Les œufs qui doivent produire des mâles sont déposés
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daosf des cellules de moyenne proportion, et se développent ua peu plus lentement. On appelle ces mâles des frelons ou fanœbourdons ; ils sont plus velus, sans aiguillons ; leur tête est plus grosse que celle des neutres : ils vont bien sur les fleurs avaler le sucre qui en découle, mais ils n'ont pas sur les tarses les organes propres à recueillir le pollen ; ils ne rapportent rien à la ruche. On croit qu'ils s'accouplent en volant. A la fin de Tautomne, tous ces mâles sont tués par les neutres , quand ils ont fécondé la femelle , et on les trouve morts auprès de la ruche à la porte dd laquelle des sentinelles sont préposées pour leur eci interdire l'entrée.
B68. Nous avons déjà dit que les œufe qui doivent donner des iâflieUes sont déposés dans une cellule plus grande, arrondie, isûléa, etdont les parois pèsent prèsde cent cinquante fois autant que celles d'une alvéole d'ouvrière. Ordinairement il n'y en a que deux ou trois dans chaque ruche. Les neutres en prennent un soin particulier, et ils nourrissent Jes larves qui en proviennent avec une liqueur ou une sorte de bouillie qui parait plus succulente et en plus grande quantité. Aussitôt qu'une femelle est née, elle s« hâte d'aller détruire dans leur })erceau, bien reconnaissable, les nymphes de son sexe. 61 deux femelles écloscQt en même temps , elles se livrent un combat opiniâtre, qui ne finit qufi par la mort ou l'expulsion de l'une d'elles. Cette femjelle, qu'on nomme aussi improprement reine, est, avant sa fécondation, de la grosseur des mâles; mais sa tête n'est pas arrondie , elle est armée d'un aiguillon ; ses pattes de derrière ne sont pas garnies de brosses. Elle ne sort de la ruche que dans le temps de Taccouplement, avant d'être fécondée, et ordinairement elle n'est guère plus d'une heure absente.
869. On a acquis la preuve, par des expériences directes , que ]b^ abeilles neutres sont des femelles privées des organes de la génératioi), ou chez lesquelles ces parties ne se sont pais développées, par défaut d'une nourriture suffisante dans l'état de larve. Condamnées à une stérilité absolue par le défaut des organes qui peuvent reproduire leurs semblables, elles ont encore le sentiment de l'amour maternel; et c'est pour satisfaire jà ce besoin qu'elles s'attachent à la femelle fécondée ; elles la suivent partout où elle va , et ne paraissent avoir d'autre volonté
que la sienne. Elles se chargent de tous les détails domestiques, et ne semblent exister que pour donner leurs soins aux petits qu'elle produira. Elles en deviennent les nourrices, les protectrices de leurs sœurs; elles obéissent, par un instinct admirable , à des lois dictées par la nature , et toute leur organisation semble modifiée par les circonstances de leurs mœurs » de leui's besoins actuels ou futurs. Elles semblent vivre conôme des amazones sous un gouvernement gynocratique. G*est un exemple très-singulier dans l'économie de la nature.
870. Les autres abeilles ne vivent pas en sociétés aussi nombreuses : quelquefois les mâles s'occupent de l'éducation des larves, surtout parmi les espèces chez lesquelles il n'y a point de neutres. On a établi beaucoup de genres dans cette famille de mellites; tous ont des larves sans pattes, qui ne peuvent changer de lieu, et qui sont, en conséquence, nourries par leurs parents; sous l'état parfait, leur bouche est munie d'une langue allongée. Tels sont les bourdons , reconnaissables à leur corselet bossu, très-velu et beaucoup plus large que la tôte; les xylocopes ou abeilles menuisières, qui ont de grandes mandidules, la tôte plus large que le corselet et une langue courte; les eucères, dont les antennes très-longues ne sont pas brisées; les nomades, qui ont le corps brillant et sans duvet, la tête arrondie, plus large que le corselet, et le front comme renflé; les andrènes, dont le corps est velu, les antennes courtes et le front plat; les bembéces, dont la lèvre supérieure, prolongée en forme de bec, recouvre entièrement la bouche. Mais dans ces derniers genres les larves sont pourvues par leurs parents de cadavres d'autres insectes qui souvent leur sont apportés après avoir été mutilés ou simplement paralysés à l'aide de piqûres vénéneuses.
871. Tous les autres hyménoptères ont la langue courte : il en est dont le ventre est concave en dessous, se roulant en boulé sur tout le corps , ce qui les a fait désigner sous le nom de Systrogastres, et comme le corps est le plus souvent du plus beau brillant, comme doré, métallique, on les a encore appelés Chrysides. Ils sont rapportés à trois genres, les chrysideson guêpes dorées, les omales et les parnopès. La plupart déposent leurs œufs dans les nids d'autres insectes, où ils vivent en pa-
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rasites; tantôt des provisions accumulées, tantôt du corps môme des larves auprès desquelles leurs mères les ont déposées, comme on sait que font les coucous qui pondent dans le nid des autres oiseaux. Les femelles sont remarquables parce qu'elles ont la faculté de faire saillir leur oviducte, qui est produit par des parties analogues à celles qui forment Taiguillon dans les autres espèces (PI. IV, fig. 45).
871.* Quelques hyménoptères ont, dans le repos, les ailes supérieures pliées dans toute leur longueur, et comme doublées, voilà pourquoi on les a nommés duplipennes ou Ptéro- BiPLES ; telles sont les guêpes et les masares. Ces insectes vivent à peu près comme les abeilles; il y a parmi eux des individus neutres, des mâles et des femelles. Ils construisent des rayons, mais d'une forme toute particulière, et avec une sorte de papier, dont ils ramassent les matériaux sur l'écorcc des végétaux, ou qu'ils forment de toutes pièces, en broyant des particules de bois , et en les collant entre elles avec un suc visqueux dont ils les pénèti*ent pour fabriquer ainsi une sorte de papier épais, très-solide; aussi ces guêpes sont-elles appelées cartonnières.. On en connaît un grand nombre d'espèces.
872. La famille des Anthophiles ou florilèges réunit des hyménoptères qu'on trouve sur les fleurs, mais qui font leur nid dans la terre, pour y déposer leurs lances, qu'ils nourrissent avec d'autres insectes , dont ils emportent les corps après les avoir grièvement blessés ou mis à mort. On les reconnaît à leur abdomen pédicule, arrondi , conique, et à leurs antennes qui ne sont pas brisées. Tels sont les philanthes et les scolies dont les antennes sont renflées; les premiers ont le corps sans poils, les secondes l'ont très-velu; tels sont encore les erabrons et les mellines dont les antennes sont en fil. Les premiers ont en outre le front comme argenté ou doré.
873. On trouve aussi des neutres, ou des feînelles sans sexe, parmi les fourmis, les mutilles et les doryles, qui composent la petite famille des formiaires ou des Myrméges. Les fourmis vivent en société; on les reconnaît facilement au pédicule de leur ventre, qui est toujours étranglé, ou qui supporte une écaille. Les neutres n'ont pas d'ailes. Quelques fourmis vivent sous terre 9 elles s'y creusent des habitations commodes; d'au-
its M8 nmcTBs «THÉiroraliœB.
