‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 131 sur 158 · DES POISSONS CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

DES POISSONS CARTILAGINEUX

topes. Les lophieSy les mallhées ou Irachodes, elles baudroiesles ont sous la gorge ; les batistes, qu'on a subdivisés en mona-canthes et en alutéres, les ont souvent réunies en une seule sous les pectorales, et les chimères préside l'anus, sous le ventre. Les lophies ont le corps nu, aplati sur les côtés, la bouche très-fendue et garnie de barbillons allongés, à l'aide desquels on dit qu'elles pochent les petits poissons comme à la ligne. Cette disposition est surtout très-remarquable dans une espèce voisine de ce genre, mais dont le corps est très-plat et la tête énorme, par l'extrême développement de toutes les parties qui doivent contenir l'eau destinée à leur mode de respiration, dont les mouvements peuvent être longtemps suspendus pour faciliter leur genre de pêche. C'est celle qu'on nomme baudroie. On la désigne aussi sous les noms impropres de raie-pêcheressâf de galanga , de diable de mer, de crapaud-pécheur. Les 6alistes ont la peau couverte d'aspérités et divisée par petits compartiments anguleux, qui simulent tout à fait des écailles distribuées en quinconce; leur bouche est petite, garnie de dents larges, semblables aux incisives, et le plus souvent au nombre de huit. Ces poissons se trouvent principalement dans les mers des pays chauds. Les deux seules espèces connues jusqu'ici dans le genre chimère n'ont encore été rencontrées que dans les mers situées vers les deux pôles du nord et du sud. Ce sont des poissons qui ont beaucoup de rapports avec les squales, surtout par le mode de leur reproduction.

998. On ne connaît que trois genres de poissons dont les branchies, couvertes d'un opercule, n'offrent pas de membranes branchiosétges, et qui appartiennent par conséquent à l'ordre des Électhêropomes. Ce sont : 1° les polyodons ou mieux spatulaires , dont on n'a décrit qu'une seule espèce ; c'est un poisson péché dans le Mississipi, remarquable par son museau prolongé en forme d'une large feuille à nervures saillantes, qui se rapproche un peu des squales, dont il difiTère d'ailleurs par ses branchies et par la présence d'une vessie natatoire très-grande ; 2"les pégases; 3*» les esturgeons, autrement dits acipensères, qui ont le tronc presque triangulaire (PI. I, n» 12), et qui n'ont point de dents du tout. Ces derniers sont, trèsrrecherchés comme aliments ; ils vivent dans les mers, mais

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Us remontent dans les fleuves au printemps poury pondre ; ils sont très-féconds. On prépare avec leurs œufs marines, un aliment très-recherché dans plusieurs pays sous le nom de cavial ou de taviar. La vessie natatoire, séchée et roulée, se vend dans le commerce sous le nom ûe colle de poisson ou à'ichthyoeollei c'est une matière qui (ournit de la gélatine pure et qui se conserve longtemps sans s'altérer, parce qu'elle ne contient p^s de graisse ; elle est employée dans beaucoup d'arts, ^.es pégases sont de petites espèces voisines du genre précédent, dont le corps est aussi protégé par des écussons osseux, dont les nageoires ventrales ou les catopes sont remplacées par ^es filaments, tandis que les pleuropes ou les pectorales sqn^ laides et joujours étalées en éventai^,

999. ^es poissons cartilagineux du quatrième ordre, ou les Téléobrànches, sont les plus nomlireux. fous, à la vérit^, onf les brancliîes cacïiées par un couvercle ou opercule et par une membrane ; mais ils diffèrent beaucoup entre eux par la présence et la situation des catôpes ou nageoires ventrales : ainsi, i] en est qui en sont absolument privés et dont la peàuBst en généra} parsemée de grains osseux ; on les nomme ostéodermes : ^'autre^ Ont les nageoires paires du ventre ôriliriàirement souc|ées e^ Situées sous les thoraciqués; ils sont appelés pléco]ftèrès : en^ii fl eii est quelques-uns dont les catopes, ou nageoires ventrales, àont' situées un peu en avant de Tarius, et dont le mpseau est ordinairement prolongé, ce qui les a fait désigner sous le nôïa d aphyostomes.

iOOOi On â divisé la famille des Qstéoderhes en six genres, (^ont presque toutes lés espèces ne se rencontrenj que (|àris jes ftiers des pays chauds,! |1 en est qui ont (|es nageoires impaires, et d'autres qui en sont privés. ;^armi |es premiers, sont pjàcés les syngnathes, qui n*ont point de ^ents (1001*); tous les autres en ont tantôt plus de six^, comme les ôsiracions ou coftres; tàntôt quatre, comine les iëlraodons ; que|(;jucfois (]|eux, comme les diodons. On a aussi placé dans cette famil|e lin genre de poisson trés-singuliér, dont le corps est très-comprimé et comme tronque; on 1 a nomme mole ou cephaîe.

