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1 extrémité de leur queue, de petites capsules, emboîtées les unes dans les autres et d’autant plus nombreuses que ranimai est plus âge. Ces petites capsules, en se cboquant les unes contre les autres, produisent un son assez analogue à celui de grelots fêlés. Ce bruit avertit l’Homme du voisinage du terrible animal, dont la morsure tue en quelques instants.
Ces redoutables Serpents babitent l’Amérique du Nord et se lencontrent surtout aux États-Unis. Hans certaines régions, on a recours au Porc pour leur faire la chasse ; le Porc approche sans ciainte du Serpent, se laisse mordre par lui, mais le venin, déposé dans l’épaisse couche de graisse qui se trouve au-dessous de la peau, ne provoque, paraît-il, aucun accident.
Les Cérastes se rencontrent en Égypte, dans le Sahara algérien et au Maroc. Ils se reconnaissent aisément aux deux cornes (d’où leur nom : yipa;, corne) formées d’écailles qui surmontent leurs yeux. Ces Serpents, longs de 60 centimètres au plus, sont néanmoins fort dangereux. Ils se tiennent d’ordinaire à moitié enfouis dans le sable, dont ils offrent la coloration.
Les VîiJères sont partout répandues en France et se rencontrent aussi dans la plupart des pays d’Europe. 11 existe en f rance deux espèces de Vipères, mais elles ne se distinguent que difficilement l’une de l’autre. La taille moyenne de la Vi~ père est de 50 à 60 centimètres (fig. 517); sa coloration, assez variable, est le plus souvent rougeâtre ou noirâtre. Elle se nourrit de Lézards, de Mol bisques, d’insectes, de petits Mammifères et de petits Oiseaux. Elle ne pond point d’œufs, mais donne le jour à des petits vivants : c’est même à ce phénomène qu’elle doit
son iiomL Les Crotales mettent également au monde des petits vivants*
Le venin de la Vipère est moins actif que celui du Botlirops et du Crotale, mais n’en constitue pas moins un poison des plus violents. 11 ne donne que rarement la mort, mais cela
^ Le mot [ ipère est une comiption du mot vivipare.
tient uniquement à ce qu’il n’a souvent été inoculé par la mor sure qu’en petite quantité. Ce venin a à peu près le môme goût que les matières grasses; on peut l’avaler im[)unément, à la condition toulelbis de n’avoir aucune écorchure dans la bou-
che ou le long du tube digestil*. Son énergie varie beaucoup suivant les circonstances dans ies([uellcs la Vipère se trouve : si l’animal est épuisé par plusieurs morsures successives, il est nfiniment moins à craindre que s il est à jeun depuis longtemps.
Ce poison, pour produire scs funestes effets, doit être absorbé par les veines, puis entraîné par le sang en circulation. En se hâtant, on peut s’opposer à l’absorption \m' les veines, en comprimant fortement ces vaisseaux, de façon à y empêcher toute circulation du sang, ce qui permet d’attirer au dehors, au
REPTILES
moyen des ventouses, le sang contenu au voisinage de la plaie, ou de cautéiiscr celle-ci. La cautérisation peut se faire avec un fer rouge ou avec un agent caustique. En tout cas, il n’y a pas
Fig. 318. — Charmeur de Vipères, d’après Matüole (lo58).
un instant à perdre, car les symptômes de rempoisonnement s’établissent avec une effrayante rapidité et un retard de quelques secondes pourrait suffire à rendre le mal irrémédiable.
La famille des protéroglyphes (TrpoTspo;, antérieur; yXuo^, entaille) comprend les Serpents venimeux munis de grosses dents sillonnées, placées en avant à la mâchoire supérieure et auxquelles font ordinairement suite des dents plus petites, pleines et recouibées en forme de crochet. Ces Reptiles habitent les pays chauds et se rencontrent dans toutes les parties du monde, sauf en Europe.
Les ii^^dropiiicie»^ (üGtop, eau ; 091;, serpent) ou Serpents de mer (fig. 519) habitent principalement l’archipel de la Sonde : on les trouve parfois à remhoiicliure des lleuves. Ces animaux sont vivipares comme la Yipère et leur queue est aplatie en forme de rame. Leurs narines sont fermées par des valvules, de manière à empêcher l’eau de pénétrer dans les voies respiratoires.
OPHIDIENS
Les Eiaps ou Serpent S'Corail, originaires des îles de la Sonde et de l’Amérique du sud, se font remarquer par leur belle coloration rouge. Ils sont d’assez [>etite taille et présentent tout à
Fig, 319. — Serpent de mer iiorlant des Analifes fixés à son corps.
lait l’aspect des Couleuvres, mais ils diffèrent de celles-ci par la présence des glandes à venin.
Les ivajas sont de plus grande taille que les espèces précédentes; ils sont extrêmement redoutés^(fig. 519). Ces animaux ont des allures singulières : ils peuvent se dresser sur la queue et s’y tenir droits ; de plus, quand on les irrite, leur cou se dilate énormément, et c’est ce caractère qui leur a valu le nom de Serpents à coiffe ou à chaperon. Le Naja de l’Inde est très connu sous le nom de Serpent à lunettes ou de Cobra capello.