très 86 construisent des demeures dans le tronc des arbres , ou tout à fait au dehors et & Tair libre, a^ec une quantité de débris de végétaux, qu'elles ramassent de toutes parts, et qui leur servent de tente. Les mulets seuls travaillent : ils sont chargés , comme les abeilles neutres, de tous les soins domestiques , et sont doués de la force , de Tadresse et de Tagilité ; les femelles restent dans Thabitation, et ne sortent que pour s*accoupler. C'est ordinairement vers le soir et dans l'air cpie se fait cet accouplement. Les larves sont nourries par les neutres; mais elles ne sont point renfermées dans des cellules. Les fourmis s'engourdissent quand il foit froid : elles ne rnan* gent point, aussi ne font-elles point de provision, et les amas de petits morceaux de bois qu'on nomme les magasins des fourmis, ne sont que les pièces de leurs édifices. Toutes se réunissent pour se construire des habitations, où elles vivent en commun sous des sortes de lois convenables à leur genre de vie, et à la conservation de la progéniture de la république. Elles se font des guerres de peuplades ou d'espèces à espèces : elles retiennent captives et tout à fait en esclavage les prison* nières qu'elles ont faites, et les soumettent aux travaux forcés intériairs. Elles élèvent et nourrissent convenablement, dans des sortes d'étables , d'autres espèces dinsectes , et surtout des pucerons, qu'elles soignent pour les traire, et pour en obtenir un aliment assuré dans les temps de disette, comme nous tenons eu domesticité nos vaches, nos chèvres, nos brebis. Ces mulets nourrissent eux-mêmes toutes les larves, celles des mâles, des femelles et des neutres; ils les protègent aussi sous la forme de nymphes, lorsqu'elles sont renfermées dans une sorte de coque de soie blanche, ce qui a fait croire que ces nymphes étaient de gros œufs de fourmis; ces soins persistent pendant tout le temps que ces individus peuvent être utiles et nécessaires à la société. Ënûn ils constituent, comme nous l'avons dit, de véritables républiques, où tout est mis en com^ mun, propriétés, familles, nourriture et bestiaux.
874. Les doryles sont des insectes d'Afrique dont les mœurs sont encore peu connues: leur ventre, presque sessile, déprimé, courbé en faucille, est porté par une première articulation prismatique. Les mutiUes ont beaucoup de rapport avec
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les fourmis, mais elles n'ont ni nœud, ni étranglement, ni écailles sur le pétiole de leur abdomen. Leurs couleurs sont souvent très-vives et dues à une sortede duvet dont les nuances sont très-tranchées et par taches fort régulières, d*une belle teinte rouge , blanche , jaune, comme dorée. Les mulets n'ont pas d'ailes; les femelles perdent les leurs après l'accouplement ou dans le danger; elles s'en débarrassent même alors pour courir plus facilement. Elles ont un aiguillon dont la piqûre occasionne une vive douleur.
875. Les trois autres familles des insectes du môme ordre nous présentent des singularités très-curieuses dans la manière dont leurs larves se nourrissent. Tantôt, comme dans la famille des néottocryptes , l'œuf déposé par sa mère, sous l'écorce d'une plante ou d'un arbre , y fait naître une véritable mala* die, une tumeur contre nature, au milieu de laquelle le petit insecte se développe; tantôt, comme parmi les entomoiilles ^ c'est dans le corps d'un autre insecte que la larve doit vivre. Bon germe est introduit par la ipère sous la peau de la vietime , qui en sera dévorée, sans avoir aucun moyen de s'en défendre. D'autres espèces déposent, auprès de leurs œufs, une certaine quantité d'insectes , auxquels ils ont enlevé les organes du mouvement, ou qu'ils ont estropiés de manière qu'ils ne puissent échapper à la larve sans pattes, qui doit s'en nourrir. Tels sont les oryetéres.
876. Parmi les Néottocrtptbs ou ahditolarves , on nomme eynip$ et diplolépeê quelques-uns des insectes qui produisent les galles des plantes, telles que ces sortes de végétations moussues et monstrueuses qu'on voit souvent sur le rosier églantier, et qu'on appelle bédeguards; telles sont encore les tumeurs du lierre terrestre , et surtout la galle des boutiques , ou noix de galle (295), qui sert en teinture, et qui entre dans la composition de l'encre à écrire. Ces dernières se développent sur un chêne de l'Asie Mineure. On en recueille beaucoup aux environs d'Alep. Elles font l'objet d'un grand commerce; on préfère les galles qui ont plus de poids et ne sont pas trouées, car elles contiennent encore l'insecte sous forme de larve ou de nymphe. La femelle de ces petits animaux fait l'incision, dans laquelle elle dépose ses ceufs, à l'aide d'une tarière roulée en spirale.
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dont son anus est armé. Une autre espèce vit dans l'intérieur du fruit du figuier sauvage: on pense que ces insectes favorisent la fécondation des fleurs intérieures de la figue, et c'est une méthode en Grèce de placer des branches chargées de ces fruits attaqués par l'insecte pour faire mûrir plutôt les figues cultivées : c'est ce qu'on nomme la caprification. Tous ces insectes ont l'abdomen pédicule, aplati ou renflé; les antennes non brisées, composées de treize articles au plus; les cuisses souvent renflées. Les uns ont les antennes droites, en û]^ comme les chalcides , dont l'abdomen est arrondi, et les diplolépes y qui ont le ventre comprimé. D'autres ont les antennes renflées, tantôt du sommet à la base , comme les îeucopêides , dont les larves se développent en parasites dans les guêpiers; tantôt à la pointe seulement, comme les cynips^ dont la tête est sessile, et les diapries , qui ont une sorte de cou. Enfin les eulophes sont faciles à reconnaître parce que les antennes sont branchues ou en peigne, surtout dans les individus mâles.
877. On pourrait appeler encore inseclirodes y ou rongeurs d'insectes, les ëntomotilles, qui déposent leurs œufs dans les larves. Ils sont rangés dans plusieurs genres, parmi lesquels sont les ichneumons , ainsi nommés parce que ces insectes sont continuellement en mouvement, et qu'ils ont l'air d'être toujours en quête. Ce sont des hyménoptères à antennes longues, non brisées, de dix-sept à trente articles, toujours agitées, dont le ventre très-allongé se termine dans les femelles par une tarière droite. On les a divisés en un très-grand nombre de genres; nous ne citerons que le nom de quelques-uns, tels sont lesfœnes et les évanies^ qui ont les antennes filiformes; les ophions et les hanches ^ qui ont le ventre comprimé.
878. On observe quelquefois, sur les murs des jardins potagers, des flocons d'une soie blanche ou jaune qui, examinés avec soin , font voir l'assemblage de petites coques de même couleur; elles renferment chacune une nymphe. Au printemps suivant , il sort de chacun de ces cocons un petit ichneumon noir, avec les pattes jaunes ou rouges. Ces insectes s'accouplent, et bientôt après, on voit les femelles occupées à faire la recherche des chenilles qui vivent sur le chou, dans l'intérieur desquelles elles doivent déposer leurs œufs. Après en avoir aperçu
une, elles fondent dessus, s'y accrochent, et, malgré les mouvements que la chenille se donne, elles lui percent la peau avec leur tarière à plus de quarante reprises , et dans des endroits différents; à chaque piqûre, elles introduisent un œuf sous la peau. Bientôt cet œuf se développe, il en sort une petite larve sans pattes, qui devient un ver rongeur, lequel dévore la graisse que la chenille avait formée pour son développement parfait. Ikfais cet animal parasite a grand soin de ménager les organes de la nutrition; quand il a mangé autant qu'il le pouvait, il perce, ainsi que ses autres frères, la peau de la malheureuse chenille, qui périt bientôt après. Tous se rapprochent, et filent leurs cocons comme nous l'avons dit plus haut. Quelquefois il n'y a qu'une seule larve déposée dans le corps de la chenille, et l'époque à laquelle elle s'y trouve placée varie suivant les espèces. Il semble que chaque ichneumon soit attaché particulièrement à l'existence de telle ou telle espèce d'insecte, de chenille ou de larve. Souvent l'ichneumon ne se développe que dans l'intérieur de la chrysalide ou de la nymphe, d'où il sort sous l'état parfait.
879. On a nommé les insectes de la dernière famille de l'ordre qui nous occupe, les Oryctères ou les fouisseurs , parce qu'ils creusent ordinairement des trous dans le sable pour y placer leurs œufs avec un certain nombre de larves d'autres insectes, ou même d'insectes parfaits, tels que des diptères mous, des araignées dont les pattes ont été coupées ou dont le corps semble avoir été privé du mouvement par suite d'une piqûre envenimée. Les sphéges et quelques autres genres appartiennent à cette division : telles sont les larres , les pompiles , les iiphies , dont les femelles ont un aiguillon caché, et dont les antennes, composées de quatorze à dix-sept articles, sont aussi continuellement en mouvement.
