ÉCHASSIERS
singulières : cet Oiseau a en effet la curieuse habitude de courir sur le dos du Crocodile pour manger les Sangsues qui s’y sont fixées et de pénétrer même dans la gueule du monstre.
Les Foulques et les Poules «reau OU GalHnules sont également voisins des Gallinacés. Ces Oiseaux se rencontrent par troupes sur les bords des lacs et des étangs recouverts de roseaux; ils nagent et plongent fort bien, et restent cachés tout le jour: la nuit venue, ils se hasardent à sortir, pour rechercher les Insectes, les Vers, les Poissons dont ils se nourrissent. Les Foulques ont aux doigts une membrane découpée en lobes. Les Ràie<$ ont des mœurs à peu près semblables, mais cependant sont moins aquatiques et se tiennent dans les prairies basses, bumides bien plus qu’au milieu même des marais. Ces divers Oiseaux sont nettement caractérisés par leur bec court et fort, et par leurs tarses plus courts que chez les autres Échassiers. Ils ont de plus les doigts fort longs, les zoologistes en ont fait, pour cette raison, la Famille des macrodactyles (ij.ay.pbç, long; cay.TuXoç, doigt). Leurs ailes sont courtes: aussi volent-ils lourdement; néanmoins, ils sont tous des Oiseaux de passage et entreprennent des migrations lorsqu’arrive la mauvaise saison.
La Famille des cultirostres comprend de grands Échassiers aux pattes longues et nues ; les trois doigts antérieurs sont réunis par une étroite membrane; le postérieur, sauf de rares exceptions, est court et touche le sol. Le bec est fort, les bords sont durs, tranchants comme des ciseaux, d’où leur nom. Le cou est long et la tête petite. Ces animaux vivent dans les terrains marécageux et se nourrissent d’insectes, de Mollusques, de petits Vertébrés. Cette famille, dont les différentes espèces sont réparties sur toute la surface du globe, est représentés chez nous par les Grues, les Gigognes, les Hérons.
Les «rues (fig. 255) sont de très grands Oiseaux, dont les pattes et le cou sont fort allongés, mais cliez lesquels le bec demeure assez court. Le doigt postérieur reste petit et s’insère trop haut pour reposer sur le sol. Les ailes, fort développées,
OISEAUX
donnent à ces Oiseaux un vol extrêmement puissant, grâce auquel ils peuvent entreprendre les migrations les plus lointaines. Les Grues sont en elTet essentiellement des Oiseaux de passage. Elles vont passer la belle saison dans les contrées les plus septentrionales, mais vers la mioctobre, quand le froid commence à se faire sentir, elles se mettent en route pour l’Afrique ou le sud de l’Asie. Elles voyagent la nuit, par bandes plus ou moins nombreuses, pouvant comprendre jusqu’à 500 individus : la bande se dispose en un triangle dont la pointe, tournée contre le vent, est occupée par un individu robuste Fig. 2o5. — Grue. et expérimenté, qui, lorsqu’il est
fatigué, cède sa place à un autre
et passe à l’arrière.
Les Grues se tiennent dans les plaines marécageuses ; elles sont herbivores et se nourrissent surtout de graines de Céréales, de bourgeons, de feuilles; à l’occasion, elles ne dédaignent point les Insectes, les Poissons, les Reptiles, mais ce n’est là qu’un régime exceptionnel. Ces Oiseaux nichent dans les marais ; leurs nids, grossièrement construits, sont établis sur de petites éminences qui s’élèvent au-dessus de la surface de l’eau ; ils n’y pondent jamais que deux œufs, que la femelle et le mâle couvent alternativement. La prudence des Grues est devenue proverbiale : lorsqu’elles dorment, la tête cachée sous l’aile et l’une des pattes repliée le long de rabdomen, l’une d’entre elles veille toujours et s’acquitte de ses fonctions de gardienne avec une vigilance extrême. A la moindre apparence de danger, elle pousse un cri particulier : toutes les dormeuses se
ECHASSIERS.
réveillent aussitôt et en un clin d’œil la bande s’est déjà enfuie et dispersée au loin.
Les Grues sont cosmopolites; cependant la zone tempérée est leur véritable patrie. On en trouve dans toutes les parties du monde, surtout en Asie. L’espèce unique de nos pays est la Grue cendrée. Oiseau de plus de 1“,20 de hauteur.
Les Cigognes (lig. 256) ont à peu près la taille des Grues, mais elles sont moins élégantes : leur corps est lourd, leurs pattes sont grosses, leur bec est long et épais. Elles sont presque privées de voix, mais elles émettent fréquemment un bruit sonore, en faisant claquer avec force leurs deux mandibules l’une contre l’autre. Elles se tiennent de préférence dans les pays plats, très arrosés, et dans les forets. Nous en avons en France deux espèces : la Cd(jo(jne noire, assez rare, et la Cigognehlanche, aux pattes et au bec rouges, beaucoup plus connue. Celle-ci ne redoute point le voisinage de l’Homme : il est même fréquent de la voir nicher dans l’intérieur des villes, dans les parcs, dans les clochers ou sur les cheminées. Celles qui vivent dans les campagnes construisent un nid grossier au sommet des arbres les plus élevés. Malgré leur lourdeur, les Cigognes volent bien. Elles nous arrivent au printemps, nichent dans nos pays, puis s’en vont dès la mi-août jusque dans le sud de l’Afrique, où elles se livrent probablement aussi
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