‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 118 sur 158 · II · texte numérisé non relu

II

très sont nommées notonectes , parce qu*elles nagent habituel-» lement sur le dos.

849. On divise en deux familles fort naturelles les espèces d'hémiptères de la seconde section , ou celle des Eemaptêres , qui ont les ailes de consistance à peu près égale dans toute leur longueur : les unes ont trois articles aux. tarses, et teur bec parait naître du cou, il reste courbé sous le ventre entre les pattes^ au moins dans Tétat de repos; c*est pour cela qu'on les a nom^ mes GoLLi&osTRBS ou Auchénorinques : les autres n'ont que deux articles aux tarses, les ailes non croisées; ce sont ¥es Plantisuges, ou Phytadelges : tels sont les pucerons, les c&che^ nilles, etc. C'est à la première famille qu'appartiennent les cigales, qu'on a partagées en plusieurs genres. La plupart des espèces de ces deux familles sont très-lentes, et restent axées sur les végétaux dans le lieu môme où leur mère les a déposées toutes vivantes. Ou trouve souvent des pucerons sur les racines des plantes où les transportent les fourmis qui les soignent et les tiennent en captivité, comme des troupeaux dont ils traient ou absorbent les humeurs sécrétées (851).

850. Les vraies cigales ( PI. III, fig. 5 } sont des pays chauds et des parties, méridionales de la France : elles vivent sur leè; arbres dans l'état parfait; leurs larves sucent la sève des radnés des arbres ; leurs nymphes fouissent aussi la terre : c'est le mâle seul qui rend ce son monotone appelé chant, à l'aide de deux instruments placés sous le ventre. Ces instruments consistent en deux membranes élastiques , sur lesquelles frottent des parties rudes situées dans leur cavité. Oh voit souvent en été sur les saules, sur le caillelait et sur d'autres plantes, une matière écumeuse ; c'est la sève de la plante qui a été sucée^ puis rendue par la larve ou par la nymphe d'une petite espèce d'un genre voisin des cigales, appelé cercope, d'un root grec qui signifie rusé, parce qu'elle se cache ainsi et se met à l'abri

^ sous cette mousse. On trouve à Cayenne un insecte rapproché de ceux-ci, dont la tête, considérablement renflée, comme une vessie, brille pendant la nuit d'un éclat si phosphorique , qu'on l'a nommé porle-lanterne. C'est une espèce du genre fulgore. Les centrotes ou les membraees sont des genres remarquables, dans la même famille , par la dispositicm de lenr corselet, qui

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est difforme, bossu» prolongé , cornu , voûté ou foliacé, et dilaté de manières fort bizarres, ce qui a valu à ces insectes le nom de diables*

851 . Les pticerom sont de petits insectes qui vivent en société sur les plantes. On les reconnaît à leurs longues pattes , à la lenteur de leurs mouvements et à deux mamelons qui lais-^ sent suinter une humeur que les fourmis vont recueillir. Presque toutes les plsmtes ont leurs pucerons particuliers. Une des plus grosses espèces vit sur le chêne. On a fait sur la génération de ces insectes des observations très-curieuses. Les pucerons qu'on voit Tété sont des femelles nées agiles, déjà fécondées^ et non sorties d*œufs. En autonme seulement on trouve parmi celles-ci des mâles beaucoup plus petits , qui s'accouplent et meurent bientôt après. Les femelles continuent de vivre jusqu'à ce qu'elles aient pondu. Car , dans cette dernière portée, elles ne produisent plus de petits vivants, mais seulement des espèces de coques qui restent immobiles pendant l'hiver, et dont il sort, au printemps suivant^ des individus tous femelles ; celles-ci n'ont pas besoin d'être fécondées pour en produire d'autres, lesquelles naîtront fécondées elles-mêmes, et ainsi pendant plusieurs générations successives. De cet accouplement d'automne, il naît donc des filles, des petites-filles, des arrière-petites-filles et des sur-arrière-petites-filles, et particulièrement des sur-arrière-petits-fils. Cette observation paraîtrait incroyable, si elle n'avait été répétée plusieurs fois. Les pucerons laissent suinter par leurs deux cornes, ou prolongements qui surmontent leur abdomen , une liqueur sucrée dont les fourmis sont avides et qu'elles viennent sucer. Aussi a-t-on dit que ces insectes étaient les vaches des fourmis; car, comme nous le dirons (873) , ces derniers insectes tiennent sous leur puissance et soignent les pucerons sous terre, pour en extraire une sorte de lait ou de suc nutritif. La matière qui recouvre au printemps les faces supérieures des feuilles des tilleuls, des érables et des autres végétaux , et qu'on nomme le miellet ou la miellée , est le produit de cette sorte de sécrétion que lancent les familles de pucerons , qui couvrent alors toute la partie inférieure des feuilles de ces arbres.

