‹ Eléments des sciences naturellesChapitre 148 sur 158 · DES MAMMIFÈRES AMPHIBIES · texte numérisé non relu

DES MAMMIFÈRES AMPHIBIES

Tambre qu'on rencontre dans les gros intestins de ces animaux.

1240. Les narwals ont les évents réunis sur la nuque, et de longues dents, en forme de défenses, placées à Textrémité du museau: ces défenses sont droites, sillonnées circulairement en spirale. Dans quelques individus, quoiqu'il y ait deux germes destinés à les produii*e, il ne s'en développe le plus souvent qu'une seule, qui atteint quelquefois plus de trois mètres de long (PI. VI, ûg. 16). On a désigné longtemps ces défenses de narwal sous le nom d'armes de licorne ou de dents de licorne de mer. Il n'y a pas d'autres dents aux mâchoires. On trouve principalement ces cétacés dans les mers du Nord : on en retire de l'huile et on mange, leurs intestins. Les défenses fournissent une sorte d'ivoire très-compacte.

i24i. Les daup^tn^ sont, comme nous l'avons dit, les seuls cétacés dont les deux mâchoires soient garnies de dents (PI. VI, fig. 13) : leurs évents sont réunis dans un seul orifice situé sur le sommet de la tête. Ces espèces ont en général de moindres dimensions; plusieurs se rencontrent à l'embouchure de nos fleuves. Ces dauphins sont très-différents de ceux que les peintres et les sculpteurs représentent : leur queue ne peut se redresser, et leur tête , qui n'est pas aussi horriblement monstrueuse, n'a point de lèvres pendantes, ni les yeux protégés par d'énormes sourcils. Le marsouin y nom qui signifie cochon de mer, estnine espèce de ce genre; son museau est arrondi, court, tandis que celui du d«rupAïn proprement dit est pointu et surmonté à la base d'une sorte de repli de la peau.

1242. La famille des Amphibius (PI. VI, fig. 4 et 8) comprend toutes les espèces de mammifères à quatre pattes très courtes, dont les doigts sont réunis par une membrane et armés d'ongles distincts (PI. VI, fig. 5). Le plus souvent les pattes postérieures sont jointes entre elles et forment en arrière du corps une sorte de nageoire large , horizontale : leurs poils sont ras et très-serrés. Ce groupe est entièrement artificiel. Quoique toutes les espèces aient de l'analogie par le milieu dans lequel elles vivent, puisqu'elles se trouvent presque toujours dans l'eau, d'où elles ne sortent que pour se traîner avec peine sur le rivage, il faut avouer cependant qu'elles diffèrent beaucoup entre elles par leur organisation intérieure et par leur manière de vivre, II. il

im DES MAimiPEItBS AMPBffiIBS.

aussi ne les a-t-on rapprochées que dans les classifications sy^ tématiques ; dans Tordre naturel . il serait nécessaire de les distinguer. Quoi qu*il en soit, on les a partagées en trois genres» â*après les dents : tantôt ces dents sont de trois sortes, comme dans les phoque* ; tantôt d'une ou de deux sortes seulement , comme dans les morses et les lamantins.

1245. Les phoques (fig. 4) sont couTerts de poils, ainsi que tous les mammifères de oet ordre : leurs pattes sont extrêmement courtes; les antérieures consistent en une sorte de main » les os principaux étant confondus avec le reste du corps sous la peau; et leur bassin, ou leurs hanches, font peu de saillie autour du corps, qui se termine en arrière comme la queue des poissons (Pi. VI, fig. 4) ; leur museau est arrondi, semblable à celui des chats : il est garni de moustaches ou de poils roides ; leurs dents incisives, lanlaires et molaires sont celles des carnassiei^s. Les phoques se nourrissent principalement de pois<sons : on les trouve dans les mers, surtout vers les pôles. L'espèce la plus connue en France est appelée veau marin , parce qu'on a cru remarquer dans la tête de cet animal quelque ressemblance avec celle du veau, principalement à cause de son large museau sans poils; elle s'apprivoise facilement. Lâchasse de ces animaux fournit la nourriture et le vêtement aux habitants des lies de Finlande, du Kamtschatka et du Groenland : leur peau est coriace, couverte de poils courts, roides, serrés, très-laineux à la base. En Europe, on en fait des bonnets, surtout dans le nord de la France.

