accents, comme le Rossignol, ou ne pousse qu’un cri rauque et strident, comme le font par exemple le Corbeau, le Dindon, etc.

Il est hors de doute que les Oiseaux possèdent un langage. Les modulations harmonieuses, le gazouillement discret, les chants vifs et alertes, les cris plaintifs qu’un même Oiseau fait entendre suivant la saison ou suivant les circonstances, ne sontds pas autant de manières d’exprimer ses émotions ? Assurément ce langage est moins parfait que celui de l’Homme, ses manifestations sont surtout moins variées, mais il est compris

OUGAÎsES.

par les autres Oiseaux ([ui accourent à l’appel poussé par l’iin de leurs semblables ou qui s’enfuient, au contraire, à tire-d’aile devant un cri d’alarme. N’est-ce pas là un véritable langage?

« Les sons que font entendre les Oiseaux, dit Darwin, offrent, à plusieurs points de vue, la plus grande analogie avec le langage ; en effet, tous les membres d’une môme espèce expriment leurs émotions par les memes cris instinctifs, et tous ceux qui peuvent clianter exercent instinctivement celle faculté ; mais c’est le père ou le père nourricier qui leur apprend le chant effeclif,-et môme les notes d’appel. Ces sons ne sont pas plus innés chez les Oiseaux que le langage ne l’est chez rilomme. Les premiers essais de chant chez les Oiseaux peuvent être comparés aux tentatives imparfaites que traduisent les premiers bégayements de l’enfant. Les jeunes males continuent à s’exercer ou, CQmme disent les éleveurs, à étudier pendant dix ou onze mois. Dans leurs premiers essais, on reconnaît à peine les rudiments du chant futur, mais à mesure qu’ils avancent en âge on voit où ils veulent en arriver, et ils linissent ])ar chanter très bien. Les couvées qui ont appris le chaut d’une espèce autre que la leur, comme les Canaris qu’on élève dans le Tyrol, enseignent et transmettent leur nouveau chant à leurs propres descendants. Les légères différences naturelles de chant chez une meme espèce, habitant des régions diverses, j)euvent être comparées avec justesse à des dialectes provinciaux; et les chants d’espèces alliées mais distinctes, aux langages des différentes races humaines h »

Les poumous ne sont point librement suspendus dans la poitrine, comme ils le sont chez les Mammifères ; ils sont intimement unis aux parois de celle-ci.

Les bronches se divisent en canaux dont un certain nombre se rarnilient dans l’épaisseur du poumon en branches de plus en [)lus petites; certains autres canaux bronchiques perforent, de part en part la substance du poumon et vont se terminer

^ Ch. J)arwin, La Descendance de l'homme, I, p. 58.

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dans des sacs aériens et dans des cellules aériennes dans lesquels viennent s’ouvrir, d’autre part, les canaux aérifères dont nous avons déjà signale Texistence dans l’épaisseur des os. 11 y a de CCS sacs dans raljclomen, dans la poitrine et, chez quelques rares Oiseaux, jusque sous la peau.

Œuf. — Les Oiseaux, comme chacun sait, pondent des œufs revêtus d’une coquille calcaire. — Nous avons déjà appris en huitième à en reconnaître les parties principales. Nous allons y revenir avec plus de détails, en prenant pour type l’œuf de Poule.

La coquille est assez poreuse pour permettre l’échange des gaz entre Pair extérieur et l’intérieur de l’œuf. 11 entre dans la composition de la coquille une assez grande quantité de sels calcaires ; si ceux-ci ne se trouvent plus en proportion suffisante parmi les aliments, la Poule pondra des œufs à coquille molle, connus ordinairement sous le nom ééœufs Jiardés (fig. 19‘2).

En cassant la coquille, J, d*un œuf Irais, vous pourrez facilement détacher de sa face interne une membrane, dite membrane coquillière, constituée en réalité de deux feuillets, G et 11. Ces deux feuillets sont intimement accolés l’un à l’autre sur presque tout leur parcours; mais, au niveau de la grosse extrémité, ils se séparent l’un de l’autre pour laisser entre eux un espace libre dans lequel de Pair vient s’accumuler. La chambre à air, F, ne s’observe point sur l’œuf absolument frais, mais on la trouve déjà peu de temps après la ponte ; elle tient à ce que le volume du blanc diminue graduellement, par suite de l’évaporation, très-sensible à travers la coquille.

Au-dessous de la membrane coquillière se voit une masse de liquide Pdant et incolore, qui est le blanc de feeuf ou albumine, A. Deux cordons entortillés, nommés chalazes, E, et formés simplement d’albumen épaissi, partent de chacune des extrémités de l’œuf et traversent le blanc suivant sa longueur, pour aller s’appliquer d’autre part contre la surface du jaune, qu’ils ont mission de maintenir en position. L’albumen se

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