8^2. Les femelles des cochenilies n'ont jamais d'ailes, et

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leurs pattes sont si courtes qu'elles ne marchent que diflBcilement, de sorte qu'on les prendrait pour des excroissances : ce qui leur a fait donner le nom de gallinsectes. Les mâles sont beaucoup plus petits; ils ont des ailes et de longs filets à la queue. La femelle ne pond point ses œufs, elle meurt avant; son corps se gonfle, se dessèche ensuite, et au printemps suivant, les petits sortent vivants de son cadavre, dont la peau coriace leur a servi de toit protecteur. Il y a beaucoup d'espèces dans ce genre; la plus remarquable est celle qui sert à teindre en écarlate et à faire du carmin. Elle vit dans le Mexique sur une espèce de cactier appelée nopal. On vend ces cochenilles desséchées et racornies : elles sont l'objet d'un commerce considérable, car cette matière, qu'on a nommée longtemps graines d'écarlate, est achetée fort chèrement. Il serait difficile de reconnaître des insectes dans ces grains ridés ; mais en les laissant tremper quelque temps dans l'eau tiède, on peut très-bien étudier leurs formes et leurs parties. On est parvenu à nourrir cette espèce sur des cactiers, dans les serres de France; à la longue elles font périr les plantes sur lesquelles on les place et elles font le même tort que les pucerons. Quand ces insectes, qu'on trouve réunis en grand nombre sur une même plante, sont en état de larves et même chez les femelles sous forme de nymphes , le corps est caché sous une sorte de matière cotonneuse qui les protège.

852.* Une autre espèce de cochenille ou de kermès, qui se développe sur les jeunes tiges de quelques espèces de figuier ou de jujubier des forêts voisines du Gange au Bengale, produit la laque , sorte de résine dans laquelle on trouve en outre une substance colorante. Ces deux matières sont fort précieuses dans les arts. La première fournissant des vernis trèsbeaux et très-solides, et entrant en grande partie dans la confection de la cire à cacheter. Cette résine est employée avec succès depuis quelques années pour confectionner des étoffes propres à remplacer les feutres des chapeaux; car elle jouit de la double propriété de rendre imperméables à l'eau les cartons • qui en sont comme vernis et recouverts lorsque la matière a été préalablement dissoute dans l'alcool, et de devenir trèscollante et adhésive par l'action du feu qui la ramollit» de sorte

qu'elle sert à unir, au moyen d'un fer trè&<îhaud appliqué sur les deux surfaces du carton, une étoffe de soie pluchée qui laisse libres les poils au dehors jBt qui permet de les faire incliner ou coucher dans toutes les directions. L'autre matière soluble à l'eau lournit aux teinturiers une substance qui colore les laines, la soie et tous les tissus de matière animale, en rouge plus ou moins foncé, suivant la nature des mordants et des préparations qu'on lui fait subir. On a encore rangé, dans cette famille des pucerons , les psylîeSy qui ont reçu leur nom de la faculté qu'ont beaucoup d'espèces de sauter comme les puces; de môme que les aley rodes ont pris le leur, de la poussière blanche, semblable à de la farine très-fine, qui recouvre toutes les parties du corps, ce qui les a fait prendre pour de petits bombyces ou des phalènes. L'une des espèces est fort commune sur la partie inférieure des feuilles de l'éclairé ou chélidoine.