i244. Les morses et \e& lamantins n'ont point d'incisives, ou quand ces dents existent, elles sont très-petites, ou bien encore elles ne diffèrent pas des molaires. Leurs mamelles sont situées sur la poitrine, il n'y en a que deux. Ces animaux ont à peu près les mômes formes que les phoques; mais leurs pattes de derrière, moins distinctes, sont confondues avec la queue en une large nageoire qui termine leur corps, comme celui des cétacés (PI. YI , fig. 5 et 6). Ils se nourrissent de substances végétales; c'est peut-être pour cela qu'on a appelé le morse tantôt vache marine y et tantôt cheval marin : c'est à cette famille qu*appartient le dugong. On les trouve dans les mêmes parages que les phoques. Beaucoup d'espèces sont armées de très«

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longues canines (PI. II, fig. 22), dont la substance est un ivoire très^ur et d'un beau blanc, que l'on emploie beaucoup dans les arts. Le cuir de certaines espèces, surtout celui du lamantin du Kamtscbatka, est si épais, qu'on en fait des nacelles, des câbles de navire, des soupentes de carrosse trèssolides et fort recherchées.

1243. Les animaux dont le pied est enveloppé dans un seul sabot (PI. VI, fig. 2, 3), et qu'on nomme à cause de cela So- LirÈDES, sont en petit nombre , et tous sont réunis dans le genre du cheval. Ils ont les deux mâchoires garnies des trois sortes de dents; mais leurs laniaires sont courtes, même chez les inâles, placées à une Certaine distance des six incisives et des niolaires (PI. VI, fig. i), au nombre de six, à couronne à peu près quadrilatère. L'espace libre entre les dents incisives et les laniaires, que les juments ont rarement, est la région dans laquelle on place le mors, instrument à l'aide duquel on dompte et dirige ces animaux qui sont devenus si utiles. Leur estomac est simple^ et ils ne sont pas obligés de remanger leurs ali->inents Les mamelles sont situées dans les aines, et leur queue est garnie de longs crins. On en connaît quatre espèces principales : le cheval, l'âne, le zèbre et le couagga. Le cheval pro* prement dit (dont la femelle est nommée jument et le jeune poulain ) se distingue des autres espèces en ce que sa queue est garnie de longs crins dans toute son étendue. On n'en trouve plus dans l'état absolument sauvage. Ceux que l'on rencontre en Pologne, en Amérique, réunis en grands troupeaux et con* duits par un vieux mâle, paraissent être des individus redevenus sauvages. Les chevaux ne se nourrissent que de végétaux qu'ils arrachent et mâchent de suite. Dans l'état de domesticité, la jument ne pouline qu'à six ans, quoiqu'elle puisse être fécondée à deux. Elle porte onze à douze mois. Les poulains naissent assez développés pour marcher le jour même ; ils ne tôtent guère que six mois; ils n'ont des canines qu'à cinq ans; les incisives présentent un creux qui disparaît successivement sur chacune jusqu'à onze ou douze ans. On dit alors que le cheval ne marque plus; qu'il est rasé ou hors d'âge. Le cri naturel du cheval se nomme hennissement.

i246. On se sert principalement des chevaux pour l'attelage

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et pour réquitation. On nomme allureê les différentes manières naturelles dont le cheval se transporte d'un endroit dans un autre ; tels sont le pas, le trot , le galop et Tamble. Les chevaux sont extrêmement rapides à la course, ils ne le cèdent qu*aux grands chiens lévriers. On en a vu qui parcouraient quinze mètres en une seconde, et même jusqu'à dix-neuf mètres. Les chevaux , dans Tétat de domesticité , forment plusieurs races qui diffèrent beaucoup pour les divers usages auxquels on les destine. Ceux de selle sont les arabes, les anglais, les andalous, les bidets normands, etc. On préfère pour les carrosses les hollandais, les belges, etc. Pour le trait on recherche ceux de Suisse, de la Sarthe, du Maine, etc. La charge à dos d*un cheval fort est de plus de douze myriagrammes, et il peut en traîner plus de deux cent cinquante. Beaucoup de parties du cheval sont utiles, môme après sa mort. Les longs crins de sa queue et de son cou servent à faii^ des brosses, des balais, des archets, des boutons, des tamis, des toiles et des cordes incorruptibles, et à recouvrir des boutons; les plus courts, après avoir été nettoyés, macérés, puis séchés et étalés, tressés ou cordés, et souvent teints pour leur donner un aspect uniforme, sont employés pour bourrer les selles, remplir des coussins, des matelas. La chair du cheval n'est pas aussi bonne que celle du bœuf, mais c'est un aUment aussi sain ; les os sont employés dans Tari du tourneur et du tabletier : le cuir est très-coriace, très-solide; on s'en sert principalement, lorsqu'il est tanné, pour les traits des harnais, les tiges de bottes.