' lôdl. On a appéjo coffres 6\i^stracions des poissons dont le fcbrps, recouvert par une peau osseuse, y est renferma comme

DÉS POISSONS iCÀRTILÀGlNEUX. ilé

dans Uno coquille (ï*l.fig. 13). Cette sorte de croûte est elle-même composée de plaques polygones; elle donne à la totalité du corps du poisson une forme triangulaire, quadràngulaire, pentâgbnàle; qiii conslilûe ùiie sorte de cuirasse percée de quelques oUverlures, selHement pour laisser se mouvoir les nageoires dé la queue el de ta pôithne : leur bouche est très-petife, munie de dix â douze dents coniques. Presque tous se rencoiiireât dàné Ifes ûiers du sud, ils vivent de ïiiollusques et de crustacés', Od iîiaA'gë la chair 'd'e J)luàieùrs'aux tndes et en Amérique. Les tetraodohs nliiit que qMre dents, bu plutôt leurs mâchoires Sont â nù', et éddveiit ireclDÙverles d'une sorte d'émail; ils ont là fâculté de Se gonfler et de chàiiger considérablement de volumej ce qui les a fait appeler honrsouflus. Les àiodons, dont les deux mâchoiifes osseuses, nues, sont formées d'une seule pièce, ont le côrï)S couvert dépiquants; aussi les appelle-t-oià Acrmon^ âe mer. Les céphalesj qu'on à encore appelés ^poissons-ïunei^ Ô'ût lèé nageoires dû dos et de Tànus très-développées, tândià que toute la queue est fcomnle tronquée et représentée par une membrane ; leur bôUche i'éssemble à celle des diodons et deà téiraodons'.

lOOi*. Les syngnathes forment uhe sorte de petite famille rétûa'rquàble par la disposition et la structure des branchies qui, au lieu d'être aplaties en lames, coùstituent des sortes de grappes, de houppes ou de granulations; l'opercule est retenu par une forte membrane qui ne laisse qu'une très-petite ouverture libre. L'eau arrive dans ces branchies par deux éVenls dîèposés en soupape. Cuvier les a désignés dans ces derniers temps sous le nom de lophobr anches; ce sont de très-petits poissons allongés, dont le corps est couvert d'une cuirasse osseuse, anguleuse, formée de plusieurs pièces; ils se nourrissent principalement de verxnisseaux, d'œufs de poissons. Gomme les crustacés , ils portent leurs œufs dans une fente sous la queue. On en trouve plusieurs dans nos mers. Nos pêcheurs ne les prennent point, parce qu'on ne les sert pas sur les tables. L'une des espèces a été nommée cheval-marin , ou plutôt cheval-chenille^ hippo^ campe, et d'autres aiguille de mer^ tuyau de pipe, etc.

1002. Il y a très-peu de poissons, connus dans la famille des PLfiGOPTÈ&ES, dont le nom et les caractères sont dus à la dispo-

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sition très-singulière des ns^eoires paires inférieures, ou des catopes d'une part, qui sont situées sous la gorge, et réunies entre elles pour former une sorte de disque ou de ventouse avec laquelle on dit que ces poissons se fixent sur les pierres et sur les autres corps solides. Nous ne citerons dans cette famille que les cycloptéres et les lépadogastères. Les premiers ont aussi reçu le nom de lumpes. On les trouve dans la mer, où ils se nourrissent de petits animaux. On a compté dans une femelle 207,700 œufs : on comprend que les nageoires ventrales, composées et unies ou confondues entre elles et enïorme de disque, servent à Tanimal comme d\ine sorte de ventouse, qui le fait adhérer aux rochers, aux vaisseaux et même au corps des autres poissons, surtout sur la peau des squales.

1005. Les poissons à branchies operculées sans membranes, et à nageoires abdominales, que l'on désigne sous le nom d'A- PHYOSTOMES , parcc que les os de leur face sont très-prolongés et forment comme un bec avancé, sont presque tous des mers de la Chine et des Indes. Les uns , qu'on nomme macrorhynqueSy ont des dents, et leur corps est couvert de grandes écailles osseuses. Ceux qui n'ont pas de dents, et dont le corps est trèscomprimé , sont nommés centrisques et solénostomes. On en trouve une petite espèce dans la Méditerranée ; elle est désignée sous le nom de êoufflet Elle se vend à Rome dans les marchés ; sa chair est estimée. Ces deux derniers genres ont des écailles cntuilées et paraissent encore, par d'autres caractères, s'éloigner des cartilagineux.

âi"» SOUS-CLASSE, OSTICHTHES OU POISSONS OSSEUX.

1004. On comprend dans la seconde sous-classe des poissons toutes les espèces dont les vertèbres, non flexibles, sont vraiment osseuses; c'est le seul caractère essentiel qu'on ait pu leur assigner. Nous avons vu (988) qu'on les a subdivisés autrement que les poissons cartilagineux, et non plus seulement par la présence ou l'absence de l'opercule et de la membrane des brancbies. L'existence et la position des catopes ou des nageoires ventrales ont uniquement servi à constituer les ordres.

1005. Les poissons osseux , operculés et à membrane brancbiostége, ou en un seul mot , qui indiquerait que leurs organes respiratoires sont complets, les Holobranches, ont été rangés dans quatre sous-ordres. Les uns sont apodes (1006); ils n'ont point de catopes ou de nageoires ventrales; tous les autres ont des nageoires ventrales, tantôt situées sous la gorge, et ils sont d\\s jugulaires ou propodes (1009) ; tantôt placées sous les pieuropes ou pectorales, ce sont les thoraciques ou hémisopodes (1013) : enfin il en est cbez lesquels ces nageoires sont placées un peu au devant de l'anus, et qu'on appelle abdominaux ou opisTOPODEs (1028). Chacun de ces sous-ordres se subdivise ensuite en familles qui comprennent plusieurs genres.

1006. Les holobranches apodes, quoique n'ayant pas de catopes ou de nageoires ventrales, peuvent tantôt manquer des autres, soit complètement, soit en partie ; on les nomme alors PÉROPTÈRES, tels sont les j7vmnot€«, Xesleptocéphales, etc., etc.: tantôt ils ont toutes les autres nageoires impaires, et on les appelle Pantoptères. On range dans cette dernière famille les murènes, les ammodyies , les ophidies ^ les anarrhiques, etc.

