INTELLIGENCE ET INSTINCT
<Tonéral, Tépoque du départ est déterjoinée pour chaque espèce, bien que des circonstances particulières puissent l’avancer ou la retarder. Les Martinets nous quittent les premiers, au commencement d’août: ils sont bientôt suivis des Coucous, des Loriots, des Gorges-bleues, des Pies-grièches, des Cailles, etc. ; puis, en septembre, d’un grand nombre d’Oiseaux chanteurs, les Rossignols, les Fauvettes, etc. ; les Hirondelles, beaucoup de Canards et d’Oiseaux de proie partent un peu plus tard; enfin, en octobre, s’en vont les Hoebe-queues, les Rougesgorges et les Alouettes, les Grives et les Merles, les F|)erviers et les Buses, les Bécasses, les Poules d’eau et les Oies. Par contre, on voit arrivera celte époque, pour hiverner, une foule (i’Oiseaux du nord : tels sont les Arebibuses, les Pipis, les Roitelets, les Canards, les Goélands, etc. ; en novembre, et même en décembre, il vient encore des bandes de Freux et d’Oies sauvages. Les troupes (jui volent contre le vent se dirigent en général vers le sud-ouest, mais le cours des fleuves et la position des vallées modifient considérablement leur marche. Beaucoup d’Oiseaux, surtout ceux qui sont forts et bons voiliers, voyagent le jour et font balle à midi; d’autres, tels que les Ilibous et les Oiseaux diurnes, faibles et sans défense, préfèrent circuler de nuit; il en est aussi qui font route de nuit ou de jour indilTéremment suivant les circonstances; les Palmipèdes (Plongeons, Ilarles huppés. Cormorans) font régulièrement une partie du chemin à la nage.
« Vers la fin de l’iiiver et pendant tout le printemps, les émigrants abandonnent leur résidence d’hiver et reprennent le chemin de leur pairie. Ceux qui, en aulomne, y étaient restés les derniers sont aussi les premiers messagers de la belle saison. Par un instinct admirable, ils relrouvent tous leur canton et le lieu même où ils avaient niché, et il n’est pas rare qu’ils reprennent possession de leur nid de l’année précédente (Cigognes, Etourneaux, Hirondelles, etc. ^). »
^ C. Claus, Traité de zoologie. Paris, I87S, page 931.
OISEAUX
Il est aisé de délimiter l’aire à la surface de laquelle est répartie chaque espèce de Mammifères, mais pour les Oiseaux, il ii’eii saurait être de même, a cause de la facilité avec laquelle ils passent d’un endroit à l’autre, grâce à leurs puissants organes de locomotion. On pourrait donc, au premier abord, les croire cosmopolites. Cependant la plupart d’entre eux résident habituellement dans une étendue de pays assez bien limitée. C’est ainsi, par exemple, que l’Autruche ne se rencontre que dans le centre et le sud de l’Afrique, que les Oiseaux-Mouches n’habitent que dans l’Amérique du sud. D’autre part, on peut admettre, d’une façon générale, que les Palmipèdes se trouvent surtout dans les régions froides du globe, les Plongeons et les Pingouins dans le nord, les Manchots dans le sud; que les Granivores et les Insectivores sont surtout abondants dcins les régions tropicales. Les Rapaces existent partout; pourtant ceux qui se nourrissent de charogne habitent de préférence les pays chauds.
Durée de la 'vîe. — Oii ne possède guère de notions précises relativement à la durée de la vie des Oiseaux : on peut affirmer toutefois qu’ils vivent beaucoup plus longtemps que les Mammifères. On a vu des Perroquets vivre plus de 100 ans, et il n’est pas rare de garder plus de 25 ans en cage des petits Oiseaux tels que le Pinson le Chardonneret, le Rossignol. Un Héron, mort d’accident et dans toute sa vigueur, était gardé en captivité depuis 52 ans. Ce sont là des faits bien établis : mais il faut se garder d’ajouter foi à des récits suivant lesquels certains Oiseaux tels que le Cygne vivraient plus de 200 ans; on doit également considérer comme des contes les récils d’Hésiode et de Pline, suivant lesquels la Corneille pourrait vivre plus de 700 ans !
Classification. — La classification des Oiseaux est fort difficile, aussi la ])lupart des auteurs ont-ils divisé cette classe de façons fort diverses. Toutefois, en tenant compte du genre de
RAPACES
vie et du développement relatits des ailes, des tarses et du bec, ainsi que du nombre et de la disposition des doigts, nous établirons dans la classe des Oiseaux les ordres suivants : Rapaces, Perroquets, Passereaux, Grimpeurs, Pigeons, Gallinacés, Echassiers, Coureurs et Palmipèdes. Il est digne de remarque que cette classification, universellement acceptée, est à peu près celle-là même que notre illustre compatriote Pierre Belon, l’inventeur de la nomenclature binaire, avait imaginée dès 1555.