853. Il est une petite famille d'insectes hémiptères qui n'est encore composée que du seul genre thrips^ et qui semble tenir le milieu entre les hémiptères à ailes membraneuses et ceux à ailes demi-coriaces. Ces petits insectes, qui sont vifs et très-agiles, semblables à de petits stapliylins, dont les plus grands n'atteignent guère une ligne de longueur , présentent à la loupe des élytres planes, étroits, couchés sur le dos; leurs pattes sont courtes et terminées par une petite vessie à l'aide de laquelle ils s'accrochent sur les corps les plus lisses; on les trouve communément sur les fleurs. On les a nommés Yésitarses ou phyêapodes.

UA DBS INSECTES HTMÉNOPTÈRES.

QUATRIÈME ORDRE, in»ctb8 HTiiÂROFrlniES.

854. Lenomd'HYHÉNOPTÈREs, qui signifie ailes membraneuses, n*indique pas assez positivement le caractère des insectes auxquels on l'applique. Presque tous ont quatre ailes nues et étroites, sur lesquelles les nervures sont disposées principalement en long ; les inférieures sont plus courtes, accrochées le plus souvent aux supérieures dont elles suivent les mouvements, de manière que dans Faction du vol les deux ailes font Toffice d'une seule membrane. Tous ont des mandibules ; mais leurs mâchoires sont le plus ordinairement allongées en forme de langue (1) ; ils ont cinq articles aux tarses; la première pièce de leur corselet , qui forme une sorte de collier sur lequel sont articulées les pattes antérieures, paraît rarement du côté du dos; et la plupart ont l'abdomen terminé par une tarière ou par un aiguillon, au moins chez les femelles (PI. IV, n"" 46). Cet aiguillon, dans les abeilles et dans les guêpes, est un instrument composé de plusieurs pièces qui se trouvent placés à l'extrémité de l'abdomen. 11 y a d'abord deux valves extérieures entre lesquelles sort et rentre l'aiguillon, qui lui-même est formé de trois pièces ; deux qui lui servent de gaine, et la pointe elle-même qui souvent est dentelée et sur laquelle glisse la liqueur venimeuse.

855. La forme extérieure et les mœurs ont conduit à partager ces insectes en deux grandes sections. La première comprend toutes les espèces qui ont l'abdomen sessile, ou le ventre immédiatement appliqué contre le corselet , et dont la Igurve est une sorte de chenille , qui a toujours plus de seize pattes , et qui change de lieu à volonté , pour chercher elle-même sa nourriture : elles forment une famille sous le nom d'uropristes (856). A la seconde section appartiennent les hyménoptères dont l'abdomen est uni au corselet par une partie étranglée , plus ou moins prolongée, qui sert comme de pédicule. Tousprovien-

(1) La figure 1 4 de la planche II représente la bouche grossie d'une grosse abeille violette perce-bois. A est la lèvre supérieure : B, B sont les mandibules vues sous deux sens : G, G, sont des demi-gaînes formées par les mâchoires a, a, et par les palpes b, b. D est la lèvre inférieure prolongée en forme de langue ou de trompe; c, c, est son prolongement; /*, g^ sont les palpes labiaux.

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nent d'une larve sans pattes, qui a besoin des soins de ses parents ; ceux-ci , ou la nourrissent avec une sorte de pâtée qu'ils se chargent de lui apporter, pour ainsi dire, à la becquée, s'ils; n'ont pourvu d'avance à sa subsistance , soit en déposant l'œuf au milieu des aliments réunis antérieurement, soit en enveloppant la larve des matières destinées à sa nourriture ; soit en plaçant très-près de l'œuf qui la contient, la quantité juste^ ment nécessaire des substances propres à son développement. Ces larves apodes sont, pour la plupart; blanches, incolores ou étiolées, parce qu'elles se développent dans des lieux ou dans des matières oti la lumière directe ne parvient pas. Cette sectiCftTest distribuée en huit familles , savoir : 1** les mellites (857) ; 2* les ptérodiples (871 ) ; 3« les chrysides (876) ; 4** les anthophile$ (872) ; 5« les myrméges (875) ; 6° les entomotilles (877) ; 7** les oryotères (879); 8* enfin les néottocryptes (880).