880. On peut observer principalement une de ces espèces , dans les lieux sablonneux et exposés au midi ; elle est noire , à duvet cendré ; son ventre, porté sur un long pédicule . est marqué de deux taches rousses : cet insecte est très-agile. On le surprend souvent s'abattant rapidement sur un sable mobile; là, les ailes agitées et portées un peu en triangle sur le corps, on le voit courir sur ses longues pattes et bondissant par sauts,
It6 DM I1I8BCTB8 8VliâR0rrtllfl0.
cherchant le lieu qui lui conviendra le mieux pour y creuser une sorte de fosse ou de nid qu'il destine à sa progéniture. Si le terrain est trop résistant, Tinsecte saisit les graviers les plus pesants avec ses mandibules pour les transporter à quelque distance ou pour les pousser avec les pattes. Si le sable est facile à mouvoir, alors il travaille avec une activité et une telle prestesse que la poussière est lancée comme un jet continu , pour s*y creuser une galerie à l'extrémité de laquelle, et dans une sorte de caveau voûté, Tinsecte dépose un œuf. Puis il va à la recherche de quelques chenilles, de quelques larves, de certaines araignées que Finsecte mutile en leur coupant les pattes ^ ou qu'il a probablement piquées de son aiguillon, puisqu'il les rapporte absolument immobiles; il répète ce manège un grand nombre de fois, car on trouve huit, dix et même douze chenilles d'une même espèce ou des larves semblables dans chaque nid ou caveau. De cet œuf de sphége sort une larve sans pattes qui n'a d'autre peine à prendre que de sucer et de dévorer successivement les provisions que sa mère a pris la précaution de déposer, justement dans les quantités et proportions que devait comporter le développement ultérieur de cette larve , pour se métamorphoser en nymphe et ensuite en sphége. Les espèces qui ensevelissent ainsi des araignées vont les attaquer de vive force au milieu de leur toile; et c'est un spectacle fort curieux que cette sorte de combat, dont on peut être souvent témoin pendant l'été, quand on connaît le fait que nous venons d'exposer. Il parait que dans l'instant otile sphége attaque l'insecte, il le pique de son aiguillon pour introduire , par cette plaie, une molécule d'un liquide vénéneux qui le paralyse; il est probable que dans sa sagesse, la nature a voulu que cet être mutilé ou paralysé fût en même temps privé de la sensibilité, et que cependant il pût continuer de respirer et d'exister sans éph)uver d'altération, puisqu^l est destiné à être une provision de chair vivante et qu'il doit être rangé et pressé auprès d'autres individus de sa race appelés à devenir successivement la pâture de la larve du sphége. Ce qui est admirable, c'est la prévoyance de la mère qui n'a déposé qu^un nombre fixe et déterminé dd petites chenilles, correspondant aux besoins futurs et nécessaires au déveU^pement de la larve.
PI^S Qf SECTES NiSVnOPTÈRBS. it^
TROISIÈME ORDRE, disbctes irfiyaoFTftus.
881. On désigne par le nom de Nêvropt&res des insectes qui ontquatre ailes nues, d'égale consistance, avec des nervures en réseau (PI. I, ûg, 6), dont la bouche est garnie de mâchoires, et non d'un bec ou d'une trompe. Les métamorphoses sont un peu différentes les unes des autres dans les trois familles qui com* posent cet ordre.
88â. Deuic sections comprennent ces insectes, et les parta* gent d'une manière fort commode. Les uns vivent quelque temps sous l'état parfait, pendant lequel ils se nourrissent; ils ont en conséquence une bouche munie de mâchoires bien distinctes. Les autres , au contraire , naissent sous cette dernière formé, s'accouplent, pondent et meurent le plus souvent dans une môme journée. Ils ne mangent pas, et on ne peut pas voir les parties de leur bouche, qui sont à peine indiquées et comme oblitérées : aussi les a-t-on appelés Agnàthes (893).
883. Parmi les névroptères dont la bouche est bien visible, les uns l'ont recouverte par les lèvres, comme par un masque; leurs ailes sont toujours étalées; leurs antennes, qui no sont guère plus longues que la tête, se terminent en fer d'alêne; ce sont les Oponàtes, demoiselles ou libellules (884). Tous les autres ont les diverses parties de la bouche à nu , et leurs ailes, dans l'état de repos, sont le plus souvent couchées en toit sur le dos; on les appelle, à cause de cela, tectipennes ou St£-
GOPTiESS (886).
884, On nomme demoiselles ou libelluUê (V\. Il, ilg. 1), des insectes à ailes allongées, â peu près d'égale étendue, sem«* blables à de la gajce, qu'on voit ordinairement voltiger aveo une rapidité extrême dans les lieux humides. Elles se nourrissent d'autres insectes vivants qu'elles saisissent au vol. Leur accouplement présente une particularité très-singulière; le mâle saisit sa femelle par le cou, dans l'intervalle de la poitrine avec la tête , au moyen de deux crochets qui font l'office de grandes tepailles, et qui sont placés à l'extrémité de sa queue ; il s'envole ainsi avec elle, et il la force de venir appliquer l'extrémité postérieure de son ventre contre sa poitrine où . sont ses organes
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sexuels; aussi cet accouplement se fait-il toujours pendant le vol. Les espèces de cette famille sont rapportées à deux genres principaux. Les libelles, qui ont la tête arrondie, presque aussi longue que large; les yeux grands, rapprochés; le front vésiculeux; leurs ailes restent étalées horizontalement dans Tétat de repos; et les agrions (PI. II, fig. 1, nymphe) qui ont la tête très- large, le front plat, les yeux distants, globuleux, elles ailes verticales ou dressées dans l'état de repos.
885. C'est dans l'eau des mares, des étangs et des petits ruisseaux, que les demoiselles déposent leurs œufs. Il en naît une petite larve à peu près semblable à l'insecte parfait ; mais sa bouche et ses mœurs sont bien différentes. La lèvre inférieure de ces larves est allongée (PI. II, fig. 43, d, d, c), et pliée trois fois sur sa longeur, armée en avant de deux crochets, que l'insecte peut porter tout à coup sur les corps qu'il veut saisir, et c'est toujours sur une proie vivante. Sous cet état de larve, il est le plus souvent couvert de boue, et il respire par l'anus, qui est garni d'écaillés pointues ( fig. i3 et 15 , a, a); il se sert môme de celte faculté qu'il a de faiie entrer de l'eau par cet orifice et de l'en chasser avec violence, pour changer de lieu d*une manière très-rapide. La nymphe est agile comme celle des insectes de l'ordre des hémiptères (fig. 12).
886. Les four milions, les hémérobes, les termites, les psoques, les raphidieSy les panorpes et beaucoup d'autres genres , qui renferment des insectes très-curieux à connaître, à cause de leurs mœurs, appartiennent à la seconde famille, celle des tectipennes ou Stégoptères, parce que dans l'état de repos les ailes viennent se placer comme un toit sur leur tronc; leurs antennes, qui varient pcmr la forme, sont toujours plus longues que la tête. La plupart proviennent de larves qui se nourrissent d'insectes, auxquels eues tendent des pièges ou qu'elles attaquent de vive force : quelques-unes se filent un cocon; mais la nymphe redevient mobile sur les derniers temps. Quelques espèces se développent sous l'eau; d'autres restent cachées dans le bois; quelques-unes s'enfoncent dans la terre.