1247. Vâne n'a de poils allongés ou de crins qu'à l'extrémité de la queue; ordinairement il est gris, avec une croix noire sur le dos ; ses oreilles sont très-longues et très-mobiles; il j^it encore sauvage, principalement en Tartarie. La femelle s'accouple avec le cheval, et donne des bardeaux. La jument est aussi fécondée par l'âne, et produit des mulets ou des mulet; ce sont des espèces de bâtards desquels proviennent rarement d'autres petits. Le lait de l'ânesse a quelques rapports avec celui de la femq[ie. On se sert de la peau de l'âne, qui a beaucoup de solidité, pour faire des cribles, pour en couvrir les caisses de tambour. Ce sont ces peaux, préparées en Orient, qui donnent les sagris ou les chagrins grenus. Cet animal a beaucoup d'ana-

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logie avec le cbeval , mais il est moins difficile dans le choix de sa nourriture; sa voix est très-différente chez le mâle et chez la femelle, et on la nomme braiemenl. Les ânes les plus recherchés sont ceux d'Espagne; les plus forts viennent de la Savoie et de la Toscane.

1248. Le zèbre ^ le dauws^ le couagga, ainsi que Yhémione (PI. VI, fig. 2j, sont des espèces très-voisines de l'âne; aussi a-t-on longtemps désigné les premiers sous le nom à'ânes rayés. Leurs poils sont disposés par bandes allongées, brunes, sur un fond moins foncé ou tout blanc. On ne les trouve qu'en Afrique et dans l'état sauvage; ils s'accouplent avec râne. Ces animaux ne diffèrent entre eux que par la disposition des bandes, mais ils forment des troupes séparées. La voix du mâle ressemble à une sorte d'aboiement : on en voit rarement en Europe.

1249. Les Rominants, qu'on appelle aussi Bisulques (PI. V, fig. 8 â 25), ou animaux â pieds fourchus, n'ont jamais de dents incisives à la mâchoire supérieure; ils en ont ordinairement six, quelquefois huit à l'inférieure (PL V, fig. 8). Tous n'ont que deux doigts à chaque pied (PI. V, fig. 13); ils jouissent de la faculté de faire revenir leurs aliments à la bouche pour les remâcher après les avoir avalés une première fois : voilà pourquoi on les a nommés ruminants. Les mâles diffèrent très-souvent des femelles; celles-ci ont les mamelles constamment placées entre les cuisses; elles ne nourrissent jamais que deux petits au plus et à la fois.

1250. L'estomac des ruminants est formé de quatre poches qui communiquent toutes ensemble. La première, qui est la plus volumineuse, se nomme panse ou herbier; c'est là que vont se rendre les végétaux que l'animal arrache sur la terre, et qu'il avale sans se donner la peine de les mâcher. Les herbes se ramollissent dans cette cavité ; lorsqu'elles ont été soumises pendant quelque temps à l'action de ce viscère, et que l'animal est tranquille, il s'occupe de les remâcher ou de les ruminer. Sa panse se contracte et fait passer dans une poche voisine , mais beaucoup plus petite, une portion de ces aliments, qui sont, pour ainsi dire, exprimés par l'action des parois musculaires de cette seconde poche , nommée bonnet» Ils se trouvent

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resserrés de manière à prendre la forme d'une pelote, qui , par un mouvement inverse de la déglutition, est reportée dans ToBSophage , et par suite dans la bouche, où Tanimal , quand il est tranquille et en repos, la remâche avec soin. Lorsque ces aliments ont été suffisamment diyisés par les dents et ioibibés de salive, le ruminant les avale une seconde fois; mais alors FoBSophage les dirige dans une troisième poche, qu'on noniHie feuillet; c'est encore une petite cavité, ainsi nommée parce que ses parois sont garnies de lames rapprochées et parallèles entre elles, comme les feuillets d'un livre. Il ne paraît pas que la matière nutritive séjourne longtemps dans le feuillet ; elle passe bientôt dans la quatrième cavité, appelée cailletie . parce que dans le jeune veau, le lait dont il se nourrit s'y rend directement, et qu'il s'y caille comme le fromage; c'est le véritable estomac. Les aliments parcourent ensuite le reste du tube intestinal, et subissent toutes les autres altérations que nous avons indiquées.

