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VOYAGES

par les Squales, sont tous ovipares, c’est-à-dire qu’ils pondent des œufs aux dépens desquels se développent les jeunes alevins. Ces œufs sont le plus souvent nus, qu’ils soient tout petits comme chez le Ilaretig ou qu’ils aient la grosseur de l’extrémité du petit doigt, comme chez la Truite; chez certains Poissons cependant, tels que les Raies, l’œuf atteint la taille de celui de la Poule et il est entouré d’une coque de forme bizarre et faite de la même substance que la carapace des Insectes. Tœs œufs sont le plus souvent pondus par la femelle dans un endroit peu profond, sur des herbes, puis abandonnés à euxmêmes. Quelques espèces, notamment rÉ[)inoche, construisent cependant de véritables nids (fig, 567) : le mâle garde et défend courageusement le nid dans le({uel les œufs ont été déposés et veille sur la ponte jusqu’à l’éclosion des petits.

Le nombre des œufs pondus par chaque Poisson femelle est considérable : chez les espèces dont l’œuf est fort petit, on peut l’évaluer à plusieurs dizaines de mille; chez ceux dont l’œuf est plus gros, ce nombre est bien moins élevé.

On prépare en Russie, avec les œufs de l’Esturgeon, un mets recherché dans le Nord, le caviar.

Poissons, «l’eau de mer et d’eau douce. — Lorsqu’on plonge dans la mer un Poisson d’eau douce, ou réciproquement, l’animal périt rapidement. Mais si l’on ajoute à l’eau douce la quantité de sel marin (chlorure de sodium) contenu dans l’eau de mer, le Poisson de mer y vit indéfiniment. Le mécanisme de la mort est un arrêt de la circulation du sang dans les branchies, qui sont, pour les Poissons d’eau douce, desséchées par l’eau de mer et, pour les Poissons de mer, gonflées par l’eau douce.

Voyages. — Cependant un certain nombre de Poissons vivent alternativement dans l’eau douce et dans l’eau de mer. Les Anguilles, les Saumons, les Aloses, les Esturgeons, les Plies, certaines Lamproies, sont dans ce cas. Ces voyages sont extrêmement réguliers comme époques, et comme distribution

POISSONS

des Poissons dans les divers cours d’eau. Je veux vous en citer on exemple. De nombreuses troupes de Saumons remontent chaque année la Seine; aucun d’eux n’entre dans l’Eure, l’Oise, la Marne, le Loing, ni les autres rivières du bassin; arrivés à Montereau, tous quittent la Seine, et remontent l’Yonne; en route, ils ne pénètrent dans aucun de ses affluents, la Vanne, l’Armançon, le Serin; à Gravant, enfin, ils prennent tous la Cure, et l’on n’en pêche plus dans la haute Yonne. Ils paraissent être guidés par la composition chimique de l’eau, car on ne trouve de Saumon que dans les rivières dont les eaux proviennent de terrains siliceux (granité, porphyres, schistes cristallins, etc.).

Ces voyages ont pour raison d’être la ponte. Les Saumons viennent fi^ayer dans les ruisseaux. Le jeune Saumon reste trois ans dans l’eau douce; puis il descend à la mer, v reste quelques mois, et remonte, sans presque jamais se tromper, dans le fleuve qui l’a vu naître. Il mange à peine et grossit très peu dans l’eau douce; au contraire, pendant son court séjour à la mer, il augmente beaucoup de poids.

L’Anguille fait l’inverse. Elle se rend toujours à la mer pour frayer, et l’on n’a aucune notion sur la manière dont elle se reproduit, et sur le lieu exact de la ponte. Quand l’époque de la reproduction est passée, on ne tarde pas à voir les jeunes Anguilles, transparentes et longues de 4 à 5 centimètres, réunies en bandes innombrables, remonter les fleuves pour se disperser dans les divers affluents de ceux-ci. Ces bandes ou montées sont tellement nombreuses que, dans certaines rivières, la Garonne, par exemple, on les pêche au passage et on en charge des chariots entiers; ce chargement est ensuite utilisé comme engrais.

Dans certains endroits, et surtout dans les lagunes de Comacchio, dans l’Adriatique, on utilise la connaissance du mode de reproduction de rAnguille pour l’élever et en tirer un produit régulier.

POISSONS OSSEUX

!§qiieiette. — Le Squelette des Poissons présente une très grande diversité. Cliez l’Amphioxns, il n’est constitué que par une tige cartilagineuse ; chez toutes les autres especes, il se complique de telle sorte que son étude, surtout celle de la tête, peut être considérée comme un des points de l’anatomie comparée les plus difüciles et les plus obscurs. Les diverses pièces qui le composent sont, chez un très grand nombre de Poissons, des os dont la composition chimique et la structure

Fig. 345. — Squelette de Poisson.

microscopique sont à peu près les mêmes que pour les autres Vertébrés (flg. 545) ; chez les autres, les pièces du squelette ne sont point de nature osseuse, mais sont restées à l’état de cartilages.

Ce caractère a été pris comme hase de la classification des Poissons; on distingue donc : 1® des Poissons osseux et 2" des Poissons cartilagineux.

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