887. Le nom de fourmilion convient mieux à la larve qu'à l'insecte parfait. Cette larve a une forme toute particulière; son corps est conique » un peu déprimé , pointu par derrière ; sa tête
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supporte deux longues cornes , qui sont des mâchoires dentelées, percées à leur extrémité, et qui lui servent à retenir et à sucer sa proie. Elle a six pattes, et elle se meut, principalement en arrière; elle se creuse dans le sable une fosse, en forme d'entonnoir, au fond de laquelle elle se place, les deux cornes écartées. Malheur à la fourmi ou à tout autre petit insecte qui vient à passer sur le bord de la fosse ! Le sable s'éboule sous ses pas; il tombe dans Tembuscade : bientôt il est saisi , sucé jusqu'à la mort, et son cadavre desséché est lancé à une grande distance, afin qu'il ne serve pas d'indice pour le piège qui attend d'autres victimes. Cette larve est deux années à se développer; elle se file une coque de soie recouverte de sable, et reste immobile pendant près de deux mois dans ce follicule. Au bout de ce temps, il en sort un insecte tout à fait différent, qui a près de cinq fois la longueur de la larve : sa tête est garnie de deux antennes, en forme de fuseau; son corselet, bien distinct, supporte quatre ailes semblables à celles de la demoiselle ; elles sont couchées obliquement sur le ventre dans l'état de repos; l'insecte parfait ne vit sous cette forme que quelques jours, pendant lesquels il s'accouple et pond dans le sable des œufs lisses, arrondis, à coque sohde.
888. On a nommé aussi lions des pucerons les larves d'Acmérobesj parce qu'en effet elles se nourrissent de ces insectes , au milieu desquels on les trouve, sans que ceux-ci aient l'instinct de les éviter. Elles les sucent à l'aide de leurs longues mandibules, qui sont percées à l'extrémité comme les crochets des araignées. Les hémérobe^ ressemblent aussi à des demoiselles, et même davantage aux fourmilions parfaits; mais leurs antennes sont longues, en forme de soies, et la plupart ont des yeux très-brillants : l'espèce la plus commune exhale, lorsqu'on la saisit, une odeur très-fètide. C'est probablement un moyen de défense qu'elle emploie pour se préserver du bec des oiseaux. Ces insectes déposent sur les plantes des œufs qui sont très-singuliers, car ils sont supportés à l'extrémité de longs pédicules, et groupés de manière qu'on les a pris souvent pour des plantes cryptogames.
889. On trouve, aux Indes et en Amérique, des insectes de Tordre des.névroptères, qu'on a regardés longtemps comme
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des fourmis blanches, ce sont les termites. Ils forment des familles ou des sociétés très-nombreuses qui vivent en commuQ dans des demeures qu'ils se pratiquent à l'abri de la lumière. On a observé parmi eux des mâles, une femelle, et un trèsgrand nombre d'individus, qu'on croit être des neutres. Ceuxci ont six pattes, une très-grosse tête, un petit ventre, et ils ne prennent jamais d'ailes. Les mâles et les femelles ont la tète plus petite, et de très-longues ailes qui tiennent peu au corps. Quand une femelle est fécondée, son ventre se gonfle tellement quïl lui est alors impossible de se traîner : elle porte plus de quatre-vingt mille œufs, et pèse deux mille fois plus qu'avant la fécondation. Les termites voyagent toujours sous des mines qu'ils se creusent sous terre; ils détruisent tout ce qu'ils trouvent en substances animales et végétales; ils réduisent en poussière les poutres, les solives, les meubles, les bardes, les cartons, les livres, etc. ; et ils font d'autant plus de tort, qu'on ne s'aperçoit de leurs ravages que lorsqu'il n'est plus temps d'y remédier.
890. Il y a bien en Europe quelques insectes voisins de ce genre; mais ils sont petits. Ce sont les psoques qui détruisent les vieux meubles, les paniers d'osier; on les appelle vulgairement des poux de bois. On croit que ce sont ces insectes qui produisent, dans les boiseries qu'ils rongent, un petit son régulier de tic-et-tac ; ce qui les a fait , par préjugé , nommer Yhorloge de la mort. On observe rarement ces insectes avec des ailes; cependant la plupart des espèces de ce genre nombreux en sont munis à une certaine époque de la vie. Ces ailes sont d'une minceur telle , qu'elles décolorent la lumière et prennent l'aspect irisé.
891. Les raphidies sont des insectes très-extraordinaires par leurs formes : leur corselet est très-allongé ; il supporte une tète étranglée en arrière, articulée sur une sorte de cou. Ces parties sont mobiles dans tous les sens. Les raphidies n'ont aux tarses que quatre articles ; leurs antennes sont en fil : leurs larves et leurs nymphes se nourrissent, comme elles, de petits insectes; ils vivent sur le tronc des arbres et à l'état de larves et de nymphes; on les rencontre dans les scissures des écorees. Les panorpe» Ou mouches scorpions sont ainsi nommées parce que,
m IN8BCTES NÉTROPTfiRfiS. 4SI
dans l'un des sexes, il y a une queue articulée, mais terminée par une sorte de pince. Ils ont la bouche placée à Textrémité d'une sorte de bec, cinq articles aux tarses, et les antennes en fil. On ne connaît pas leurs larres : sous Fétat parfait, les espèces se nourrissent d'insectes> et surtout de diptères, qu'elles saistasimt ^ volant, qu'elles décorent en s'arrêtant sur les branches des arbres.
892. lAsphryganes, I05 ëphémérei (PI. Il, Ûg. 3) et quelques insectes voisins de l'un ou de l'autre de ces deux genres, composait la deknière famille des âiïnathes, dans laquelle on ne distingue pas les parties de la bouche , parce qu'elles sont trop petites et indiquées seulement pal* les palpés. N'ayant pas d'organes propres à saisir leur nourriture, ces insectes ne vivent pas longteinps soUs cette dernière forme. Leurs larves se développent dans TeaU ; elles ont des branchies pour leur respiration a(|uatique.
895i Les phrylfûmê ont les antennes longues; elles vivent peu de temps avec des ailes : on les trouve sur le bord des eaux, daûs lesquelles leurs larves se développent; ces larves sont h^bivores; elles se filent ^ comme celles des teignes, des fourreaux de soie , mais elles les revêtit , les unes de portions de feuilles, d'autres de brins de roseaux, plusieurs de graviers et de petits coquillages qu'elles y agglutinent (PI. II, fi^. 8). Oe fourreau est ouvert aux deux bouts, et Flnsecte le traibe partout avec lui. Lorsqu'il est sur le point de se métamorphoser, il file aux extrémités des espèces de grillages ou de barreaux, qui doivent le défendre des attaques extérieures. Leurs nymphes sont agiles et cherchent à sortir de l'eau ; c'est alors seulement que par une sorte de mue, leurs ailes se déploient et se sèchent. Les poissons sont très- friands de ces larves. Les pécheurs les recherchent dans certains pays pour les employer comme amorce; on les nomme charées ou caseis. Comme le fourreau des larves de quelques phryganes ressemble' à une petite bourrée , ou à un fagot de petit bois , il leur a fait donner le hom grec qu'elles portent. Il n'est pas rare de trouver sur certains fourreaux de phryganes, parmi les espèces qui vivent dans des eaux courantes et rapides, et qui agglutinent ainsi à cette sorte de tunique de petits cailloux, des coquilles à
13S DES INSECTES NÉVROPTÊRES.
une OU deux valves, qui coûtienneut encore à l'intérieur le petit mollusque vivant, devenu ainsi un satellite involontaire de la larve dont il foime une partie du vêtement. Les nymphes des phrygames offrent une particularité, pour ainsi dire exceptionnelle, dans la classe des insectes; c*est que lorsqu'elles sont sur le point de subir leur dernière transformation, elles sortent de leur fourreau et se mettent à nager de manière à trouver quelque tige de végétal ou un autre corps solide sur lequel elles s'accrochent, et qui leur permet de grimper et d'arriver dans Tair atmosphérique. Elles peuvent ainsi , par quel^ ques circonstances forcées, rester agiles dans Teau pendant quatre ou cinq jours. Si alors on les soulève hors du liquide et si on les place sur un papier bibule, elles ne tardent pas à se sécher, et en moins de quelques minutes on les voit se métamorphoser, leurs ailes s'étalent et l'insecte peut voler.