i251. Huit genres composent l'ordre des ruminants : pour les distinguer, on considère successivement si les espèces put des cornes ou si elles n'en ont pas; ces dernières sont presque toujours armées de dents laniaires (PI. V, fig. 10, ii ). Lorsque ces dents sont courtes , et le pied large, terminé par deux petits sabots réguliers et non triangulaires ( fig. 14), elles appartiens Qcnt au genre chameau : si, au contraire, les dents laniaires sont longues, et si les sabots sont accolés et entiers, ces animaux forment le genre chevrotain ou musc. Les espèces qui n'ont point de laniaires sont ensuite distinguées entre elles suivant que leurs cornes sont composées d'une matière osseuse, unie intimement avec la substance de la corne, et ne présentant point de cavité intérieure; c'est ce que l'on nomme des cornes solides ou des bois (PI. V, fig. â3, 24); ou bien, selon que ces protubérances sont extérieurement revêtues d'un étui de corne, dans lequel se trouve un prolongement des os du crâne creusé intérieurement , et que l'on nomme une cheville osseuse (fig. 16, 18, 19, SO, â4, â5) : les ruminants qui ont des bois, ou les perdent tous les ans; c'est alors le genre du çerff ou ces bois restent toujours couvert^ de la peau ( fig. iS^i Ms sont persistants, comme dans la ^reift. Im espèces & CGnm

ereuses ont été distribuées dans quatre genres : les uns, comme les antilopes et les hceufs, ont la base de cette corne arrondie; elle est, au contraire, comprimée daus les chévr$$ et dans les brebis ; telle est la division de Tordre des ruminants,

1252. Les chameaux diffèrent un peu des autres ruminants; leur pied n*est point séparé en deux doigte bien distincts ; il appuie sur une sorte de semelle calleuse, au-devant de laquelle on aperçoit seulement deux petits sabots (PI. V, fig. H). Ils ont six ou huit dents incisives en bas, et deux petites en haut (PI. V, ûg. il}; car, quoiqu'elles soient pointues, elles sont implantées dans Tos labial pu incisif : ils ont quatre canines et dix-huit à vingt molaires. Leur estomac est aussi divisé en une poche de plus, qui parait être un appendice de la panse , dans lequel Tanimal met en réserve une certaine quantité d'eau. Leur lèvre supérieure est fendue comme celle des lièvres; leur cou est très long et couibé en S; leurs jambes de deriière par raissent plus courtes et plus faibles que celles de devant ; sour vent ils ont des bosses sur le dos ou sur la poitrine. Les principales espèces de ce genre sont le chameau , proprement dit, ou de la Bactriane , le dromadaire, le lama, la vigogne et Val*pagne ou alpaca*

1253. Le chameau turc, ou de la Bactriane, a deux bosses sur le dos; sa couleur est brune. On le trouve encore dans Tétat sauvage au Thibet et sur les frontières de la Chine. Les Mongols rélèvent en domesticité, et remploient comme hôte dé somme , principalement dans les voyages de long cours au tra? vers des déserts arides. Le dromadaire ou le chameau d^Arabù n'a qu'une bosse élevée sur le milieu du dos; sa couleur est blanchâtre ou rousse, quelquefois grise. Les dromadaires ont, comme les chameaux . des callosités sur la poitrine ou aux deux principales articulations des pieds de devant et de derrière, par l'habitude où ils sont de s'agenouiller quand ils se couchent pour ruminer ou pour être chargés à dos. Un seul dromadaire peut porter trente-six à quarante myriagrammes, et parcourir un espace de quarante-quatre à cinquante kilo* mètres chaque jour; et môme, quand cet animal est peu chargé, et qu'il n'a à traverser qu'un terrain sec et uni, il peut faire jusqu*4 cent trente-deux kilomètres, et marcher ainsi

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huit ou dix jours consécutifs. On mange la chair des jeunes dromaduires comme celle des veaux ; on fait avec leur lait du beurre et du fromage : leur poil donne une bourre et un feutre gros ier. En Egypte, on brûle leurs excréments, et on en retirait ainsi autrefois du sel ammoniac ou de Thydroclilorate â*aromoniaque; ce sel, comme nous Tavons dit (166), sert beaucoup aux chaudronniers, et s'emploie dans la teinture et en médecine.