Les anciens Egyptiens adoraient les Najas et leur attribuaient la conservation des récoltes. Aujourd’hui, on ne les considère
ueptii.es.
Fig. 320. — Noja aspic.
plus comme des dieux, mois ils sont les héros d’un curieux
spectacle populaire. Aux Indes, en Perse, en Asie Mineure, en Egypte et jusqu’en Algérie, c’est-à-dire partout où se trouvent ces dangereux Pieptiles, on rencontre des psylles ou charmeurs qui les domptent et les font danser au son d’un sifllet ou d’une petite flûte.
Ces bateleurs profitent de l’ignorance de la foule qui les entoure pour s’annoncer comme doués de pouvoirs surnaturels, mais il est vrai de dire qu’ils ont eu soin d’arracher à leurs Najas les dents cannelées ou tout au moins de leur faire mordre, avant la représentation, des morceaux d’étoffe ou des animaux, de façon à vider complètement les glandes à venin. Autrefois, on voyait de môme en Europe des charmeurs de Vipères (fig. 518).
Une seule espèce de Serpent opisthoglyphe (gtt'.sOcv, en arrière ; entaille) habite l’Europe : on la rencontre dans
les pays du Sud et elle se trouve même en Erance aux environs de Monlpellier : c’est le Cœlopellis ou Couleuvre de Montpellier. Elle est, malgré sa dent cannelée et sa glande à venin, absolument inoffensive pour l’Homme.
Les AGLYPHODONTEs (a, pi'ivatif; vauç/Y], sillon; oogüÇj dent) ou Serpents non venimeux, sont nombreux en espèces.
Dans le midi et le centre de la France on trouve uneCouleuvre de grande taille, qui peut atteindre plus do de longueur :
c’est le zAMÉNis vert jaune. Cet animal se tient de préférence dans les endroits secs et rocailleux, couverts de broussailles, ou sur la lisière des bois. 11 grimpe volontiers sur les buissons et
OPHIDIENS
les arbres, à la recherche des nids dans lesquels il mange les petits Oiseaux; il se nourrit encore de petits Mammifères, de Lézards, de Ser[)ents, et ne dédaigne même pas de dévorer son semhlahle. Le Znménis est la plus grande et la plus vigoureuse des Couleuvres de France : il mord avec l’age, mais sa moi\sure n’est pas dangereuse.
Les Tropidonotes, très voisins des Zaménis, et caractérisés surtout par leurs écailles fortement carénées, sont représentés dans notre pays par plusieui's espèces. La plus répandue est le
Fig. 321. — Goulouvro vipérine.
Tropidonole à collier^ qui se reirouve dans l’Europe presque tout entière. Ce Serpent est aisément reconnaissable au collier clair, quelquefois jaunâti’e, qu’il présente en arrière de la tête. On le voit fréquemment au bord des eaux et il nage avec une
REPTILES
grande aisance. Quand on le saisit, il ne cherche pas à mordre, mais émet par l’anus un liquide à odeur repoussante. C’est un animal fort doux, qu’on apprivoise facilement. Il se nourrit de petits Mammifères et d'Oiseaux, mais surtout de Crapauds et de Grenouilles. La femelle vient assez souvent pondre ses œufs dans les fumiers, près des maisons, et même jusque dans l’intérieur des étables : c’est sans doute à cause de cela que cette Couleuvre a dans les campagnes la réputation de téter les vaches, mais une semblable absurdité ne résiste pas à l’examen.
Une autre espèce de Couleuvre, assez commune en France, la Vipérme (fig. o^il), doit son nom à sa ressemblance avec la Vipère dont il faut une grande attention pour la distinguer. Cette particularité peut donner lieu à des méprises fâcheuses.
Duméril fut piqué par une Vipère qu’il avait saisie, la j)renant pour cette espèce inolfensive.
Les F^thoii^ et les Boas sont des Serpeiîts de très grande taille
BATRACIENS
et d’une force considérable; on en a nu de lo mètres de long : on lestrouve dans les pays chauds des deux continents; toutefois ils sont étrangers à l’Europe. Ils présentent ce caractère commun d’avoir de chaque côté du cloaque un petit ergot corné qui représente un membre postérieur rudimentaire. Ces Serpents grimpent sur les arbres qui bordent les cours d eau et là, dissimulés dans le feuillage, attendent qu’un animal vienne se désaltérer. Quand il passe à leur portée, ils fondent sur lui, la tète la première, retenus à l’arbre par leur queue préhensile, et s’enroulent autour de son corps : avec leurs muscles puissants, dont les anneaux se resserrent de plus en plus, ils ont bientôt faitd’élouffer leur victime et de la broyer complètement. Ils s’attaquent fréquemment à des animaux de la taille du Chevreuil. Les Boas habitent l Amérique ; les principales espèces se trouvent au Brésil, au Mexique et aux Antilles. Lei^oa constricteur (lig. 52*2) est l’espèce la plus commune. Les Pythons ne diffèrent guère des Boas. Ils se rencontrent à Sumatra, aux Indes et en Afrique.