ORDRE DES ÉCHASSIERS
Ainsi que nous Pavons déjà dit, les Echassiers sont des Oiseaux chez lesquels le tarse reste nu et s’allonge démesurément, en sorte que ces animaux semblent montés sur des échasses ; il est très fréquent, sur ces longues pattes dénudées, de voir la peau se couvrir d’écaillcs et de scutelles (fig. 255) et prendre plus ou moins complètement Paspect de la peau des
OISEAUX
Reptiles. Cette conformation des pattes est en rapport avec le genre de vie des Échassiers : ces Oiseaux se tiennent en effet de préférence dans les endroits marécageux ou sur les rivages, et il leur laut entrer dans l’eau pour chercher leur nourriture. La longeur du cou, ordinairement fort grande, est proportionnelle à celle des pattes. Le bec est lui-même habituellement fort long, mais sa forme et ses dimensions sont assez variables : long et mince chez ceux de ces Oiseaux qui doivent chercher dans la vase les petits Vers, les larves d’insectes, les Mollusques dont ils se nourrissent, il devient fort et robuste
chez ceux qui vivent de Poissons, de Batraciens ou de petits Mammifères. Les pieds ne sont pas moins variables : le quatrième doigt peut manquer, comme cliez l’Outarde et l’Œdicnème (fig. 255), et les pieds sont alors comparables à ceux des Oiseaux coureurs; le quatrième doigt est au contraire, dans certains cas, long et armé. Les doigts sont libres, comme chez la Bécasse, ou réunis par une membrane plus ou moins développée : dans ce derneir cas, ils se rapprochent donc de ceux des Palmipèdes. La queue est toujours courte, mais les ailes sont assez développées et le vol de la plupart des Échassiers est
ECHASSIERS.
rapide et durable. Ces Oiseaux habitent les pays tempérés, vivent par couples et construisent des nids grossiers, soit sur le bord de l’eau, soit sur les arbres.
Les Pressirostres établissent nettement la transition entre les Gallinacés et les Échassiers. Le genre le plus important est celui des «utardes. Celles-ci se rapprochent des premiers par la conformation de leur bec et ressemblent aux seconds par celle de leurs pattes; on pourrait encore les rapprocher des Oiseaux coureurs, à cause de la structure de leurs pattes, (|ui manquent de doigts postérieurs. Ces Oiseaux, fort répandus en Afrique et dans l’Inde, sont représentés dans nos pays par deux espèces : l’Outarde harbue et l’Outarde canepe-
tière. VOutarde harbue ou
Grande Outarde est le plus gros des Oiseaux d’Europe : son poids peut atteindre jusqu’à 10 kilogrammes ; elle ne vole que difficilement. Elle est devenue extrêmement rare en France, où on ne la rencontre guère
qu’en Cbampagne; en revanche, elle vit en troupes nombreuses dans les steppes de la Russie et de la Tartarie.
La Canepetière (fig. 254) est beaucoup plus petite que l’espèce précédente, puis(ju’elle n’a que la taille d’une Poule. Elle n’est point très rare en France, où on la recherche à cause de l’excellence de sa chair.
Les Kaiiiiehis habitent l’Amérique du Sud. Ils ressemblent assez aux Outardes, mais ont quatre doigls à chaque patte et l’un d’eux est dirigé en arrière. Ce sont des Oiseaux batailleurs, qui se frappent réciproquement des ergots redoutables dont sont armées leurs ailes. Le kainlchi jidèle a été domes-
Fig. 254. — Outarde cauepetièi e.
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tique et c esta lui que 1 on confie la garde de la basse-cour: il est à la fois le protecteur et le guide des autres Oiseaux. Le matin venu, il les mène picorer aux champs et les ramène fidèlement au logis, à la tombée de la nuit.
Les Piiinriers sont tous Caractérisés par des tarses de lon-
gueur moyenne et par un cou très court ; le pouce est rudimentaire ou lait même totalernent défaut chez certaines espèces; le bec, de longueur moyenne, a des bords très durs. Ces Oiseaux nichent simplement dans-des dépressions du sol et se tiennent sur les rivages de la mer, sur le bord des fleuves ou des lacs, ou simplement dans des endroits humides. La plupart vivent d Insectes et de \ers. Huîtviev , commun sur nos cotes, le Tourne-pierre, abondant aussi sur nos plages mais répandu sur les rivages de toutes les mers, appartiennent à cette famille, ainsi que les Tanneaux et les Pluviers proprement dits, qui méritent de nous arrêter un instant.
Le Vanneau huppé, assez répandu en France, mais surtout abondant en Hollande, vient passer Lhiver dans notre pays et
remonte vers le Nord au printemps. Cet Oiseau est de la taille du Pigeon : on le cliasse activement et sa chair ainsi que ses œufs jouissent d’une grande réputation. Au lieu de le vouer à la mort, on devrait au contraire le protéger et l’épargner, car il se montre un auxiliaire précieux de ragriculture en détruisant une grande quantité de Vers et d’insectes nuisibles.
Les Pluviers ont le bec court et droit comme les Vanneaux, dont ils ne diffèrent guère que par l’absence du pouce. Ils vivent par troupes nombreuses dans les endroits humides. Lorsque le temps est lourd et annonce Forage, ils font entendre une sorte de sifllement qui leur a valu leur nom. Le Pluvier doré, le Pluvier à collier et le Pluvier guignard sont les principales espèces.
Sur les bords du Nil vit un petit Oiseau voisin des Pluviers et que 1 on connaît sur le nom de Pluvian. Hérodote et Pline Font décrit sous le nom de Trocliilus et ont raconté ses mœur