894. La plupart des éphémères (PI. lï, fig. 5), comme on a voulu l'indiquer par leur nom, ne vivent qu'un seul jour sous l'état parfait. Ces insectes'ont des antennes plus courtes que la tête; les pattes de devant fort allongées, les ailes supérieures relevées et toujours étalées , les inférieures excessivement courtes ; leur ventre se termine par deux ou trois longues soies. Leur larve (ûg. 6) , qui a des espèces de branchies {abc, très-grossies, ûg. 7 ), vit dans la vase; elle est près de trois ans à se développer. C'est principalement en été, et dans un même jour, après le coucher du soleil , que toutes les nymphes sortent de l'eau; elles s'accrochent à quelque corps solide, et subissent dans l'air leur métamorphose. 11 y a parmi elles plus de mâles que de femelles; quelques espèces s'accouplent dans l'air, et ne restent ensemble que quelques minutes; d'autres pondent leurs œufs avant qu'ils soient fécondés, et le mâle les vivifie en se plaçant dessus. Ce mâle périt presque aussitôt; la femelle se hâte d'aller déposer ses œufs à la surface de l'eau, au fond de laquelle ils sont entraînés par leur poids. Le lendemain , dès l'aube du malin , toutes les éphémères sont mortes. Les rivières en sont couvertes : les poissons s'en nourrissent. Aussi les pêcheurs nomment-ils cette époque le jour de la manne.
DEUXIÈBIE ORDRE, insectes orthoptères.
895. On a réuni dans cet ordre tous les insectes qui sont agiles SOUS les deux états de larves et de nymphes, et qui ne subissent de changement de formes que dans le développement de leurs ailes, toujours au nombre de quatre, dont les deux supérieures sont plus courtes et servent comme d'étuis, et dont les inférieures sont presque constamment plisséessur leur longueur et rarement pliées en travers ; de là le nom d*ORTHOP- TÈRES , qui signifie ailes droites. Ils offrent aussi dans les parties de la bouche une pièce particulière qui recouvre le dos des mâchoires, et qu'on nomme une galète (PI. I , fig. 16, D, c). La plupart ont des yeux lisses ou stemmates, outre leurs yeux à réseau.
896. Tous ces insectes peuvent être distribués en quatre groupes, dont trois ne renferment chacun que quelques genres : ce sont les anomides (PI. I, fig. 25 ) , les blattes (fig. 22) et les forficules (fig. 18) , qui n'ont point de paltes de derrière allongées et renflées , ou propres au saut, comme on l'observe dans la quatrième famille , qui comprend les sauterelles et plusieurs genres voisins, et qu'on a nommée les grylloïdes.
897. Les Grylloïdes ou grylliformejf (PI. I , fig. 20) portent leur tête, ou du moins leur bouche , dans une position verticale, et ils ressemblent plus ou moins aux grillons.Il en est qui ont les antennes à peu près de môme grosseur; ceux-là ont été appelés saulerelles ou criquets. La sauterelle émigrante que l'on trouve dans le midi de la France, mais qui est une véritable plaie en Barbarie et en Egypte , appartient à ce genre. Elle émigré par millions et dévore tous les végétaux des lieux où leurs légions viennent s'abattre. Quelques peuplades sauvages les mangent et même font en sorte de les conserver pour s'en nourrir. Quand ces insectes viennent à périr naturellement par suite des pluies ou par le défaut de nourriture, leurs cadavres réunis en si grand nombre infectent l'air en se pourrissant, et ont souvent produit des épidémies très-graves. On trouve beaucoup d'espèces de ces sauterelles ou criquets dans nos prairies et dans nos bois. Dans les autres genres, les aatennes sont en
iS4 DES MSBGTBS ORTHOPTÈRES.
soies de cochoD . et on les nomme locusieê ou grillons (fig. 20) ; enfin, chez quelques-uns les antennes sont en prieme ou en fuseau aplati : tels sont les truxales. Presque tous les mâles produisent un son singulier par le frottement de leurs élytres. Les locustes ont les pattes de derrière très-tongues et sautent fort bien : les espèces de ce genre atteignent de très^-grandes dimensions. Telles sont, la sauterelle verte, la tachetée, à laquelle on attribue la propriété de détruire les poreaux ou ver^* rues, et dite, à cause de cela, verrucitore; quelque^unes n'ont pas d'ailes : telle est la eymbalaire ou éphippigére, qui produit un son très-particulier avec les écailles qui représentent des élytres avortés. Les femelles ont en général un poodoir saillant qu'on a comparé à un sabre ou & un coutelas : on les trouve ordinairement dans les champs, sur les vignes en automne, et sur les hautes herbes. Les grillons ont les cuisses plus courtes ; ils évitent en général la lumière et recherchent la chaleur. Ce murmure monotone et ennuyeux qu'on entend dans les cuisines et près des fours pendant la nuit, est le chant d'amour du grillon domestique mâle, vulgairement appelé cri-eri. Un autre, qui est quatre fois plus gros au moins, et de couleur noire ou brune, vit sous terre dans les champs. La plus grosse espèce se trouve dans les prairies et dans les potagers, près des fumiers ; elle vit le plus ordinairement dans des galeries souterraines : elle coupe et mange les racines des salades et des melons , en creusant sous terre comme la taupe , à l'aide de ses pattes de devant (PL I, fig. 21), dont les jambdd a sont élargies, triangulaires, aplaties, dentelées et tranchantes en devant , et dont le premier article des tarses b vient passer audevant, en produisant ainsi l'effet d'une lame de ciseaux. Les jardiniers lui font la chasse. On la nomme courtilliére ou taupegrillon ; ses pattes antérieures sont seules coupantes , et ses yeux lisses sont très-brillants.
898. Les orthoptères Anomides ou difformes ont le corpstrèsallongé; leur corselet, en général beaucoup plus long que large, est formé en grande partie par le mésothorax. Telles sont lesphyllies , qu'on a encore nommées feuilles ambulantes, dont les élytres sont très-planes et l'abdomen aplati ; les phoimes OR spectres, qui sont souvent sans ailes, dont les pattes de
DES IKSBGTES ORTHOPTÉflES. 455
devant sont simples , et dont on a vii des espèces de près de trois décimètres de longueur, ce qui en fait les plus grands insectes connus. Telles sont, enfin, les mantes (PI. I, fig. 23), qui ressemblent un peu aux sauterelles , mais qui ne peuvent sauter. Il en est dont le corps est excessivement allongé et étroit. Toutes ont une démarche singulière. Leur corselet est très-long et se redresse sur Tabdomen ; les pattes de devant a sont souvent armées d*un ongle mobile en crochet b; elles les meuvent lentement, comme si elles étendaient les bras : aussi a-t-on désigné plusieurs espèces sous le nom de prêcher esse , de religieuse j de sorcier, de devin , de spectre, et autres dénominations qui tiennent à des préjugés superstitieux. Elles pondent en masse des œufs enveloppés d'une matière visqueuse qui se dessèche et qui prend beaucoup de consistance. 899, On ne pouvait mieux désigner que par ce mot de blattes (PI. I, fig. i), qui en grec signifie tort, dommage, les insectes auxquels on Ta appliqué. Ce sont des animaux qui fuient la lumière. Leur corps est très-plat ; leur tète est le plus souvent cachée sous une avance du corselet; leurs antennes longues, en soie ; leurs pattes grêles, à hanches aplaties; aussi on les a nommés Omalopodes. Ils courent avec une vitesse extrême , et s'introduisent dans les habitations pour y dévorer le pain , le sucre, la viande, les souliers. L'espèce la plus commune en France est celle qui paraît originaire de l'Orient, et que Ton nomme la blatte des cuisines, souvent sans ailes. Ces insectes, qui sont nocturnes, habitent seulement les endroits où l'on conserve du feu pendant toute la journée; ils se propagent avec une telle fécondité, qu'ils deviennent un véritable fléau. Gomme ils tombent souvent dans les préparations culinaires , qu'ils sont très-mous, qu'ils portent une odeur désagréable, ils sont trèsdégoûtants. Il est fort difficile de les détruire. La plus grosse se trouve en Amérique , mais on l'apporte quelquefois en France sur les vaisseaux; on la nomme ravet , cancrelat , bête noire ou kakkerlac. Dans l'état parfait celle-ci a le ventre couvert par les ailes, qui le dépassent même pour la longueur; mais elle ne parait pas s'en servir pour voler. Les femelles pondent en apparence un ou deux œufs très-gros, sur la longueur desquels on voit une ligne saillante ; mais ce sont des coques qui con-
iS6 DES INSECTES ORTHOPTÈRES
tiennent de seize à vingt germes réunis. Quoiqu'il y ait en France près de dix espèces de ce genre , elles sont peu connues , parce qu'elles vivent dans les bois, et ne sortent guère que la nuit.