i254. Les trois autres espèces dont nous allons parler n'ont encore été observées qu*en Amérique; elles vivent sur les montagnes les plus élevées, principalement sur les CordilUères. La vt^fi^n^ n'est guère plus grosse qu'une chèvre; mais son cou est beaucoup plus long; elle n'a point de bosse; tout son coi-ps est couvert d'une laine longue, soyeuse, de couleur brune ou rosée, avec laquelle on fait de très-beaux draps : on ne l'élève pas en domesticité. Le lama n'a de % bosse ou de callosité que sur la poitrine ; ses poils sont courts. Il vit dans l'état domestique; on l'emploie principalement au Pérou comme béte de somme ; il porte plus de six myriagrammes sur le dos. L'a/paca ou Yalpagne ressemble à la vigogne : ses poils varient pour la couleur; ils sont très-doux et fins comme la soie; on en fait des étoffes très-recherchées à cause de leur brillant et de leur mollesse; ce poil est peu connu en France.

1255. L'animal qui fournit le musc, cette matière odorante qu'on a longtemps recherchée en Europe comme un parfum , est une espèce du genre chenrotain , qui est caractérisée par l'absence des cornes et la présence de longues dents laniaires placées sous la mâchoire supérieure et sortant de la bouche (PI. V, fig. iO). Ce ruminant est de la grosseur d'une petite chèvre : il se trouve dans les montagnes boisées du Tbibetet de la Sibérie méridionale. H est sauvage ; son poil est grossier, court, comme gouffre, et creux à l'intérieur: le mâle seul porte le mui^c dans un follicule situé à l'extrémité libre des organes de la génération. Le musc, tel qu'on le livre dans le commerce, est une matière sèche d'un brun noirâtre, d'une saveur amère et d'une odeur particulière très-pénétrante, qui se retrouve dans beaucoup d'autres substances ou émanations animales ; on l'emploie comme parfum , e\ en médecine comme

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Stimulant. On nomme memina ou chevrotain proprement dit, une autre espèce de ce genre, qui est le plus petit ruminant connu. Sa forme est très-élégante et bien propoilionnée. 11 est extrêmement vif dans ses mouvements et rapide à la course. On le trouve en Guinée et dans les Indes orientales. Les habitants de ce pays se servent dés pattes desséchées de ce joli petit animal comme de cure-dents ou de tuyaux de pipe, après les avoir garnies de cerceaux d'or ou d'argent.

1256. La girafe est le plus grand de tous les mammifères terrestres connus, car elle élève sa tête à six mètres, et peut brouter les sommités des arbres. Ses jambes de derrière sont un peu plus courtes que celles de devant; et quand elle s'arrête , elle parait assise sur la croupe. On ne connaît encore qu'une espèce de ce genre. Ses bois, qui n'ont que dix-huit centimètres de haut, restent toujours recouverts de la peau, et ne tombent pas comme oeux des cerfs (PI. V, fig. 15). Son> pelage est brun , avec des lignes fauves en réseau, ce qui a lait comparer sa peau à celle des léopards. On n'avait, jusque dans ces derniers temps , observé cet animal que dans l'intérieur de l'Afrique , principalement dans la Cafrerie. Il vit dans l'état sauvage. Quelques individus ont été amenés autrefois en Italie; on en avait conduit à Constantinople. Il y en* a une maintenant vivante à Paris : c'est une femelle fort apprivoisée.

1257. Le genre des cerfs est très-nombreux eu espèces; on en rencontre dans les quatre parties du monde. Leur caractère est difficile à bien exprimer: car il ne se manifeste que chez les mâles à une certaine époque de l'année. Il consiste dans la présence des bois ou des cornes solides qui se développent à une époque déterminée, pour tomber lorsque la peau qui les recouvrait a été privée des vaisseaux qui servaient à la nourrir. Il est rare que les femelles portent des bois. Les principales espèces sont le cerf, le chevreuil, l'élan, le rhenne, le daim.

1258. Le cer/* proprement dit, ou ïélaphe^se trouve naturellement dans les forêts de l'ancien continent. Sa femelle se nomme biche , et le jeune s'appelle faon. Le mâle seul porte les bois ou les cornes (PI. V, fig. 22 ). Vers six mois, on n'aperçoit encore sur la tête du faon que deux bosses ou tubercules ; on le nomme alors un hère ; à un an, ces tubercules se sont