1007. Le nom de gymnote , ou mieux de gymnonote, indique d'avance que l'animal ainsi appelé n'a point d'épiptères ou de nageoires sur le dos : sa lèvre supérieure porte deux barbillons. Il ressemble un peu aux anguilles ; on n'a encore rencontré ces poissons que dans les fleuves des pays chauds. L'une des espèces, qu'on trouve à Cayenne, à Surinam, est surtout remarquable par la faculté qu'elle a de produire, à l'aide d'un appareil électrique très-puissant, un engourdissement subit

i%% mi POISSONS OSSEUX.

dans les membres de celui qui la touche , commotion analogue à celle que fait ressentir la torpille. On désigne ce poisson sous les noms de trembleur ou d* anguille électrique.

1008. Les muréneê ou anguilles ont toutes les nageoires impaires réunies; leur corps est arrondi, visqueux; leur peau gluante, fort coriace, n'est recouverte que de très-petites écailles. Il y a beaucoup d'espèces dans ce genre ; leur couleur varie suivant le fond des rivières; plusieurs vivent dans la mer; eUes ne sortent des trous qu'elles se pratiquent dans la vase que pendant la nuit; elles se nourrissent de vers. Plusieurs font, dit-on, leurs petits vivants; leur chair est très-estimée. On em* ploie la peau de ces poissons comme liens solides dans plusieurs arts. Le congre est une grosse espèce d'anguille de mer. On avait séparé de ce groupe, sous le nom d'ophichthes (i04i) qu'on croyait manquants d'opercules , les véritables murènes, mais on a reconnu depuis que ces lames osseuses existaient sous la peau; il en est de même du styléphare (1040). On désigne sous le nomd'ammod]//6, d'anguille de sable, ou de lan-fon , un petit poisson que les pécheurs emploient pour amorcer les hameçons avec lesquels ils prennent les maquereaux. On le reconnaît à sa mâx^hoire inférieure, allongée, pointue.' On le trouve sous le sable des rivages de la mer, où il se tient caché roulé en spirale sur lui-môme ; il se nourrit de vers marins.

d009. Il n'y a qu'une seule famille dans le sous-ordre des holobranches jugulaires, mais elle comprend une douzaine de genres, réunis sous, le nom d'AucHÉNOPTÈBES ou probodbs. Les uns ont le corps ovale, très-comprimé ; tels sont les chry^ sQstromes et les kurtes, qui sont encore peu connus : les autres ont le corps allongé. Tantôt les trous des branchies sont sur \^ nuque, comme dans les caûionymes; tantôt sur les côtés du cou: soit avec les yeux verticaux, comme dans les uranoeeopei, et les hairaehoMes; soit avec les yeux latéraux, comm^ dans les yada^, les vivei , les' ca^h'omorej, etc.

1010. Le nom d'uranoicope signifie qui regarde le ciel; on Ta donné à un poisson dont la tête est grosse, comme coupée carrément, la bouche oblique: les yeux très-rapprochés sont placés sur le sommet de la tête. L'espèce la plus commune ne se rencontre guère que dans les eaux de la Méditerranée ; elle

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se nourrit de petits poissons , de crustacés et 4*insectes aquatiques. On l'appelle raspeçon et iapeçon dans quelques ports du midi de la France.

1011. Ou nomme vives ou iracMneSy des poissons un peu comprimés, dont Touverture de la bouche est oblique, les yeux élevés, très-rapprochés, l'anus près des nageoires pectorales, et qui ont le bord de l'opercule muni d'un fort aiguillon. On en trouve fort communément une espèce dans l'Océan. Sa chair est très-estimée, La première épiptère, ou la nageoire dorsale antérieure, est armée de rayons tranchants, dentelés en scie , avec lesquels l'animal produit des blessures dangereuses , môme quand il est mort; aussi leg pêcheurs sont-ils dans l'usage de couper ou d'arracher cette nageoire avant de livrer ce poisson au commerce ; de sorte que presque tous les individus de ce genre, dont la chair est estimée et qu'on rencontre dans les marchés, sont ainsi mutilés.

1012. Les poissons qu'on nomme gades ont le corps couvert d'écaillés lisses : on observe plusieurs nageoires sur leur dos et sous leur queue ; celles de la poitrine , ou les pleuropes , sont allongées en pointe. Les principales espèces de ce genre sont les morues^ qu'on trouve dans les mers d'Europe et d'Amérique. Elles vivent en troupes innombrables, principalenientdans les parages dont le fond est garni de beaucoup de sable. Leur chair est très-estimée. Des vaisseaux sont armés uniquement pour aller à la pêche de ces poissons. C'est principalement en Hollande qu'on se hvre à cette sorte de négoce. Les meilleures morues viennent du banc de Terre-Neuve et des environs du Labrador. Leur tête fait en volume près du tiers de la grosseur du corps , que l'on désigne sous le nom de queue. On a calculé qu'une seule femelle pouvait pondre 3,444,000 œufs. Les morues se nourrissent de seiches, de crabes et d'autres animaux. Elles rejettent par le vomissement les parties trop solides pour être digérées. Les merlans ressemblent aux morues; mais ils n'ont ni barbillons ni taches sur le corps. On a rangé dans le même genre des gades la lote ou barbote ^ poisson d'eau douce qui n'a que deux épiptères ou nageoires sur le dos. Cet animal, qui recherche les eaux vives, est un manger très-dé^ licat, On a rapproché des gades les blennies ou baveuses qui

n'ont que deux ou quatre rayons au plus dans l'épaisseur de leurs catopes, qui vivent sur les bords de la mer, et dont le corps est enduit d'une viscosité glaireuse et abondante , niucosité qui a servi à les désigner.

