‹ Elements de zoologieChapitre 5 sur 143 · PALÉONTOLOGIE · texte numérisé non relu

PALÉONTOLOGIE

SC sont accumulées et superposées d’une manière insensible, nonobstant certains cataclysmes qui sont venus en bouleverser l’ordre et l’agencement. La vie est apparue à la surface de la terre dès les époques les plus reculées de la formation de celle-ci; il est impossible de dire exactement à quelle date remontent ses premières manifestations, mais on peut cependant l’évaluer à plusieurs centaines de milliers d’années.

Les animaux qui se montrèrent les premiers étaient fort simples et fort peu variés; par la suite des temps, les espèces animales se multiplièrent, grâce â des modifications insensibles qu’elles eurent à subir, et on les vit acquérir une organisation plus élevée, en même temps qu’augmenter de nombre. Rien n’indique donc qu’il y ait eu, à un certain moment, création simultanée de toutes les formes animales qui peuplent actuellement la terre ; tout démontre au contraire que ces formes si diverses et si distinctes descendent toutes les unes des autres ou même d’une souche commune, et qu’elles n’ont acquis leurs caractères différentiels que par suite de modifications insensibles, déterminées par le climat, le genre de vie, etc., et s’accusant de plus en plus à travers un très grand nombre de siècles.

Durant ces immenses périodes, et pendant que certaines espèces animales se constituaient de la façon que nous venons d’indiquer sommairement, d’autres, différenciées plus tôt, s’éteignaient et disparaissaient : car c’est une loi générale, à laquelle est soumise l’espèce elle-même aussi bien que chacun des individus qui la composent, que, après une existence plus ou moins longue, elle finit par s’eteindre et disparaître à tout jamais. Les parties dures des espèces ainsi anéanties se retrouvent dans le sein de la terre, et l’étude de ces restes fossiles^ de ces ossements (fig. 22), de ces coquilles (fig. 25), constitue une science nouvelle que l’on a appelée la Paléontologie (^uaXatoc. ancien; wv, Inoq, être; Xoyoç, discours) et qui, vous le comprenez, a les plus grands rapports avec la zoologie, dont elle n’est à proprement parler qu’une branche. Je devais attirer

GKNÉHALITÉS.

encore votre attention sur ce point parce que, dans la suite de ces leçons, j’aurai plus d’une fois l’occasion de vous parler d’espèces animales qui ont habité autrefois la surface du globe, mais qui ne s’y retrouvent plus de nos jours. Bien plus, je vous ferai assister à l’extinction graduelle d’animaux qui, autrefois fort nombreux, diminuent rapidement de nombre et tendent manifestement à disparaître.

Il résulte de là que les classifications établies en ne tenant compte que des animaux actuellement vivants sont nécessaire-

Fig. 22. — Mégathcriuin.

ment très imparfaites, et que, pour y voir bien clair dans la distribution d’ensemble des êtres animés, il faut embrasser d’un coup d’œil les vivants et les morts.

Aussi, les anciennes classifications, celles de Cuvier, par exemple, ne doivent être considérées que comme des tentatives. Cependant, leurs traits les plus généraux sont demeurés exacts. Aucun animal fossile n’a été découvert, qui ne puisse prendre place dans l’iin des embrancbements établis par Cuvier. Ils étaient au nombre de quatre :

1“ Les Vertébrés, comprenant les Mammifères, les Oiseaux, les Beptiles, etc.

PALEONTOLOGIE

2° Les Mollusques, comprenant les Poulpes, les Limaces, les Huîtres, etc.

5*^ Les Articulés, comprenant les Insectes, les Ecrevisses, les Vers de terre, les Annélides, etc.

4® Les PiAYONNÉs, comprenant les Etoiles de mer, les Actinies, les Méduses, les Polypiers, etc.

Fig. 24. — Tortue rayonnée.

Je vous donnerai plus tard les caractères complets de chacun de ces embranchements ; je veux seulemenl dès maintenant

24 GÉNÉRALITÉS

appeler votre attention sur un caractère extérieur d’une grande importance.

