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CHAPITRE XVI

Des Insectes f ou de la cinquième classe des animaux*

768. Le nom dlNSscTB est traduit d*ua mot latin qui signiOe entrecoupé, et qui est lui-même emprunté du terme grec entoman , lequel exprime la même idée. Aussi a-t-on appelé la connaissance des insectes TEntomologib. Cette étymologie rap> pelle la conformation la plus générale de ces animaux, dont le corps est composé de petites parties distinctes, qui forment autant d'anneaux ou de segments articulés les uns sur les autres, de manière à représenter autant d'intersections.

769. La définition la plus précise qu'on puisse donner d*un insecte est celle--ci : animal sans vertèbres, sans branchies et sans organes circulatoires distincts et ramifiés, respirant presque constamment par des trachées, et dont le corps et les membres sont articulés en dehors (671). Tous ces caractères distinguent la classe des insectes de celles auxquelles on peut rapporter les autres espèces d'animaux. D'abord le défaut des os intérieurs, et surtout des vertèbres , est une particularité essentielle , de même que l'absence d'un cœur et des vaisseaux spécialement destinés à la circulation , qui entraîne le défaut des organes distincts, isolés, propres à la respiration, comme les poumons et les branchies : c'est môme ce qui sépare les insectes de tous les animaux vertébrés , tels que les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons. Secondement, les articulations que l'on voit sur la partie centrale du corps, ou sur le tronc, éloignent les insectes des mollusques et de la plupart des zoophytes. Les membres articulés, situés sur les parties latérales, et au nombre de six le plus ordinairement, les font distinguer d'avec les annelides, comme la présence des trachées, ou des stigmates qui en sont les orifices , les fait reconnaître d'avec les crustacés, qui respirent toujours par des branchies, et qui ont en outre des vaisseaux et des organes propres à opérer la circulation.

770. On peut diviser le corps des insectes en tronc , ou partie centrale et essentielle, et en membres ou appendices latéraux (PL I, fig. 1, 2) : le tronc est composé de la télé a, du corselet d, de la poitrine e et de l'abdomen i; les membres sont les pattes hJi.k et les ailes g. La tête , qui est la partie la plus antérieure du corps, porte la bouche, les yeux ce, et deux espèces de cornes articulées , dont la forme varie beaucoup , et qu'on nomme antennes bb.

771. Il est facile, en examinant même superficiellement la bouche d'un insecte, de reconnaître s'il se nourrit d'aliments solides ou liquides. Chez les insectes qui mâchent, comme dans la cétoine dorée , le hanneton, la demoiselle, la sauterelle, la bouche est très-composée. 11 y a d'abord deux lèvres, Tune supérieure, l'autre inférieure, qui closent cet orifice dans l'état de repos. Puis on trouve deux mâchoires, une de chaque côté, qui se meuvent en travers; les supérieures qui sont appelées mandibules; les inférieures qui portent ordinairement des appendices articulés, et qu'on suppose destinés à l'organe du toucher; on les nomme palpes^ comme pour exprimer qu'on les croit destinés à l'action de palper, ou autrement hntennules. Il y en a aussi à la lèvre inférieure (PL I, fig. 5 A, B, G, D).

772. Parmi les insectes qui ne mâchent pas, on observe une bouche très-différente : les uns ne font que pomper les sucs qui sont libres à la surface des corps, et ils sont munis ou d'une trompe charnue (PL IV. fig. 6, a), formée d'un tube contractile, le plus ordinairement terminé par un disque b, ou partie élargie, molle, contractile, qui fait l'office de ventouse ; ou bien ils ont une langue compcséa de deux ou pi usieurs lames, tantôt droites, tantôt roulées en spirale sur elles-mêmes, comme dans les papillons (PL III, f\g, 6, a et 6). D'autres insectes suceurs sont obligés de percer la peau des animaux ou des plantes pour en tirer leur nourriture. Les uns ont un bec (fig. 4) ou une sorte d'étui conique , renfermant des soies qui s'y meuvent et dont quelques-unes piquent comme des lancettes, telles sont les punaisés; d'autres ont un tube de corne qui loge dans une coulisse des armes analogues, comme dans la puce (PL IVj fig. 13), c'est ce qu'on nomme un suçoir, a,

11^, Les yeux, ouïes organes de la vue, sont ordinairement

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