1013. Les poissons osseux à branchies complètes , nommés thoraciques, ou hëmisopodes, ont les nageoires ventrales situées au-dessous des pectorales; ils sont en très-grand nombre, car seuls ils réunissent plus d'espèces que lés sept autres ordres pris ensemble; aussi est-il très-difficile de se reconnaître dans leur étude. Les uns ont le corps très-mince, en forme de lame (PI. I, f]g. 2); ils nagent en serpentant; tels sont les leptosomes (1026), qui ont le corps presque aussi haut que large, et les yeux latéraux; les hétérosomes (1024), qui, semblables aux premiers, ont les yeux situés d'un même côté; les pélalosomes (1014) , dont le corps est extrêmement allongé. Tous les autres ont le corps épais : tantôt il est arrondi en fuseau, comme dans les atractoêomes (1016); ou en cylindre (PI. 1, fig. 6), tels sont les gongylosomes (1015) : tantôt il est comprimé (PI. I, fig. 6) : 1*» avec des rayons isolés aux pectorales, comme dans les dactyîéê (1023) ; 2* avec une nageoire du dos très-longue : tels sont les lophionotes (1021); Z° avec la tête très-grosse, comme les céphalotes (1022); 4*» avec les mâchoires saillantes, osseuses, et on les dit osteostomes (1021); 5** avec les lèvres charnues et les opercules épineux ou dentelés, on les nomme acanihopomes^ (1025); ou enfin avec les opercules lisses, tels que les léiopomes (1019).

1014. Les Pétalosomks, dont le corps ressemble à une bandelette et dont plusieure espèces ont été encore appelées, à cause de cela, rubans de mer, ont tantôt la bouche munie de barbillons, comme les bosirichthes et quelques autres genres étrangers; tantôt sans barbillons, comme sont: 1° les lépidopes, ainsi nommés, parce que leurs catopes ou leurs nageoires ventrales sont remplacées par des écailles; 2* lescépoîes^ qui ont beaucoup de rayons aux nageoires ventrales; et enfin les gymnêtres, privés de l'hypoptère ou de la nageoire de l'anus, et dont les deux rayons des catopes ou nageoires ventrales sont excessivement grêles et allongés.

1015. Les GoNGTLOsoMEs ont le corps allongé; arrondi, ainsi

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que leur nom l'indique. Les uns, ayant les nageoires réunies, n'ont tantôt qu'une nageoire sur le dos, comme les gobies; tantôt comme les gobioïdes, ils en ont deux. On prétend qu'ils font le vide avec leur nageoire ventrale unique, disposée en ventouse. D'autres ont la paire de nageoires inférieures libre; tels sont les échénéides , qu'on a encore nommés rémoras ou arrête-nefs , et qui ont le sommet de la tête couvert d'une plaque ovale, sillonnée en travers, garnie de petits crochets portés sur des os plats mobiles comme les planchettes des persiennes, et à l'aide desquels ils s'appliquent sur les corps qui voguent dans la mer; on s'en sert dans les Indes et en Chine pour aller à la pèche des tortues et autres animaux marins. Tels sont encore les gobiomores^ qui ressemblent aux gobies, poissons de la famille précédente ; mais leurs nageoires sont libres.

1016. La famille des Atractosomes est très-nombreuse en genres et en espèces. Les uns ont un grand nombre de petites épiptères ou de fausses nageoires entre celles du dos et de la queue, et également de fausses hypoptôres entre celle-ci et l'anale ; tels sont les scombres , les irachinotes, etc. : d'autres n'en ont pas, et tantôt leur nageoire dorsale est simple ou l'épiptère est unique, comme dans les gastérostées ^ les centronotes ^ les cœsions , etc. ; tantôt cette nageoire est double, comme dans les caranœ, les istiophores^ etc.

1017. Le corps lisse, agréablement coloré, et le grand nombre de petites nageoires placées au-dessus de la queue des scombres, les font bientôt distinguer des autres poissons thoraciques, qui rarement ont, comme eux, la queue garnie de l'un et de l'autre côté d'une arête ou ligne saillante. Les deux espèces principales de ce genre sont le maquereau et le thon. Le premier a cinq fausses nageoires sur le dos : il vit en troupes innombrables et se rencontre dans toutes les mers; il approche des côtes au printemps, à l'époque de la ponte. Il est extrêmement vorace. Son corps est brun, ondulé de bleu en dessus, d'un blanc argenté en dessous; il est phosphorescent pendant la nuit. Sa chair délicate le fait rechercher et servir sur les meilleures tables. Le thon a huit fausses nageoires; il est beaucoup plus gros que le maquereau. On en a vu de près de trois mètres de long; mais le plus généralement ces poissons n'ont

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que trois à six décimètres ; ils sont très-voraces, ilsvoyagéiit par bataillons carrés. On en fait une très-grande pêche, surtout dans la Méditerranée et dans les parages de Venise. On les sale pour les envoyer dans toute TEurope, où leur chair déli eate est fort recherchée.

1018. C'est parmi les gastérostées , dont le nom signifie ventre osseux, que Ton peut observer les plus petits poissons de TEurope. Ils ressemblent en miniature aux maquereaux pour la forme ; mais ils ont des épines sur le dos et une pièce osseuse entre les deux nageoires inférieures, lesquelles sont en outre armées d*un aiguillon que ces animaux peuvent redresser et rendre inamovible à volonté ; ce qui leur a fait donner aussi le nom ù'épinoches. Plusieurs espèces vivent dans les eaux douces : elles sont extrêmement voraces; elles avalent des vers presque aussi gros que leur corps, et la digestion commence dans leur œsophage. Il en est qui n'ont que deux centimètres de long, sur trois millimètres de largeur au milieu du corps ,' et dans lesquels où observe cependant des œufs prêts à être pondus.

