PIGEONS
C’est, en effet, grâce aux Pigeons messagers que Paris assiégé put recevoir des nouvelles de la province : de vaillants patriotes. partis de Paris en ballon, emportaient avec eux des Pigeons qui, remis ensuite en liberté, rapportaient à Paris les dépêches que Pou avait attachées à leurs ailes ou à leur queue. H5000 dépêches officielles et 1 000 000 de dépêches privées furent introduites par ce moyen dans la ville assiégée. Le merveilleux succès de cette grande entreprise décida le gouvernement français et les gouvernements étrangers à organiser des services militaires de poste par Pigeons.
Le Pigeon voyageur^ qu’il ne faut pas confondre avec le Pigeon messager dont il vient d’être question, est une espèce sauvage de l’Amérique du Nord. Cet Oiseau est remarquable par la vitesse inimaginable de son vol et par les migrations qu’il entreprend à certaines époques. Le moment du départ arrivé, les Pigeons voyageurs se réunissent en troupes confuses. « Mais en quel nombre? Cela est à peine croyable. Un naturaliste célèbre, Audubon, dont les assertions n’ont jamais été contestées, a assisté un jour sur les bords de l’Ohio à un passage de ces Pigeons. Il en a compté en vingt et une minutes 165 colonnes, composées, d’après ses évaluations, de un milliard cent quinze millions cent cinquante mille individus (1 115150000). Un voyageur rapporte qu’au-dessous de ces colonnes la fiente tombe comme de la pluie. Lorsqu’ils s’arrêtent dans quelque bois, le sol en est couvert aussitôt d’une couche épaisse. Mais en même temps tout est immédiatement dévoré. Des récoltes entières de grains disparaissent en un clin d’œil. Aussi les Américains les regardent-ils comme un fléau. On les tue pour les tuer. Et tout est bon contre eux. Chaque coup de fusil tiré au milieu d’une telle masse en abat d’ailleurs des dizaines. Mais ces moyens ordinaires ne suffisent pas. Il faut lire le récit d’une de ces chasses prodigieuses. On y a employé des obusiers à mitraille. »
On peut rattacher à l’ordre des Pigeons le Dodo ou Broute
OISEAUX
(fig. 241), aujourd’hui disparu, mais qui vivait encore au dix-septième siècle à l’île Maurice, et dont, en 1497, Vasco de Gama vit de nombreux individus. Cet Oiseau était voué à une destiuction rapide ; ses ailes à peine développées le rendaient inapte au vol, ses pattes courtes et son corps extrêmement pesant le mettaient dans l impossibilité de courir. Sa queue
Fig. 241. — DroiUe (d’après une peinture du British illuseum).
était atrophiée et son bec énorme occupait la presque totalité de la tête. Ses pieds étaient forts et organisés pour fouir le sol. Le Dronte était plus gros que le Cygne : il nous est suffisamment connu par les anciennes descriptions des voyageurs, par ses débris et même par une peinture à l’huile que possède le Brilish Muséum et dont nous donnons une reproduction.