Hg. 25. — Libellule déprimée.

Je vous présente un individu de chacun des trois premiers embranchements : une Tortue (fig. 24), une Libellule (fig. 25),

un Poulpe (fig. 26). Remarquez que je puis avec un couteau couper un quelconque de ces animaux en deux parties sensi-

E.Mlm\OLOGlE.

bleiiient égales ; chacune d’elles, il s’agit de la Tortue, par exemple, possédera un œil, une patte antérieure et une postérieure ; s’il s’agit de l’Insecte, une antenne, un œil, deux ailes,

trois pattes, etc Mais, pour obtenir ce résultat, je dois faire

la section dans un certain sens, dans un seul. En un mot, ce sont des animaux symétriques par rapport à un seul plan médian.

Mais voici une Étoile de mer (fig. 27), avec ses cinq bras allongés. Je puis aussi la couper de manière à avoir deux moitiés semblables; mais, plus lieureux que pour les animaux dont je viens de parler, je puis la couper de différentes manières, et chaque section qui, ayant coupé un bras dans toute sa longueur, tombera dans l’intervalle de deux autres bras, la divisera en deux parties sensiblement égales; je puis faire cinq semblables sections. Voici d’autre part une fleur du Corail,

tig. 'il. — Étoile (le mer, Fig. 28. — Un animalcule du Corail

très grossi.

avec scs huit bras (fig. 28) ; je puis animaux ont donc plusieurs plans

y faire huit sections. Ces, de symétrie. C’est cette

disposition qui leur a valu le nom dcRadiaires {radius, rayon)

ou Rayonnes, tandis que les précédents auraient pu être appelés Binaires ou doubles.

Mais il est un bon nombre d’êtres dont la forme ne se

GÉNÉRALITÉS

Fig. 29.

Éponge.

laisse réduire à rien de géométrique, qui ne sont ni symétriques binaires, ni symétriques radiaires, et que Cuvier confondait à tort parmi ces derniers.

Les études plus récentes ont montré qu’il fallait les en séparer pour en faire deux embranchements nouveaux. Le premier comprend les Eponges (fig. 29), l’autre les animalcules extrêmement petits qui peuplent en nombre infini les liquides où ont pourri des matières animales ou végétales, ce qu’on nomme souvent des infusions organiques ; on les appelle pour cette raison des Infusoires.

On a ainsi constitué rembrancliement des Spongiaires ; puis rembrancliement des Protozoaires (::pwT0(;, premier; ^wcv, animal), ainsi nommé à cause de la simplicité de l’organisation des êtres qui le composent.

Enfin, un examen plus approfondi des animaux que Cuvier avait réunis dans rembrancliement des Articulés, a déterminé les naturalistes à le diviser en deux : Arthropodes et Vers.

Nous avons donc à étudier successivement l’iiistoire des embrancliements : Veiiëbrés, Artlu^opodes, Mollusques, Vej's. Rayonnés, Spongiaires, Protozoaires.

EMBRANCHEMENT DES VERTEBRES

Nous allons commencer par l’étude de l’embraiiciicment ties Vertébrés. Yous savez déjà que ces animaux sont caractérisés par l’existence d’un squelette dont la partie fondamentale est la colonne vertébrale. J’ajoute qu’un autre caractère qui leur est commun à tous, et que ne possède aucun autre animal, est la présence d’un sang rouge, circulant dans des canaux ou

EMBRANClIEMErsT DES VEIITÉDRÊS.

vaisseaux très compliqués, très nombreux et parlaitement clos : cette circulation est déterminée par le jeu d’une espèce de pompe appelée le cœur. Nous aurons à revenir là-dessus.

Nous avons déjà appris en Huitième les Classes dans lesquelles on divise les Vertébrés, et nous savons quelque chose de leurs principaux caractères. Ce sont les Mammifères, les Oiseaux, IcS Reptiles, les Batraeiens , leS Poissons. NoUS

allons successivement les étudier, puis nous résumerons ce (|u’ils ont tous de commun, pour en tirer les caractères généraux de tous les Vertébrés.

Page 1