1019. On ne trouve guère que dans les mers des pays chauds les poissons qui composent la famille des Léiopomes, nom qui Signifie opercules lisses ou sans épines, à laquelle on rapporte les genres que les anciens auteurs nommaient labre et spare. Les uns, comme ceux de ce dernier genre, ainsi que les dipiérodons et les mulets^ ont deux rangées de dents; les autres, comme les labres^ les trichopodes ^ les ogphromènes , etc.^ etc., n'ont qu'un seul rang de dents aux mâchoires.

1020. Le corps et la tête des mulets ou mules sont recouverts de grandes écailles lâches, peu adhérentes ; Topercule de leurs branchies est formé de trois pièces, et leur corps est presque cylindrique. On a rangé dans ce genre le rouget dit barbet, si estimé chez les Romains, qu'on le vendait au poids de l'argent; son corps est du plus bel écarlate pendant la vie. On le pêche dans l'Océan, à l'embouchure de la Garonne et de la Dordogne. On y trouve aussi le surmulet ou barberin^ qui a quatre lignes dorées de chaque côté. On observe des labres dans toutes les mers; c'est un genre très-nombreux ; il y en a plus de cent cinquante espèces décrites dans les auteurs. Tous n'ont qu*uûe nageoire du dos; mais celle de la queue est tantôt entière ( PK

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I, fig. 15 et 16), arrondie ou tronquée, et tantôt échancrée

(fig. 14).

1021. Il n'y a que trois genres de poissons compris dans la famille des Ostéostomes ou à mâchoires dont les os sont tout à fait nus; savoir, les osiéorhynques ^qni ont deux nageoires dorsales, et les scaresy ainsi que les léiognathes, qui n*en ont qu'une. Tous se nourrissent de crustacés et de mollusques , et non d'herbes, comme le pensaient les anciens (1). Les Lophio- NOTES ont, ainsi que leur nom l'indique, la nageoire du doe très-longue : ce sont des poissons fort agiles à la nage, et qui se nourrissent d'autres espèces plus petites. On rapporte à celte famille les coryphènes, les tœnianotes, les centrolophes , les chevaliers f etc., etc.

102S. La petite famille des Gëphàlotes comprend des poift^ sons hideux et extraordinaires par la forme de leur tête, extrêmement volumineuse en proportion du reste du corps. La plupart nagent avec peine, et se mettent en embuscade sous la vase pour attendre leur proie, qu'ils avalent tout entière à l'aide de leur vaste gueule. Les uns, comme les coUeSt les scorpènes, raê" casses ou lépreux, les gobiésoces, ont le corps couvert de petites écailles. Le chabot ou caborgne de nos rivières appartient au premier genre : les autres, comme les aspidophores , ont le corps protégé par de larges écailles solides, ou par une sorte de bouclier osseux.

1023. Les Dactyles sont des poissons d'une forme toute particulière : leur tète est très-grosse, comme cuirassée, couverte de rugosités; leurs yeux sont grands, protégés par des orbites osseuses; leur dos est droit , sillonné sur sa longueur, et on observe des rayons libres, isolés, souvent sans membrane, près de chaque pectorale; leur chair est très-estimée. On a paiiagé cette famille en quatre genres : les daclyloptères ou poissons volants, qui ont deux pleuropes ou nageoires pectorsdes; les irigles , les prionotes et les péristédions ou malartnats , dont les rayons pectoraux surnuméraires sont hbres jusqu'à la base. On mange surtout en France le grondin ou perlan^ qui est rouge avec quelques taches blanches , et le gumeau ou heUi*

(1) Et tolui patientes ruminât Atrkw. OrnAir.

eant , qui est brun avec de grandes écailles en croissant sur la ligne latérale.

1024. Les Hétérosomes sont les seuls animaux vertébrés connus dont le corps ne soit pas parfaitement symétrique, ou qui ne puisse être divisé en deux parties absolument paii'es et semblables dans la longueur. On les reconnaît en ce qu*ils ont toujours les yeux placés d*un seul et même côté, et suivant les espèces, à droite ou à gauche, presque constamment; que leur corps est comprimé ,v plat et incolore, comme étiolé sur une face, convexe et plus coloré sur l'autre. Ils nagent de côté et par ondulations latérales, quoique alors leur corps soit placé horizontalement. Les uns ont les pleuropes ou nageoires pectorales distinctes; on les désigne sous le nom particulier de pîeuronectes. Il n'y a pas de ces nageoires dans les autres, qu'on appelle achires. Tous fournissent un aliment agréable, sain et très-recherché. On les distingue très-bien par la forme de leur queue et par la disposition de leurs yeux. Ainsi les uns les ont à droite, comme la limande^ le flétan, la sole, \a,plie, le fiez, etc. La queue n'est échancréeque dans les deux premières espèces. Le turbot et le carrelet ont les deux yeux à gauche, et la nageoire de leur queue est entière.