900. Le dernier genre des orthoptères est nommé forficule (PL I, fig. 18), parce que les insectes qu'il renferme ont ordinairement le ventre terminé par deux crochets en forme de tenailles (fig. 19), ce qui leur a fait donner le nom de labidoures. Les forficules n'ont point les ailes inférieures droites ; elles sont pliées trois fois en travers, plissés ensuite en long pour être cachées sous des élytres très-courts (fig. 18 a a) ; elles peuvent cependant développer cette aile tout à coup comme un éventail elles replier comme à l'aide d'un ressort élastique ( fig. 17). Au reste, ces insectes sont agiles sous leurs trois états; ils fuient la lumière et ne sortent que pendant la nuit des lieux obscurs qu'ils recherchent et que les jardiniers cherchent à leur procurer pour mieux les détruire ; car ils attaquent les jeunes pousses, les fruits, les fleurs, surtout celle des œillets. On les trouve souvent réunis au nombre d'une vingtaine d'individus sous les écorces. C'est à tort qu'on a cru qu'ils pouvaient percer la membrane des oreilles, et par cela même rendre sourd. Ils font beaucoup de mal dans les jardins; voilà pourquoi on leur fait la chasse. La mère a un grand soin de ses œufs; elle semble les couver, et elle n'abandonne ses petits que quand ils n'ont plus besoin de sa protection. On les nomme vulgairement perce-oreilles.
DES INSECTES COLEOPTERES. 137
PREMIER ORDRE , insectes coléoptères.
901. Comme le Dom de Coléoptères signifie ailes en étui , on rapporte à cet ordre tous les insectes qui ont quatre ailes , dont les supérieures , nommées élytres, sont ordinairement dures, épaisses, courtes, et servent de couverture, de gaine, d'étui ou de fourreau aux inférieures, qui sont membraneuses, et se plient en travers (PI. I, fig. 1 et 2). Tous ces insectes , sous Fétat parfait, ont la boucîhe garnie de mâchoires destinées à saisir et à diviser les aliments solides provenant de matières organisées végétales ou animales (fig. 5)..
902. Cet ordre des coléoptères est des plus nombreux et des plus naturels : il réunit des insectes qui ont entre eux de trèsgrands rapports, et qui diffèrent de tous les autres par une infinité de caractères. On en connaît aujourd'hui plus de vingt-cinq mille espèces. Toutes proviennent d'œufs à coque flexible, fécondés avant la ponte. Il en sort une larve molle, à tête cornée (PL I , fig. 8), sans yeux distincts, avec des rudiments d'antennes, des mandibules et des mâchoires. Ces larves ont six pattes écailleuses , articulées ; elles n'ont pas de corselet. Leur abdomen est le plus souvent courbé, tronqué à l'extrémité, composé de douze anneaux ou sections, dont neuf au moins sont percés de trous ou de stigmates , orifices des trachées. Leurs nymphes (fig. 14) sont immobiles, à membres visibles ou non enveloppés : recouvertes en totalité par une peau mince qui suit les contours de son corps , sans pénétrer dans ses articulations et sans les lier entre elles , comme chez les lépidoptères (PI. IV, n» 11, fig. 9).
903. On a observé que les coléoptères différaient beaucoup entre eux par le nombre des articles qui terminent leurs pattes dans la partie qu'on appelle tarse , et qui correspondent aux doigts ( PI. I , fig. 2 , 4) , et alors on ne compte pas les crochets qui forment les ongles. C'est surtout dans les pattes de devant et sur celles de derrière que ce nombre varie ; car les intermédiaires sont toujours semblables aux antérieures. On a obtenu ainsi quatre grandes sections, savoir : 1« les pentamérés, qui ont cinq articles aux tarses de derrière, et qui alors en ont cinq
ISft OKS imBGTBS COLÉOPTÈRES.
à tous les autres ; 2" les hétéromérès , qui ont cinq articles de- Tant, quatre derrière; S*" les tétraméréSy qui ont quatre articles à tous les tarses; 4* enfin les trimer es , qui ont trois articles à tous les tarses ; il en est môme chez lesquels on n'a pu distinguer qu'un ou deux articles. Il faut toujours commencer par compter les articles des pattes postérieures; car, lorsqu'il y en a cinq ou trois, on peut assurer que les antérieures et les postérieures seront semblables; mais lorsqu'il y en a quatre, il (aut rechercher le nombre des articles aux tarses intermédiaires ou indifféremment aux antérieurs.
, 904, Il existe dans chacune de ces grandes divisions ou de ces sous-ordres plusieurs insectes qu'au premier aperçu, pour peu qu'on ait commencé à observer les formes générales, on peut rapprocher d'après une certaine ressemblance de consternation et de mœurs , et on les a distribués ainsi par familles. Gomme il serait difficile d'entrer dans tous ces détails, nous ne ferons connaître que les plus intéressants , en suivant à peu près la marche des naturalistes.
905. Parmi les Coléoptères Pentahéeés, ou ceux qui ont cinq articles à tous leurs tarses, il en est qui portent des élytres mous, et alors leurs antennes sont en forme de fiU ou à peu près de môme grosseur à leur extrémité libre qu'à leur base ; leur corselet est plat, et ces animaux se nourrissent d'autres insectes vivants ; tels sont les apalytres (927) : d'autres ont des élytres durs, peu flexibles, qui tantôt couvrent le ventre, et qui tantôt sont courts et ne le cachent pas complètement. Les insectes dans lesquels on observe cette dernière conformation , ontles antennes en forme de grains de chapelet ; tels sont les brachélytres{9i^).
906. La forme des antennes (PI. II) donne ensuite un moyen tr^s-commode de séparer entre elles les espèces qui ont les élytresdurs et longs; car dans les unesces antennes sont terminées P9,r wm sorte de bouton ou de masse plus ou moins allongée (fig. 9, iO^ il), tandis que dans les autres, la tigecentrale ou le support commun de toutes les parties de l'antenne a la forme d'un fil ou d'une soie. Les coléoptères à antennes en masse y offrent tantôt des feuillets, comme les pélaîocères (915), tels gue les scarabées, les hannetons (PI. I, fig. 42), et les prioeères
BB8 INSBGT6S GOtÊOPTÊRES. 159
(915) , comme les cerfe-volants ; tantôt des articles très-rapprochés : tels sont les escarbots, les nécrophores, les dermestes et beaucoup d'autres, qu'on a désignés sous le nom û'hélocères (94 6) et de stéréocères (920). Ensuite ceux dont les antennes ne sont pas en masse, qui ont tantôt le corps arrondi, allongé, presque cylindrique; tels sont les insectes qui rongent le bois , comme les- vrillettes, les ruine-bois, réunis sous le nom de térédyles (924) ; tantôt ils Tout aplati , soit avec des antennes dentelées, comme les taupins, les ricbards (fig. 12), qu'on nomme les sternoxes (911), soit avec des antennes simples en fil ou en soie. Chez ces derniers , ou les pattes de derrière sont aplaties et propres à nager, tels sont les dytiques (fig. 15) , appelés nectopodes (910) ; ou , au contraire , les pattes très^longues ne sont destinées qu'à la course rapide; leurs mâchoires sont très-fortes et incisives , aussi tous ceux-ci se nourrissent-ils d'autres insectes vivants, tels sont les carabes , les cicindèles et beaucoup d'autres, qu'on nomme créophages (907).