856. On a observé que toutes les femelles de la première section déposent leurs œufs sous l'écorce des arbres ou sur deg plantes vivantes , dans une incision qu'elles pratiquent à l'aide d'une scie ou avec une tarière dont elles sont armées (1)| et c'est à cause de cela qu'on a donné le nom de serricaudes oud'UROPRisTES, et improprement de mouches à scie , aux in-r sectes de cette famille, qu'on a partagée en plusieurs genres d'après la forme des antennes. Chez les tenthrêdes et les hylo^ tomes (PI. II, fig 18), dont la tête est presque carrée, et chejç les urocères, dont la tête estarrondie,lles antennes sont presque en fil ou en soie ; deuis les sifêces, au contraire, qui ont la téta portée sur une sorte de cou, et dans lescimbèces, qui l'oi^t sessile, les antennes vont en grossissant à l'extrémité. Les uropristes proviennent de larves (2) semblables à celles des lépidoptère, mais qui toutes ont plus de dix-huit pattes. La plupart se trouvent réunies en grand nombre sur une même espèce de végétaux. Elles ressemblent tout à fait à des chenilles, aussi les a-t-on

(l) La flgar* 13 (}e la planche II fait voir l'extrémité de l'abdomen d'un iiropristo; I, A, sppt des gainas dentelées qui servent en même temps de sciQ et de canal apx deux lames c, c, par lesquelles l'œuf est condHit dans la plaie^

(3) (PI. II, fig. 15.) Ces larves, nommées fausses chenilles^ n'ont jaroaif pioins df dis-)iuii pattes et pas plus de vingt-deux. Leur léte (fig. 16) est formée de deux calottes séparées par une cannelure (d) : elle^ oq( i|es yeos {a^a), des mAchoires (c, e), des lèvres et des antennes très-courtes (e , e).

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nommées fausses chenilles. Quand elles vivent dans Tintérieur des tiges, comme celle qui se trouve dans les jeunes pousses du rosier, elles sont blanclies, comme étiolées; les autres sont colorées diversement, quelquefois de la même teinte que celle des feuilles du végétal qui servent à leur nourriture. On en observe en particulier une sur le groseillier, qui s'y développe en si grand nombre et qui est si vorace, qu'en peu de jours toutes les feuilles ont disparu. Toutes les espèces se nourrissent de matières solides végétales , et elles se filent un double cocon dans lequel elles se transforment, mais sans avoir les membres réunis sous une même enveloppe, comme cela a lieu pour les lépidoptères.

857. Les hyménoptères , dont l'abdomen n'est pas sessiie , sont en très-grand nombre, on les a distribués dans beaucoup de genres dont l'histoire est fort curieuse à connaître. 11 y a d'abord les insectes qui recueillent un miel plus ou moins agréable, qui ont toujours des mâchoires et une lèvre inférieure prolongée en une sorte de langue dont ils se servent pour lécher le suc des plantes. On nomme ceux-là Mellites ou apiaires , et c'est à cette famille qu'appartient le genre des abeilles, parmi lesquelles sont rangées celles qui donnent la cire et le miel.

858. Les abeilles (PI. H, fig. 11) qui produisent le miel sont bien connues. Ces insectes vivent en société , quelquefois au nombre de plus de vingt-cinq mille , dans une même cavité qu'ils se sont choisie ou dans laquelle on les a introduits, et qu'on nomme ruche. Il n'y a parmi ces individus, à l'instant où ils forment leur établissement, qu'une seule femelle ; tous les autres n'ont point de sexe apparent, et sont appelés neutres, mulets ou ouvrières : on nomme cette réunion un essaim ou un je /on.

859. Ordinairement, le lendemain du jour où ces insectes ont pris possession de leur demeure , on voit un grand nombre de neutres sortir dès le matin et revenir à la ruche, les deux pattes de derrière couvertes d'une matière grasse et résineuse recueillie sur les bourgeons des arbres, qu'on a nommée propolis , et que d'autres individus viennent leur enlever pour aller l'appliquer sur toutes les fentes et les issues, de manière à n'en laisser qu'une seule par laquelle les communications au dehors doivent se faire.