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fort allongés; quoique simples, ils ont deux à trois de long. L'animal perd, à cette époque, la peau qui les receor vrait; le bois reste quelque temps à nu avant de tomber ; etift hère prend le nom de daguet. Quand le faon mâle arrive à la troisième année, il perd les dagues , et le bois qui les remplace présente ordinairement trois ramifications ( PI. Y, fig. 12), qu*oa nomme andouillers {vktk). Pendant chacune des années siôvantes, le bois, en se développant de nouveau, porte un an? douiller de plus jnsqu*à sept ans; de sorte que le bois des Tteux cerfs est ordinairement composé de sept ramifications qui proviennent d'une tige commune (i», h-) nommée perche ou mer^ rain. G*est dans le temps du rut que le bois se dépouille. Le mâle jette alors un cri particulier, c*est ce qu^on appelle rater ou bramer. Le mâle et la femelle ne restent point ensemble. Les biches portent â peu près huit mois. On n*a point encoFe entièrement apprivoisé le cerf; il est difficile â dompter. La efaair de ces animaux est estimée quand ils sont jeunes ; leur bois seit dans les arts pour faii'e des montures de coutelas, de serpettes, et des pommes de canne; raclé ou réduit en fragments minces, on en obtient, par l'action de Teau bouillante; une gélatine trè&saine et très-nourrissante : c-est ce qu'oa nomme gelée de corne de cerf. Les daims sont des espèces de petits cerfs, dont les mâles ont l'extrémité des bois aplatie d*avant en arrière, et dentelée postérieurement. Comme ees animaux sont soignés par l'homme, il y a parmi eux des variétés noires, et d'autres blanches qui se propagent. La peau du daim, préparée par les mégissiers, est très-souple, d'un tissu serré et très-solide, ce qui lui donue beaucoup plus de prix qu'à celle du chamois. Vaans du Gange est une petite espèce de cerf à pelage fauve, qui reste moucheté de blanc d^une manière régulière. Le chevreuil appartient aussi à ce genre. Vêla» est une trè&grande espèce dont le bois se termine par une empaumure foit large et qui se trouve garni en devant de quinze à vingt andouillers.

1259. Les rhenneg ressemblent beaucoup aux cerfs, mais la femelle et le mâle sont armés 1 un et l'autre d'un bois divisé ea branches, dont la partie la plus élevée est aplatie et comme palmée (PI. V, fig.^). On en trouve dans tout Je nord de$

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deux e&ntioents, principalement vers le Kamtscfaatka et le Spitzberg. On les nourrit en domesticité dans la Laponie. Les rhennes sont très-utiles aux peuples de ces climats glacés : il les attellent aux traîneaux, qui leur servent de moyens de transport sur la neige, et les femelles fournissent un lait agréable. Leur cbair est, dit-on , fort bonne à manger : leur peau sert de vêtement, de toiture et de voile. Les rhennes se nourrissent de feuilles sèches et de lichens, qu*ils recherchent et trouvent euxmêmes sous la neige.

1260. Le genre des antilopes comprend aussi un très-grand nombre d'espèces, dont la plupart vivent dans les pays chauds, et semblent préférer les lieux arides et montueux. Leurs cornet poussent par la base : elles ne tombent jamais. £n dehors, elles sont revêtues d'un étui de substance cornée, comme dans le genre des bœufs; mais elles n*ont pas, comme ces derniers animaux, ce repli pendant sous la peau du cou , qu'on nomme fanon. Les espèces diffèrent beaucoup entre elles par la forme des cornes, tantôt elles se recourbent en arrière, comme dan3 le bubale, le gnou, \e chamois (PI. V, fig. SI ); tantôt elles se dirigent en devant, comme dans le nilgkaut, le nanguer. Quelquefois les cornes sont droites, tels sont les coudous, le pasan (fig. 28) : chez d'autres enfin, comme dans la gazelle commune^ la cohne, le tzéiran, ces cornes sont courbées en manière de branches de lyre (fig. 16, 17, 18).

1261. Les chamois, qu'on nomme aussi izards, vivent principalement sur les montagnes des régions tempérées de l'Europe. Ces animaux se réunissent en petites troupes, ils ne coureotque par bonds etparsauts. Ils recherchent de préférence les lieux les plus escarpés. Leur grosseur et leur taille sont à peu près celles des chèvres. Leurs cornes sont courtes, sillonnées sur leur longueur, courbées en un petitcrochet lisse, et di* rigées en arrière. Leur lèvre supérieure est comme fendue. On fait la ehasse à ces animaux pour en avoir la peau , dont le tissu e^ mou et extensible : elle sert à faire des vêtements trèschauds et très-solides, lorsqu'elle a reçu une certaine préparation qu'on nomme chamoisage , qui permet de les laver et de les dégraisser avec le savon sans les altérer, ce qui les rend trèsprédeuses, La gazelle \ordinaire se trouve principalement ea

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