1025. Les opercules dentelés ou épineux sont le principal caractère des AcANTHOPOMES. Ceux des genres compris dans cette famille qui n'ont que des dentelures sans piquants , sont les lutjanê et les centropomes. On a rangé parmi les autres lesperséques, hssciènes, \esbodian8, les holocentres, etc., etc. On reconnaît les perches ou persèques aux aiguillons dont sont armés les bords des opercules, comme dans les vives, et par la position de l'anus, qui est beaucoup plus près de la queue que de la tête. Leur corps est couvert d'écaillés rugueuses et solides. On en connaît un grand nombre d'espèces dont la chair est délicate : la plus commune est celle d'eau douce. C'est un joli poisson d'un brun vert doré, avec des bandes transversales noires, larges et inégales. Les nageoires paires sont d'un fort beau rouge : les femelles sont très-fécondes ; elles pondent leurs œufs en chapelet, et on en a compté près de 281,000 dans une seule ponte. Les mâles, ou les individus à laitance, sont beaucoup plus rares que les femelles.

1026. Les Leptosomes, ou les poissons holobranches thoraciques, dont le corps est très-mince, à yeux latéraux , sont distribués dans dix-huit genres , auxquels on rapporte un grand nombre d'espèces , la plupart des mers du midi. Ils correspondent à ceux des zées et des chétodons. Ces derniers ont été subdivisés d'après la forme des dents et la disposition des opercules et de la queue. Ceux qui n'ont pas de dents du tout sont les sélèneSy les chrysostoses et les capros; ceux qui en ont de longues , minces et fines comme des crins , sont les chétodons , les acanihinions , les chélodipières , etc. ; ceux dont les dents sont larges , non crénelées , sont les zées , les gais , etc. ; elles sont crénelées dans les glyplmodons^ les acanthures^ les aspisures.

d027. On reconnaît les chétodons aux dents nombreuses qui garnissent leur petite bouche, placée au bout d'un long museau. Leur corps est en outre très-comprimé, presque aussi haut que long; la plupart sont ornés de lignes ou bandes transversales colorées, ce qui leur a fait donner le nom vulgaire de bandoulières. Ce sont de très-beaux poissons qu'on ne rencontre que dans les mers des pays chauds, principalement dans celles de l'Amérique méridionale et des Indes. Les espèces les plus remarquables sont celles qu'on appelle soufflet et museaurallongé, dont la bouche est portée sur un museau cylindrique. Pour les couleurs , on remarque les espèces de chétodons qu'on nomme cocher , peint , zèbre , œillé , et beaucoup d'autres. On dit que l'espèce de zée , nommé le rusé ou le filou , lance de l'eau par le tube de la bouche, comme avec une sarbacane, sur les insectes qui voltigent à la surface de l'eau , afin de les y faire tomber et de s'en saisir.

1028. Les poissons osseux holobranches qui ont les nageoires inférieures sous le ventre, ou les abdominaux, qu'on peut nommer encore opistopodes, renferment presque uniquement des espèces qui vivent dans les eaux douces : ils nagent avec facilité et souvent contre le cours de l'eau. On les a divisés en huit familles, savoir, parmi ceux qui ont le corps cylindrique : lessiphonostomes, dont la bouche est située à l'extrémité d'un long museau, et les cylindrosomes (1029), qui n'ont pas la face prolongée, ni lc§ lèvres très-extensibles : parmi ceux qui ont le

l9ô DES POISSONS OSSEUX.

corps conique ou comprimé, 11 eu est qui oût des rayons libres, distincts, aux pleuropes ou nageoires pectorales; tels sont \eè oplophores (4031), qui n'en ont qu*un seul pointu, roide et dentelé , et les dimérèdes (1033), qui en ont plusieurs arrondis» isolés, flexibles; enfin ceux qui , ayant aussi le corps conique DU comprimé, ofl^ent tantôt des opercules écailleux et la bouché sans dents, comme les lépidopomes (1033) ; tantôt des operculée lisses , soit avec Tune des mâchoires très-développée , comme les siagonotes (1058); soit avec les mâchoires simples et une nageoire du dos ou épiplère molle sans rayons, tels que les der^ tnoptêres (1037), ou avec des rayons osseux, comme les gymnth pomes (1034).

i029. Les SiPHONOSTOMES sont pour la plupart des poissons exotiques : les uns n'ont qu'une nageoire du dos précédée d'aiguillons, ce sont les aalosiomes; ou sans aiguillons, c'est ce qu'on observe dans la fistulaire; les autres ont deux nageoires du dos : on les nomme solénostomes. Les Cylindrosomes sont en plus grand nombre , et la plupart vivent dans nos lacs ou nos rivières. On range dans cette famille les colubrines , qui n'ont pas de nageoire du dos; les tripiéronotes, qui en ont troisî tous les autres n'eu ont qu'une. Mais chez les cobitês, les anableps , etc., la bouche est garnie de barbillons , tandis qu'il n'y en a pas dans les butyriris et les (ondules,

1030. Les cobUes ont le corps arrondi, gluant, avec une settlè nageoire sur le dos; leur bouche est garnie de barbillons, et n'a point de dents; leurs yeux sont très-élevés. On remarque principalement dans ce genre la loches' qui est un petit poissoû d'eau douce grisâtre, dont la chair est très-recherchée , et lô misgume on poisson de vase, dont la couleur brune est relevée par deux lignes longitudinales de couleur aurore : il se cache dans la vase, et trouble l'eau dans les temps d'orage ; aussi le désigne-l-on sous le nom de baromètre vivant, Vanableps ou quatre-yeux est un poisson qu'on pêche surtout à Surinam, et dont les yeux offrent l'exemple unique, parmi les animaux vertébrés, d'un organe double de chaque côté, dont chacun, quoique n'ayant qu'un cristallin et un nerf optique, présente cepeadant deux cornées , deux chambres antérieures , deux iris et deux prunelles. Ces poissons sont ovovivipares.

