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connaît facilement, parce qu'il n'^a point de pouce du tout : son bec (PI. IV, fig. 6) et ses pattes sont rouges , son corps est couvert de plumes noires et blanches. Il se nourrit de testacés qu'il recueille sur les bords de la mer. Enfin, les râles ont un pouce très-court, la queue à peine distincte , et le corps comprimé : leurs plumes sont lisses et serrées. On en connaît plusieurs espèces : leur chair est un manger très-délicat. Celui qu'on nomme râle de genêt ou rot des cailles est brun avec les ailes rousses; \erâle d'eau est gris, tacheté de blanc. Ces oiseaux volent mal, avec les pattes pendantes, mais ils courent trèsvite; leur chair est coriace et dure.
1188. LeslÉRÉTiROSTREs, dont il nous reste à parler, ont le bec à peu près cylindrique dans toute son étendue : les uns l'ont arqué et trois fois plus long que la tète au moins : ce sont les courlis et les avocettes; chez d'autres il est droit, deux fois plus long que la tète au moins : ce sont les bécasses; les vanneaux et les pluviers, qui viennent ensuite, ont un bec qui n'est guère plus long que leur tète.
1189. Tous ces oiseaux ont à peu près la même manière de vivre : ils recherchent les vers des bords des eaux ou des terrains humides. On reconnaît les avocettes à leur bec pointu, allongé, recourbé en dessus (PI. IV, fig. 12); celui des courlis est mousse , courbé en bas (PI. IV, fig. 5) ; dans les bécasses, il est droit, mousse, et leur pouce ou doigt de derrière est assez allongé pour poser sur la terre; c'est près de ce genre qu'on range les barges, les bécassines et les ibis, qui en sont trèsvoisins, mais qui en sont cependant distincts parce qu'ils ont une grande partie du cou et de la tête privée de plumes. Tel est l'ibis sacré des Égyptiens. Les pluviers ont un bec pointu et court, en proportion des autres échassiers, et n'ont point du tout de pouce (PL IV, fig. 17). Enfin, les vanneaux ont un pouce très-court qui n'atteint pas le sol lorsque l'oiseau marche. On trouve en France des espèces de chacun de ces genres : on estime beaucoup leur chair. On rapproche encore de ce genre les combattants, les phalaropes et les bécasseaux,
1190. On nomme oiseaux nageurs ou Palmipèdes (PL V) des espèces qui se fout aisément reconnaître par la configuration générale du corps, et surtout par l'organisation des pattes, qui
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sont courtes et à doigts réuais par de larges membranes. Cet ordre rapproche des animanx qui ont entre eux la plus grande analogie. Presque tous marchent mal , parce que leurs pieds sont peu élevés, et placés très en arrière du corps. Celte disposition est très-avantageuse pour Faction du nager. Leur corps est ordinairement allongé, ainsi que leur cou : il est couvert de plumes molles et serrées, que ranimai lustre et graisse avec une huile sécrétée par une glande située au-dessus du croupion. L*oiseau s*en frotte le bec pour la porter ensuite sur les autres parties de son corps. Ordinairement les mâles ont plusieurs femelles : celles-ci pondent un petit nombre d'œufs qu*elles couvent seules, et les petits qui en sortent cherchent eux-mêmes leur nourriture aussitôt qu*ils sont nés , à peu près comme ceux des gallinacés.
1191. Quatre familles ou groupes principaux partagent assez naturellement cet ordre. On a rapproché, sous le nom de pinniptires ou de podoplêres, les genres qui ont pour caractères les quatre doigts réunis en une seule membrane et dirigés en avant (PI. V, flg. 2) : les autres n'ont que trois doigts antérieurement. Parmi ceux-là, on a nommé serrirostres ceui qui ont le bec dentelé sur les bords (fig. 4) : ceux dont le bec est simple se partagent en deux familles. On les nomme macro^ pièreM, quand ils ont les ailes très-longues, et «ropode* , lorsqu'ils les ont très-courtes, ce qui fait que la plupart ne peuvent voler.
1192. La famille des Podoptères réunit des oiseaux qui vivent ordinairement sur les bords de la mer, et qui se nourrissent de petits poissons et de cadavres d'animaux marins. Ils forment six genres qu'on a partagés en deux sections : ceux qui ont la base du bec dénuée de plumes , qu'on nomme pélican , cormoran , frégate et fou, et ceux dont la base du bec est emplumée, qu*on appelle phaéton et anhinga.