907. La famille des Créophages ou des insectes carnassiers est une des plus nombreuses du sous-ordre auquel elle appartient. L'abdomen de ces insectes est le plus souvent recouvert par des élytres durs; quelquefois, mais rarement, il n'y a pas d'ailes membraneuses ; leurs antennes ne sont jamais dentelées; leurs pattes sont propres à la marche. Leurs mâchoires sont le plus souvent garnies d'un second palpe (PI. I, fig. S C). Les uns ont le corselet plus étroit que la tête , comme les cicindèles, les élaphres , les manticores, etc. Les autres, comme les carabes, les scarites , les calosomes , etc. , ont la tête plus étroite que le corselet et les élytres. Les larves de ces insectes se nourrissent aussi de petits animaux vivants.
908. Les cicindèles ne sont point lumineuses, comme leur nom pourrait le faire croire; mais la plupart brillent de couleurs métalliques. On les reconnaît à leur grosse tête, dont les yeux sont saillants , à leur corselet très-étroit, arrondi, et à leur bouche hérissée de poils. Elles recherchent les lieux arides, couverts de sable, et elles y font une chasse très-active aux mouches et aux autres insectes. On trouve leurs larves dans le sable; elles y pratiquent des trous verticaux et placent leur large tête à l'ouverture, pour la baisser rapidement comme une
bascule, lorsqu*uQ insecte vient à passer sur ce pont perfide, au-dessous duquel il trouve inévitablement la mort. Pour obtenir ces larves et les observer, il faut introduire un long fétu de graminée flexible dans le trou, le plus profondément qu'il est possible, et Ty laisser; alors on creuse le sable le long de cette tige conductrice , et on trouve la larve blottie au fond du trou : ou bien, en sondant avec ce fétu, on le retire brusquement à rinstant où Ton sent que Textrémité en a été saisie par la larve; et par ce moyen on la pêche pour ainsi dire en la lançant dans Tair; on la voit tomber sur le sable, où il est facile de la recueillir; car, étourdie par le choc, elle reste immobile ou n*a pas le temps de creuser la terre pour s'y enfoncer.
909. Les carabes ont le corselet aplati , ordinairement de la largeur des élytres, sous lesquels il n'y a souvent pas d'ailes membraneuses. On les a subdivisés en dix ou douze autres genres ; tels sont les calosomes , dont le corselet est arrondi et les élytres ordinairement très-brillants; les anthies , qui ont le corselet rétréci en arrière , et les jambes de devant échancrées; les cychreêj qui ont la bouche prolongée en bec ; les iackypes^ qui n'ont pas d'ailes, ni les jambes antérieures échancrées; les hrachyns , qui ont les élytres comme tronqués : quelques espèces de ce genre contiennent intérieurement un acide très-caustique , qu'on voit se réduire en une vapeur blanchâtre , à la volonté de l'animal, surtout lorsqu'il se croit dans le danger. Souvent ce petit phénomène, produit par un seul brachyn pénétré d'une crainte salutaire, détermine tous les petits individus de la même famille à en faire autant.
9i0. Les Nectopodes ou rémitarses forment aussi une famille de coléoptères carnassiers aquatiques : leur corps est ovale, nxoins convexe du côté du dos; leurs tarses aplatis en nageoires, et leurs antennes en soie ou en ûl les font bientôt reconnaître. Tels sont les dytiques , qui ont les antennes longues et le corps très-plat, le sternum pointu ; les haliples, qui ont les hanches de derrière couvertes d'une lame; les hyphydres, dont le corps est épais et ové. Les gyrins ou tourniquets forment une seconde section de cette famille; on les reconucdt à leurs antennes très-courtes, dont le premier article reçoit les autres.
DES INJECTES COLÉOPTÈRES. 141
911. Le nom de dytique est grec; il signifie plongeur. On trouve en effet ces insectes dans l'eau sous leurs deux états. Leur larve devient flasque et molle lorsqu'on la saisit; elle cherche à dégoûter par cette flaccidité. Elle se nourrit de petits animaux aquatiques qu'elle saisit en nageant. L'insecte parfait est un des plus favorisés par la nature, car il peut vivre dans l'eau, dans l'air et sur la terre, nager, plonger, marcher et voler. Ses pattes de derrière sont aplaties et bordées de cils; il s'en sert comme de rames. Il introduit sous ses élytres une certaine quantité d'air qui sert à sa respiration pendant qu'il plonge. Souvent les mâles sont remarquables par une particularité qui consiste dans la dilatation extraordinaire de quelques uns des articles des tarses antérieure qui sont concaves en dessous et garnis d'une sorte de tissu velouté comme spongieux. (PI. IV, fig. 31 et 52). Dans plusieurs espèces les élytres sont cannelés ou sillonnés en longueur à la base dans les individus femelles. Une liqueur huileuse, qui exsude de son corps, le graisse et le défend contre l'action de l'eau. Les tourniquets sont de petits coléoptères qui ont reçu leur nom des mouvements de tournoiement qu'ils exercent sur la surface des eaux tranquilles, ce qui dépend de la longueur excessive de leurs pattes de devant, comparées aux postérieures. Leurs yeux paraissent être au nombre de quatre; c'est un exemple unique parmi les insectes , mais on retrouve une disposition semblable et dans le même but dans quelques poissons (1030).
912. La petite famille des Bràchélytres ou brévipenneà est facile à reconnaître à cause de l'allongement de l'abdomen qui n'est point recouvert par les élytres , et par les antennes à articles arrondis, grenus, dans presque toutes les espèces. On trouve ces coléoptères sur les cadavres, dans le fumier, les champignons, sous les deux états de larves et d'insectes parfaits ; les uns ont les yeux globuleux , ce sont les stènes ; d'autres ont les palpes très-renflés, lespœdères et les oxypores; enfin les siaphylins n'ont axxcun de ces caractères, la plupart sont carnassiers, très- agiles. Ils relèvent ordinairement leur ventre quand ils sont inquiétés , et en font sortir deux vésicules d'où s'exhale une vapeur acide trèSK)dorante, par laquelle ils cherchent probablement à écarter leurs ennemis.
U$ DES mœcTss
913. Les lamellicornes ou PiTÀUHAsBS correspondent au genre^scarabée de Linné , mais on les a maintenant divisés en l)eaucoup d*autres genres, comme les géotrupeê, les bousien, les aphodies, les scarabées, les strox, les hannetons, les ce" toines (Pi. I » fig. 1 et â), etc. Ils vivent en général , sous leur premier état, dans les fumiei*s, dans les amas de plantes et dans les troncs des arbres morts qui se pourrissent. Ils proviennent d'une larve molle, nue, courbée sur elle-même, qui a beaucoup de peine à se traîner. Presque tous ces insectes fouissent la terre , et ont une très-grande force dans les pattes de devant, dont les jainbes sont toujours dentelées (PI. I, fig. i3 , tt). Il y a plusieurs espèces de pétalocères qui déposent chacun de leurs çeufs dans une petite masse de iumier qu'elles arrondissent et qu'elle portent ensuite sous terre, afin que la larve qui en provient trouve en sûreté sa nourriture ; tellesçont, entreautres, les espèces appelées bousier^araignée^ pilulaire. On trouve en Egypte une espèce de bousier qu'on adorait autrefois : elle y est figurée sur les monuments. Les entomologistes le nomment aujourd'hui ateuche sacré.