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!03î. L^ Oplophoues ont reçu ce nom , qui signifie hTméê pour leur défense, parce qu'en effet leur principal caractère ré* side dans le premier rayon de leur pleurope ou de la nageoii*e pectorale, qui peut, après s'être écarté du corps et s*être porté à angle droit , devenir fixe et immobile , de manière à proléget ranimai , et non pour servir à attaquer. C'est une division qûî comprend plus de quinze genres. Les uns ont la bouche sous le museau , et le corps protégé par une sorte de cuirasse ; tels sont les loricaires et les hypostomes ; les autres ont la bouche k rextrémité du museau , et tantôt une seule épiptère ou nageoire au dos, comme dans les silnrtê , les malaptérures ^ etc.; tantôt cette nageoire est double , tels sont les dorai , les pimélode$ , les caiaphracies , etc., etc.

1032. On trouve la plupart des siluret dans les eaux douced des pays chauds. Chez le plus grand nombre la tête est nue , aplatie, le corps sansécailles bien distinctes, les premiers rayOne des nageoires pectorales et de la dorsale osseux , épineux, pouvant se redresser et rester inamovibles à la volonté de Tanimal, ce qui lui sert de moyens de défense. Le mal ou le glanis est un des plus gros silures d'eau douce, puisqu'on en a vu du poids de quinze myriagrammes. Ce poisson est d'un brun verdâtre, avec des taches plus foncées ; il est blanchâtre en dessous. On ne l'a trouvé en France que dans le Rhin ; sa chair est estimée. Le malaptérure électrique habite les fleuves de l'Afrique ; maie il ne pèse guère que cinq kilogrammes. Lorsqu'on le touche pendant sa vie , on éprouve une commotion analogue à celle que fait ressentir la torpille. Le cataphracie ou callichthe vit dans les eaux courantes des Indes et de l'Amérique. Ses fiance sont garnis de deux rangées de larges plaques, propres à le défendre comme une cuirasse. On prétend que ce poisson perce la terre, et qu'il s'échappe ainsi des viviers où on veut le retenir.

1033. Les poissons osseux abdominaux et holobranches, dont les nageoires pectorales offrent des rayons libres, isolés, sont nommés Dimérëdbs, ils ressemblent aux dactyles. On a ainsi rapproché les cirrhites, les polynémet, les polydaclyles , etc., qui sont tous exotiques. Les LÉi^itK)t»ôi[ES n'ont point de dents du tout» etleurs opercules sont couverts d'écaillés entuilées.

On rapporte à cette famille les poissons volants ou exocets , dont les nageoires ventrales sont très-allongées et atteignent la nageoire de la queue; et les muges , qui ont les pectorales simples, et deux nageoires du dos. Les espèces semblables aux muges, mais avec une seule dorsale ouépiptère, forment trois autres petits genres.

1054. La famille des Gthnopomes comprend un très^rand nombre de genres qui correspondent à ceux des cyprins et des dupées. Les uns ont le dessous du ventre arrondi , comme les cyprins, les stoléphores, les argentines, les hydrargyres, etc.; d'autres ont le ventre très-comprimé , formant une sorte de carène, tantôt presque droite, comme dans les dupées, les dupanodons, les mysies; tantôt convexe , comme dans les menés, les serpes, les dor suaires, etc.

1055. Les dupes ou dupées n'ont qu'une seule nageoire dorsale, mais tout leur corps est comprimé, et principalement leur tôte : ce sont des poissons très-recbercbés. Les principales espèces sont d'abord les harengs , dont le corps est ai^enté , la mâchoire allongée et la queue fourchue. Ils vivent en troupes innombrables dans l'Océan et dans la mer Atlantique ; ils ne s'approchent des rivages que pour y déposer leurs œufs; ils font l'objet d'un grand commerce. Les Hollandais ont mis en mer plus de 5,000 barques, et ont employé pour cette pêche jusqu'à 450,000 hommes. C'est un pêcheur de Biervliet, que les uns nomment Guillaume Deukelzoon , d'auti'es Beukelins, qui inventa, dans le XIII» siècle , un procédé pour saler les harengs en caque , et c'est à Dieppe (fu'on trouva le moyen de les fumer et de les saurir. Il y a des années pendant lesquelles on prend une si grande quantité de harengs, qu'on se contente d'en extraire l'huile pour la brûler dans les lampes et pour préparer les cuirs. On range encore avec les clupes les sprates ou sardines, ainsi nommées parce qu'on les pêche beaucoup sur les côtes de Sardaigne; les anchois^ qu'on mange crus après les avoir salés, lorsqu'ils sont privés de la tête; enfin les aloses et les feintes, qui remontent dans les fleuves, et qui atteignent rarement jusqu'à un mètre de longueur.

1056. On reconnaît les cyprins à leur corps écailleux, dont le dos o'çst garni que d'une nageoire; à leur bouche sans dents.

dont les lèvres sont protractiles. Les uns ont des barbillons; d'autres en sont privés. C'est parmi les premiers qu'on range la carpe , qui a la nageoire caudale fourchue et le troisième rayon de celles du dos et de l'anus dentelé. Ces poissons d'eau douce atteignent très-rarement quatre mètres; ils peuvent vivre deux cents ans, et peser jusqu'à un myriagramme. On a compté dans une femelle pesant un kilogramme, 257,000 œufs, et 621,600 dans une autre du poids d'à peu près cinq kilogrammes. On nourrit les carpes dans les viviers avec du pain et des matières végétales. Le barbeau a aussi des barbillons, ainsi que le goujon et la tanche; mais on n'en voit point au cyprin doré. Ce joli poisson , dont la couleur rouge est mêlée d'or et d'argent , est originaire des fleuves de la Chine et du Japon. On l'élève dans les a^ppartements à cause de sa couleur et de la vivacité de ses mouvements. On en connaît plus de cent variétés. Lorsque ce poisson est jeune, sa couleur est brune. C'est dans cette même division qu'il faut ranger le véron, la vandoise, la rosse, la brème , la bordelière, la vimbe, ainsi que Vablette , à laquelle on enlève la matière argentée dont son corps est revêtu, pour en enduire l'intérieur des bulles de verre ou l'extérieur des boulettes de cire avec lesquelles on fait les fausses perles. Cette matière blanche, comme métallique, se vend sous le nom d'essence d'Orient ; on la conserve dans l'ammoniaque, et pour remployer, on l'étend dans une dissolution de colle de poisson. Mais ce n'est pas la seule espèce de poisson à laquelle on emprunte cette matière.

