DES OISEAUX PALMIPÈDES
bâi'botte, afin d*ea extraire toutes les molécules qui peuvent être employées à sa nourriture. Quoiqu'on connaisse plus de cent espèces différentes d*oiseaux de cette famille, on n'a établi parmi eux que deux genres. On nomme canards ceux qui ont le bec trois fois plus long que large au plus; et harles, ceux dont le bec est au moins cinq fois plus long que large.
1198. On a divisé les canards en deux sous-genres, suivant que les espèces ont une cire ou un renflement charnu à la base du bec supérieur, ou que cette base est à peu près lisse. On rapporte à ce genre nombreux les cygnes, les tadornes^ les macreuses^ Y oie commune, la bernache , le cravani^ le pilet , le canard siffleur, le souchet , le morillon , les sarcelles , le mt7louinany les canards (fig. 3): les tadornes ont la tète et le haut du col d'un noir verdâtre, puis un grand collier blanc et la poitrine d'un jaune roux, les ailes et la queue sont noires, tachetées de blanc; les macreuses ont le bec plus large qu'épais et comme bossu, leur col est court, leur couleur est sombre; et Veider ou Voie du Nord, qui fournit l'édredon ou ce duvet précieux dont on fait des vêtements légers et très-chauds. Ces derniers oiseaux se rencontrent principalement sur les côtes du Groenland, de l'Islande , du Danemarck et de TÉcosse; ils font leurs nids dans les rochers. La femelle arrache le duvet qui garnit le dessous de son ventre pour en couvrir ses œufs; c'est ce duvet qu'on va chercher, au péril de la vie , dans les fentes des rochers : chaque nid en contient à peu près deux hectogrammes, mais il faut l'éplucher avec soin. Deux kilogrammes et demi de ce duvet, bien serré et ramassé en une boule qui n'est guère plus grosse que les deux poings . peuvent, lorsqu'on les laisse libres et après avoir été placés dans un four, ou dans une éluve bien échauffée , occuper un espace deux mille fois plus grand, ou remplir le matelas d'un lit de près de deux mètres de long sur un mètre et demi de large.
1199. Les harles ont k i^eu près la même manière de vivre que les canards; mais leur bec est plus fort et les dentelures en sont plus pointues (PI. V, fig. 4) : ils se nourrissent principalement de petits poissons et d'oeufs des grosses espèces, comme ceux de carpes, de brochets; aussi font-ils beaucoup de tort dans les viviers. Aucune espèce n'est élevée en domesticité.
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Leur cbair n'est point estimée; on nomme pieties les petites espèces; leur voix est extrêmement forte et désagréable, et leur larynx inférieur, ou le bas de leur trachée, présente une conformation très-curieuse à connaître, à cause de sa dilatation.
iSOO. Les oiseaux à pattes palmées, qu'on appelle Uropodeà (91. V, fig. 40, 11, 12), ont les ailes très-courtes, les pattes articulées » tout à fait en arrière du corps, de sorte que, pour marché sur la terre, ils sont forcés de se tenir le corps dressé presque verticalement; leur bec n'est point dentelé, et leur pouce n-est jamais libre quand il existe. On les trouve ordinairement sur les eaux de la mer : ils se nourrissent de mollusques, de verâ et de crustacés. On les a partagés en trois genres : 4* les manchots ou apténodyteSf dont les ailes sont courtes et sans pennes, et qui n'ont qu*un ongle à la place du pouce; t* les alques ou pingouinê , dont le bec est sillonné en travers (PL V, flg. 40), qui ont une queue et point de pouce; 3° enfin les plongeons et les grèbes , dont les pattes sont presque lobées avec le pouce bien visible (PI. V, fig. 12), et qui sont sans queue-
1201. Les p/oii(/tftm« courent sur la surface de l'eau; ils nagent et plongent parfaitement ; mais ils marchent très-mal sur la terre. Les plumes de leur corps sont extrêmement serrées ; celles du ventre sont comme satinées. Les grèbes , qui appartiennent à ce genre, ne sont point rares en France; on les observe dans les marais : ils fond un nid en forme de barque à la surface de l'eau et au milieu des ptanies aquatiques. Les pingouins et les macflr«ia? , dont le bec tPl. V, n** 10), três-aplati de droite à gauche et sillonné en travers', . oifre une très-grande hauteur verticale rdativement à sa longueur, sont, des oiseaux de la mer du Nord ; ils placent leurs nids sous terjre. On croit qu'ils ne pondent qu'un seul œuf très-gros. En général , ils sont noirs ou bruns en dessus et blancs en dessous; ils se nourrissent de petits crustacés, de mollusques. Les manchots paraissant avoir reçu leur nom de la disposition de leurs ailes, impropres au vol, semblables à des nageoires, puisqu'elles n'ont pas de pennes, et que les tectrices sont aplaties en forme d'écaillés et placées en recouvrement les unes sur les autres. Ce sont des oiseaux des mers du Sud.
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