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860. Pendant qu'une partie des neutres est employée à cette opération , d'autres commencent à construire, avec le plus grand art, un édifice intérieur, destiné à recevoir les œufs que la femelle doit pondre, et les magasins de vivres nécessaires aux besoins de tous. Les matériaux dB cette bâtisse sont sécrétés par l'insecte lui-même. Il paraît que le pollen des végétaux que l'abeille avale, fournit cette substance qui se dépose sous les écailles de son abdomen et que l'insecte recueille et pétrit; c'est alors une matière grasse, ductile et flexible, que nous nommons cire.

861. La manœuvre qu'emploie l'abeille est simple. Elle se roule dans une fleur; la poussière fécondante ou le pollen s'attache à ses poils, et comme ses pattes de derrière sont garnies d'une sorte de brosses ou de cardes, elle la ramasse et la réunit en deux boules qu'elle fait entrer de suite dans deux petites corbeilles ou creux pratiqués sur le premier article de ses tarses postérieurs (PI. Il, fig. 17). Ainsi chargée de butin , elle s'envole vers la ruche.

862. A peine arrivée dans la demeure commune, ses camarades la déchargent et mangent môme sur ses pattes la matière recueillie avec tant de peine, mais ce n'est qu'une sorte d'empinint qui tourne au profit de tous. Après un certain temps, cette matière qui a servi à la nourriture , est employée également, comme on s'est assuré, à la sécrétion de la cire. Cette matière animale , ductile, sohde et imperméable à l'humidité , se sépare dans de petites poches particuUères, qu'on observe sous les quatre anneaux de l'abdomen qui suivent le premier. L'insecte prend avec la bouche cette cire , la malaxe et la prépare en feuillets ou lames d'une minceur extrême pour construire partiellement le grand édifice, composé d'une infinité de petites loges nommées alvéoles ou cellules, dont l'ensemble s'appelle gâteaux ou rayons.

863. C'est par le sommet de la ruche que commence ordinairement l'édifice. Les abeilles se rangent par files parallèles pour placer les lames de cire à une distance de trois centimètres à peu près. Ces lames moyennes sont verticales , et c'est sur elles que sont transversalement adossées les alvéoles, de l'un et et de l'autre côté. Il y a trois sortes de cellules : des petites en

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très-^rand nombre ; des moyennes à peu près au nombre de neuf cents ; et de très-grandes d'une forme toute particulière, dont il n'y a ordinairement que deux ou trois.

864. Toutes les cellules sont destinées à recevoir d*abord les œufs que doit pondre la femelle, qui ne travaille point, et par suite les provisions d'hiver ou le miel* Les petites et les moyennes sont des loges à six faces parfaitement égales , qui font toutes partie au dehors des six cellules voisines. Les grandes alvéoles sont tout à fait différentes; elles ressemblent au calice d'un gland de chêne, placées ordinairement sur les bords des rayons, leurs parois sont irrégulières, plus épaisses et beaucoup plus solides.

865. Le miel, cette matière sucrée, on pourrait même dire ce sucre liquide, qu'on trouve dans les alvéoles des abeilles, a été recueilli par les neutres. Ces insectes ramassent et boivent dans les fleurs les liquides sucrés qui y suintent; mais ils les dégorgent dans l'intérieur de la ruche , privés en partie de leur odeur, de leur viscosité , et de toutes les matières qui auraient pu les faire fermenter, ou préparés de manière à être conservés. C'est alors du miel. Ils le déposent dans une alvéole vide, qui est une sorte de petit vase imperméable, et ils en ferment hermétiquement l'ouverture avec une lame de cire qu'ils ne brisent que dans la disette.

866. La femelle dépose dans chaque cellule vide un œuf qui produit , deux ou trois jours après , une petite larve blanche et sans pattes , à laquelle des neutres s'empressent de présenter une liqueur, une sorte de chyme ou de pâtée à demi digérée qu'ils dégorgent près de sa bouche. Cette larve mange continuellement, aussi a-t-elle acquis tout son développement au bout de cinq à six jours. Alors elle se file une coque pour se métamorphoser, et ses nourrices closent sa cellule avec un petit couvercle de cire très-mince. Au bout de trois ou quatre jours, le berceau s'ouvre, brisé par l'abeille qui en sort tout humide : ses ailes se développent et se sèchent. Elle mange un peu de miel que ses camarades viennent dégorger sur sa langue, et bientôt elle va, comme elles, recueillir la cire et le miel, et participer aux travaux communs.

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