1 195. Les pélicans sont des oiseaux plus gros que les cygnes : leur bec est long, aplati, garni en dessous d'une membrane ex* tensible en forme de sac (PI. V, fig. 1'), dans laquelle l'animal peut admettre plus de treize kilogrammes d'eau , avec les poissons qu'il contient et qu'il pèche en plongeant; mais il incline le bec pour laisser sortir le liquide et avaler la proie. Les péli-»
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Gang fofit leurs nids daas les Iles désertes : ils Dourrîssent leurs petits de poissons quMls leur apportent tout vivants. On élève cet oiseau en domesticité à la Gbine, et on l'emploie pour pécher le poisson, qu'il rapporte à son maître. On appelle cormoran une espèce voisine , mais qui n'a point de sac sous la gorge, et dont la queue est arrondie. Celle-là se trouve trèscommunément sur les côtes de FOcéan. Elle fait son nid dans les falaises. Les frégates ont la queue fourchue; elles ne se voient que sur les mers du Midi, principttiement entre les tropiques. Elles s^élèvent dans les airs à perte de vue. Leur nourriture consiste en dorades, en poissons volants, exocets et trigles. Enfin, les fous se font connaître à leur bee presque droit, non crochu et sans sac. Ils se nourrissent principalement de dupées, dont ils annoncent l'arrivée dans certains parages, sur* tout celle des bandes de harengs et d'anchois.
1 i 94. Les anhingas et les phaétons forment la seconde section de la famille des podoptères. On reconnaît les espèces du dernier genre aux deux longues plumes rétrécies et intermédiaires qui ornent leur queue : aussi les a-t-on nommées paille-en-^ queue. On ne les voit que dans les navigations sur les mers du Sud. Les marins croient qu'ils présagent l'approche de la terre. Les anhingas se trouvent aussi dans les mêmes parages; ils ressemblent un peu aux hérons, mais leurs pattes sont entièrement palmées ; ils se nourrissent de poissons qu'ils saisissent en volant et en plongeant leur long cou dans l'eau, avec une adresse et une rapidité inconcevables.
1195. Nous avons déjà vu qu'on a réuni dans une famille particulière les palmipèdes , qui ont le pouce libre, le bec non dentelé, les ailes très-longues, et qu'on les a nommés à cause de cela Macroptères; les uns ont le bec droit, et tantôt le supérieur est plus court (PI. V, flg. 5), comme dans le rhincope ou bec-en-ciseaux; tantôt les deux mâchoires sont égales, comme dans les sternes ou hirondelles de mer. Les autres ont le bec un peu courbé vers l'extrémité (PI. V, fig. 7). On nomme mauves y goélands on mouettes , ceux qui ont le bec inférieur anguleux (fig. 6), et un pouce très-court aux pattes (PI. V, flg. 9) ; pétrels , ceux dont l'extrémité du bec (PI. V, fig. 7) est cro-
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chue et comme ajoutée au reste de la mandibule sur le milieu de laquelle les narines se prolongent en un tube; leurs ailes sont très-longues : ils portent au talon un ongle au lieu de pouce; et enfm albatros ^ les espèces qui n'ont ni ongle ni pouce (PI. V, fig. 11).
1196. Tous ces oiseaux vivent à la surface des eaux de la mer ou des lacs salés. On ne trouve le bec-en-ciseaux ou coupeur d'eau qu*aux environs des îles des mers du Sud , à Cayenne, à la Guyaœ : son bec est formé de deux mâchoires étroites, placées verticalement Tune sur Tautre. L'oiseau renfonce dans Teau en rasant sa surface pour saisir les petits poissons dont ils se nourrit. Les hirondelles de mer ou sternes ont la queue fourchue et les ailes très-longues; on en observe dans toutes les mers. Le% pétrels ou oiseaux de tempête nagent à la surface de l'eau sans s'y enfoncer : ces oiseaux volent parfaitement bien ; ils s'éloignent à plus de deux cents myriamètres de toute terre. Lorsqu'une tempête menace , ils se rassemblent en troupe; ils suivent les navires, se posent sur les vergues; et c'est alors un très-mauvais présage pour les matelots. Les albatros sont des oiseaux plus gros que les oies; ils se nourrissent principalement de poissons (PI. V, fig. 8, bec). Les habitants du Kamtschatka et du Groenland se servent des os de ces oiseaux pour faire des tuyaux de pipe , des étuis et autres petits instruments, comme des aiguilles, des navettes, etc. Ils dépouillent aussi adroitement les pattes de ces oiseaux pour s'en servir comme de blagues à tabac.
1197. Quoique les Serrirostres (PL Y, fig. 5-4) dont nous allons parler aient en apparence le bec plus robuste que ceux dont nous venons d'indiquer l'histoire, ils sont cependant condamnés à ne se nourrir que de graines, d herbes ou de petits animaux. Ce bec est en effet très-mou ; souvent il n'est couvert que d'une simple membrane, et la mâchoire supérieure s'élève quand rinférieure s'abaisse. Les crénelures qu'on remarque sur les bords de ce bec, et qui lui ont fait donner le nom de serrirostre , paraissent destinées à produire , par leur rapprochement, l'effet d'un crible ou d'un tamis par lequel l'oiseau, à l'aide d'une langue charnue comme frangée ou garnie d'un effilé sur ses bords, fait passer l'eau et la vase dans laquelle il