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DES MAMMIFÈRES CÉTACÉS

mer ces genres; ainsi on a nommé haleines (PI. VI, fig. iO) les espèces qui n*ont point de dents du tout, mais dont la mâchoire supérieure se trouve garnie ùe fanons , c'est-à-dire de lames de corne à bords effilés (PI. VI , fig. 11, 12), Toutes les autres espèces ont des dents, tantôt sur une seule, tantôt sur ]es deux mâchoires (PI. II, fig. 13) : quand on n'en remarque qu'à la supérieure, on nomme ces animaux narwals; lorsqu'on n'en voit, au contraire, de bien distinctes que sur l'inférieure, on les appelle cachalots ; enfin, les cétacés qui ont des dents aux deux mâchoires sont des daufhins,

1238. On connaît huit espèces différentes de haleines : toutes ont deux évents séparés, sur le milieu du sommet de la tête (fig. 10 a). Ce sont les plus gros animaux connus; on en a va qui avaient plus de cent trente pieds de long; un individu de soixante-dix pieds pesait cent cinquante mille kilogrammes. Mais ils sont maintenant relégués vers les pôles, principalement dans les mers du Nord. On leur a déclaré une guerre de conquête, pour en retirer l'huile que recèle leur lard, et dont un seul animal fournit quelquefois plus de cent barriques» du poids de trois cents kilogrammess chacune; ainsi que pour en obtenir les fanons, ou les lames de corne, qui garnissent leurs mâchoires, et qui sont employées dans beaucoup d'arts sous le nom de baleine, en raison de leur substance solide, flexible, et par cela môme très-élastique. Le nombre de ces fanons est ordinairement de sept cents, et les plus courts ont plus de six mètres de longueur. Cet appareil qui remplace les dents remplit aussi un autre office; car ces animaux font entrer une énorme quantité d'eau dans leur bouche, et ce liquide, avec tous les animaux qu'il contient, est forcé par la pression de traverser les intervalles des fanons frangésqui arrêtent, comme un tamis, tous ces êtres vivants que la langue ramasse et réunit pour les faire passer dans Toesophagë en les avalant. La chair de ces cétacés est huileuse et désagréable : on ne mange que quelques parties de leur corps, comme le cœur et les nageoires. Leurs intestins desséchés deviennent transparents, et sont employés, dans le Groenland, pour remplacer les vitres; les tendons des muscles servent de ficelles ; on fait, avec les crins des lanons, des espèces de lignes pour pêcher, et les mâchoires des grandes

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pèces remplacent avec avantage les poutres et les solives des bâtiments. On dit que les baleines parcourent onze mètres par seconde, et qu'en vingt-trois jours et demi , elles pourraient faire le tour du monde, en supposant qu'elles fussent toujours dans Teau et qu'elles ne prissent pas de repos.

1259. La léte des cachalots fait au moins le tiers de la longueur de leur corps : leurs évents sont rapprochés au devant du museau, et n'ont qu'un orifice commun. Ces cétacés ressemblent beaucoup aux baleines, mais leur mâchoire inférieure seule est garnie de grosses dents arrondies, coniques, qui sont reçues dans des creux alvéolaires qui sont imprimées dans l'épaisseur de la mâchoire supérieure. On a reconnu que leur nourriture consistait principalement en poissons, tels que les merlans et autres espèces de gades qui voyagent en troupes innombrables dans les parages où les poursuivent ces énormes cétacés. On trouve principalement dans une cavité très-étendue, autour du cerveau , une substance analogue à la cire et à la graisse, c'est la céiine que Ton a désignée auparavant sous le nom û'adipocire; on fait de très-bonnes bougies ti*ansparentes avec cette matière , qui se réduit en poussière par le frottement, et qui ne tache point les étoffes sur lesquelles il en tombe quelques gouttes. Cette matière offre la particularité qu'elle se fond ou devient fluide au degré très-faible de température de quarante degrés; et quand , par hasard, elle s'écoule des bougies et vient à tomber sur la peau de l'homme, elle n'y produit pas la sensation de la brûlure. Aussi les chirurgiens s'en servaient-ils autrefois pour se faire éclairer dans certaines opérations, et les désignait-on sous le nom de bougies de Saint- Came. On retire maintenant cette substance de presque toutes les huiles dites de poisson : on l'extrait du dépôt ou du pied qu'elles forment , lorsqu'on les conserve quelque temps dans des barils. On l'appelait autrefois blavc de baleine ou sperma ceti. On croit que l'arwôréf gris, qui est une matière trr;s-recherchéo à cause du parfum agréable qu'elle exhale, et qu'on trouve ordinairement flottant sur l'eau de la mer, est une sorte de concrétion biliaire ou d'excrément des cachalots qui ont été longtemps constipés par l'effet de quelque maladie. On trouve quelquefois des becs de sèche dans les masses irrégulièi^s de

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