i037. On distingue les Dermoptères par la dernière nageoire de leur dos, qui n'est pas soutenue, comme les autres, par des rayons osseux; leur corps est en outre couvert d'écaillés, et jamais ils n'ont d'aiguillons aux pleuropes ou nageoires pectorales. C'est une famille qui comprend beaucoup de genres et d'espèces dont la chair délicate est fort recherchée. On les a partagés, d'après la forme des dents, leur disposition et la situation relative des nageoires du dos , en une douzaine de genres. On y distingue le saumon, qui vit en sociétés dans l'Océan, mais qui remonte les fleuves. Il en est de plus de deux mètres de long, qui pèsent jusqu'à trois myriagrammes. Les truites, qui portent îles taches çeillées, et qu'on rencontre

\H DBS Pm^Km OSâEDt.

principalement dans les eaux Tives; Yéperlan , qoi est \me pèce û*ùêmèrê; la mar^0, Vomhreon le thymale, qui sont des eorégones ; le lavaret et le /i^ml sont encore des poissons analogues aux salfHonei.

i038. La dernière famille des poissons osseux et abdominaux est celle des Sugonotbs. Elle comprend huit genres. Les uns ont les épiptères ou la nageoire dorsale double au moins, car on en compte quelquefois seize à dix-huit, comme dans les po^ Iffptéreê; sept, dont six petites, dans les scombrésoces^ et deux seulement dans les gphyrênei. Les ésoces^ les synodons, les élope$, etc., n'en ont qu'une. Les ésoees, qu'on nomme aussi brocheîê, ont la tète plate et la bouche garnie d'un grand nombre de dents aiguës, recourbées en arrière. L'espèce la plus connue est un poisson d'eau douce dont la couleur varie t son museau est plat, arrondi. On en a vu du poids de deux my^ riagrammes, et on dit qu'il vit et grossit pendant plus de deux cent cinquante ans. Le brochet se nourrit d'animaux vivants, de poissons, de grenouilles, de rats d eau, de petits canards. On prétend que ses œufs, avalés par les oiseaux aquatiques, sont encore féconds lorsqu'ils ont été rendus non digérés. Vor^ phie , qui vit dans l'Océan, et dont le museau est prolongé en pointe aiguë , appartient à ce genre. Les arêtes de ce poisson sont vertes, et de la couleur des turquoises.

1039. On ne connaît encore, et môme fort imparfaitement, qu'un seul poisson osseux, operculé et sans membrane branchiale; il n'a point du tout de nageoires ventrales, et on le désigne sous le nom de Hernoptyx^ terme qui indique le prolongement de la partie inférieure de la poitrine; il a été mal Observé, décrit et figuré. On l'a trouvé à la Jamaïque.

1040. Il n'y a, parmi les poissons osseux qu'on a supposés être sans opercules, et avec une membrane des branchies, que deux gem*es décrits par les auteurs : on les nomme Grtpto- BRANCHES. Ils Comprennent des espèces des pays chauds. L'un de ces poissons est apode, et a été péché entre les îles de Cuba et de la Martinique. On l'a nommé styléphùre, parce que sa queue est terminée par un long filet. Les autres sont des abdominaux qu'on trouve principalement en Egypte, on les désigne sous le nom de mormyres; leur bouche, dont l'ouverture est

généralement petite, semble portée sur un museau; elle est garnie de dents échancrées. Il est maintenant bien décidé qu'ils ont des opercules; mais ils sont cachés par une peau épaisse, ce qui avait fait croire qu'ils en étaient privés. Ces poissons ont des formes variées et des particularités de structure qui décideront à en former une famille très-distincte.

1041. On a rangé dans Tordre des Opuichthes tous les poissons qu'on a cru privés d'opercules et de membranes branchiostéges (986); mais d'ailleurs ils doivent être toutà fait séparés, parce qu'ils sont apodes comme les murènes (1008), auprès des* quelles les auteurs modernes les ont placés, parce qu'aucune espèce n'a des catopes ou des nageoires ventrales. Les uns ont les ouvertures des branchies placées sur les côtés du cou ; oû les nomme gymnomurènes et murénophis ; les autres présentent ce trou sous la gorge, et tantôt il est unique, comme dans le6 unibranchapertures; tantôt double, comme dans les 8pha§é^ branches. Presque tous ces poissons sont des mers des Indes, à l'exception de la murénophis hélène, qu'on trouve sur les côtés de la Grèce et de la Saràaigne. Ce poisson ressemble à une anguille : il mord vivement quand on le saisit. C'était la mû* rêne des Romains; on la nourrissait dans des piscines, et on sait que quelques maîtres inhumains ont plusieurs fois condamné des esclaves à la mort, en les faisant jeter vivants dans ces réservoirs , pour devenir la pâture de ces poissons.

«96 DES RBlTaES EN GÉNÉRAL.

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