914. Les hannetons, qu'on appelle aussi mélolonthes, et plusieurs autres espèces des genres voisins, proviennent de larves à peu près semblables à celles des scarabées; toutes se nourrissent des racines des plantes et des arbres. Elles sont un fléau pour l'agriculture et pour les jardiniers. On les appelle mans; elles sont quatre ans à se développer, et ne vivent que huit h dix jours sous leur dernier état; mais pendant ce temps elles occasionnent aussi de très-grands dégâts en rongeant les feuilles des arbres. Les hannetons ne volent guère que le soir, et ils paraissant voir très«peu dans le jour, car leur étourderie est passée en proverbe.
915. La forme de l'antenne des Priocèabs ou serricomes, laquelle est en masse, feuilletée d'un seul côté et en dedans, sufiTit pour les faire connaître. Les insectes que comprend cette famille ont beaucoup d'analogies avec les précédents pour les mœvirs. Comme eux , ils volent le soir et se nourrissent de débris de végétaux. Tels sont les lucanes , les platyeéres, les pas' sales et les synoàendres. Les mâles des cerfs vola/nts, ou mieux les lucanes , ont souvent des mandibules très -allongées et
DBS INSECTES COLÉOPTÈRES. 143
comme brancbues; mais les femelles ne présentent pas cette disposition ; aussi fes à-t*on nommées des bicheê. On Ignore la raison de cette conformation singulière. Ces insectes on? le môme genre de Tie que les scarabées : ils ne Tolent que le soir. Leurs pattes sont terminées par quatre crochets , leurs larves se nourrissent dans le terreau des arbres morts.
916. Les HfiLociRES ou clavicornes ont, ainsi que leur nom l'indique , les antennes terminées par une masse souvent allongée, perfoliée (PL I, flg. 9). Les douze genres rapportés jusqu'ici à cette iamiiie se nourrissent de matières organisées, mais privées de la vie. Les principaux sont ceux des nécrophO'reêf des êylphes et des boueliers ; des dêrmeêteêt des nitidulei et des parties ; et celui des hydrophiles*
917. On adonné ce nom de nécrophores, qui veut dire jpoH^mort ou ensevelisseur, à des insectes qui ont l'habitude singulière d'enterrer les petits cadavres de taupes, de grenouilles, de souris, afin d'y déposer leurs œufs et les mettre en sûreté. On les reconnaît à leurs antennes globuleuses , dont la masse est formée de petites lames, comme percées par leur centre, et à leurs élytres tronqués à la pointe et plus courts que le ventre* Quand on les saisit ils exhalent une forte odeur de musc.
918. Les larves des detmestes vivent aux dépens des matières animales qu'on a desséchées pour les conserver; elles attaquent principalement les pelleteries; elles ont emprunté de là leur nom, qui, en grec, signifie mangeur de peau. Ces larves sont le plus souvent couvertes de pofls (PI. I, fig. 8 très-grossie); elles sont très-vives quand elles ne croient point être aperçues ; mais au moindre mouvement qui s'opère , elles se blottissent, se roulent sur elles-mêmes, et se laissent précipiter, bien assurées de tomber sur leurs longs poils, qui les protégeront dans leur chute.
919. On a regardé longtemps les hydrophiles comme voisins des dytiques. Ils en diffèrent cependant beaucoup par les antennes qui ne sont pas en fil et par les mœurs; car, dans l'état parfait, ces insectes se nourrissent de matières végétales, et principalement des feuilles qui tombent dans l'eau, et par une particularité fort curieuse, dans l'état de larves ils sont carnassiers, on les nomme môme à cause de cela des vers assas-
êins, parce qu'ils font mourir et dévorent les petits poissons et les têtards des batraciens. Il s'opère dans leur tube intestinal une transformation importante à connaître, car alors ce canal avait à peine un peu plus.de longueur que le tronc; et au contraire dans l'état parfait, leur tube digestif est roulé en spirale et il est quatre fois plus long que l'abdomen. C'est l'inverse de ce qu'on a observé dans les têtards des grenouilles qui , d'herbivores qu'ils étaient, deviennent ensuite carnivores (1042- 1092). On les reconnaît à leur corps ovale, à leurs pattes postérieures et intermédiaires, aplaties en nageoires. Les mâles ont le dernier article des pattes antérieures dilaté. La femelle du grand hydrophile dépose ses ceufs dans une coque très-sohde qu'elle forme d'une sorte çle soie dans laquelle elle fait pénétrer de l'air, et qui sert de refuge dans leur premier âge aux larves qui y prennent naissance.
920. C'est dans les matières les plus dégoûtantes qu'on rencontre les escarbots, de la famille des solidicornes ou StéréocÈRES. Cependant, quand ces insectes volent et qu'ils sont hors de ces ordures, leur corps est lisse, brillant et très-propre. Leurs membres sont construits de manière à tenir le moins de place possible. C'est un chef-d'œuvre de mécanique que la disposition de toutes ces pièces, qui , pouvant se développer tout à coup, rentrent chacune dans une coulisse pratiquée sur la longueur de l'articulation qui précède. On a aussi rangé dans cette division les anthrènes ou amourettes , qui sont de jolis petits coléoptères couverts d'une poussière écailleuse colorée, et qu'on rencontre souvent sur les fleurs, comme l'indique leur nom ; mais leurs larves vivent uniquement de matières animales, et elles attaquent principalement les» collections d'oiseaux et d'insectes.
921 . Les thoraciques ou Sternoxes se nourrissent du bois des arbres vivants, dans le tronc desquels ils se pratiquent, sous leur état de larves, des galeries longues et étroites où ils sont en sûreté. On les reconnaît à leur corps allongé, aplati, à leurs antennes filiformes, souvent dentelées (PL I, fig. 12), et à leur corselet terminé par des pointes, ou à leur sternum saillant (PI. IV, fig. 19) : tels sont les cébrions, les atopeSy les trosques, les taupins, les richards, les trachydes.
922. Tous les taupitis sont remarquables par Tarticulation singulière de leur corselet avec la poitrine, du côté du ventre. Il y a là une cavité dans laquelle entre une lame de corne, comme en forçant un ressort élastique, ce qui a fait donner au genre le nom grec et latin d'elater, comme qui frappe, qui repousse. C'est à Faide de c^ mouvement que Finsecte se redresse lorsqu'il est coucbé sur le dos; deux pointes placées en arrière du corselet s'opposent à ce que le renversement soit trop considérable. La plupart des espèces de ce genre, lorsqu'elles sont placées ou tombées sur le dos ou sur le ventre, sans faire aucuns mouvements avec les pattes, peuvent, par le mécanisme de leur structure, sauter ou s'élever dans l'air, à plus de trente fois leujr hauteur, et répéter successivement autant de fois de suite ce même rebondissement. On sait maintenant que ces insectes vivent sous les écorces, lorsqu'ils ont la forme de larves. Plusieurs espèces d'Amérique portent sur leur corselet des taches transparentes, au-dessous desquelles on voit briller une lumière phosphorique dont on ignore la nature. L'une d'elles se nomme cucujo au Mexique.
923. On désigne par le nom de richard ou*de bupreste un genre d'insectes qui comprend des espèces dont la plupart brilleht des couleurs les plus riches. Il y en a une, entre autres, qui vit à Ghandemagor dans le Bengale , dont les élytres font reflet agréable des plus belles pierres précieuses. Plusieurs espèces de France sont aussi très-brillantes; telle est celle ap pelée rutilante, dont les étuis, d'une belle teinte verte céladon dorée mate, sont relevés par de petits points noirs et saillants et par une bordure d'or rougeâtre. Les larves de ces insectes vivent sous les écorces ; on les y trouve aussi sous l'état parfait. Le hêtre en nourrit plusieurs.
924. Les perce-bois ou Térédtles ont le corps arrondi, allongé; les antennes filiformes, et les élytres durs : souvent leurs antennes sont en fils simples ou pectines (PI. I, fig. 15) : tels sont les vrillettes , les plines, les lymexylons , les mélasis, les panaches et les Ulles.
925. Les vrillettes vivent dans le bois; elles y font des trous cylindriques qu'on pourrait croire produits par le fer d'une très-petite vrille, c'est ce qui leur a fait donner le nom qu'elles